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Petite pièce de théâtre en un acte et une scène.
Les personnages : un ouvrier, Jean-Luc Mélenchon, Cédric Villani.

Acte 1, scène I. (L’ouvrier est devant la scène et s’adresse au public en montrant du pouce, vers l’arrière, à la façon d’un autostoppeur, Jean-Luc Mélenchon qui se tient dans le fond à gauche, dans un halo de lumière, une forêt de micros devant la bouche. Dans le fond à droite on aperçoit Cédric Villani, de dos, qui s’en va.)

L’ouvrier. –  « J’ai vu le politicard, là, le Chavez de la Canebière. Je vais lui expliquer ce que c’est que la précarité, que d’être chômeur, de vivre avec le smic, de faire grève, de mettre un bleu de travail. Il en parle, mais il ne sait pas ce que c’est. »

FIN

Pas sans moi

Traversant le Pays basque, j’apprends qu’à Hélette (64) une maison a été incendiée, et la façade portait les mots : « Le Pays basque n’est pas à vendre. »
Maintenant, je fais gaffe : j’ai pas acheté de jambon de Bayonne ou de brebis Ossau Iraty, pas même un piment à Espelette, rien ! Que du Coca, du gouda, des cookies. Ils peuvent compter sur moi : désormais, je serai intransigeant avec l’indépendance des peuples. Solidarité avec les opprimés !

Jean Verlinde

Au-delà de l’écume et des vagues artificiellement gonflées qui illustrent la pitoyable chronique du PAF, il est temps de proclamer que Monsieur Cyrille Hanouna est un grand professionnel. Et il n’est pas seul.
Il est très exactement the right man at the right place : qui il faut, où il faut, quand il faut. Monsieur Cyrille Hanouna fait bien, fait très bien, fait excellemment ce pourquoi il est où il est.
Monsieur Cyrille Hanouna a été embauché par Monsieur Vincent Bolloré pour viser bas, viser très bas, viser au plus bas, afin d’élever haut, d’élever très haut, d’élever au plus haut et l’audience et le rendement des investissements de Monsieur Vincent Bolloré.
Monsieur Cyrille Hanouna et Monsieur Vincent Bolloré sont deux très grands professionnels qui ont bien mérité du PAF.

Jean Verlinde

Maintenant que le dauphin est installé sur le trône de France, les échanges discourtois, l’invective, où la volonté de blesser, d’humilier et de salir a nettement dominé celle de convaincre, vont peut-être pouvoir cesser, encore qu’une campagne législative s’annonce, guère de nature à calmer les esprits. Il nous faudra donc patienter encore un peu avant d’être libérés du discours électoral et de ses savants stratèges.
Il y a évidemment bien des gens dont la vie, le parcours, les engagements, témoignent de leur combat permanent et de leur attachement à voir naître une société libre, égalitaire et fraternelle, et qui, lors de cette élection présidentielle, se sont abstenus ou ont voté blanc. Leur seul « tort » est précisément de ne pas étaler leur vie sur les réseaux sociaux. Cela leur aurait peut-être épargné quelques injures et calomnies, mais rien n’est moins sûr. Car rien n’y fait en ces périodes où toute raison, où tout sens de la nuance, aussi tout attachement à une décence commune disparaissent bel et bien. Le temps d’une campagne électorale, tout s’efface, et il leur aura fallu malgré cela supporter ces assimilations stupides, et parfois même franchement dégueulasses, les ramenant au rang de complices du fascisme, quand bien même cette vie, ce parcours, ces engagements bien réels n’ont rien à voir avec ces postures ridicules que prennent le plus souvent nombre d’antifascistes de tapis de souris, de résistants d’isoloir d’un jour.
Leurs accusateurs ont voté Macron et l’ont proclamé haut et fort, ce qui est hautement héroïque, j’en conviens. Cependant, même si je peux bien sûr me tromper,  je ne pense pas que les réseaux sociaux puissent être comparés au maquis du Vercors en 1943, ni le fait de se rendre au bureau de vote assimilable au Débarquement de Normandie. Un poil d’humilité serait donc bienvenu de la part de ceux-là qui pensent avoir reconstitué « l’armée des ombres ». Dans le rôle, Lino Ventura, Paul Meurisse, Simone Signoret et quelques autres avaient davantage de talent, et sans doute même de modestie.

A genoux !

