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L’organisation Cuban Prisoners Defenders (CPD), dont le siège est à Madrid, publie chaque mois son rapport sur l’évolution du nombre de prisonniers politiques à Cuba.
Pour le mois de juillet 2020, elle a enregistré cinq nouveaux cas, portant le total des personnes incarcérées pour opinion à 132.

Silverio Portal Contreras, l’un des 132 prisonniers d’opinion à Cuba.

Les cinq personnes en question sont Elio Juan Arencibia Dreque (Mouvement Liberté démocratique pour Cuba), Ramón Rodríguez Gamboa (Mouvement des opposants pour une nouvelle république), Carlos Manuel Arocha del Risco et Ernesto Pérez Pérez (tous deux de l’Union patriotique de Cuba) et Yulio Ferrer Bravo (indépendant).
« La répression carcérale menée ce dernier mois confirme une tendance désagréable à la hausse (…). Nous percevons clairement, une fois de plus, l’intensification de l’action répressive pour compenser la faiblesse sociale du régime imposé par la Sécurité d’Etat et la famille Castro », déclare CPD dans son rapport mensuel.
Le rapport rappelle qu’au cours du mois de juillet la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a choisi de suivre de près les cas de deux de ces prisonniers, Keilylli de la Mora Valle et Silverio Portal Contreras. « Il y a maintenant huit prisonniers politiques défendus par la CIDH, onze par les Nations unies et seize par Amnesty International », résume CPD.

Les journalistes indépendants Mónica Baró Sánchez, Yoani Sánchez, Reinaldo Escobar, Luz Escobar et Héctor Luis Valdés Cocho, entre autres, ainsi que des activistes et/ou artistes comme Ariel Maceo Téllez, Omara Ruiz Urquiola et Iliana Hernández, entre autres, ont été empêchés de sortir de leur domicile par des agents de la Sécurité d’Etat toute la journée du vendredi 31 juillet à Cuba. D’autres opposants, comme Camila Acosta et Tania Bruguera, ont été arrêtés et retenus dans des unités de police.
En général, ces détentions domiciliaires et arrestations groupées ont lieu pour empêcher d’éventuels rassemblements les jours anniversaires liés à des événements de l’histoire cubaine. Mais ce 31 juillet ne correspond à rien dans ladite histoire, aussi les raisons du déploiement policier d’hier demeurent-elles mystérieuses. Mais les dictatures ont-elles besoin de se justifier ?

Lorena Cantó.

La correspondante de l’agence de presse espagnole EFE, Lorena Cantó, a, en tout cas, rendu compte de cette opération répressive et écrit sur son compte tweeter : « Des journalistes indépendants de Cuba dénoncent, une fois de plus, le fait que les autorités les empêchent de sortir de chez eux. On ne leur fournit aucune justification, ce qui ne m’étonne pas car il s’agit d’une persécution impossible à justifier. » Très vite, deux laquais du régime castriste ont réagi. D’abord Juan Antonio Fernández Palacios, sous-directeur de la Direction générale de la presse, de la communication et de l’image au ministère des Relations extérieures, qui a commencé par mettre en doute l’indépendance des journalistes en question, dans un propos habituel consistant à laisser entendre que tout opposant au régime est en fait un « mercenaire » au service de l’Empire (les Etats-Unis). La correspondante espagnole a ensuite fait l’objet de menaces à peine voilée, le larbin de l’Etat assurant qu’il n’est pas dans le rôle d’une journaliste de se mêler de la politique intérieure d’un pays. C’est ensuite Alberto González Casals, directeur du Centre de presse international du ministère des Relations extérieures, qui a pris le relais, pour répéter la même chose.
Il est cocasse de constater que des représentants d’un ministère se permettent de faire savoir ce que doit être ou ne pas être le travail de journalisme dans un pays où n’existent que des radios d’Etat, des chaînes de télévision d’Etat et des journaux d’Etat, et où précisément ce travail consiste à n’être en permanence que la voix de l’Etat, c’est-à-dire du Parti communiste.
Au fait, y a-t-il un correspondant de l’Agence France Presse à Cuba ?

