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Archive for the ‘07. Cuba’ Category

Rentrée scolaire 1871

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Le fondateur du Centre international de recherches sur l’anarchisme (CIRA) est mort le 28 juillet 2021 à Portland, Oregon, États-Unis.
Il était né à Sanremo le 18 septembre 1930, d’une mère à la maison et d’un père croupier au casino. Tout jeune, il servit d’estafette à la Résistance. À la Libération, il forma à Sanremo, avec deux compagnons, le groupe anarchiste Alba dei Liberi. Tous trois refusèrent de faire leur service militaire. Emprisonné en 1950 pour objection de conscience, Ferrua vécut ensuite dans une semi-clandestinité, co-organisant des campings libertaires internationaux, rédigeant la revue Senza limiti (1952-1954, cinq numéros), travaillant sur des chantiers du Service civil international.
Il est arrivé en Suisse en 1954 pour échapper à la prison, et a d’abord été hébergé chez Lise Ceresole, veuve du fondateur du Service civil international, au Daley-sur-Lutry, puis il s’est installé à Genève pour y faire des études d’interprète-traducteur. Il y a retrouvé des compagnons anarchistes qu’il a engagés à poursuivre le travail de Louis Bertoni ; c’est ainsi qu’en 1957 reparut une série du Réveil anarchiste/Risveglio anarchico, mensuel pendant une année puis irrégulier. Y collaboraient notamment Alfred Amiguet et André Bösiger pour la partie française, Claudio Cantini, Carlo Frigerio, Carlo Vanza et Ferrua (sous la signature de Vico) pour la page en italien.
La même année, il lança le projet d’une exposition sur la presse anarchiste du monde entier ; il envoya quantité de lettres avec des succès variés. C’est de là qu’est née l’idée de création du CIRA, pour conserver les périodiques qui arrivaient. Les ouvrages récupérés de la bibliothèque de Louis Bertoni et du groupe Germinal de Genève sont venus s’y ajouter, puis un grand nombre de livres ayant appartenu à Jacques Gross et à d’autres militants qui adhérèrent tôt au projet, Hem Day, E. Armand, André Prudhommeaux, la SAC suédoise, etc. Par la suite, le CIRA reçut les archives du SPRI et de la CRIA (Secrétariat provisoire aux relations internationales et Commission de relations internationales anarchistes, 1947-1958) qui restèrent longtemps empaquetées et n’ont été inventoriées que quarante ans plus tard.
Pietro Ferrua a toujours cherché à obtenir la reconnaissance du courant anarchiste dans les milieux intellectuels et universitaires. À cette fin, il tâcha de réunir un comité d’honneur international du CIRA, réunissant des chercheurs et des militants ; cela eut un certain écho, mais il essuya aussi plusieurs refus. Il développa les contacts avec la Bibliothèque universitaire et celle des Nations unies à Genève, alors que le CIRA était encore constitué de caisses de journaux et de piles de livres sur les étagères branlantes d’une chambre.
Il avait aussi réuni des étudiants et jeunes chercheurs pour aider au catalogage, organiser des conférences, publier (et polycopier) le Bulletin du CIRA. En 1955, au camping anarchiste de Salernes (Var, France), s’étaient organisées des filières pour réfractaires français, algériens ou italiens. Plusieurs résidaient à Genève, où la frontière n’était pas difficile à passer. Dans un élan de solidarité internationale, quatre jeunes gens lancèrent quelques bouteilles incendiaires contre le consulat d’Espagne, en février 1961, ce qui suscita un important mouvement d’opinion favorable, mais aussi des arrestations et des expulsions. Pietro Ferrua dut quitter la Suisse en janvier 1963, laissant le CIRA à Marie-Christine Mikhaïlo et Marianne Enckell qui l’ont repris au pied levé ; avec sa femme brésilienne et leurs deux enfants, il partit vivre à Rio de Janeiro. Il y reprit rapidement ses activités intellectuelles et militantes, fondant notamment la section brésilienne du CIRA, jusqu’à une nouvelle expulsion en octobre 1969 ; grâce à des liens familiaux, il trouva un nouveau havre aux États-Unis, à Portland, Oregon.
Il put y enseigner de 1970 à 1987 au Lewis and Clark College ; il était chargé des langues étrangères, de la littérature comparée et de l’histoire du cinéma. Il s’intéressait depuis toujours aux formes artistiques et littéraires d’avant-garde : il organisa en 1976 le premier symposium international sur le lettrisme et publia plusieurs travaux et œuvres dans ce domaine ; il était aussi membre de l’Internationale novatrice infinitésimale (INI). Il fallut de longues annnées pour qu’il puisse revenir en Europe, quand ses interdictions de séjour en Italie, en France et en Suisse furent enfin levées ; il résida alors quelque temps à Nice et à Sanremo, où il prenait soin de sa mère.
L’intérêt pour l’anarchisme ne le quittait pas. En 1980, il parvint à organiser dans son université une semaine internationale de débats, de films, de concerts et d’événements sur l’anarchisme, malgré des craintes irrationnelles de la hiérarchie. Il publia des études sur « Surréalisme et anarchie », « Anarchisme et cinéma », « Les anarchistes vus par les peintres », ainsi que deux livres importants sur les anarchistes dans la révolution mexicaine et un bilan des sources à ce sujet, et poursuivit ses recherches sur les origines de l’objection de conscience en Italie.
Il donna aussi des articles à A rivista anarchica, ApArte et à la Rivista storica dell’anarchismo, à la revue Art et anarchie, aux Bulletins du CIRA de Genève/Lausanne et de Marseille, à des publications brésiliennes et à nombre d’autres revues et ouvrages collectifs.
À sa retraite, il obtint encore quelques mandats d’interprète, mais vécut chichement, ce qui le contraignit à vendre une partie de ses archives. Il organisa toutefois des festivals de cinéma, participa à divers colloques internationaux, poursuivit plusieurs recherches.
Ces dernières années, sa santé s’était détériorée. Il avait eu la douleur de perdre prématurément sa fille Anna et son fils Franco ; sa femme Diana Lobo Filho est aussi décédée avant lui. Quelques ancien(ne)s élèves qui étaient restés proches de lui ont pu l’accompagner fidèlement jusqu’à ses derniers jours, alors qu’il résidait dans un établissement hospitalier et ne parlait plus.
Certaines des archives de Pietro Ferrua ont été dispersées ou saisies lors de ses exils successifs, mais il en avait conservé et reconstitué une grande partie. Elles ont été versées (ou le seront prochainement) à l’Archivio Famiglia Berneri à Reggio Emilia (Italie), à la Labadie Collection de l’université d’Ann Arbor (Michigan, États-Unis) et au CIRA de Lausanne.
L’initiative de Ferrua a donné naissance à d’autres CIRA, à la vie longue ou éphémère, mais regroupés depuis 1974 sous divers noms dans le réseau FICEDL (Fédération internationale des centres d’études et de documentation libertaire, ficedl.info).

ME, CIRA Lausanne

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Le 11 juillet dernier, Cuba a connu les plus importantes manifestations de rejet de la dictature depuis que celle-ci a été instaurée, il y a plus de soixante ans maintenant. Les réseaux sociaux ont joué un rôle très important ce jour-là, et il était à prévoir que le régime castriste ne resterait pas sans réagir et ne tenterait pas d’étouffer davantage encore, en criminalisant les réseaux sociaux, le peu de liberté d’expression dont dispose le peuple cubain. C’est chose faite aujourd’hui avec un nouveau décret-loi liberticide.

