Feeds:
Articles
Commentaires

De la violence historique

Campagne électorale oblige, la médiocrité des propos dominants devient envahissante, aidée en cela par un Médiatisme tout-puissant, médiocrité que n’atténuent en rien les commentaires des analystes provisoires de Café des Sports et autres « politologues » de réseaux sociaux, transformés pour quelques mois encore en bateleurs de foire chargés de nous vendre, avec des arguments rase-bitume, les marchandises mentales de leurs candidats préférés, professionnels d’un spectacle affligeant, usé jusqu’à la corde.
Il est donc plus que jamais nécessaire, en cette période désolante, de se réfugier dans l’ailleurs, là où souffle un air frais d’intelligence et de lucidité.
A ce titre, je vous propose ici la lecture d’un texte que l’on doit à Bertrand Redonnet, publié sur son blogue, « L’exil des mots ».
En voici un extrait qui vous donnera, je l’espère, l’envie de lire l’intégralité de l’article, intitulé « De la violence historique ».

 

cnt-fai« (…) Chaque fois que les hommes ont sérieusement pensé à la nécessité de changer radicalement d’époque, la poudre a parlé. Aucune page du grand livre n’a été tournée sans que les hommes ne la maculent de sang. Et c’est bien ce que voudraient nous faire oublier les réformateurs atones qui accèdent chacun à leur tour, telles des marionnettes sur le cirque, ici ou ailleurs, au pouvoir. Pour eux, la violence historique, celle qui ne s’éteindra qu’avec l’humanité, c’est chez les autres. Aux antipodes. La Syrie, la Libye, le monde arabe… Chez nous, rien de tel, voyons !  Les hommes grondent mais ne mordent plus ; comme si, tel un chien, l’histoire s’était définitivement couchée à leurs pieds, en avait fini de ses courses folles et ronronnait maintenant sur leurs pantoufles, et ce jusqu’à la nuit des temps. Du moins de leur temps.
Nous ne partageons évidemment pas la même vision, candide, intéressée, mensongère et abrutissante des choses. La société des hommes est un magma qui, toujours, un jour ou l’autre, trouve le cratère pour jaillir hors de l’écorce qui la retient prisonnière. Le monde ne se change qu’à condition de violence.
(…) Mélenchon ne dit pas que des choses fausses ; bien au contraire. De même pour Zemmour. Mais ils mentent aussi bien l’un que l’autre comme des arracheurs de dents car l’un et l’autre, chacun sur des positions qu’ils veulent contraires, mettent en scène les prémisses de la violence historique, tout en étant farouchement opposés à cette violence et en se réclamant profondément légalistes et grands partisans du jeu démocratique. Ce sont des gens de la réification en ce que le sujet vivant de l’argument ne poursuit pas d’autre but que de réduire ce sujet à un objet mort ; des gens comme il en existe des milliers sur la scène de la représentation politique.
Quand Mélenchon, ou Poutou, ou tout autre pseudo radical, dit qu’il faut en finir avec la finance, que de la dette publique on s’en fiche, qu’il faut s’occuper d’abord du bien-être des gens, que les créanciers prédateurs attendront et que le système de l’argent est à rayer de la carte parce qu’il asservit le monde, je ne pourrais qu’adhérer à fond s’il y avait derrière tout ça un désir ardent, autre que celui de la carrière politique, qui me dirait clairement, sans fioritures, comment l’aboyeur compte s’y prendre pour mordre le monde aliéné.
Je n’adhère donc pas parce que la nature de la pierre angulaire est tue, refoulée, taboue : ces idées généreuses ne peuvent en effet dépasser le stade des idées que par l’affrontement direct, violent, jusqu’à ce qu’un vainqueur se dégage clairement de cet affrontement. Faire croire aux gens que par la seule puissance de leur bulletin de vote, ils vont changer la face du monde, que les banquiers vont venir docilement déposer aux pieds des vainqueurs de la consultation électorale leurs privilèges et leurs coffres-forts et qu’ainsi sera abattu un système inique, parfaitement rôdé, puissamment armé, doté d’une police à son entière discrétion, participe de l’escroquerie pure et simple. Tellement pure et simple qu’elle en est grotesque.
Quand intervient la violence historique, les aboyeurs, au mieux, se taisent, au pire, se terrent. Parce que l’histoire démontre que cette violence, dont ils avaient pourtant fait, mais sans jamais la nommer, leur haridelle de fausse bataille, leur éclate au nez sans qu’ils l’aient vu venir et, niant la totalité de l’époque qu’elle se propose de dépasser, les nie en tant qu’éléments à part entière de cette époque. S’ils s’en tirent et restent sur scène, comme c’est souvent le cas, ce n’est qu’au moment du reflux de la violence, par cet art de la récupération de la colère qu’ils connaissent tous et savent manier à merveille (…). »