Aujourd’hui : Lidier Hernández Sotolongo.
Lidier Hernández Sotolongo est un Cubain qui vit et travaille en Uruguay depuis 2016. Après s’être rendu sur l’île en février dernier pour un court séjour, cet opposant s’est vu interdire de quitter le territoire cubain. Prisonnier au sein des frontières cubaines, voici bientôt six mois qu’il est tenu de vivre loin de son épouse, qui se trouve à Montevideo. La police politique réprime donc non seulement ceux qui sont en dissidence à l’intérieur de l’île, mais aussi les Cubains « déviants » qui résident à l’extérieur. Les conséquences pour Lidier Hernández Sotolongo ont été importantes. Outre la suppression de sa liberté de circulation, il a perdu son emploi en Uruguay.

Lidier Hernández Sotolongo.

Des agents de la Sécurité d’État lui ont confirmé lors d’interrogatoires successifs que sa participation à des manifestations pacifiques devant l’ambassade de Cuba à Montevideo dérangeait le régime. La protestation publique est légale en Uruguay, où vit Lidier ; mais elle est restreinte à Cuba, où il ne vit plus. La Havane le punit donc pour ce qu’il fait au-delà des frontières de l’île. Lors des rassemblements à Montevideo, il manifestait, avec un groupe de Cubains vivant dans cette capitale sud-américaine, en faveur des libertés civiles et pour la démocratie.
Dans un premier temps, il s’est adressé par courrier à l’ambassade de Cuba en Uruguay, au ministère de l’Intérieur cubain ainsi qu’à la Direction nationale de l’immigration à La Havane, sans obtenir de réponses. Le 13 juin dernier, il a tenté de profiter du vol humanitaire mis en place par le gouvernement uruguayen pour rapatrier les touristes de ce pays bloqués dans l’île à cause de la pandémie de Covid-19, mais il en a été empêché par la Sécurité d’Etat.
Lidier Hernández Sotolongo n’est pas le premier Cubain à connaître ce type de répression. L’écrivain Amir Valle a ainsi été contraint à un exil forcé en 2006. Parti en Europe pour présenter son livre
Santuario de sombras,
il sera à son retour empêché de rentrer dans son pays par les autorités cubaines. Cela fait désormais quatorze ans que cet écrivain critique envers le régime vit hors de Cuba.
Pedro Luis Careaga, lui, s’était réfugié aux Etats-Unis en 2014. En juillet 2019, il se rend à Cuba et se voit interdit de sortie du territoire. On l’informe qu’il fait l’objet d’une enquête susceptible de durer une année et qu’il sera prévenu à l’issue de cette enquête. Il est toujours bloqué sur l’île, sans savoir de quoi on l’accuse.

Aujourd’hui : José Antonio Torres Fernández.

José Antonio Torres Fernández.

Mercredi 29 juillet en fin de matinée, José Antonio Torres Fernández a été arrêté en sortant du domicile de son ami José Daniel Ferrer García, dans le quartier d’Altamira, à Santiago de Cuba, accusé d’avoir « violé le périmètre de sécurité » qui entoure la maison du leader de l’Union patriotique de Cuba.
José Antonio Torres Fernández a été durant une vingtaine d’années journaliste officiel à Cuba, travaillant pour les journaux Sierra Maestra et Granma, ainsi que pour une chaîne de télévision régionale, Tele Turquino. En 2011, après avoir rédigé un article où il critiquait la gestion des autorités locales dans la construction d’un aqueduc à Santiago de Cuba, il fut arrêté et condamné à 14 ans de prison pour « espionnage ». Libéré en 2017, il vit depuis sous le régime de la liberté conditionnelle.
Il y a un mois à peine, il avait fortement critiqué les détentions arbitraires visant les activistes, les opposants et les journalistes indépendants, dans un entretien à la chaîne Radio Televisión Martí.

Aujourd’hui : Yadisley Rodríguez Ramírez.

Yadisley Rodríguez Ramírez.

Yadisley Rodríguez Ramírez, journaliste cubaine indépendante et collaboratrice du projet audiovisuel Palenque Visión, a été arrêtée lundi 27 juillet au  soir par la Sécurité d’Etat, chez elle, dans la province cubaine de Camagüey, a rapporté Rolando Rodríguez Lobaina, coordinateur de Palenque Visión, sur sa page Facebook.
Rodriguez Lobaina a déclaré qu’il ne sait pas où se trouve actuellement la journaliste, qui avait déjà été arrêtée en mars dernier par la Sécurité d’Etat. A cette occasion, Yadisley Rodríguez Ramírez avait été menacée de prison
« pour avoir porté plainte » contre le régime de La Havane et pour « usurpation d’identité professionnelle », une disposition pénale utilisée par la dictature contre les journalistes indépendants qui n’ont pas de titre officiel pour exercer cette profession. La journaliste s’est également vu préciser que la liberté conditionnelle accordée à son mari et que leurs droits parentaux sur leurs trois enfants pourraient leur être retirés si elle continuait à travailler comme journaliste.

