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Archive for the ‘05. Mon ami Jean’ Category

Les faisans

Toute cette question du consentement m’énerve au plus haut point.
Fort heureusement, une philosophe et psychanalyste, Clotilde Leguil, viens de publier «  Céder n’est pas consentir ».
Nécessaire remarque, indispensable même, tant il faut encore évoluer.
Et pas qu’un peu : dans consentir il y a toujours l’inévitable présence d’une inégalité irréductible entre qui propose et qui accepte (comme dans tout contrat, qu’il soit tacite ou moral).
Il manque encore une notion cependant essentielle fort différente du consentement : le partagé.
Quand l’un ET l’autre ne le souhaitent pas (dans quelque domaine que ce soit d’ailleurs), il n’y a pas à en parler, pas même à le proposer.
On est là dans ce grossier et grotesque refrain où le machisme et la misogynie tentent de se masquer du cynisme mondain : « L’homme propose et la femme dispose ».
Je me souviens avoir assisté à une « danse nuptiale » chez des faisans, et je ne peux me défaire de la certitude que l’évolution est un phénomène très lent. Très !

Jean Verlinde

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Du temps que le poète René Char était résistant et luttait armes à la main contre la barbarie nazie, il notait, pour le déplorer : « Nous vivons des temps qui font de nous des monstres de justice et d’intolérance ; nous sommes devenus des simplicateurs claquemurés… »
On nous somme en permanence de comparer ce qui est comparable (pas d’amalgame !) ; on stigmatise chaque comparaison du point Godwin.
Pourtant, soutenir que la lutte des femmes contre l’ordre barbare du mâle, ses viols, ses meurtres et son oppression quotidienne est comparable au temps qui désespérait – et mobilisait ! – René Char, est-ce si inconvenant que cela ?
Quand bien même le serait-ce, et aussi peu que ce le fût, l’inacceptable hiatus qui sépare les violences concrètes et les procès abstraits faits sur les plateaux et dans les colonnes à celles qui osent cette position finit par faire sonner faux et creux toute tentative d’analyse critique.
Aussi faux, aussi creux, aussi convenu que le spectacle des Césars, aussi faux, aussi creux, aussi convenu que la question de la (pseudo) séparation homme/artiste – alors que si question d’hypocrisie mondaine il y a, c’est celle que l’on vit triompher ce soir-là, de la distance effroyable entre l’artiste (ou l’homme, peu importe) et l’œuvre. Ces grotesques et vulgaires – j’écrirais même volontiers « criminelles » – attitudes se retrouvent quand il s’agit de choisir entre le côté Adèle Haenel ou le côté Lambert Wilson sous l’éclairage clinquant de cette « cérémonie » ou des pages des télémagazines. (Ah ! voir Lambert Wilson donner, sous les faux ors des palais télévisuels, des leçons d’élégance aux victimes qui crient leur douleur et leur indignation !) Mais ce « choix » apparaît dans tout son tragique dans la perspective d’une morgue surchargée d’un nouveau cadavre tous les trois jours, des cloisons nasales, maxillaires et arcades fracassés – par dizaines ? par centaines ? – des survivantes ; des milliers de viols et actes de violence, de vies détruites, de peur et de terreur quotidiennes.
J’ajouterai que ce sont elles les victimes, et je ne reconnais aucune légitimité à leur contester le choix de leurs axes et modes de lutte. La seule question qui vaille est « les soutenir ou non ? ».

Jean Verlinde

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J’ai reçu de mon ami Jean, avec qui nous avons animé ensemble, de 1995 à 1999, l’émission « A rebrousse-poil », sur Radio-Libertaire, cette réflexion qu’il m’a paru plus opportun de publier directement sur le blog plutôt que de le laisser en simple commentaire de mon texte précédent consacré à Radio-Libertaire.

« Où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie. » Écrit il y a quatre cents ans, ce constat ne saurait surprendre ni alors, ni aujourd’hui, ni antérieurement ; d’ailleurs les Grecs, déjà…
Qu’un triste clown épris de domination, imbu de la certitude de son irremplaçabilité et très certainement pétri d’un bon lot de frustrations, s’adonne à cette pitoyable jouissance de l’arbitraire et de l’autoritarisme est dans l’inévitable nature des choses et des humain-e-s.
Que cette navrante constante se manifeste aussi chez les anars ne devrait surprendre que les naïfs qui confondent aspirations et vertu.
Là où la chose, toute prévisible et banale qu’elle est, ne laisse de surprendre, d’indigner et de désespérer réside dans l’incapacité du milieu anar de s’en débarrasser une fois apparue en son sein !
Comment continuer de se présenter en ennemis du pouvoir, de l’injustice ; en défenseurs de l’égalité et de la liberté ? Comment vouer aux poubelles de l’Histoire la tyrannie, le racisme, le révisionnisme en les ignorant pudiquement dans ses propres rangs ?
Non seulement ce pitoyable clown, tout épaté par sa suffisance, tout enivré par cette maudite jouissance humaine est en train de réduire à un verbiage impuissant la proposition libertaire, mais jusqu’ici les anars qui l’entourent semblent y être eux-mêmes acculés.

Jean Verlinde

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Comme je me suis souvent engagé sur les quelques points qui suivent, et sur lesquels les beaux et moins beaux esprits ne manqueront pas de faire subir les derniers outrages à la gent muscæ, je dis – en quelques lignes parce que ça ne vaut pas plus :
Cela n’a rien à voir avec la liberté d’expression, l’exprimeur ayant cessé de s’exprimer depuis plus d’un demi-siècle.
Cela n’a pas plus à voir avec la littérature que les spectacles de Dieudonné n’ont à voir avec le théâtre.
Cela n’a rien à voir avec l’histoire des idées, mais bien plutôt l’idée de l’histoire que se font les fouille-merde et les orfraies.
Cela n’a à voir qu’avec le bizness – et il est dans l’ordre des choses que le répugnant de l’un vienne à la rescousse du répugnant de l’autre. Quelqu’un a probablement dû, dans l’espoir de se faire des couilles en or, convaincre Lucette que cette opération lui permettra de ne plus se faire des nouilles encore.