autocollant-rlIl y a trente-cinq ans, Radio-Libertaire voyait le jour. Avant 1981 régnait sur la bande FM le monopole d’Etat en matière de radiodiffusion, contre lequel s’était battue une poignée de radiolibristes, parmi lesquels des militants anarchistes.
Trente-cinq ans après la naissance des radios dites libres, il est intéressant de se souvenir de ce que déclaraient, avant 1981, sous la présidence de Giscard d’Estaing, des responsables politiques de droite et de gauche quant à la possibilité de voir se créer des radios qui échapperaient à leur contrôle.
On mesurera, chez les uns et les autres, ce sens de la mesure et cet attachement aux convictions qui distinguent les hommes responsables des utopistes écervelés.

Georges Fillioud, futur ministre de la Communication de François Mitterrand : « Nous défendrons le monopole pour que MM. Bleustein-Blanchet, Hersant et Amaury, tapis dans l’ombre, ne soient pas tentés d’accroître ainsi leurs profits et puissance » (le 13 mai 1977).
Christian Poncelet, secrétaire d’Etat (RPR) aux Relations avec le Parlement : « Il n’est pas question de laisser se développer sur l’ensemble du territoire ces radios qui pourraient diffuser de l’information de toute nature ! » (17 mai 1977).
Christian Bonnet, ministre (Républicains indépendants) de l’Intérieur : « Les radios libres, ce sont les Brigades rouges ! » (mai 1978).
Laurent Fabius (PS) : « Nous sommes pour le monopole comme garant de la liberté, et contre son utilisation à des fins d’exclusion » (27 juin 1979).
Jean-Philippe Lecat, ministre (majorité présidentielle) de la Culture et de la Communication : « Il faut épargner à notre pays les errements que connaissent certains de nos voisins, chez qui l’abandon du service public a très vite dérivé vers l’anarchie, le laxisme, le triomphe de l’esprit de lucre » (7 juin 1978).
Raymond Barre, premier ministre : « Les radios libres sont le germe puissant de l’anarchie » (7 septembre 1979).

 

Le saint communiste

14263964_1070800726336478_2788206630503668373_n« La photo ci-contre fut prise en septembre 1936 aux alentours de Huesca (province d’Aragon). Cet homme fut identifié comme un curé qui, quelques instants après avoir été photographié, allait être fusillé par des miliciens républicains dans le village de Sietamo. Durant des décennies, cette image de curé martyr fit l’objet d’un véritable culte à Huesca et dans ses environs. On édita de petites estampes, des calendriers, on l’invoquait dans des prières. Mais en 1995, Jean-Paul II franchit un pas supplémentaire et, dans l’une de ses fournées de béatification de martyrs de la guerre civile, sanctifia ce jeune et beau curé qui défiait la mort avec le sourire de celui qui sait se trouver dans le bon camp. Dieu soit loué !
Ce cliché avait été réalisé par Hans Guttman, membre des Brigades internationales et photographe professionnel, qui en Espagne changea son nom en Juan Guzman. Son problème était qu’il ne comprenait pas l’espagnol et pas toujours tout ce qui se passait autour de lui. Ainsi, lorsque les combattants républicains s’emparèrent du village de Pompenillo, sur la route de Huesca, Guttman ou Guzman, comme on voudra, réalisa une série de photos : un garde civil mort, un habitant prisonnier, le curé du village quelque temps avant d’être fusillé… et bien d’autres photos qu’il identifia à sa manière.
A la fin de la guerre civile, Guttman partit au Mexique où il vécut le reste de sa vie. Sans doute ne sut-il jamais que le pape avait sanctifié le martyr qu’il avait eu face à lui durant quelques instants. Le photographe mourut de vieillesse, et c’est en ordonnant ses papiers et ses négatifs qu’est apparue la surprise : le « curé » fusillé de la photo n’était pas du tout curé. Guttman s’était trompé en référençant son cliché. En réalité ce jeune homme était un brigadiste communiste allemand ! La preuve en est fournie par d’autres photos, prises quelques jours plus tard, où ce même jeune homme figure, en compagnie de ses camarades, avec la salopette typique que revêtaient alors les combattants républicains.
Ainsi donc, les bigots de la région du Haut-Aragon ont adoré durant des décennies les petites estampes et images sacrées d’un prétendu martyr qui, pour avoir été communiste et probablement mécréant, devait sans aucun doute séjourner en enfer. Et alors ? Va-t-on le faire redescendre des hauteurs célestes ? Peut-on déloger un saint de son poste ? Le pape n’est-il pas infaillible, et par là même censé ne pas s’être trompé en le sanctifiant ? Mon Dieu, que de questions sans réponses ! »

