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Archive for the ‘07. Cuba’ Category

Réfugiés espagnols dans le camp d’Argelès.

« Parmi les réfugiés arrivés sur notre territoire après les événements d’Espagne et qui sont hébergés actuellement aux frais de la collectivité publique, se trouvent de nombreux hommes valides en état de travailler. Il n’est pas possible pour le gouvernement d’entretenir sur les deniers publics cette catégorie de personnes, les sommes restreintes consacrées à l’hébergement des réfugiés devant être affectés par priorité, pour des raisons élémentaires d’humanité, aux vieillards, femmes et enfants.
D’autre part, il ne saurait être question d’autoriser ces réfugiés à travailler en France. Cette solution aurait, en effet, l’inconvénient de soumettre la main-d’œuvre nationale à une concurrence inadmissible et de stabiliser une situation qui doit rester purement temporaire. Dans ces conditions, et pour remédier au danger que présenterait la présence sur notre sol d’hommes jeunes, sans ressources et sans travail, j’ai décidé de les mettre en demeure de quitter notre territoire.
En conséquence, vous voudrez bien inviter ces étrangers à choisir le point de la frontière d’Espagne par lequel ils désirent quitter la France. »

Circulaire du 27 septembre 1937, émanant du ministère de l’Intérieur du gouvernement de Front populaire (présidence Chautemps).

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L’illuminée qui publie le tweet ci-contre est première secrétaire du Parti communiste cubain de la province de Matanzas, là où un vaste dépôt pétrolier a brûlé durant six jours (voir articles précédents ici même).
Traduction : « J’ai vu Fidel à Matanzas. Je l’ai vu dans un supertanker, je l’ai vu avec le pompier défiant les pièges. Je l’ai vu coordonner des alliances, je l’ai vu vérifier des plans. J’ai vu Fidel. J’ai vu ses mains, à côté de l’ange qui le protège ; je l’ai vu reconnaissant pour l’aide apportée par de vrais frères. »
La comparaison entre cette agitée du bocal et Jeanne la mystique s’arrête toutefois là. Car la bureaucrate n’a pas péri par les flammes, elle, contrairement à la bergère de Domrémy-la-Pucelle et surtout aux jeunes gens de 19 et 20 ans, effectuant leur service militaire, qui ont perdu la vie dans cette catastrophe et que cette folledingue abjecte n’a toujours pas aperçus dans ses visions castro-délirantes, n’ayant pas trouvé un mot à prononcer à leur sujet.

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Pour lutter contre l’incendie qui s’est déclaré le 5 août dans un dépôt pétrolier de Matanzas, à Cuba, le régime a envoyé des jeunes gens effectuant leur service militaire, sans expérience dans ce domaine. On apprend aujourd’hui, grâce aux informations diffusées sur les réseaux sociaux par leurs familles et amis, que quatre d’entre eux y ont perdu la vie.

Adriano Rodríguez et Fabián Naranjo

Leo Alejandro Doval (19 ans), Adriano Rodríguez (19 ans), Michel Rodríguez Román (20 ans) et Fabián Naranjo, dont l’âge n’est pas précisé, sont morts, criminellement exposés en première ligne alors qu’ils n’avaient aucune formation de pompier professionnel spécialisé dans ce type de catastrophe.
Jusque-là, le régime cubain n’avait fait part que d’une seule victime, un pompier âgé de 60 ans (60 ans !), et de quatorze « disparus ». C’est par les messages de condoléances diffusés sur les réseaux sociaux que cette tragédie a pu être portée à la connaissance du public. Officiellement, un seul des quatre jeunes gens, Michel Rodríguez Román, est mort, selon le gouvernement cubain et les médias du régime (il n’en existe pas d’autres). Cette mort, déjà scandaleuse, n’a pas empêché, encore une fois, le gouvernement cubain de verser dans l’ignominie par l’utilisation qu’il en a faite à des fins de propagande politico-idéologique, transformant la victime, dans le langage immonde de la dictature, en « héros et martyr », comme si l’on pouvait qualifier de héros quelqu’un qu’on a obligé à se trouver dans l’endroit où il a perdu la vie.