A la présidentielle de 2007, le candidat du FN a obtenu 3.834.530 voix. Sarkozy fut élu. Pour l’élection suivante, la candidate FN recueillait 6.421.426 voix. Hollande fut élu. Récemment, la candidate FN a obtenu 7.678.491 voix.
On constate donc une incessante progression du FN, et on a le droit de penser – c’est mon cas – que les politiques menées de 2007 à 2017 y sont en grande partie pour quelque chose. Il convient de rappeler également l’immense responsabilité de Mitterrand dans l’essor du FN, favorisé à outrance par le Machiavel de Château-Chinon dans le seul but d’emmerder la droite classique. C’était politiquement très dangereux (la preuve !) et moralement dégueulasse, mais c’était Mitterrand, le grand héros du peuple de gauche. A ce titre, il faut croire qu’il mérite moins de violence et d’insultes que ce cher abstentionniste, même s’il joua avec le feu au point que nous soyons tous aujourd’hui menacés par l’incendie.
Moi, à la place des électeurs de Mitterrand, de Sarkozy et de Hollande, je me sentirais quand même un peu responsable des politiques qui ont favorisé cette constante progression du FN puisque ayant, par un vote en leur faveur, permis à ces hommes de mener ces politiques. En m’adressant à l’abstentionniste, pour tenter de le convaincre d’éviter la victoire de la candidate du FN le 7 mai prochain, je crois que je ferais donc preuve d’un peu d’humilité et que je m’interrogerais, d’une part, sur cette sale manie qui consiste à s’auto-amnistier de toute responsabilité dans le désastre en condamnant toujours les autres, et, d’autre part, à désigner stupidement et à l’avance l’indispensable, unique et invariable bouc émissaire des trouilles et des désillusions au travers de cet abstentionniste.
Au lieu de ça, eh bien non, c’est toujours les termes désagréables, blessants et injurieux qui dominent, assénés avec une suffisance sidérante. Au mieux, le citoyen tenté par l’abstention est un sophiste, au pire un agent du fascisme. Entre les deux, à en croire les innombrables commentaires ou dessins publiés, il est tour à tour responsable des noyades de migrants en Méditerranée, complice de Bachar al-Assad, de Poutine et autres crapules du même genre, et aussi, évidemment, déjà coupable de toutes les saloperies à venir. Et eux, ces accusateurs, qui ont placé au pouvoir ceux-là mêmes qui n’ont cessé d’offrir des tremplins au FN, que sont-ils ? D’ardents républicains, bien sûr, de grands démocrates conscients des dangers, des remparts contre la barbarie, que dis-je ?, des Jean Moulin !
Y en a un peu marre, les amis, de ce concert de casseroles, de calomnies et de bêtise ! Moi, si j’étais abstentionniste ( 🙂 ) mais toutefois prêt à me laisser tenter pour un coup de pouce électoral aux vaillants résistants antifascistes de la Toile, j’exigerais pour le moins de ces permanents responsables de rien qu’ils me le demandent gentiment, poliment. Et même à genoux !

Aujourd’hui 16 avril, jour anniversaire d’une grande boucherie patriotique.

Cette chronique aurait pu prendre les allures d’un jeu et s’intituler « Un guignol s’est glissé parmi les personnages marquants de l’anarchisme international : sauras-tu le reconnaître ? ».
Sur l’indication d’un ami, je me suis penché de plus près sur le tout début du documentaire « Ni Dieu ni maître – Une histoire de l’anarchisme », de Tancrède Ramonet. Il s’ouvre, à la vingtième seconde, sur une mosaïque composée de centaines de petites photos des personnalités marquantes de l’anarchisme. Puis la caméra zoome sur cette mosaïque et aussitôt, l’image se faisant de plus en plus nette, l’on commence à en reconnaître quelques-unes : Malatesta, Louise Michel, Federica Montseny, Erich Mühsam, Bakounine, Salvador Puig Antich, Maurice Joyeux, Marius Jacob, Jules Bonnot, Louis Lecoin, Léo Ferré, etc. On y distingue aussi les visages de quelques personnalités qui, sans s’être déclarées pleinement anarchistes, en furent parfois très proches, comme George Orwell et Bertrand Russell, qui trouvent ici fort logiquement leur place. Puis le zoom poursuit son approche, et d’autres personnages nous apparaissent clairement : Durruti, Ascaso, Elisée Reclus, Rudolf Rocker…
L’image se met alors à défiler de droite à gauche et, à la trente-cinquième seconde, en haut à droite de l’écran, apparaît alors le visage de celui qu’on n’attendait pas ici, mêlé à tous ces hommes et ces femmes éminemment respectables pour leur engagement, leurs combats et leurs écrits, apparition qui ne peut que déclencher alors un vaste éclat de rire ou une indignation justifiée : le faux loubard fils à papa, l’anarchiste d’opérette, le révolutionnaire pour comédie musicale, l’embrasseur de flic, l’admirateur de Mitterrand, le copain des snipers, celui qui voyait en Fillon « un honnête homme », le résistant intrépide devenu pro-Macron pour nous sauver du fascisme et qui prend soin de le faire savoir. Bref, la folle girouette, le chanteur Renaud !
Renaud anarchiste ? Et pourquoi pas Florent Pagny pendant qu’on y est ?!…