(D’après une info publiée dans le quotidien El Periodico de Catalunya.)

« J’vote Fillon ! »

14184471_1063309017085649_8820915940794632232_nL’auteur de Société, tu m’auras pas ! devrait se méfier. S’il persiste dans cette voie, la société va finir par l’avoir.
Le chanteur au pois chiche dans le crâne et anarchiste d’opérette, faux loubard mais vrai comique involontaire, qui jouait naguère les fiers-à-bras en toisant la société du haut de la scène pour dénoncer « l’absurdité de sa morale et de ses lois », continue, cure de dégrisement oblige, de mettre beaucoup d’eau dans son pastis.
Certes, on savait depuis belle lurette que la radicalité de ses chansons relevait davantage d’une posture de révolutionnaire pour comédie musicale que d’une solide conscience politique et de convictions durables. Avoir successivement fait connaître publiquement, tout en célébrant la beauté du drapeau noir, son désir de voter pour l’extrême gauche, puis le Parti communiste, puis les Verts, puis le PS, montrait à l’évidence une disposition à jouer les girouettes communément répandue dans le monde politique et parmi le corps électoral.
Après nous avoir amusés durant des années avec son idolâtrie cucul pour son « Tonton » Mitterrand, avoir confié ses photos de mariage au journal révolutionnaire Paris Match, vendu aux radios-télés son alcoolisme et sa vie privée, puis sa cure de désintox et son flirt poussé avec les gentils snipers et autres grands sensibles de l’« ordre public », voilà que le chanteur Renaud vient de renouveler publiquement toute sa sympathie pour l’ancien premier ministre larbin d’un notoire charlatan.
Cela m’a donné l’idée d’écrire une nouvelle version de Laisse béton, devenue pour l’occasion J’vote Fillon !

 

J’vote Fillon !
(sur l’air de « Laisse béton »)

J’étais coco, j’étais anar
Et accro au Ricard
Le type est entré dans le bar
Il a commandé un p’tit noir
Et y s’est approché de moi
Et y m’a regardé comme ça
– Toi ton vote, mon pote, il me botte
Je suis certain que tu hésites
Que tu sais plus où tu habites
J’vais te donner la solution
Pour les prochaines élections
Le meilleur, sûr, c’est Mélenchon
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Y m’a dit tu rigoles, c’est pas vrai, c’est une blague
Y’en a qui pour moins qu’ça ont fini au goulag !

J’étais anar, j’étais coco
Et accro au Pernod
Le type est entré dans le bar
Et a commandé du Ruinart
M’a chanté du Carla Bruni
Et m’a dit j’m’appelle Balkany
– Toi t’es un sage, je compte sur ton suffrage
Et bien sûr tu vas nous l’donner
On saura te récompenser
Toute cette batt’rie de casseroles
L’empêch’ra pas d’jouer l’premier rôle
Sarkozy c’est le vrai patron !
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Y m’a filé un gnon, j’y ai filé un marron
Y m’a dit « t’es bidon » et puis « casse-toi pauv’ con ! »