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Le 17 août, le décret-loi n° 35 sur les « télécommunications, les technologies de l’information et de la communication et l’utilisation du spectre radioélectrique » a été publié au Journal officiel de la République de Cuba. Cette loi bâillonne les internautes cubains en transférant dans le cyberespace la censure de la liberté d’expression déjà existante dans la société cubaine.
Selon le texte du décret, les mesures prévues criminaliseront les « dommages éthiques et sociaux ou les incidents d’agression » sur les réseaux, allant de la diffusion de fausses nouvelles et de messages offensants jusqu’à l’ambiguë « diffamation ayant un impact sur le prestige du pays ».

En ce sens, cette nouvelle loi concrétise ce qui était stipulé dans le controversé décret 360/2019, qui prévoyait ce qui peut désormais être considéré comme des délits contre la sécurité nationale. En d’autres termes, nous avons affaire à une réglementation juridique qui vise à servir d’outil à la Sécurité d’État (police politique) et à prévenir des événements tels que ceux du 11 juillet dernier, lorsqu’en plus de cinquante endroits du pays les connexions aux réseaux sociaux ont permis d’organiser la plus importante protestation antigouvernementale en six décennies de dictature.
C’est ce qu’exprime ici le terme « cyberterrorisme », qui désigne les actions qui subvertissent ou menacent l’ordre constitutionnel ou le « fonctionnement des institutions politiques et des structures économiques et sociales de l’État » dans le domaine de la technologie et des communications. La cybersécurité est un mot récurrent dans le document, défini comme « la prévention, la détection et la réaction rapide aux éventuelles activités de l’ennemi » dans le cyberespace. Ce qui n’est jamais établi clairement, c’est qui est cet ennemi ; et si l’on songe à la proximité des manifestations du 11 juillet, il n’en est qu’un seul : le peuple.
Pablo Domínguez Vázquez, directeur de la cybersécurité au ministère des Communications, fidèle en cela à la tradition de mouchardage qui caractérise les régimes totalitaires, a souligné que l’enregistrement des violations présumées peut se faire par le biais de plaintes et de dénonciations. Ces dénonciations peuvent être effectuées auprès de l’Office de sécurité des réseaux informatiques (OSRI), dont les coordonnées sont fournies, et il est précisé que l’OSRI pourra qualifier le « délit » comme il le jugera nécessaire.
Il convient de noter que, comme dans un Code pénal, les infractions énumérées précisent leur « niveau de dangerosité ». Par exemple, la « diffusion de fausses nouvelles », et à Cuba toute critique adressée au régime est susceptible d’entrer dans cette catégorie, est classée à un niveau « élevé », tandis que « tenter de troubler l’ordre public » est considéré comme « très élevé ». Quelques mois plus tôt, l’approbation de ce texte aurait ajouté à l’arbitraire des arrestations et des procès en cours visant des centaines de personnes arrêtées lors des manifestations du 11 juillet, car la nature de cette loi aurait permis de les accuser de cyberterrorisme.
« Cuba se rapproche chaque jour davantage des dictatures qui contrôlent davantage la liberté d’expression dans le cyberespace. Vous n’êtes plus seulement un criminel pour avoir acheté dans la rue un produit qui n’est pas garanti par l’État qui contrôle tout (recel), ou parce que l’État pense que vous pouvez commettre un délit (dangerosité prédélictive). Vous l’êtes aussi désormais en partageant un contenu ou en publiant un commentaire sur Facebook. La criminalisation de la vie quotidienne est typique des systèmes totalitaires », écrit le journaliste cubain José Raúl Gallego sur Facebook, en commentant la publication de ce décret-loi.

Détournement de la une du Journal officiel de Cuba.

Claudia Padrón Cueto, également journaliste, a énuméré les actions devenues courantes sur les réseaux sociaux, contre lesquelles ces lois-bâillons sont dirigées :
« Lorsque vous publiez sur les réseaux sociaux que vous n’avez pas de médicaments pour votre enfant malade, ou qu’il n’y a pas d’oxygène à l’hôpital, ou que vous n’avez pas de MLC [monnaie librement convertible] pour manger, vous êtes susceptible de commettre un délit : vous dénigrez le « prestige du pays ».
Lorsque, dans un échange entre voisins, vous proposez d’aller au siège du PCC [Parti communiste de Cuba] pour vous plaindre des coupures de courant ou parce qu’il n’y a pas d’eau, vous faites aussi quelque chose d’illégal parce que vous incitez à des rassemblements ».
Si vous écrivez #DíazCanelSingao [Diaz-Canel enculé] ou #FidelDictador [Fidel dictateur], c’est illégal aussi. Il devient évident que vous diffusez des « messages offensants » contre vos tyrans.
Ne songez même plus à filmer une dispute dans une file d’attente, un citoyen qui proteste dans la rue, la brutalité policière. Chacun de ces directs « favorise l’indiscipline sociale ».
Habitué à tout contrôler dans le monde hors ligne, le gouvernement n’hésite pas à adapter ses mécanismes de censure, de criminalisation et de contrôle strict au cyberespace. Ils ont mal vécu le 11 juillet, ils constatent que les gens oublient leur peur et ils portent ce nouveau coup au peu de liberté d’expression que nous avions »,
écrit-elle.
La loi doit entrer en vigueur dans trois mois. Son rejet est devenu viral sur Internet
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(D’après le site « Arbol Invertido »)

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Réplica sobre Cuba

En mayo de 1961, un mes después del intento de invasión de Cuba, episodio conocido como el « desembarco de Bahía de Cochinos », apareció en Le Monde libertaire, órgano de la Federación Anarquista francesa, un artículo asombroso de estupidez, firmado Ariel, todo para la gloria del socialismo en uniforme de salsa castrista. En el siguiente número de la misma publicación, Gaston Leval, que había sido cuestionado en el artículo de Ariel por sus posiciones críticas respecto a la dirección tomada en ese momento por la revolución cubana, respondió en un notable texto, « Réplica sobre Cuba ».
En un momento en que lo que queda de los fieles estalinistas e idólatras marxistas llora la muerte del dictador cubano, vale la pena recordar que inmediatamente después de que Castro tomó el poder en La Habana, algunos observadores libertarios mostraron una lucidez sólida. Es este escrito de Gaston Leval el que me complace reproducir aquí.