Michel Rodríguez Román

« A seulement 20 ans, il se transforme en héros, faisant grandir la liste de nos glorieux martyrs. Un autre ange vient de gagner le ciel », écrit au sujet de Michel Rodríguez Román, par exemple, José Luis Guzmán Cuza, l’un des journalistes-larbins du régime castriste. Les familles des trois autres victimes semblent toutefois ne pas manger de ce pain-là et ont pris les devants avant que leurs fils, neveux ou amis ne fassent l’objet d’une même obscène récupération politique.
Ainsi la grand-mère de Leo Alejandro Doval écrit-elle : « C’était un garçon qui était sur le point d’entrer dans sa phase de jeune homme, malheureusement écourtée. Ses rêves et ses projets de vie ont été brisés. Il rêvait de devenir neurochirurgien et nous en parlait avec enthousiasme. Mon garçon n’est pas un martyr, il est une victime du service militaire obligatoire. Pardonnez-moi, la douleur ne me permet pas de continuer.  Il n’avait pas à être là. »

Leo Alejandro Doval

Auparavant, sa tante, Yunia Doval, dans une sorte de lettre ouverte particulièrement émouvante adressée à son neveu défunt, écrit : « A toi, mon Leo. Je ne te veux pas en héros, mon garçon, je t’aurais préféré lâche ! Pourquoi ça ne m’a jamais traversé l’esprit de te le dire ? J’ai toujours admiré tes valeurs et nous savions dans notre famille que tu n’es pas du genre à fuir, sans imaginer qu’aujourd’hui j’aurais préféré que tu t’enfuies. Je serais tout aussi fière si tu arrivais maintenant en disant que tu es soudainement devenu lâche, rebelle, et que tu es descendu du camion de pompiers, parce qu’en fin de compte tu n’es pas l’un d’entre eux. »
De leur côté, des membres de la famille de Fabián Naranjo font peser sur l’Etat cubain la responsabilité d’avoir mis la vie de ces jeunes gens en danger. « Nous aimons notre enfant. Nous n’avons pas besoin d’un héros. Qui va assumer la responsabilité d’avoir amené ces enfants inexpérimentés sur une scène aussi dangereuse ? Qui leur a ordonné de se tenir dans la zone rouge, où ils risquaient d’être atteints par les flammes si la force du feu augmentait, comme cela a été le cas ? Qui n’a pas songé qu’il mettait en danger la vie d’enfants, que leurs parents ont toujours maintenus sains et saufs ? Qui va en assumer la responsabilité ? », écrit Yanelys Naranjo dans une saine colère.

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Cuba brûle

Ce qui se passe actuellement à Cuba ne semble guère passionner et encore moins inquiéter les médias français. Vendredi 5 août au soir, un gigantesque incendie s’est déclaré dans un dépôt pétrolier de Matanzas, à une centaine de kilomètres à l’est de La Havane.

L’explication officielle veut que l’incendie se soit déclaré après qu’un éclair a touché l’un des huit immenses réservoirs que compte ce dépôt. Le lendemain, samedi 6 août, un deuxième réservoir brûlait. Puis lundi 8 août l’incendie gagnait un troisième réservoir, et ce mardi on apprenait qu’un quatrième était atteint à son tour. La ville de Matanzas est entièrement recouverte depuis quatre jours d’une épaisse fumée noire, dont on peut supposer qu’elle aura des effets néfastes, à court ou moyen terme, sur la santé des habitants. On peut le voir grâce aux nombreuses photos prises par des Cubains et diffusées sur les réseaux sociaux.
De toute évidence, les moyens nécessaires pour lutter contre ce type de catastrophe manquent cruellement à Cuba. Les fanatiques du régime castriste, aidés en cela par les imbéciles et autres naïfs, vous diront encore une fois que la faute en revient sans doute à l’embargo imposé par les Etats-Unis. C’est là la sempiternelle excuse pour expliquer tout ce qui va mal à Cuba, et le moins qu’on puisse dire c’est que tout va mal là-bas. Les thuriféraires du régime ne nous expliquent toutefois jamais pourquoi cet embargo n’empêche nullement que les hôtels de luxe 5-étoiles destinés au tourisme continuent de se multiplier sur l’île, alors que l’habitat et les conditions de vie de la population, entre autres, demeurent dans un état désastreux. Mais comme me le disait un ami de La Havane : « Tu n’entendras rien à l’économie cubaine jusqu’à ce que tu comprennes que la pauvreté n’est pas un échec mais un succès du gouvernement. »