J’étais coco, j’étais anar
Et accro au pinard
Le type est entré dans le bar
Avec au bec un gros cigare
Puis y m’a tapé sur l’épaule
Et m’a regardé d’un air drôle
– Ton opinion, mecton, c’est pas bidon
J’parierais bien que tu balances
Que tu sais plus où va la France
J’vais te montrer la direction
Pour les prochaines élections
Le bon, c’est Emmanuel Macron
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Y m’a dit comm’ ministre je gagnais pas bézef
Alors je retourn’ voir mes amis du Medef

J’étais anar, j’étais coco
Et accro au bordeaux
Le type est entré dans le bar
Et a commandé du caviar
S’est arrêté à ma hauteur
Et puis m’a dit mon cher auteur
– Vos quatrains, vos refrains, c’est divin !
Au fond vous êtes un vrai centriste
Arrêtez d’jouer les anarchistes
Pour la prochaine présidentielle
C’est lui l’homme providentiel
Juppé va doper la nation
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Y m’a filé un chèque, j’y ai filé un bourre-pif
Y m’a filé sa carte et un emploi fictif

J’étais anar, j’étais coco
Accroc à l’apéro
La fille est entrée dans l’bistrot
En chantonnant « Heili, heilo »
Puis m’a entraîné Chez Gégène
C’était la Maréchal-Le Pen
– Ô mon chanteur, mon p’tit cœur, mon führer
Maint’nant que tu embrass’ des flics
Tu m’es devenu sympathique
Ton engouement pour la police
Plaît beaucoup à notre milice
Marine compte sur toi, fiston
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Elle m’a dit si c’est ça j’tenvoie Gilbert Collard
Y va t’casser les noix, c’est un sacré connard !

J’étais anar, j’étais coco
Je buvais mon Cointreau
La fille est entrée dans le rade
A commandé une orangeade
Et m’a dit je suis écolo
Une fan de Nicolas Hulot
– L’écologie, mon chéri, c’est le parti des amis
Mais là l’important c’est qu’il faut
Faire barrage à Cécile Duflot
Faut des Verts dans les ministères
Mais ça ne pourra pas se faire
En s’réfugiant dans l’abstention
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Elle a dit non de non, a tourné les talons,
Déposé une motion, d’mandé mon exclusion

J’étais coco, j’étais anar
Affalé au comptoir
Le gars est entré dans le bar
A commandé un communard
Sapin m’a dit alors ça roule ?
Et ça m’a bien foutu les boules
– Mon gars, le père François, il compte sur toi
Le bilan du gouvernement
Tu l’as r’marqué est excellent
Malgré ce que prétend la presse
On a tenu toutes nos promesses
Et on va poursuivre notre action
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Pass’que j’crois dur comme fer que ça pourra se faire
Qu’un enn’mi d’la finance gouvern’ un jour la France

Quand tu fais des déclarations
A la gloire des flics et d’Fillon
C’est qu’t’as plus d’imagination
Et que t’es dev’nu un peu con

 

Ayant partagé ici même, le 21 mars dernier, l’article de Claude Guillon consacré aux déclarations de Jean-Marc Rouillan et publié sur son propre blogue, je me dois de prolonger ce partage en relayant ci-dessous cet autre écrit (1) du même auteur répondant aux sombres crétins anonymes l’ayant accusé d’être le complice, voire l’inspirateur, des juges qui viennent de condamner Rouillan à huit mois de prison ferme.
J’encourage les lecteurs qui n’auraient pas suivi cette affaire à prendre d’abord connaissance de l’article incriminé (2) de Claude Guillon, afin de bien mesurer combien la lecture des accusations qui lui sont adressées fournit l’occasion d’effectuer une fois encore un voyage assez pénible dans la connerie épaisse militante.