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Acabo de leer el artículo que el colaborador de este periódico, que firma Ariel, publicó sobre la revolución cubana, ahora convertida en una contrarrevolución totalitaria, como escribió recientemente nuestro compañero Fidel Miró en Solidaridad obrera de México, como lo denuncian la mayoría de los periódicos anarquistas de América Central y del Sur, y también nuestros camaradas norteamericanos, que están en contacto con los hechos y que no se muestran muy sensibles a lo que ellos llaman el imperialismo capitalista de su país.
Ariel recomienda a sus lectores la revista Esprit, conocida por ser una publicación católica « progresista », muy orientada hacia Moscú y con la que Albert Camus tuvo serios problemas. Recomienda la lectura de Bohemia, publicada por el aparato propagandístico castro-comunista, que no es más que un mal suplente de la verdadera Bohemia tan amada por los cubanos, cuyo director, que luchó contra Batista y defendió a Castro en esa época, ahora ha tenido que exiliarse. Si cita a un autor viajero, tiene cuidado de no comparar las declaraciones del autor con las de nuestros camaradas o personas mejor informadas que él. Y recordemos que había miles de viajeros de este tipo que alababan las maravillas del régimen estalinista y nos llamaban contrarrevolucionarios, hasta que el propio Jruschov se encargó de desmentirlas…
Más aún: según Ariel, hay muchos partidos políticos, pero el pueblo los desprecia, porque está con Castro. Pero, ¿por qué no nos dice que existe sobre todo el Partido Comunista, llamado Partido Socialista Popular, que tiene una existencia oficial y es el verdadero dueño de la situación en todos los ámbitos: político, económico, administrativo, militar y policial? ¿Por qué callar sobre esta realidad esencial contra la cual nuestros compañeros cubanos ya se habían levantado hace más de un año? Por mi parte, considero que esto engaña a sus lectores por omisión.
Naturalmente, Ariel repite todo lo que dicen los comunistas, de quienes, directa o indirectamente, saca su documentación, contra los norteamericanos. Los problemas en América del Sur son más complicados que los esquemas sumarios que se nos proporcionan. Pero estos esquemas tienen la virtud de ser fácilmente comprensibles para las almas sencillas. Sobre todo, sirven a la propaganda totalitaria moscovita atacando continuamente a los Estados Unidos. Sin embargo, no sólo digo que a medida que profundizamos las cosas, nos damos cuenta de que son mucho más complicadas, sino que otros compañeros de Sudamérica, amigos míos, también lo dicen, y no sin razón. Pero esa es otra historia, como diría Kipling.
Lo que más me interesa decir es que es odioso decir que la sangrienta lucha contra Castro y los comunistas en Cuba es obra de los miserables, los traidores o los vendidos. No tenemos derecho a calumniar y ensuciar a los hombres que ya han luchado contra Batista, que se han enfrentado a la muerte, y que aún la siguen enfrentando por la libertad. Una vez más, Ariel repite automáticamente lo que dicen los comunistas, cuyo Castro se ha convertido en un instrumento porque sólo podía confiar en ellos para establecer su dictadura. Así lo demuestra, entre otros autores, Yves Guilbert en su magnífico libro Castro el infiel, que no hace sino confirmar lo que los que han seguido con imparcialidad la evolución de los acontecimientos en Cuba saben, después de haber aplaudido el triunfo de Fidel Castro y sus compañeros de lucha.
Como resultado, el 2 de mayo, Cuba se convirtió en la primera « República Democrática Popular » del continente americano. Es decir, el primer estado llamado comunista y ciertamente totalitario en esta parte del mundo.
Esto debe bastar, me parece, para poner al corriente a aquellos que realmente quieren ver las cosas con claridad, porque es el resultado de una evolución rápida, pero tenaz, en un sentido muy específico.
Seguimos estupefactos por afirmaciones como la que Ariel dice que, lejos de esclavizar a los sindicatos, Castro, por el contrario, los creó. Esto demuestra cuán seriamente está documentado, porque el movimiento sindical, y el sindicalismo, ha existido en Cuba desde principios de siglo; cuando Batista cayó, la mayoría de los trabajadores de las ciudades pertenecían a poderosas organizaciones obreras, pero como no se inclinaban fácilmente ante Castro, se utilizaron las tácticas tradicionales de comunistas y fascistas: crear aparentemente nuevos sindicatos, para eliminar a los recalcitrantes.
Para Ariel, yo cometo una « falta moral » al denunciar el giro que ha tomado el nuevo régimen cubano. Por lo tanto, debemos aceptar como buena la supresión de todos los periódicos, de todas las publicaciones no comunistas, la estrangulación de la prensa, que no se somete a una dictadura totalitaria, las persecuciones contra quienes defienden la libertad, el derecho de reunión, asociación, pensamiento y expresión de pensamiento, el cierre de centros culturales libres, la inversión de los sindicatos y las cooperativas reales. En cuanto al hecho de que ya no existan partidos políticos, esto no justifica el hecho de que se haya ganado la libertad. Primero, repitamos que el Partido Comunista, que ahora tiene todo en sus manos, existe y domina todo, con los « técnicos » rusos, checoslovacos, chinos y de Alemania del Este, y añadamos que cuando la desaparición de estos partidos va acompañada, como es el caso, de la desaparición de todo lo que es libre o libertario, ya sea en esencia o en su definición doctrinal, es burlarse del mundo afirmar que la etapa actual de la revolución cubana conduce a un régimen libertario.
En mis artículos publicados en los Cahiers du socialisme libertaire, que Ariel ataca, he dado pruebas que justifican mis afirmaciones. Por ejemplo, cité la circular que nos enviaron los compañeros mexicanos que fueron allí y nos instaron a « no mencionar, en nuestros escritos, los nombres de los compañeros cubanos que podrían informarnos, porque su libertad, e incluso sus vidas, están en juego ». Esto es suficiente para resumir la situación en la desafortunada isla. Pero Ariel no lo tiene en cuenta, al igual que no tiene en cuenta el hecho de que los niños son militarizados a partir de los siete años y reciben, a partir de la misma edad, cursos de formación marxista, que se extienden a todo el ejército y las milicias.
Pero es para hombres como él que nuestro compañero Marcelo Salinas escribió, en el número de febrero de Solidaridad gastronomica, la última publicación libertaria cubana que acaba de desaparecer, un artículo titulado: « ¡Dan ganas de escupir! » (implícito: ¡asco!).
« Muchos de aquellos a los que me refiero tienen la audacia de pontificar desde lejos sobre lo que no conocen, de juzgar la actitud de los que están en el centro de los hechos y que por lo tanto pueden conocerlos; y no son pocos los que van de paso en falso a paso en falso, de consejo en consejo, a abogar por una alianza entre nuestras fuerzas y las fuerzas del mayor enemigo que la libertad y el derecho individual han tenido nunca en la historia de la humanidad. »
Quiero recordarles que Marcelo Salinas, un viejo militante libertario con el que estaba en contacto (y digo que lo estaba, porque ya nadie puede intercambiar correspondencia con nuestros camaradas cubanos), no sólo dirigía Solidaridad Gastronómica, sino que es el Secretario General de la Federación Libertaria de Cuba, ahora silenciada.Y entre el testimonio de los estalinistas y sus instrumentos, y el de mis camaradas, me detengo primero en el segundo. Al menos lo tengo en cuenta.
Ariel afirma que Cuba está estableciendo un socialismo popular. Para él, que no parece saber más de las doctrinas sociales con las que trata que de los hechos que comenta, « nacionalizar » todo a través de la gigantesca agencia estatal llamada INRA es establecer el socialismo. Las « cooperativas » cubanas son tan socialistas como los kolkhozes rusos. Nuestros autores siempre han proclamado con razón que el capitalismo de estado es peor que el capitalismo privado, porque además de explotar mata la libertad y cualquier posibilidad de defensa. Pero Ariel aún no lo sabe. Al menos tenemos el derecho de suponerlo. De lo contrario, sería peor.
No basta con expropiar el capitalismo privado, los grandes terratenientes, y distribuir armas al pueblo para establecer el socialismo. Tampoco es suficiente tener a la gente detrás de ti. Perón tenía al pueblo argentino con él. Todavía lo tiene. Cualquier demagogo hábil puede dirigir a las masas. Se trata de saber adónde los lleva.
Por el momento, en Cuba, han sido conducidas a un estado totalitario. No se nos convencerá de que este sea el camino hacia la liberación de los hombres.