Aujourd’hui : Camila Acosta.
Parmi les activistes les plus actifs à Cuba figure Camila Acosta (voir « Cuba : répression contre les opposants (16) »). Cette ex-journaliste officielle a par le passé courageusement renoncé à une situation confortable, ne souhaitant pas devenir une salariée du mensonge d’Etat. Devenue journaliste indépendante, notamment pour le site CubaNet, Camila Acosta fait depuis lors l’objet d’un harcèlement permanent de la part de la Sécurité d’Etat. Aux convocations régulières à se rendre dans des unités de police pour interrogatoire, aux amendes, aux interdictions de quitter le pays, aux arrestations domiciliaires, qui sont autant de facettes du harcèlement envers les opposants cubains, est venue désormais s’ajouter une autre tactique répressive abjecte. Qu’on en juge !

Camila Acosta.

« Une fois de plus, la police politique me laisse à la rue », a dénoncé mardi 21 juillet la journaliste indépendante Camila Acosta, qui explique que c’est la deuxième fois en moins d’un mois qu’elle se trouve dans cette situation. Dans une vidéo postée sur sa page Facebook, la journaliste a dénoncé le fait qu’une fois de plus la Sécurité d’État a eu recours à des menaces contre les propriétaires de l’appartement où elle vivait.
« De février jusqu’à ce jour, c’est le cinquième déménagement que je dois faire », a déclaré Camila Acosta, rappelant qu’en février dernier la police politique avait infligé une amende de 3.000 pesos aux propriétaires d’un appartement où elle a vécu pendant plus de trois ans. Lesdits propriétaires se sont aussi vu menacer d’expulsion s’ils ne se séparaient pas de leur locataire.
« Ils me forcent à vivre comme une fugitive, dit-elle. Je n’ai pas de maison, je vis à La Havane en location… ce qui n’est pas un délit. (…) Même lorsque je travaillais pour la presse officielle, je vivais dans une maison louée et cela n’a jamais été un problème. Le problème est apparu dès que j’ai commencé à faire du journalisme indépendant, explique-t-elle. Ce qu’ils veulent, c’est que j’abandonne le journalisme indépendant ou que je quitte le pays. Eh bien, je leur dis très clairement, comme je le leur ai déjà dit personnellement, je ne ferai ni l’un ni l’autre. »
Camila Acosta a été l’une des opposantes les plus actives contre le décret-loi 370 en vertu duquel le régime a infligé des amendes à des dizaines de personnes qui ont dénoncé sur les réseaux sociaux les violations des droits de l’homme commises à Cuba.
Début avril, la journaliste figurait parmi les signataires d’une pétition adressée à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, signée par environ 4.100 Cubains, demandant l’abrogation dudit décret-loi qui contredit certains articles de la Constitution cubaine.

Salut l’artiste !

Bernard Meulien, au Forum Léo-Ferré, dans son spectable sur Tristan Corbière.

L’ami Bernard Meulien, qui aura été de l’un de ces artistes, avec Vania Adrienssens, Bruno Daraquy, Hélène Maurice et surtout son ami Gérard Pierron, à sortir de l’oubli le poète et chansonnier anarchiste Gaston Couté, est mort ce dimanche 19 juillet.
Avec l’équipe du Forum Léo-Ferré-canal historique, nous l’avions programmé à plusieurs reprises, dans des spectacles consacrés bien sûr au poète beauceron, mais aussi à Tristan Corbière ou à Fernand Deligny, entre autres. C’était un formidable artiste, et un homme délicieux.