(1) « Ne dites pas à mon père… »
(2)
« Jean-Marc Rouillan doit se taire… »

 

Photo Marcel Lannoy

Photo Marcel Lannoy

Il y a cent ans naissait Léo Ferré. Au long de son parcours, en fonction de l’actualité du moment, il avait écrit plusieurs versions d’une même chanson, « Les Temps difficiles ». A son tour, l’auteur compositeur interprète Bernard Joyet avait repris le flambeau en proposant, au fil des ans, à l’occasion de divers galas, quatre autres versions très brillantes de cette chanson. C’est en regardant et en écoutant une vidéo de l’une de ces versions, sur un réseau social, que m’est venue l’idée d’écrire mon propre texte. C’est un exercice amusant et stimulant, et ce sera, accessoirement, un hommage modeste au poète monégasque né il y a un siècle et qui nous a laissé quelques chefs-d’œuvre.

 

Quand la gauche perd les élections
C’est jamais pass’ qu’elle est trop con
C’est la faute aux abstentionnistes
Et pire encore aux anarchistes
Les temps sont difficiles

Il va falloir attendre cinq ans
C’est long cinq ans, c’est épuisant
Ça va nous faire cinq ans d’perdu
Avant d’être à nouveau cocus
Les temps sont difficiles

A gauche, y’a des priorités
Pas les pauvres, pas les ouvriers !
Voler au s’cours d’la religion
C’est meilleur pour les élections
Les temps sont difficiles

Y’a deux ans ils étaient Charlie
Les voilà maint’nant burkini
Que s’écoulent encore quelques mois
Et ils défendront la burka
Les temps sont difficiles

A droite, revoilà Sarkozy
Et ça fait déjà beaucoup d’bruit
Mais dans l’concert de ce mariolle
On entend surtout les cass’roles
Les temps sont difficiles

Les élections c’est très primaire
De Fillon à Bruno Le Maire
Ça volait déjà pas très haut
Et voilà qu’arrive Morano
Les temps sont difficiles

Pour le futur présidentiable
Les voilà déjà treize à table
Jean-François Copé passe les plats
Au menu : pain au chocolat
Les temps sont difficiles

Juppé arrose ça au bordeaux
Et trinque avec la Kosciusko
Mariton boit de l’eau bénite
Mais pour lui les carott’ sont cuites
Les temps sont difficiles

D’Henri Guaino à Rama Yade
Douze au moins vont rester en rade
Ils iront se faire voir ailleurs
Sans doute pas aux Restos du cœur
Les temps sont difficiles

Les Français n’ont plus le moral
Car tout va de plus en plus mal
Mais la mémoire leur fait défaut
Alors ils sourient aux fachos
Les temps sont difficiles

Avec le borgne Jean-Marie
Ils goûtaient aux eaux de Vichy
Puis ont trouvé chez la Marine
Un meilleur goût à sa bibine
Les temps sont difficiles

Un jour faudra bien réagir
On pourra de nouveau sourire
Quand Marion Maréchal-Le Pen
Finira à Sigmaringen
Les temps sont difficiles

Les gagneurs sont désespérés
Ils foutent le camp à l’étranger
En Suisse ou bien à Monaco
Le pognon est leur seul credo
Les temps sont difficiles

Depardieu parti à Grozny
Hallyday aux Etats-Unis
Mais dans cette fuite des cerveaux
On a conservé Morano
Les temps sont difficiles

Bref, les amis, c’est pas la joie
Mais qu’on ne compte pas sur moi
Pour la farce de l’isoloir
Je préfère mon drapeau noir
En ces temps difficiles

Que du bonheur !

stade-charletyL’accord intervenu entre le gouvernement et les organisations syndicales pour la manif de ce jour, à Paris, ouvre des perspectives intéressantes. Pourquoi ne pas créer un « anneau des manifestations » où se dérouleraient désormais toutes les protestations de masse ? Le stade Charléty, déjà chargé d’Histoire, ferait parfaitement l’affaire. Un filtrage sévère aux entrées, comme sur les boulevards menant à la place de la Bastille en ce jeudi, faciliterait le travail d’une police harassée. Les portiques à l’entrée permettraient de compter les manifestants, mettant ainsi fin aux estimations fantaisistes livrées tout à la fois par la Préfecture de police et les organisateurs. La détermination des participants serait estimée au nombre de tours de terrain effectué. Les simples sympathisants trouveraient place dans les gradins. Les caméras utilisées pour les retransmissions sportives pourraient servir, afin de fournir des images aux journaux télévisés. Ainsi, plus de casse, plus d’embouteillages. Que du bonheur !