Gaston Leval
(Junio 1961)

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El siguiente artículo fue escrito en español y publicado en el número de noviembre-diciembre de 1962 de la revista libertaria argentina « Reconstruir » por Gastón Leval, un activista anarquista francés que había vivido en México y Argentina y que estaba vinculado a algunos activistas del movimiento libertario cubano.

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Tenemos una experiencia decisiva, monumental y aleccionadora que debe ponernos en guardia en cuanto a las etiquetas puestas a una revolución. Teniendo en cuenta la tremenda lección rusa, no tiene ahora excusas quién se deja subyugar, arrastrar o cegar por el derrumbamiento de un Estado y de un gobierno capitalista, por expropiaciones de aparencia más o menos socialista, hasta por la distribución de tierras a los campesinos (los bolcheviques proclamaban, antes del triunfo : « La tierra para quien la trabaja ») y la entraga de las fábricas y de los talleres a los trabajadores. Todo no está resuelto con estas primeras medidas, que pueden ser concesiones inmediatas, transitorias y forzosas de un partido político que se propone captarse así la simpatía o la adhesión de los trabajadores de la ciudad o del campo, a fin de encaramarse en el poder desde donde, después de haber eliminado a los partidos y las formaciones rivales, impondrá a estos mismos trabajadores nuevas normas, nuevas instituciones, una policía, una burocracia, y con una limitación constante de la libertad, condiciones de trabajo y existencia contra los cuales los interesados se verán imposibilitados de reaccionar.

La experiencia rusa nos permite decir lo siguiente : tan pronto un partido, aun llamado revolucionario en un principio, elimina a los otros revolucionarios, tildándolos – como es ya una maniobra clásica – de contrarrevolucionarios, vendidos al capitalismo o al extranjero, etc., estamos en presencia de un principio de dictadura que, siguiendo una pendiente fatal, debe llevar a una represión acentuada ante la resistencia no menos fatal de los sectores que no quieren dejarse dominar. Esta represión debe provocar inevitablemente el aumento de la policía convertida en policía de partido, la censura periodística primero y la supresión de la prensa de oposición después, la prohibición de la propaganda oral no oficial y la disolución de todas las fuerzas políticas, sindicales (a no ser que se intervenga a éstas desde el interior), y de los movimientos culturales y sociales que no aceptan someterse.
Tal es, inexorablement, la sucesión de los hechos. Tal ha ocurrido en Rusia. Tal ha ocurrido en Italia., donde las distintas características institucionales del fascismo fueron apareciendo a medida que la necesidad de defenderse contra la oposición, conjugada con la voluntad de dominación de Mussolini, obligaron a éste, para conservar el poder, a sistematizar la eliminación de la oposición y a robustecer los órganos de represión.
Y tan pronto, en Cuba, la voluntad de dominio de Fidel Castro apareció evidente, sojuzgando al Directorio estudiantil que había dirigido buena parte de la lucha, nombrando autoritariamente, y sin consultar a nadie, a su hermano Raúl como « delfín » para sustituirlo en caso de desaparecer – lo cual era, ni más ni menos, un golpe de Estado –, decretando lo que le parecía sin consultar a los mismos miembros del Movimiento 26 de Julio, emprendiendo, con la policía que iba formando, las persecuciones contra héroes de la lucha contra Batista, y contra otros sectores revolucionarios ; tan pronto estos hechos se produjeron, había nacido el mecanismo que, de no ser brutalmente interrumpido, debía llevar, como en los casos anteriores, a la plenitud del Estado totalitario.
Este proceso apareció más amezador todavía con la actitud de Fidel Castro ante el partido comunista. En los primeros días de su llegada a La Habana, Fidel Castro había declarado que el triunfo sobre Batista nada debía al partido comunista. En efecto : éste había podido llevar, bajo el régimen anterior, una existencia legal, publicando su prensa, periódicos y revistas, colaborando con él, dándole incluso dos ministros, lo cual le valió el testimonio público y el agradecimiento del dictador fascista. El mismo partido había combatido abiertamente al Movimiento del 26 de Julio, como combate todo movimiento revolucionario mientras no lo puede dominar, o no tiene esperanzas de dominarlo. Y sólo tres meses antes del triunfo final, que ya parecía probable, mandó algunas fuerzas a las sierras, donde los propios católicos luchaban desde hacía meses.

Pero el partido comunista también había estado en la oposición, haciéndole el doble juego como hizo con el peronismo. Esto, y la adulación hacia Fidel Castro, el ponerse a su servicio (con vistas a servirse de él más tarde), las sutiles maniobras de infiltración en el Movimiento 26 de Julio le permitió, tomando cuando fue necesario la careta del fidelismo, ocupar ciertos cargos importantes, « intervenir » los sindicatos y dominarlos desde arriba, en fin, desarrollar una actividad creciente que extendía rapidamente su predominio. Pronto diferentes sectores lanzaron el grito de alarma. Pero Castro daba ya carta blanca al partido comunista, porque comprendía que un gobierno de régimen dictatorial sólo podía ser apoyado por él. Fuera de él, el pueblo cubano, la población culta, especialmente en las ciudades, eran demasiado liberales para prestarse a la entronización de un nuevo dictador. La influencia de « Che » Guevara, comunista convencido, y de Raúl Castro, también comunista, contribuyó asimismo a modificar su comportamiento.
Y bien : de nuevo, tan pronto se produjo esta colaboración, esta conjunción, quienquiera que estuviese al corriente del desarrollo de las revoluciones totalitarias habidas desde 1917, no podía hacerse ilusiones. En Cuba se estaba implantando una dictadura, con todo lo que caracteriza al totalitarismo.
Se arguyó entonces que Fidel Castro no era comunista, lo cual implicaba que no había de implantar un régimen de carácter bolchevique*. Esto era juego de palabras. En muchas naciones, en Cuba mismo, el partido comunista no se llama tal, sino partido socialista popular o revolucionario según los casos. Y tiene, en todas partes, hombres que hacen su juego, como el doctor Negrin lo hizo en el gobierno republicano durante la guerra de España, sin dejar de pertenecer al partido socialista. El caso es que muy pronto Fidel Castro adoptó, en el orden nacional e internacional, actitudes que condecían absolutamente con la práctica mundial de Moscú. El viraje fue simultáneo, en el interior como en el exterior. Y mal que pese a los que explotan la cuerda del anti-yanquismo, sus ataques virulentos a los Estados-Unidos precedieron, y con mucho, a las medidas tomadas por Washington, que había reconocido al nuevo régimen desde los primeros días.
Este anti-yanquismo, vociferador y frenético, era un recurso que debía atraerle las simpatías del público centro y suramericano ya erguido por los nacionalistas autóctonos y los comunistas, contra la nación norte-americana. Los demagogos de esa parte del continente, sean fascistas o antifascistas, explotan siempre este filón : Perón es un ejemplo aleccionador. Y Fidel Castro, otro.
Desde luego, se puede enumerar una serie de reformas que entusiasman a quienes se quedan en la superficie de las cosas y que valieron al « jefe máximo » la adhesión de la masa campesina, no de la obrera y ciudadana. La más importante de todas es la reforma agraria. Las grandes propiedades fueron secuestradas y organizadas en forma de cooperativas. Que esto sea importante, necio y desleal sería negarlo. Pero, en primer lugar, la mayor parte de los sectores revolucionarios que estaban al lado del Movimiento del 26 de Julio y que han sido perseguidos después, aceptaban esta reforma o contribuyeron a elaborarla. En segundo lugar, esto no era una novedad en América, pués en Méjico, una reforma parecida ha sido hecha en mayor escala, siendo la tierra distribuida en « ejidos », sin que haya sido necesario implantar una dictadura. En tercer lugar, la autonomía de las cooperativas desapareció rapidamente, habiendose franqueado ya la etapa del dominio de la burocracia estatal.