Revenons à notre incendie. Impuissants dès les premiers instants, les dirigeants cubains ont fait appel aux « pays amis » pour leur venir en aide. Plusieurs ont répondu, même « l’ennemi », les Etats-Unis, sans toutefois que ce dernier soit jusque-là autorisé à se rendre sur place. Un épisode ubuesque, survenu le samedi 6 août, illustre on ne peut mieux le délire et l’incompétence dans lesquels se vautrent ces dirigeants cubains. Alors que l’urgence de faire intervenir des spécialistes se faisait particulièrement sentir, le régime organisait sur le tarmac de l’aéroport de La Havane une espèce de manifestation politico-militaire, pour accueillir une délégation de pompiers mexicains, avec hymnes, discours et parade militaire. Quelques heures plus tard, un deuxième réservoir explosait…

Cette catastrophe occupe bien sûr nombre de Cubains sur les réseaux sociaux, où les témoignages de solidarité avec les habitants de Matanzas et avec les victimes du désastre se multiplient. Si nombreux sont les messages dénonçant l’imprévoyance et l’incompétence des dirigeants cubains, tandis que d’autres y vont de leurs agaçantes et récurrentes bondieuseries, voyant là une sorte de châtiment divin (envers qui ?), certains versent dans un moralisme cucul, affirmant que l’heure n’est pas à la politisation de l’événement.
Outre que le gouvernement cubain ne s’est guère gêné pour organiser ce grotesque épisode patriotico-idéologique à l’aéroport de La Havane, il est permis de souligner qu’il est un domaine, un seul, où le régime mendiant castriste n’a nul besoin de faire appel à un quelconque pays ami : la répression.

Si, en effet, un soulèvement populaire se produisait à Matanzas, il ne manquerait ni un flic, ni un militaire, ni une matraque, ni une cellule où enfermer les émeutiers. Aucun embargo n’a jamais empêché, depuis soixante-trois ans, que les moyens matériels et humains au service de la répression soient, comme dans tous les pays dictatoriaux de ce type, considérables. Comme tous les gouvernements, celui de Cuba fait des choix. Entre la sécurité de ses citoyens et les moyens répressifs, on sait où vont ses priorités. Les lourdes condamnations ayant frappé les manifestants du 11 juillet 2021 (voir ici même les articles sur le sujet) sont là pour en montrer l’évidence.

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Aujourd’hui : Maykel Castillo Pérez et Luis Manuel Otero Alcántara.

Le régime cubain vient de faire savoir, ce vendredi 24 juin, que les deux artistes opposants Maykel Castillo Pérez (connu sous le nom d’Osorbo) et Luis Manuel Otero Alcántara ont été condamnés respectivement à neuf ans et à cinq ans de prison.
Maykel Osorbo est l’un des interprètes de la chanson Patria y vida (« La patrie et la vie »), dont le titre est un pied de nez au régime castriste et à son slogan « La patrie ou la mort »), chanson devenue véritable hymne des opposants à la dictature. Il était accusé des délits « d’outrage, d’agression, de désordre public et de diffamation envers les institutions, les héros et martyrs ».
Luis Manuel Otero Alcántara, dont il a été question ici à de nombreuses reprises, est quant à lui l’un des représentants en vue du Mouvement San Isidro (MSI), qui regroupe des artistes que le régime cubain ne cesse de persécuter pour leur opposition déclarée à la politique culturelle du régime, entre autres, au cœur de laquelle trône une censure permanente. Il était accusé « d’outrages aux symboles de la patrie et de désordre public ».