Les joueurs du Football Club de Lorient arboreront sur leur maillot, à la reprise du championnat de France, l’image d’Ernesto Guevara. Les dirigeants de ce club ont en effet signé un contrat de trois ans, tout ce qu’il y a de plus commercial au sein d’une société libérale, avec la marque de boissons énergétiques Che Freedom Spirit, créée par un Cubain d’origine et breton d’adoption. La boisson sur laquelle figure également la célèbre photo du « Che » sera bien sûr proposée dans l’enceinte du stade du Moustoir.
Il est pour le moins cocasse que l’image de ce gosse de riche devenu révolutionnaire professionnel, qui camoufla si bien ses pulsions criminelles et sa passion mortifère pour la violence et les exécutions derrière une haine hystérique envers le capitalisme, soit devenue aujourd’hui une source de juteux bénéfices. Cartes postales, posters, cendriers, serviettes de plage, slips, chanson débile et autres colifichets… l’image du guérillero de métier ne sert plus qu’à remplir des tiroirs-caisses, grâce aux touristes moutonniers et aujourd’hui les fans de foot. « Hasta la victoria, siempre ! » « Allez Lorient ! Jusqu’à la victoire, toujours ! »

La mise au jour de la fosse commune du cimetière de Castellón, financée par la Generalitat de Valence, a permis jusqu’à présent d’exhumer treize corps de républicains fusillés par le régime franquiste. Des archéologues et des anthropologues légistes ont localisé ce jeudi le corps de Casimiro Isidro Beltrán, maire de Lucena, membre de la Gauche républicaine, fusillé le 16 mars 1939 et qui fut probablement la première personne assassinée à être enterrée dans la fosse commune du cimetière cette année-là.

La fosse commune du cimetière de Castellón.

Le corps du maire a été retrouvé à environ 1,20 mètre de profondeur. Les douze premiers corps, situés à peine à un demi-mètre de profondeur, ont été retrouvés dans des boîtes de réduction. Tous, à l’exception d’un paysan membre du PSOE, étaient des militants anarchistes de la CNT, fusillés en 1943 et 1944.
Le maire de Lucena, une municipalité de la région de l’Alcalatén, faisait encore l’objet d’un dossier en cours, un an après son exécution, auprès du tribunal chargé de la répression économique, selon la liste établie par l’historien Fernando Peña dans El precio de la derrota. La Ley de Responsabilidades Políticas en Castellón, 1939-1945 (« Le prix de la défaite. La loi des responsabilités politiques à Castellón, 1939-1945 » (2010).
A la différence d’autres fosses communes comme celles de Paterna (province de Valence), qui peuvent avoir plusieurs mètres de profondeur et contenir de nombreux corps, celles du cimetière de Castellón sont de dimensions plus réduites (la liste complète des victimes figure au bas de ce texte). En 1989, selon l’archéologue Jorge García, codirecteur des fouilles, il y a eu des travaux dans le cimetière. « Le fossoyeur de l’époque, qui connaissait l’endroit où se trouvait chaque fusillé, a commandé des boîtes en bois, a mis les noms dessus, a sorti les républicains de là où ils se trouvaient et les a enterrés dans la zone n°1 du cimetière », explique-t-il lors d’une conversation téléphonique avec le site elDiario.es. Les spécialistes ont sorti les boîtes contenant les douze corps et ont commencé le processus d’identification. Au-dessous se trouve une douzaine de corps de militants de l’UGT, de la CNT et de la Gauche républicaine.
Un des corps, celui de Ramón Albella Peris, a été remis à son fils Ramón Albella et à ses petits-enfants et arrière-petits-enfants, qui étaient accompagnés par le directeur général de Calidad Democrática, Iñaki Pérez Rico. Ramón Albella Peris, originaire de l’Alcora, militant de la CNT et soldat de l’armée républicaine, fut arrêté à la fin de la guerre civile, interné dans l’un des trois cents camps de concentration de l’Espagne franquiste, puis transféré dans une prison du Pays basque. Après avoir été jugé et libéré, il est retourné à l’Alcora pour rejoindre sa famille et, trois jours après son arrivée, il fut dénoncé, arrêté de nouveau et emprisonné à Castellón. Albella a été fusillé le 12 février 1943. Le rapport médical signé le jour même de l’exécution indique qu’il est mort d’une « hémorragie produite par un petit projectile ».
Maribel Albella, membre du Groupe d’enquête sur la mémoire historique de Castellón et l’une des petites-filles de la victime, était très reconnaissante de pouvoir clore ce terrible épisode avec la récupération des restes de son grand-père : « Aujourd’hui, ont été exhumés les restes de mon grand-père Ramon. Son fils Ramon, trois de ses petits-enfants et deux de ses arrière-petits-enfants étaient présents. C’était très émouvant et nous sommes reconnaissants pour l’énorme travail des membres de l’Association pour la mémoire historique, ainsi que pour l’attention et les marques de sympathie reçues », a-t-elle déclaré.