Como compensación a esta realización social, tan pronto desvirtuada, conviene señalar que la situación de los obreros de las ciudades ha empeorado mucho, siendo su nivel de vida inferior en un cuarenta por ciento a lo que era durante el régimen batistiano. Lo cual explica que, al producirse el intento de desembarco de la Bahía de los Cochinos, los policías del nuevo régimen detuvieron a más de 150.000 personas ; según ciertas fuentes la cifra era mayor**.
Se ensalza igualmente el esfuerzo hecho en el orden de la enseñanza. También aquí sólo los superficiales pueden ver un motivo de adhesión al castrismo. Porque incluso los regímenes fascistas han creado escuelas y difundido la instrucción. Lo ha hecho Primo de Rivera, lo ha hecho Hitler, lo hace ahora Franco. La enseñanza es un arma de dos filas, porque permite amaestrar mentalmente a las masas analfabetas, y los dictadores modernos la utilizan como instrumento de predominio.
En cuanto a Cuba, dos hechos son ciertos : el primero es que en los grados superiores, en la universidad, la libertad de enseñanza ha desaparecido por completo, y buen número de profesores, de acendrado liberalismo, en nada opuestos a las reformas sociales emprendidas o realizadas, se han visto obligado a huir por no querer hacer la apología del castrismo, y en buen número no salen porque no pueden. Es verdad que los castristas esparcidos por América dirán que tales profesores están vendidos a los yankis, como los comunistas decían que estábamos vendidos a los capitalistas ; esto también prueba su parentesco… espiritual.
El segundo hecho es que ya esta instrucción o enseñanza ha servido y sirve, desde más de dos años, y en forma creciente, para difundir una educación marxista, que va desde los niños de siete años, a los soldados, milicianos y milicianas de toda edad. Como hacía el régimen de Mussolini, él de Hitler, como hace el régimen bolchevique, como hace el régimen franquista, como hacen, en suma, todos los regímenes dictatoriales, el régimen llamado castrista, donde los comunistas dominan porque tienen un programa, un plan preciso, una técnica, una preparación sociológica de que Castro carecía, instructores rusos y chinos, como en Rusia y las naciones satélites que le sirven de ejemplos inmensos para inspirarse, ha organizado ya el amaestreamiento intelectual de la población analfabeta.
Este amastreamiento surte efectos positivos y sorprendentes. Se completa con la propaganda sistemática y obsesiva hecha con la radio del Estado – única existente –, la prensa oficial – la única existente también –, la televisión, etc. Por esto, no se encuentran bicicletas, cacerolas, máquinas de coser, y si la ropa o el calzado cuestan, en horas de trabajo, cinco o diez veces más que en las naciones de Europa occidental, los aparatos de radio y televisión abundan y son baratos.

Promover cierto grado de instrucción no implica necesariamente servir la causa de la libertad. Una utilización sabiamente organizada, centralizada, coordinada de todos los medios de que dispone el Estado moderno permite hacer lo contrario de lo que se esperaba cuando la mística del liberalismo, propia de otras épocas, atribuia una importancia primordial a la enseñanza. Lo que cuenta ante tode para hacer hombres libres o esclavos es la educación. El pueblo alemán era el más instruido del continente europeo, pero su espíritu de disciplina fue un obstáculo fundamental en la lucha contra el nacionalismo y el autoritarismo. Los campesinos españoles eran, en 1936, analfabetas en un sesenta por ciento, y la mitad de los no analfabetas leían y escribían muy imperfectamente. Con ellos pudimos organizar las colectividades.
Los que se entusiasman ante la campaña de alfabetización del régimen castro-comunista se apresuran demasiado. A juicio nuestro, esta campaña, en la cual participan gentes sinceras y entusiastas que ignoran los fines perseguidos por los que gobiernan, forma parte de un plan de domesticación que se irá realizando, como ha de ser forzosamente en todo régimen totalitario. Y este plan, completado por el monopolio de la prensa, la imprenta, la radio, la televisión, el cine, el teatro, la universidad, etc., será aún favorecido por el aislamiento de Cuba, que por ser una isla está, más que una nación continental, cortada de toda fuente de información directa, siquiera individual.
Un análisis de otros aspectos de la situación cubana – los « tribunales populares », la « democracia directa », las « milicias » armadas, los « comités de vigilencia » y los cuerpos de espionaje y represión policial, etc. – nos llevaría en línea recta a la misma conclusión : Cuba está bajo un régimen totalitario y, a pesar de las apariencias y disfraces, no puede engañar a nadie.

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* Se sabe que después Fidel Castro hizo profesión de fe marxista-leninista, declarando que había adherido al marxismo desde hacía tiempo. Y el 31 de enero, Osvaldo Dorticós, presidente de la República Cubana, declaraba a los periodistas que el haber declarado que el régimen cubano era marxista-leninista « correspondía sencillamente a los hechos ». Lo cual demuestra la candidez de los que se basaban en la no pertenencia oficial de Castro al partido comunista.
** Es cierto que el gobierno norteamericano apoyó (muy poco, pués de haberlo querido, nada hubiera impedido a las tropas norteamericanas desembarcar) esta operación. Pero lo es también que el desembarco fue preparados por revolucionarios cubanos, que no pretendieron ni con mucho restablecer a Batista. La Liga libertaria de los EE.UU. lo proclamó en su hora. El explotar la participación mínima del gobierno norteamericano para presentar la operación como iniciativa suya, para fines únicamente suyos, implica falsear totalmente la verdad.

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Le mouvement libertaire cubain d’avant la période castriste, surtout implanté dans les syndicats, fut partie prenante de la lutte contre la dictature de Batista. Après l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro, une nouvelle dictature allait s’imposer assez rapidement avec la prise en main par les communistes de tous les leviers de commande et l’élimination de toutes les tendances politiques ayant pris part à la révolution.

« El Libertario », journal interdit par le régime castriste.