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– Ils disent qu’ils vont mettre des années de prison aux personnes violentes.
– Je doute que la Révolution fasse une chose pareille. Ils ne peuvent pas s’offrir le luxe de rester sans policiers ni militaires.

Près d’un an après les événements qui ont secoué tout le pays, les autorités cubaines ont informé, mercredi 22 juin, des condamnations définitives prononcées à l’encontre de 74 manifestants du 11 juillet 2021. Dix-huit d’entre eux sont condamnés à du travail correctionnel, dont douze sont des jeunes mineurs âgés de 16 à 18 ans ; en outre, il y a eu deux acquittements.
Les sentences, prononcées les 16 et 21 juin par des tribunaux des provinces de Matanzas et de Santiago de Cuba, indiquent que 56 des manifestants jugés purgeront des peines allant jusqu’à 18 ans de prison, pour « sédition, désordre public, agression et outrage ».
Fin mai, l’organisation non gouvernementale Justicia-11J a indiqué que 519 des 564 personnes qui ont été jugées à Cuba pour avoir pris part aux manifestations du 11 juillet 2021 – soit 92 % – ont été condamnées et que 40 attendent toujours de connaître leur sentence. Cette même organisation a lancé une campagne pour que des organismes internationaux consacrés aux droits humains puissent accéder aux prisons cubaines et constater la situation au sein des établissements pénitentiaires.
Justicia-11J a rappelé qu’une enquête récente de l’organisation Cubalex a répertorié quatorze techniques de torture appliquées dans les prisons cubaines, et que par ailleurs le Comité international de la Croix-Rouge n’a plus pénétré dans un centre de détention cubain depuis plus de trente ans.
Selon les autorités cubaines, 790 personnes, parmi lesquelles 55 mineurs de 16 et 17 ans, ont été poursuivies. De leur côté, les familles des condamnés et plusieurs ONG ont sévèrement critiqué le déroulement des procès, dénonçant notamment le manque de garanties concernant la défense, la fabrication de preuves et enfin la lourdeur des peines.

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Cuba et internet

Parmi tous les gouvernements des pays d’Amérique latine, seul celui de Cuba a coupé le réseau internet à toute la population, à quatre reprises au moins, durant l’année 2021, dans le but d’éviter la propagation d’informations échappant à son contrôle, selon le rapport établi par l’ONG Access Now qui se consacre à la défense de la liberté sur le Net.


Raúl Castro surveillant la population du haut de son décret-loi.

Les coupures sélectives du réseau internet constituent une pratique courante du régime castriste, visant régulièrement les opposants, notamment les journalistes indépendants. Mais elle s’est généralisée à la suite des importantes manifestations ayant eu lieu dans tout le pays, le 11 juillet dernier.
Le rapport d’Access Now signale qu’en juillet, « alors que les Cubains envahissaient les rues pour exiger l’accès à l’alimentation, à l’eau, aux médicaments, le gouvernement a imposé une fermeture totale du réseau. Après avoir rétabli son accès, les autorités ont bloqué WhatsApp, Telegram et Signal ».
L’ONG a précisé également que les termes « VPN » (Virtual Private Network) et « liberté » étaient bannis des SMS.
Il convient de rappeler que Cuba n’est pas le seul pays d’Amérique latine ayant connu d’importantes manifestations de mécontentement de sa population. Ce fut le cas au Chili, en Colombie, au Pérou, au Salvador, au Brésil et en Argentine, mais aucun de ces pays n’a coupé son service internet.
Cette censure informatique imposée à une population entière n’est pas, par ailleurs, le seul outil utilisé par la dictature cubaine. La loi s’en mêle également, notamment à travers le décret-loi n°370 qui pénalise la libre expression sur les réseaux sociaux. Ces deux dernières années, plus d’une trentaine de journalistes indépendants en ont été victimes, par des arrestations répétées, des amendes ou l’obligation de quitter le pays.
On estime que 68% du pays a accès à internet à Cuba. Le taux de pénétration de la téléphonie mobile, quant à lui, est le plus bas d’Amérique latine avec 53% seulement.
En matière d’accès à l’information et de droit à l’expression, Cuba demeure à ce jour l’un des pays les plus restrictifs au monde.