La conseillère Rosa Pérez discute avec les descendants des victimes.

L’équipe de fouille, formée par deux anthropologues légistes, deux archéologues et deux historiens, a été financée par la Conselleria de Participacion, Transparencia, Cooperacion y Calidad Democratica dirigée par Rosa Pérez Garijo. « L’ouverture des fosses communes nous permet de localiser et de récupérer les victimes, de les identifier, de les rendre à leurs familles. C’est le plus grand exercice de vérité, de justice et de réparation dont ce pays a besoin », affirme la conseillère Rosa Pérez.
Dans la province de Castellón, la répression franquiste a été encore plus sauvage que dans le reste du territoire. « Les terres de la province de Castellón ont connu une répression franquiste très supérieure à la moyenne de la région du Pays valencien », écrit l’historien Vicent Grau dans le livre collectif La repressió franquista al País Valencià (2009). La mise à jour la plus complète sur la répression dans la province, de l’historien José Luis Porcar, membre du Grup per a la Recerca de la Memòria Històrica de Castelló, dans Un país en gris i negre [« Un pays en gris et noir »] (2020), indique que 1.227 personnes ont été fusillées dans la province (dont 1.157 originaires de Castellón).

Identification des victimes trouvées dans les boîtes de réduction
à 50 cm de profondeur dans la fosse :
1. Luis Picó Salvan (Segorbe), milicien de la CNT, potier, fusillé le 15 juin 1944.
2. Bautista Palatsí Montull (Salzadella), membre de la CNT, ouvrier journalier, fusillé le 15 juin 1944 .
3. Benigno Morata Roca (Sot de Ferrer), comptable, membre de la CNT et de la Gauche républicaine, fusillé le 1er juillet 1943.
4. Salvador Peris Llorens (Onda), milicien de la CNT-FAI, fusillé le 1er juillet 1943.
5. Eduardo Pallarés Barrachina (Sant Joan de Moró), chauffeur, membre de la CNT-FAI, fusilléé le 23 mai 1943.
6. Vicente Julián Asensio Reverter (Vila-real), paysan, milicien, membre de la CNT, fusillé le 6 juin 1943.
7. Vicente Claramonte Martínez (Almassora), membre du comité confédéral de la CNT-FAI, élagueur, fusillé le 6 juin 1943.
8. Clemente Garcia Beltrán (Sant Mateu), membre du comité du PSOE, agriculteur, fusillé le 20 avril 1943.
9. Ramón Aicart Andrés (l’Alcora), briquetier, milicien de la CNT-FAI, fusillé le 18 février 1943.
10. José Tormo Granell (l’Alcora), vendeur ambulant, milicien de la CNT-FAI, fusillé le 13 février 1943.
11. Álvaro Barberá Segarra (Albocàsser), conseiller municipal, membre de la CNT, ouvrier municipal, fusillé le 13 février 1943.
12. Ramón Albella Peris (l’Alcora), manoeuvre, membre de la CNT, fusillé le 12 février 1943.

Identification des huit victimes recherchées
à 1,50 mètre de profondeur dans la fosse :

1. Ricardo Sánchez Vila (Canals), tanneur, membre de la Gauche républicaine et de l’UGT, mort le 16 mars 1939.
2. José Garí Boix (Burriana, alq. Sta Bárbara), Labrador, milicien de l’UGT, mort le 16 mars 1939.
3. Manuel Bueso Puig (Coves de Vinromà), travailleur journalier et huissier de justice, membre de la CNT, mort par asphyxie des suites de tortures le 4 mai 1939.
4. Marcelino Ora Ribera (Castellón), paysan, membre de l’UGT, fusillé le 22 août 1939.
5. Agustín Martí Mateu (Useres), paysan, milicien de la Gauche républicaine et de la CNT, fusillé le 3 novembre 1939.
6. Francisco Bachero Bartol (Argelita), travailleur journalier, conseiller municipal, membre de la CNT, fusillé le 3 novembre 1939.
7. Casimiro Isidro Beltrán (Lucena del Cid), praticien, maire Gauche républicaine, mort le 16 mars 1939.
8. José Llach Ibañez (Villahermosa del Río), commerçant, maire UGT-CNT, fusillé le 3 novembre 1939.