En 1961, il y avait déjà un bon moment que le mouvement libertaire s’inquiétait et dénonçait l’orientation totalitaire prise par la révolution cubaine. Pourtant, un manifeste intitulé « Une clarification et une déclaration des libertaires cubains », signé par 22 militants du mouvement, fut alors diffusé à l’étranger, avec l’appui du gouvernement castriste, document entièrement favorable à la nouvelle hégémonie.
Ce manifeste fut promu par Manuel Gaona, un vieux militant libertaire qui avait très tôt exprimé ses sympathies pour le castrisme et s’était fait habilement désigner au secrétariat de l’Association libertaire de Cuba (ALC) afin de contrôler les relations du mouvement cubain avec le monde extérieur et de pouvoir ainsi semer la calomnie, le mensonge et la confusion.
Dès 1962, le mouvement libertaire cubain avait disparu sur l’île, ses locaux avaient été fermés et ses journaux interdits. Ses militants fidèles aux valeurs anti-autoritaires de l’anarchisme et qui avaient très rapidement commencé à mettre en exergue les perversions du nouveau régime furent emprisonnés, torturés, exécutés ou contraints à l’exil.

« Solidaridad gastronomica », journal anarcho-syndicaliste interdit par le régime castriste.

Ce lamentable manifeste ainsi que la naïveté, pour rester gentil, de nombre d’anarchistes à travers le monde, étonnamment sensibles à la propagande du nouveau régime de La Havane, eurent pour triste conséquence d’affaiblir considérablement la solidarité qu’étaient en droit d’attendre les camarades libertaires cubains ayant pu échapper à la répression. Fort heureusement, d’autres camarades, lucides ceux-là, tels Gaston Leval en France – très au fait des événements grâce à ses relations en Amérique du Sud – et Abelardo Iglesias, militant libertaire cubain en exil, auteur d’articles remarquables (1) sur la prétendue révolution cubaine, corrigèrent le tir, sans pour autant, hélas, que les camarades cubains rescapés de la nouvelle dictature en place sortent vraiment de leur isolement.
Vous trouverez ci-dessous, dans son intégralité, ce fameux « document Gaona », un monument de propagande mensongère, sans doute l’un des textes les plus ignobles et désastreux qui furent produits par des libertaires dans l’histoire de ce mouvement.

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Clarification et déclaration des libertaires cubains

Nous avons pris connaissance de la campagne insidieuse contre la Révolution cubaine menée par la presse libertaire de ce pays, qui a même culminé avec la collecte d’argent destinée aux prisonniers libertaires cubains ainsi que pour faire sortir du pays les persécutés et leurs familles.
Devant un tel bobard, une telle irresponsabilité et une telle mauvaise foi de la part des auteurs de ces activités, nous, les signataires du présent document, vieux militants du mouvement libertaire de Cuba et au nom de nombreux camarades dispersés dans toute l’île et avec toute la responsabilité du moment historique qu’il nous est donné de vivre, clarifions et déclarons :

Premièrement : qu’il n’y a pas un seul camarade libertaire dans toute la République qui ait été arrêté ou persécuté pour ses idées. Il est donc impératif de clarifier de quelles sources proviennent les informations qui affirment le contraire et ce qui sera fait de l’argent collecté au Mexique pour ces prisonniers et persécutés imaginaires (2).
Deuxièmement : qu’il n’y a pas de persécution politique ou religieuse à Cuba, à moins que vous ne vouliez appeler par ce nom la capture et l’emprisonnement du millier de mercenaires envahisseurs de Playa Giron, composés de propriétaires terriens touchés par la réforme agraire, d’officiers de l’armée dissoute, de sbires de Batista et d’assassins notoires de la tyrannie déchue avec leurs maîtres spirituels correspondants, une douzaine de curés phalangistes ; ou bien l’extrême vigilance du peuple à travers les Comités de défense de la révolution – un pour chaque pâté de maisons – contre les terroristes, les saboteurs et les incendiaires de dizaines de centres de travail, de locaux syndicaux, entraînés, organisés et payés par le gouvernement des Etats-Unis, dans les différentes organisations contre-révolutionnaires opérant à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
Troisièmement : Que la quasi-totalité de la militance libertaire cubaine est intégrée dans les différentes organisations de la Révolution cubaine, telles que les Milices nationales révolutionnaires – qui est le peuple armé –, les Comités de défense de la révolution, les Organisations révolutionnaires intégrées, les Brigades d’alphabétisation, le mouvement ouvrier, les organisations paysannes, les coopératives agricoles, etc.
Quatrièmement : Que cette totale défense et intégration de la militance libertaire dans la Révolution est la conséquence de la traduction en réalités incontestables de tous les objectifs immédiats de notre programme de lutte contre l’exploitation de l’homme par l’homme qui, depuis plus d’un siècle, est la raison d’être du Mouvement anarchiste international et du Mouvement ouvrier révolutionnaire.
Cinquièmement : Que ces désirs, aspirations et objectifs libertaires ont été convertis en réalités concrètes par le peuple cubain en révolution, balayant tous les mythes créés par les réformistes, créant un régime social fondé sur la socialisation progressive de la richesse, mettant en œuvre des réalisations radicales telles que la réforme agraire, qui donne la terre à ceux qui la travaillent ; la réforme urbaine, qui fait des travailleurs les propriétaires de leurs maisons ; l’expropriation des grandes entreprises monopolistiques qui exploitaient le peuple, désormais entre les mains des travailleurs qui les administrent par l’intermédiaire des conseils de direction des usines ; la conversion des grands clubs aristocratiques en cercles sociaux ouvriers, la construction de milliers de cercles pour enfants, pour le soin et l’attention aux enfants des femmes qui travaillent ; la campagne nationale d’alphabétisation, qui permettra, pour l’année 1961, de toucher 1.250.000 analphabètes recensés ; et les plages populaires ouvertes au peuple, les centres touristiques pour les vacances et la détente ; les grands et luxueux hôtels à la portée des paysans les plus humbles ; les milliers de jeunes paysans qui étudient dans la capitale les différentes spécialités techniques dont le pays a besoin pour son développement industriel, et qui ont obtenu des bourses d’études, l’élimination progressive du service domestique, pour l’amélioration culturelle de ses membres afin qu’ils puissent occuper des postes plus dignes et mieux rémunérés.

Revue « Guangara libertaria » éditée par le mouvement libertaire cubain en exil.

Toutes ces réalités – que l’on peut vérifier en nous rendant visite – ainsi que le triomphe obtenu par les travailleurs de la ville et de la campagne, en surmontant le blocus économique que nous impose l’impérialisme, avec une production record, qui a considérablement réduit la pénurie de produits, en augmentant les salaires de plus de cinq cents millions de pesos et en réduisant le chômage de soixante-dix pour cent, qui sera éliminé en deux ans, avec plus de cent usines qui, avec l’aide désintéressée des pays socialistes, sont en train d’être créées dans tout le pays.
Après ce vaste exposé, nous voulons alerter les camarades du mouvement libertaire du Mexique, d’Amérique latine et du monde, les camarades espagnols en exil en Amérique, afin qu’ils ne soient pas surpris par les mauvaises intentions et les informations mensongères qu’ils reçoivent de ceux qui, au service, consciemment ou non, de la contre-révolution cubaine, s’obstinent à rester sourds et aveugles aux réalités et aux réalisations de la plus progressiste, démocratique et humaniste des révolutions de notre continent.
L’heure est à la lutte et à la défense de ce nouveau Cuba. Celui qui ne prend pas les armes, le tracteur ou la machine et ne se jette pas dans le combat contre les forces retardataires qui veulent nous ramener à un hier d’exploitation et d’opprobre, sous prétexte de différences ou de rancœur sectaire, peut être qualifié de traître ou de lâche. Une fois la Révolution consolidée, on pourra polémiquer, mais maintenant ce serait négatif car nous servirions l’ennemi commun.
Copie des signatures de l’original et dans l’ordre dans lequel elles ont été apposées.

