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Le quotidien L’Humanité publie ce jour un article, signé Clément Garcia, consacré au Forum Léo-Ferré. Le texte est sympathique, et il convient d’abord de se réjouir en constatant qu’il y est question des anars sans que ceux-ci, comme ce fut le cas durant des décennies dans ce journal, soient présentés comme des provocateurs payés par la Préfecture ou faisant le jeu de la droite (air connu). Souhaitons à son auteur que cet article ne lui soit pas mis sous le nez dans le futur comme preuve de son déviationnisme petit-bourgeois.
Si l’article est essentiellement consacré aux actuelles journées de soutien au Forum, destinées à sortir ce lieu de la crise qu’il traverse, il comporte néanmoins deux erreurs. L’une en ce qui concerne son passé, que l’auteur de l’article évoque rapidement, et l’autre sur le fameux « piano de Léo Ferré ».
« En 2012, lorsque le Forum essuie une première crise, Gilles Tcherniak est appelé pour redresser la barre », écrit Clément Garcia. Non ! En 2012, l’équipe de bénévoles en charge de la gestion du lieu depuis douze années avait décidé d’arrêter son activité, estimant qu’elle avait assez œuvré pour le bien de la chanson française non crétinisante, et l’avait fait savoir publiquement, de façon que des personnes intéressées à prendre le relais se fassent connaître auprès de nous. Il n’y avait alors aucune « barre à redresser ». Le Forum se portait très bien, notamment sur le plan économique*. La preuve en est que nous avons pu, en guise d’adieux, organiser le Marathon de la chanson en louant la salle de l’Alhambra, à Paris, payer l’équipe organisatrice et les quarante-deux artistes et leurs musiciens accompagnateurs. Ajoutons qu’à l’issue de cet événement il nous restait encore une somme importante, que nous avons partagée entre douze associations. Nulle crise, donc, n’est à l’origine du changement d’équipe de cette année-là.
L’autre erreur consiste, encore une fois, même si ça n’est pas très important, à nommer « piano de Léo Ferré » l’instrument magnifique qui trône depuis 2001 sur la scène du Forum. Ce piano n’a, en effet, jamais appartenu au poète anarchiste. Il avait été acquis par l’un des membres de notre association Thank you Ferré, Hervé Trinquier, bien avant l’existence du Forum, à l’époque où une poignée de militants et de sympathisants libertaires avait eu en charge, de 1986 à 1992, la gestion du théâtre Déjazet, à Paris, rebaptisé pour l’occasion Théâtre Libertaire de Paris** (TLP). Léo Ferré a tout simplement joué à plusieurs reprises sur ce piano, voilà tout.

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*  Je raconterai plus en détail l’histoire du Forum Léo-Ferré dans un avenir proche.
**  Voir sur ce point le très bon livre de Daniel Pantchenko Léo Ferré sur le boulevard du crime (Cherche Midi éditeur, Paris, 2016).

Les mafieux réunis

Drapeaux, hymnes nationaux, militarisme et discours des mafieux au programme. La statue de Fidel Castro, le défunt patriarche d’une famille qui a fait de Cuba sa propriété privée, a été inaugurée à Moscou, en présence du Staline au petit pied, nourri au sein du KGB, et du pâlot Diaz-Canel, qui sert momentanément de président de la République cubaine.
Ça a l’air très gai.

Hommage du vice au vice

A partir du 21 novembre, les patriotes russes pourront se consoler de la branlée que leur armée a reçue du côté de l’Ukraine en allant admirer la statue d’un de ces dictateurs qu’ils aiment tant. C’est ce jour-là, en effet, que sera inaugurée la statue de Fidel Castro, sur la place du même nom, dans le quartier Sokol, à Moscou.
« Nous n’avons pas changé en nous mettant sous les drapeaux de Poutine (…). Il n’y a eu aucune métamorphose, nous avons tout simplement fait marche arrière vers notre passé soviétique récent », avait écrit Anna Politovskaïa, assassinée par les nervis du tchékiste du Kremlin.
Le monument, qu’on espère voir un jour dynamité ou transformé comme celui de Lénine à Odessa, devenu Dark Vador*, a coûté 330.000 dollars, financé par la Société historique militaire russe (RVIO), un groupement qu’on devine motivé par un humanisme fou.
L’actuel président de la République (sic) cubaine, le pâle Miguel Diaz-Canel, devrait être présent pour l’occasion. Une belle réunion de salopards en perspective…

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*  Voir https://florealanar.wordpress.com/2022/11/18/adieu-au-cote-obscur-de-la-force-a-odessa/

A Odessa, un monument à la gloire de Lénine transformé en Dark Vador.