Source : « eldDiario.es ».
Traduction : Floréal Melgar.

Selon la presse, vous coordonnez les travaux de préparation du texte de réforme de la loi sur la mémoire historique de 2007, que votre gouvernement souhaite soumettre au Conseil des ministres avant la fin du mois afin qu’il puisse suivre son cours parlementaire à l’automne et d’approuver la nouvelle norme avant la fin de l’année.

Une fosse commune en Espagne.

Selon ces mêmes informations, les bases de ce texte sont les propositions de loi déjà présentées par le PSOE au Congrès et les « contributions » que nous, citoyens, avons envoyées avant le 11 juillet, et l’objectif est de disposer d’une norme juridiquement irrévocable, contre laquelle il ne puisse y avoir de recours et qui rende justice aux victimes de la guerre civile et du franquisme.
C’est pourquoi, dans vos déclarations à la presse, vous avez très opportunément rappelé que l’Espagne « est la seule démocratie importante au monde qui a des fosses communes avec des disparus et des familles entières, certaines personnes très âgées espérant ne pas mourir en pensant que leurs parents, leurs grands-parents, leurs proches demeurent non identifiés, sans la dignité qui correspond à une démocratie ».
La raison pour laquelle nous vous envoyons cette lettre ouverte est donc de vous rappeler que l’Espagne est aussi une « démocratie » qui, depuis la publication du texte de la loi sur la mémoire historique au « Journal officiel » de décembre 2007, ne reconnaît pas la même dignité à toutes les victimes du franquisme en établissant, par son article 10, une indigne division discriminatoire entre elles.
Une discrimination qui continuera tant que ne sera pas modifié cet article infâme, qui divise arbitrairement les victimes en deux catégories et attribue une indemnisation de 9.615,18 euros aux personnes condamnées « à la peine de mort effectivement exécutée » avant 1968 et de 135.000 euros (plus de treize fois plus) à celles qui le furent après cette date jusqu’en 1977.

María Pérez « la Jabalina ».

Une discrimination arbitraire et infamante que les rédacteurs de cette norme ont tenté de « justifier » avec des phrases volontairement imprécises : « au vu des circonstances exceptionnelles qui ont contribué à leur mort » et pour avoir lutté « pour la défense et la revendication des libertés et des droits démocratiques ». Comme si les circonstances qui ont contribué à la mort de Federico García Lorca, Blas Infante, Lluís Companys, Juan Peiró, Julián Zugazagoitia, Francisco Cruz Salido, Julián Grimau, Francisco Granado et Joaquín Delgado, les Treize Roses*, María Pérez la Jabalina et tant et tant d’autres, parce qu’elles se sont produites avant 1968, n’étaient pas aussi exceptionnelles que celles qui ont contribué à la mort de ceux qui, après cette date jusqu’en 1977, ont lutté pour les mêmes valeurs !
Cette discrimination ne fait qu’ajouter en démocratie une peine injuste et douloureuse à celle déjà infligée par le franquisme criminel aux familles de ces victimes, et dont l’infâme injustice a incité le groupe Unidas Podemos/Izquierda Unida à présenter une proposition de loi, visant à réformer celle portant sur la Mémoire historique de 2007, dans laquelle une « réparation de caractère économique » unique est fixée pour toutes les victimes de la répression franquiste.
Il est légitime de supposer que cette proposition, puisqu’elle émane d’un groupe qui fait partie du gouvernement de la « coalition progressiste », sera retenue et figurera dans le texte qui sera présenté au nom de ce gouvernement pour réformer la loi de 2007 et mettre ainsi fin à cette honteuse et inacceptable infamie.
Je vous salue cordialement,

Octavio Alberola

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* « las trece rosas » (« les treize roses ») désigne en Espagne un groupe de treize jeunes filles, âgées de 18 à 29 ans, fusillées le 5 août 1939 par le régime franquiste à Madrid.

Source : Público.
Traduction : Floréal Melgar.