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Combien de prisonniers y a-t-il à Cuba ? Combien ont été emprisonnés pour des raisons politiques ? La population carcérale de l’île est-elle l’une des plus importantes au monde ? Le manque de transparence caractérise le gouvernement cubain lorsqu’il s’agit de questions qui peuvent affecter l’image parfaite qu’il transmet dans sa propagande. Et parmi les données que le régime a essayé de mettre sous clé figurent celles qui concernent les prisons et les personnes privées de liberté.

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PAR CLAUDIA PADRÓN CUETO
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C’est en 2010 que la presse étrangère accréditée sur l’île a été autorisée pour la dernière fois à entrer dans plusieurs prisons du pays dans le cadre de visites guidées. A cette occasion, quelques chiffres ont été fournis, tels que la population carcérale (57337 prisonniers) et le nombre d’institutions pénitentiaires (200). Douze ans plus tard, aucune autorisation n’a été accordée pour que les prisons cubaines soient à nouveau visitées par des journalistes.
Sur la vie à l’intérieur des établissements carcéraux, on dispose de témoignages d’anciens détenus et de leurs familles, qui décrivent, selon leurs termes, un enfer. Le gouvernement n’autorise pas l’accès aux prisons aux organisations internationales qui pourraient constater quelles sont les conditions de vie des personnes détenues. Le système pénitentiaire du pays est l’un des rares de l’hémisphère occidental à rejeter toute forme d’examen indépendant, national ou étranger. Il n’existe pas non plus de statistiques officielles actualisées. Le peu d’informations recueillies l’a été par des organismes indépendants.
Que savons-nous des prisons cubaines ? « CubaNet » présente quelques faits.

Ecoles converties en prisons
A la fin de 1958, il y avait entre dix et quatorze prisons à Cuba, le chiffre variant selon les sources. Soixante-trois ans plus tard, le nombre de prisons est presque trente fois plus élevé. L’Observatoire cubain des droits humains (OCDH) a répertorié 293 centres pénitentiaires répartis selon leur régime de sévérité.
L’un des slogans les plus répétés de la Révolution est d’avoir converti les casernes des années Batista en écoles. Paradoxalement, selon les données de l’Observatoire, au moins 23 écoles construites par l’État ont été transformées en prisons après 1959. Pour une université dans laquelle l’Etat investit, il le fait dans le même temps pour cinq prisons.
Aujourd’hui Cuba, avec un peu plus de 11 millions d’habitants, compte cinq prisons de plus que le Mexique, troisième plus grand pays d’Amérique latine et dont la population est douze fois plus importante. Si l’on compare les chiffres cubains avec ceux de la Belgique, dont la population est presque identique (11,4 millions d’habitants), la nation européenne ne compte que 35 prisons, soit 258 de moins que dans la plus grande île des Caraïbes.

Nombre de prisons, pour chaque province. En bleu, avant 1959. En jaune, depuis 1959.

Cinquième plus grande population carcérale du monde
Le World Prison Brief, une base de données en ligne de l’université de Londres, qui fournit des informations sur les systèmes pénitentiaires du monde entier, n’a pratiquement pas pu recueillir d’informations sur l’île. Les données qu’elle utilise sont les chiffres officiels de 2012 et elle n’a pas été en mesure de les mettre à jour. Malgré cela, dans son classement, Cuba occupe la cinquième place mondiale en termes de population carcérale par rapport au nombre de ses habitants. Il convient de noter que pour les autres pays les chiffres sont actualisés et donc récents.
Toutefois, si l’on calcule la population carcérale selon les données compilées en 2020 par l’organisation Prisoners Defenders, basée à Madrid, qui affirme qu’il y a plus de 90000 personnes dans les prisons cubaines, le résultat est encore plus alarmant. Si tel était le cas, l’île aurait le taux de personnes incarcérées le plus élevé du monde, supérieur à celui des États-Unis.