Vicente Alea, Manuel Gaona Sousa, Rafael Serra Marrero, Luis Gonzalez, Telmo Bueno, José Avila, Armando Martinez, Felipe Martinez, Francisco Bretau, Eulogio Relova, Alejandrina Penichet, Alfredo Vallejo, José Peréz Blanco, Angel Marquetti, Emilio Perez Ferrer, Rafael Perez, Andrés Pardo, Enrique Lopez Alarcón, (nom illisible), Francisco Calle, Manuel Castillo, Julia Acosta.
(Marianao, novembre 1961)

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Notes personnelles :
(1) Voir sur ce blog (rubrique « Cuba ») « Castro, non merci ! » ainsi que trois autres textes de Gaston Leval reproduits sous le titre « Un peu d’Histoire : Gaston Leval et Cuba ». Par ailleurs, je publierai bientôt, ici même, les textes d’Abelardo Iglesias, en cours de traduction, parus dans la revue libertaire argentine Reconstruir au début des années 60.
(2) Voir « La répression contre les anarchistes à Cuba » (rubrique « Cuba »).

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Depuis quelques années, les partisans et sympathisants du régime castriste s’emploient à faire pression sur le jury du prix Nobel de la paix pour que cette distinction soit remise aux brigades médicales cubaines, invariablement présentées comme œuvrant généreusement dans le domaine sanitaire et humanitaire, et qui seraient aujourd’hui d’autant plus admirables qu’une pandémie sévit sur la planète.
Nous avons déjà dit ici ce que représentait réellement pour l’Etat cubain l’action de ces brigades*, que ce pauvre Noam Chomsky – dont la dénonciation de la propagande des pays capitalistes gagnerait en sérieux s’il n’était pas si prompt à gober celle du régime communiste de l’île – qualifiait sans rire d’« internationalisme authentique ».
Depuis les importantes manifestations du 11 juillet dernier dans plusieurs villes cubaines, de nombreuses protestations ont été exprimées contre la sévère répression qui a suivi, seule réponse, encore une fois, d’une dictature quelque peu affolée. Mais de plus en plus de voix s’élèvent néanmoins pour dénoncer les conditions de vie et de travail à Cuba. Ici, ce sont des travailleurs du secteur de la santé qui adressent une lettre ouverte au comité Nobel, appelant par ailleurs les médecins, infirmiers et le personnel du secteur médical dans son ensemble à la signer. Cette lettre nous dit, loin de l’indécente propagande que tous les partisans et toutous apprivoisés du régime castriste aiment ânonner en chœur
et en cadence, ce qu’est en vérité ce trafic d’êtres humains, pourvoyeur de devises pour la mafia au pouvoir à La Havane.

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Nous, médecins, infirmiers et autres spécialistes qui avons fait ou faisons partie de missions médicales internationales cubaines, informons le Comité du prix Nobel de la Paix des violations systématiques suivantes de nos droits fondamentaux commises par l’Etat cubain dans le cadre des brigades médicales qu’il envoie dans d’autres pays :
1. Les travailleurs de la santé cubains sont obligés de travailler uniquement pour l’État cubain, qui limite nos sorties du pays et nous verse des salaires dérisoires qui garantissent à peine la survie ; faire partie d’une mission internationaliste est pratiquement le seul moyen d’améliorer un tant soit peu nos pauvres conditions de vie et celles de nos familles.
2. L’État cubain fait pression sur nous pour que nous signions un contrat de travail avec le ministère cubain de la Santé ou des entreprises d’État cubaines, contrat qui ne précise pas de manière adéquate les conditions et le lieu de travail, notre rémunération et de nombreux autres aspects qui nous concernent, et qui ne protège pas nos intérêts.
3. Le service à l’étranger nous oblige à être séparés de nos familles à Cuba pendant de très longues périodes et nous ne sommes pas autorisés à nous rendre à Cuba, même en cas de maladie grave ou de décès des enfants, des conjoints et des parents.
4. Si nous cessons de travailler ou si nous protestons, nous subissons des représailles qui comprennent, comme le décrète la loi, jusqu’à huit ans de prison et l’interdiction de revenir dans notre pays, Cuba, pendant au moins huit ans ou l’interdiction pour nos familles de quitter Cuba pour nous rejoindre à l’étranger.
5. L’État cubain, directement ou par l’intermédiaire de l’entité étatique contractante, conserve la majeure partie du salaire que l’employeur verse pour notre travail. Nous recevons donc un pourcentage très inférieur au montant versé et qui, dans la plupart des pays, est bien inférieur au salaire des professionnels ayant des compétences et des responsabilités équivalentes.
6. Nous sommes soumis au « Règlement disciplinaire des travailleurs civils cubains servant à l’étranger en tant que collaborateurs », qui contient de nombreuses restrictions arbitraires et mesures disciplinaires. Entre autres, on ne nous permet pas de conduire une voiture, d’avoir des relations amoureuses ou d’épouser des locaux sans autorisation, de visiter d’autres villes, de passer la nuit en dehors de la résidence ou de nous associer socialement avec des personnes du pays d’accueil qui ne soutiennent pas les idéaux politiques du gouvernement cubain.
7. Nous sommes privés des droits du travail les plus élémentaires protégés par le droit international et même par la législation de la plupart des pays où l’on nous envoie travailler ; dans de nombreux pays, on nous demande d’accomplir des tâches d’ordre politique.
8. Nous sommes constamment surveillés par des superviseurs et des collaborateurs des autorités cubaines et obligés de signaler les collègues qui enfreignent le règlement disciplinaire, qui envisagent de quitter la mission ou qui, de quelque manière que ce soit, « offensent l’honneur de la patrie et ses symboles ».
9. Le gouvernement cubain bloque l’accès à nos diplômes et à nos titres de compétences, ce qui nous empêche de trouver un emploi et de progresser professionnellement en dehors de Cuba.

En plus de ce qui précède, beaucoup d’entre nous ont été soumis à des conditions de vie et de travail très mauvaises, peu sûres, voire dangereuses. Parmi les femmes, nous sommes nombreuses à avoir subi du harcèlement sexuel et d’autres abus de la part de nos supérieurs hiérarchiques, sans qu’aucun mécanisme de soutien ou de protection ne soit mis en place.
Enfin, nous voyons avec douleur et frustration comment la population cubaine a été fortement touchée par la pénurie de médecins, en particulier de spécialistes, par l’envoi massif de travailleurs de la santé à l’étranger pour générer des devises, et qu’aucun investissement n’a été fait pour améliorer le système de santé appauvri de notre pays. De même, de nombreux pays ayant conclu des accords dans le domaine de la santé avec Cuba reçoivent de Cuba des fournitures médicales et des médicaments qui ne sont pas disponibles pour la population cubaine.
Nous espérons que votre prestigieux comité tiendra compte de ce qui précède lors de l’évaluation de la candidature au prix Nobel de la paix des Brigades médicales d’urgence cubaines. Les abus énumérés ci-dessus – qui nous touchent de diverses manières en tant qu’individus, professionnels et membres de familles, de communautés et d’une nation – ne nous ont pas empêchés de remplir notre engagement professionnel avec le sentiment humanitaire que mérite chaque patient à l’intérieur et à l’extérieur de Cuba.