Jean Verlinde

 

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Pas sans moi

Traversant le Pays basque, j’apprends qu’à Hélette (64) une maison a été incendiée, et la façade portait les mots : « Le Pays basque n’est pas à vendre. »
Maintenant, je fais gaffe : j’ai pas acheté de jambon de Bayonne ou de brebis Ossau Iraty, pas même un piment à Espelette, rien ! Que du Coca, du gouda, des cookies. Ils peuvent compter sur moi : désormais, je serai intransigeant avec l’indépendance des peuples. Solidarité avec les opprimés !

Jean Verlinde

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Au-delà de l’écume et des vagues artificiellement gonflées qui illustrent la pitoyable chronique du PAF, il est temps de proclamer que Monsieur Cyrille Hanouna est un grand professionnel. Et il n’est pas seul.
Il est très exactement the right man at the right place : qui il faut, où il faut, quand il faut. Monsieur Cyrille Hanouna fait bien, fait très bien, fait excellemment ce pourquoi il est où il est.
Monsieur Cyrille Hanouna a été embauché par Monsieur Vincent Bolloré pour viser bas, viser très bas, viser au plus bas, afin d’élever haut, d’élever très haut, d’élever au plus haut et l’audience et le rendement des investissements de Monsieur Vincent Bolloré.
Monsieur Cyrille Hanouna et Monsieur Vincent Bolloré sont deux très grands professionnels qui ont bien mérité du PAF.

Jean Verlinde

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ILS commencent à bien me dynamiser le transit avec LEUR débat à la con.
1. – C’est pourtant simple, je ne suis pas islamophobe, je suis connophobe. Si ILS m’accusent d’islamophobie quand je dénonce une connerie, désolé pour eux, la démonstration est dans LEUR accusation.
2. – L’islamophobie est un concept forgé par les antilaïques d’Islam et repris par leurs idiots utiles dans l’unique but de délégitimer la laïcité.
3. – Et ça marche ! Tant médias et militants de toutes obédiences préfèrent les controverses sommaires à la raison, comme s’il fallait obligatoirement choisir un camp, même dans les pseudo-débats pipés.
4. – Il n’y a pas de débat, il y a une manœuvre.

Jean Verlinde

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Bande de salauds,
La seule chose que je veuille vous opposer,
la seule chose qui vous atteigne,
la seule chose qui vous résiste et vous résistera,
la seule chose qui nous rend plus forts que vous,
La seule chose que je vous souhaite parce que vous la haïssez,

parce que ça vous fait peur, parce que ça vous détruira :
La beauté, la douceur, le rire, l’amour, la poésie, la musique, la danse…

Jean Verlinde

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Je suis très heureux (et très fier, parce que j’y suis modestement pour quelque chose) de vivre dans un pays qui est pris pour cible par les ennemis de la liberté, de la laïcité, des arts, de la sensualité et de l’intelligence.
Aujourd’hui il faut plus que jamais veiller, comme y invite Spinoza, à « ni pleurer ni maudire, mais comprendre ». Et tout particulièrement en tenant à une saine distance le patriotisme culturaliste revanchard (tous assassins) et le relativisme misérabiliste (tous victimes).
« Dans le tumulte des idées et des vérités contradictoires, il y a une chose qu’on peut cependant appeler le mal, c’est la cruauté » (Montaigne). On peut s’égarer, se tromper, faire des expériences cuisantes ; mais croire en ce qu’ils ne croient pas, aimer ce qu’ils n’aiment pas, c’est-à-dire à peu près tout, dont la musique, les livres, rire, la peinture, danser, aimer, sans distinction de sexe, chanter, jouer au ballon, faire voler des cerf-volants… ne saurait être le mal.
Le djihadisme, que je n’hésite pas avec certains à appeler islamofascisme, a pour objectif (et non comme simple tactique) de nier ce qui constitue le fondement même de notre commune humanité, comme, en leur temps, le nazisme, le stalinisme, les Interahamwe du Rwanda et, peut-être ? la Très Sainte Inquisition. Quant à ses soldats perdus, il a réussi à donner à leur vie de merde un supplément d’ego, un ultime baroud d’ho(rr)eur. À donner pas même un sens, juste un nom, à leur haine.
La ligne de partage n’est pas entre musulmans et chrétiens, entre Orient et Occident, entre Arabes et « croisés ». Elle est entre ceux qui partagent la commune humanité et ce nihilisme eschatologique. À l’aide ! Ici, maintenant, tous ceux qui fuient Daesh, Boko Haram, Aqmi, Al-Qaeda, Al-Mourabitoune !

Jean Verlinde

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Cinq cent mille réfugiés (chiffre Frontex) qui ont fui bombardements, décapitations, viols, esclavage ; qui ont affronté racket, noyade, faim, sont aujourd’hui baladés et rejetés entre des barrières barbelées aux portes de l’UE qui compte cinq cents millions d’habitants. Cinq cent mille, ça fait un pour mille. En en prenant chacun un chez nous à tour de rôle, on ne le verra qu’une fois tous les trois ans ! (En comptant par foyer et famille, ça fera à peine moins.)
C’est encore trop face à la barbarie ? Alors chantons à nos enfants :

« Cerf, Cerf, ouvre-moi,
Ou le chasseur me tuera.
Lapin, Lapin, casse-toi,
Ici y en a que pour moi »

Jean Verlinde

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