Raúl y Díaz-Canel prétendent qu’il n’y a pas de prisonniers politiques à Cuba
« Donne-moi tout de suite la liste des prisonniers politiques pour que je puisse les libérer. Donne-la maintenant », a répondu Raúl Castro en 2016 lors d’une conférence de presse. Castro, qui n’a pas l’habitude de s’adresser à la presse, nationale ou internationale, ni d’être interpellé, a été visiblement irrité par l’allégation du journaliste de CNN Jim Acosta selon laquelle il y aurait des prisonniers politiques à Cuba. « S’il y a des prisonniers politiques, ils seront libérés avant la tombée de la nuit », déclarait le président de l’époque, debout à côté de l’ancien président des Etats-Unis Barack Obama. En juillet 2021, lors d’une rencontre avec des membres de la Caravane des pasteurs pour la paix, à La Havane, Miguel Díaz-Canel, actuel président cubain, a de nouveau nié l’existence de prisonniers politiques à Cuba.
Historiquement, le gouvernement de l’île a toujours dissimulé l’existence de prisonniers de conscience dans ses cachots. Toutefois, la dernière liste établie par l’organisation indépendante Prisoners Defenders confirme l’existence de 955 prisonniers politiques à Cuba en 2021, dont plus de 800 étaient encore emprisonnés le 31 décembre dernier.
En unifiant les informations de cette liste et les données de géolocalisation d’au moins 70 prisons cubaines, publiées par l’OCDH, nous pouvons présenter cette carte des principales prisons du pays. En raison du manque d’accès aux informations officielles, il n’a pas été possible de localiser géographiquement toutes les prisons, ni de fournir des données complètes sur les personnes détenues.

Soucieux de camoufler son harcèlement de la dissidence, le gouvernement cubain juge la plupart de ses opposants au titre du droit commun, de sorte qu’il peut ensuite déclarer qu’il n’y a pas de citoyens emprisonnés pour avoir exercé la liberté d’expression sur les réseaux sociaux, mais pour ne pas avoir payé les amendes infligées pour avoir partagé des contenus critiques, par exemple. Toutefois, ils ont prononcé de lourdes peines pour « sédition », notamment après les manifestations du 11 juillet dernier, ou pour des délits présumés contre la police politique, la Sécurité d’État (des cas qui ont clairement une charge politique). Grâce à la base de données de Prisoners Defenders, « CubaNet » montre en vertu de quelles délits les prisonniers politiques et les prisonniers de conscience sont détenus sur l’île : troubles de l’ordre public, outrage, agression et sédition sont les charges les plus courantes pour lesquelles ils sont poursuivis.

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Source : https://www.cubanet.org/destacados/desde-1959-hay-mas-prisiones-que-universidades-en-cuba/

Traduction : Floréal Melgar.

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L’organisation Prisoners Defenders a dénoncé, vendredi dernier, devant le Conseil des droits de l’enfant de l’Organisation des Nations unies, les violations systématiques des droits des jeunes gens mineurs commises par le régime cubain et recueillies dans un rapport détaillé.
Prisoners Defenders demande que soit effectuée une analyse des poursuites pénales engagées après les manifestations du 11 juillet à Cuba contre des dizaines de mineurs âgés de 13 à 17 ans. Le rapport juridique de cette organisation évoque vingt-deux cas d’emprisonnement politique d’enfants et fournit une liste détaillée de quatorze autres cas.