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* Voir https://florealanar.wordpress.com/2020/04/25/le-naufrage-de-noam-chomsky/

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Durant les manifestations du 11 juillet dernier dans de nombreuses villes cubaines, quelques boutiques où il n’est possible d’acheter qu’en monnaie librement convertible (MLC), c’est-à-dire en monnaies étrangères, principalement le dollar, ont été pillées. Il faut savoir que ces boutiques sont particulièrement bien achalandées, contrairement aux boutiques ordinaires, et qu’une grande majorité de Cubains modestes ou pauvres n’y pas accès.
Evidemment, le régime cubain a mis en avant ces pillages, pourtant très peu nombreux, pour mieux condamner ces manifestations et leurs participants, qualifiés de délinquants. Cela a inspiré le texte ci-dessous au journaliste indépendant Reinaldo Escobar, publié sur le site «
 14yMedio ».

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Ceux qui ne prêtent attention qu’aux nouvelles des médias officiels sont enclins à croire que ce qui s’est passé à Cuba le 11 juillet et lors des « répliques » des jours suivants s’est limité à des actes de vandalisme, de pillage et d’indiscipline sociale perpétrés par des éléments délinquants. Cela est arrivé, sans doute, mais ce n’est pas « ce qui s’est passé ». Les chaînes de télévision nationales ont diffusé des images effrayantes d’individus violents lançant des cocktails Molotov, renversant des voitures de police et, surtout, dévalisant des magasins qui vendent en monnaie librement convertible. Ceux qui emportent des boissons, des appareils de climatisation, voire des matelas, agissent de la même manière que d’autres à Santiago du Chili, Quito, Cali ou Washington.
La différence la plus marquante, du point de vue de la propagande officielle, est que dans ces pays capitalistes c’est le « peuple indigné » qui se déchaîne contre le système, en se faisant justice lui-même, mais quand cela se passe à Manzanillo, à Cárdenas ou à Güines, c’est la racaille sociale qui porte atteinte aux intérêts du peuple. La simplification des faits étant à ce point grossière, de moins en moins de personnes s’identifient à ces interprétations.

Destruction de parcmètres à La Havane au lendemain de la victoire de la Révolution

Il est aussi absurde de présenter les actes de vandalisme comme l’illustration des manifestations où la liberté a été réclamée pacifiquement qu’il serait absurde de réduire les manifestations de soutien à la révolution triomphante du 1er janvier 1959 en exposant uniquement la destruction des casinos ou celle des parcmètres de La Havane ce jour-là.
La différence est que les vandales de là-bas s’attaquent aux magasins en sachant que le système leur confère certains droits, et ils enfreignent donc la loi en sachant que d’autres lois les protègent. Ici à Cuba, des hommes et des femmes de tous âges et de toutes races ont cassé les portes et brisé les vitrines de magasins où ils ne peuvent faire leurs achats parce qu’ils n’ont pas accès aux devises étrangères. En franchissant le pas et en transgressant les règles rigides de bonne conduite de « l’homme nouveau », ils ne pensaient pas que la justice révolutionnaire, toujours implacable, leur pardonnerait cette faute. Le plus probable est qu’ils croyaient que la fin était arrivée et que, en l’absence de casinos ou de parcmètres, c’était là une façon de célébrer leur 1er janvier particulier.
La question que devraient se poser ceux qui dirigent l’île est de savoir comment il est possible qu’il y ait tant de gens à Cuba qui ont cette sensation que « tout ça c’est fini ».

Reinaldo Escobar

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Après les manifestations du 11 juillet dans de nombreuses villes cubaines, le régime a lâché quelques miettes à une population qui se plaint, entre autres, de manquer de nourriture et d’avoir faim. Cela a inspiré ce dessin à Omar Santana.

La dame : « Combien ça coûte ? »
Le commerçant : « 150 pesos, des manifestations dans tout le pays, beaucoup de prisonniers et des coups, beaucoup de coups. »

(Dessin : Omar Santana.)

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Dans la nuit du 26 au 27 juillet, trois cocktails Molotov ont été jetés en direction de l’ambassade de Cuba à Paris. Deux d’entre eux ont atteint les locaux, ne faisant que des dégâts très minimes. A l’arrivée des pompiers, le feu avait déjà été éteint par les occupants de l’ambassade.
Cette action n’a jusque-là fait l’objet d’aucune revendication. L’ambassadeur de Cuba en France, récitant le catéchisme castriste habituel, en a rejeté indirectement la responsabilité sur « le gouvernement des Etats-Unis » et « les ennemis de Cuba », confondant sciemment le pays et son régime politique détestable. Il est vrai, par ailleurs, qu’il est rare de jeter des cocktails Molotov sur des locaux amis.
Dans la journée qui a suivi, l’association Unis pour la liberté et la démocratie à Cuba (ULDC), composée d’opposants cubains au régime communiste vivant en France, et opposée à toute action violente, rendait public un communiqué condamnant nettement cette action et demandant aux autorités françaises de diligenter une enquête afin de retrouver ses auteurs. Très naïvement, l’association, que l’ambassade cubaine ignore superbement, demandait à l’ambassadeur de lui fournir de plus amples informations sur cette attaque et sur les démarches entreprises par lui auprès des autorités françaises.

De son côté, l’Association européenne Cuba Libre, sous la plume de son président, Laurent Muller, et de l’écrivain cubain en exil Jacobo Machover, qui a qualifié le communiqué de ULDC d’« infâme », tenait un propos contraire. Rappelant que cet acte « se produit au moment où les forces répressives dans l’île procèdent à des arrestations et des condamnations iniques contre les citoyens pacifiques qui ont osé braver le régime communiste », les membres de cette association se solidarisent très nettement « avec l’action menée contre l’ambassade illégitime de notre pays en France ».
« Il ne s’agit pas d’une “attaque terroriste” menée par “l’impérialisme américain” mais d’un acte de protestation de citoyens libres, qui réclament la libération de tous les prisonniers politiques et le rétablissement de la démocratie et de la liberté à Cuba »,
affirment-ils après avoir dénoncé les gouvernements espagnol et français qui, par le biais d’entreprises, « participent de l’oppression du peuple cubain, n’hésitant pas à envoyer des armes par destination (par exemple des véhicules Peugeot concédés à la Police nationale révolutionnaire) aux sbires du régime ».
Si l’on peut comprendre qu’une association qui rejette toute violence ne soit pas solidaire de l’action menée contre l’ambassade cubaine, demander qu’une enquête soit menée pour qu’on retrouve ses auteurs, et par là même approuver la répression qui les touchera si on les trouve, est une démarche fort regrettable. Dans ces cas-là, on ne dit rien. Car si les auteurs de cet acte sont bien des opposants cubains ayant opté, eux, pour d’autres méthodes de lutte contre une dictature, une certaine retenue commande qu’on ne se range pas du côté de la répression – que réclame aussi l’ambassade cubaine – lorsqu’on est en désaccord avec ces méthodes.
Une certaine éthique me semble de très loin préférable au désir de respectabilité à tout prix.

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