Pour tout bagage…

Ces photos sont celles de la valise avec laquelle mon père est arrivé en France, en février 1939, lors de la « Retirada », cet exode des « républicains* » espagnols après la victoire militaire des franquistes. Il avait 25 ans et avait combattu le fascisme avec ses camarades de la CNT libertaire.
La valise mesure 25 cm sur 40. C’est le seul bagage qu’il emportait avec lui. Au camp de Saint-Cyprien, dans le département des Pyrénées-Orientales, où il fut enfermé avec des milliers d’autres réfugiés espagnols, on lui a fourni une couverture de mince épaisseur, que nous avons conservée également, mes sœurs et moi.
Mort en 1971, avant Franco, il n’a jamais revu son pays. En Espagne, mon père avait commencé à travailler à l’âge de 12 ans. Il avait amélioré sa lecture et son écriture dans les locaux de la CNT où les instituteurs libertaires œuvraient auprès des enfants du peuple dans une région où l’analphabétisme était très important. En France, il fut maçon jusqu’à ce qu’un problème cardiaque l’oblige à abandonner les chantiers. Plus tard, c’est un cancer qui devait l’emporter. Il avait 57 ans.
Reste cette petite valise dans laquelle il emporta sans doute un peu de linge de rechange et peut-être quelques souvenirs des vingt-cinq années passées dans son Andalousie natale.
Peut-être que ces simples photos pourront donner à certains lecteurs une idée de ce que peut représenter l’exil.

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*  Je mets le mot « républicains » entre parenthèses car il me semble, comme beaucoup d’autres choses dans cette histoire espagnole falsifiée par des historiens réactionnaires ou communistes, évidemment trompeur. Nombre de réfugiés espagnols n’étaient pas républicains, en effet, mais anarchistes. Il suffit de rappeler qu’avant comme pendant la guerre civile le syndicat libertaire CNT était largement majoritaire dans le monde du travail d’Espagne.

Selon les prévisions, nous serons demain, mardi 15 novembre 2022, huit milliards d’humains sur Terre. Une folie ! L’Homme est décidément aussi con que les poissons. C’est ce que chantait Michel Bühler, décédé la semaine passée. Une occasion de lui rendre hommage encore une fois.

« Jeunes filles, et vous qui ne supportez pas l’odeur des morts,
évanouissez-vous en entendant le mot “frontières” :
elles sentent le cadavre. »
(Velimir Khlebnikov)

Période du 11 novembre oblige, honneur à la chanson antimilitariste !
Bien sûr, il y a La guerre de 14-18 de Brassens, Le déserteur que chantèrent Mouloudji et d’autres, La Chanson de Craonne aussi, parmi les « classiques ». J’en ai choisi d’autres.

Pour finir, Patrick Ochs (Rue de la Muette) et Jacques Debronckart.

« Je conchie l’armée dans sa totalité »
(Aragon, avant de devenir patriote professionnel,
selon l’expression de Jean Malaquais)

Période du 11 novembre oblige, honneur à la chanson antimilitariste !
Bien sûr, il y a La guerre de 14-18 de Brassens, Le déserteur que chantèrent Mouloudji et d’autres, La Chanson de Craonne aussi, parmi les « classiques ». J’en ai choisi d’autres.

Pour continuer, Mouloudji et Bernard Dimey.

« Car nous nous flattons d’estimer une nuit d’amour
plus qu’un jour de gloire »
(Gaston Couté )

Période du 11 novembre oblige, honneur à la chanson antimilitariste !
Bien sûr, il y a La guerre de 14-18 de Brassens, Le déserteur que chantèrent Mouloudji et d’autres, La Chanson de Craonne aussi, parmi les « classiques ». J’en ai choisi d’autres.

Pour commencer, Boris Vian et Gaston Couté.

Le jeudi 10 novembre 1966 avait lieu, salle de la Mutualité, à Paris, le gala annuel de soutien au journal de la Fédération anarchiste (FA), « Le Monde libertaire ».
Au programme : Jacques Brel, Gribouille, Jehan Jonas et quelques autres. Aristide Lapeyre, militant du groupe de Bordeaux de la FA, fut chargé de la traditionnelle allocution qui précédait le spectacle. Tout cela était organisé de manière rigoureuse par Suzy Chevet, membre du groupe montmartrois Louise-Michel.