Sur la liste mensuelle des prisonniers politiques publiée par Prisoners Defenders figurent trente-trois garçons et quatre filles : l’un d’entre eux a 13 ans ; trois d’entre eux ont 15 ans ; dix d’entre eux ont 16 ans ; vingt-trois d’entre eux ont 17 ans. Tous ont été arrêtés lors des manifestations du 11 juillet dernier. Et vingt ont déjà été condamnés à une moyenne de sept ans de prison ferme. Le rapport indique que deux filles et quatorze garçons, soit 43% des cas de mineurs étudiés par Prisoners Defenders, ont été accusés de « sédition ».
Le rapport rappelle également que « la dernière étude, centrée sur le traitement des prisonniers et présentée au Comité contre la torture le 28 mars 2022, a constaté que parmi 101 cas étudiés il y avait des mineurs et des adolescents qui subissaient des mauvais traitements, des traitements cruels et des tortures ». Sur les 101 cas de victimes de torture et de mauvais traitements étudiés, trois concernaient des mineurs au moment de leur détention (Jonathan Torres Farrat, Brandon David Becerra Curbelo et Rowland de Jesús Castillo Castro), et quatorze avaient 21 ans ou moins. La victime qui cumule le plus grand nombre de types de torture est précisément un mineur de 17 ans, Jonathan Torres Farrat.
D’autre part, Prisoners Defenders a étudié le cas de milliers d’enfants, fils et filles de professionnels, notamment dans le domaine médical, envoyés à l’étranger et qui ont décidé de quitter les « missions » confiées par le régime. Ces enfants se trouvent séparés de force de leurs pères et mères pendant huit ans (durée de l’interdiction de retour au pays). Outre des « documents probants », Prisoners Defenders a joint à sa plainte « 1111 témoignages sur la séparation familiale forcée touchant plus de 5000 enfants aujourd’hui ».
Selon l’organisation, « cette violation génère une quantité importante de maladies psychologiques, mentales et physiques », et l’on a enregistré également nombre de tentatives de suicide.
Le document ajoute que « ces faits sont aggravés par la pression sociale (« ton père est un déserteur, un traître »), entraînant un stress extrême chez le mineur et sa famille ».
« La consigne est de stigmatiser et de menacer le « déserteur » et sa famille afin que son cas ne se reproduise pas, sachant que le chiffre d’affaires annuel des missions à l’étranger se situe entre 8,5 et 10 milliards de dollars (supérieur aux revenus du tourisme). De plus, les autorités informent le Comité de défense de la révolution du quartier (les mouchards du Parti communiste) et diverses institutions (écoles, universités, etc.), de sorte que les mineurs souffrent de brimades à l’école et de discrimination sociale. »
Pour Prisoners Defenders, il s’agit d’« une véritable pandémie qui touche les enfants, générée par la répression du régime cubain qui intimide plus de 50000 professionnels civils travaillant à l’étranger et à qui le régime soutire 80% du salaire par lequel les multinationales impliquées et les gouvernements rémunèrent leurs services ».

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Aujourd’hui : Tania Echeverría.
Tania Echevarría, membre du mouvement « Las Damas de blanco » (Les Dames en blanc) a été arrêtée hier à Colón (province de Matanzas) pour être emmenée en prison.

Elle a été récemment condamnée à 6 ans de prison pour sa participation à la manifestation locale du 11 juillet dernier contre le régime cubain en place depuis plus de soixante ans. Son époux, Leylandis Puentes Vargas, a lui aussi été condamné à une peine identique de prison ferme.
Elle est la quatrième Dame en blanc a être emprisonnée après Aymara Nieto Muñoz (5 ans de prison ferme), Saylí Navarro (8 ans de prison) et Sissi Abascal (6 ans de prison ferme), toutes pour le même motif.
Le mouvement des Dames en blanc avait été fondé par les mères, épouses ou sœurs des 75 dissidents arrêtés en mars 2003 au cours de la période particulièrement répressive qualifiée de « Primavera negra » (Printemps noir) et condamnés à de très lourdes peines d’emprisonnement.

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