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Archive for the ‘02. A la petite semaine’ Category

Imaginons…

Imaginons, ayant été militant libertaire durant de nombreuses années, et lassé de lire et d’entendre des âneries sur l’anarchisme qui heurtent ma conscience, que je décide, en le faisant savoir, de m’en prendre désormais physiquement, jusqu’à les tuer, aux personnes – et elles sont légion – qui utiliseront le terme « anarchie » dans un sens négatif ou stupide. Se trouverait-il dès lors de belles âmes – journalistes, écrivains, politologues et autres « grands témoins de notre temps » – pour dire de mes éventuelles victimes qu’elles l’ont bien cherché en continuant à dénigrer mes orientations politiques malgré mes avertissements ? Le mouvement libertaire étant moins en vogue que la prétendue « religion des pauvres », on peut supposer que non, même s’il se trouve parmi cet aréopage aux avis autorisés de parfaits crétins capables de tout justifier.
Eh bien, c’est pourtant ce qui s’est passé avec les morts de Charlie Hebdo. « Ils l’ont bien cherché », ont clamé en chœur une bande de salopards en vue, allant de la pure racaille fascisante et antisémite à la Dieudonné jusqu’à l’extrême gauche recyclée à la Plenel, sous les applaudissements nourris adressés aux tueurs par de petites ordures de type Virginie Despentes, à l’abri de leur statut de gens de plume.
Je ne sais si ces gens-là seront amenés à s’exprimer au cours du procès qui vient de s’ouvrir. S’ils devaient l’être, ce ne serait de toute façon qu’en tant que témoins de la défense. Car ces gens-là écrivent et parlent. Ces messieurs-dames jamais ne s’abaisseront à jouer les porte-flingues. Le crime dégueulasse n’est pas de leur ressort. Ils n’en sont après coup que l’abjecte caution « morale », la justification intellectuelle qui jamais n’entraîne ses auteurs dans un box d’accusés.
Aux minables fanatiques les années de prison. Aux autres les plateaux télé et les prix littéraires. Salauds !

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En juin dernier, l’auteur compositeur interprète Benjamin Biolay, celui-là même qui a réussi à transformer les chansons de Charles Trenet en somnifères, accordait un court entretien au journaliste Sylvain Fesson, de Philosophie Magazine.
« Quels étaient tes héros quand tu étais jeune ? », lui demande-t-on d’emblée, car la philosophie d’aujourd’hui sait aller immédiatement à l’essentiel. Avec John Lennon, Maradona et deux autres, arrive l’inévitable Guevara. Bon, c’est pas trop grave, se dit-on. Biolay a été ado, comme tout le monde, et l’on sait que c’est l’âge des idoles, des passions irraisonnées et de l’ignorance qui n’empêche en rien d’avoir des opinions tranchées. Le journaliste enchaîne avec la question suivante, de celles qui permettent de rester dans les hautes sphères de la réflexion : « Avec qui aimerais-tu dîner ?» Biolay : « Le Che, devant un asado [barbecue argentin]. J’ai lu ses carnets quand j’étais au lycée. Son intelligence m’a frappé. Sartre disait que c’était l’homme le plus complet du XXe siècle. »
Quand on sait que les Carnets du Che révèlent un goût prononcé pour les armes, la violence et la mort chez ce tueur sanguinaire, tout ce que notre artiste retient encore aujourd’hui, malgré la lumière faite sur ce sinistre personnage*, c’est son intelligence, comme si celle-ci ne pouvait être dévoyée, servile, au service des tyrannies. Et comme si cela ne suffisait pas, il convoque Sartre à sa table, le souteneur de toutes les saloperies commises par la mafia castriste, entre autres. Des décennies de gauchisme culturel permettent aujourd’hui encore à un artiste politiquement inculte de chanter ainsi les louanges d’un fusilleur et tyran. Il faut encore s’y résigner.
« Ton truc pour corrompre la jeunesse ? », lui demande-t-on enfin. « Rester ado dans ma tête », répond Biolay. C’est ça, vive l’ignorance ! Et un petit déjeuner avec Xi Jinping, ça te dirait ? Il est intelligent, lui aussi.

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* Lire La face cachée du Che, de Jacobo Machover, Buchet/Chastel, Paris, 2007, et voir « Idolâtres, sachez qui vous admirez ! ».

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Les joueurs du Football Club de Lorient arboreront sur leur maillot, à la reprise du championnat de France, l’image d’Ernesto Guevara. Les dirigeants de ce club ont en effet signé un contrat de trois ans, tout ce qu’il y a de plus commercial au sein d’une société libérale, avec la marque de boissons énergétiques Che Freedom Spirit, créée par un Cubain d’origine et breton d’adoption. La boisson sur laquelle figure également la célèbre photo du « Che » sera bien sûr proposée dans l’enceinte du stade du Moustoir.
Il est pour le moins cocasse que l’image de ce gosse de riche devenu révolutionnaire professionnel, qui camoufla si bien ses pulsions criminelles et sa passion mortifère pour la violence et les exécutions derrière une haine hystérique envers le capitalisme, soit devenue aujourd’hui une source de juteux bénéfices. Cartes postales, posters, cendriers, serviettes de plage, slips, chanson débile et autres colifichets… l’image du guérillero de métier ne sert plus qu’à remplir des tiroirs-caisses, grâce aux touristes moutonniers et aujourd’hui les fans de foot. « Hasta la victoria, siempre ! » « Allez Lorient ! Jusqu’à la victoire, toujours ! »

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En 2018, sur LCI, une animatrice reçoit Eric Dupont-Moretti.
– Si on vous proposait un poste de ministre de la Justice, vous l’accepteriez ?
– Non !
– Sûr ?
– Ah oui ! Sûr ! Vous voulez que je vous le signe ?
Il poursuit : « Je n’accepterai jamais un truc pareil. Faut en avaler des couleuvres pour faire de la politique ! Non, non, pas du tout, je n’aimerais pas faire cela. »

« C’est un aller sans retour ? » demande l’animatrice de l’émission « C à vous », en septembre 2017, à Roselyne Bachelot.
– Absolument ! répond, péremptoire, l’ex-ministre de la Santé.
« Vous ne reviendrez jamais en politique ? », demande Laurent Ruquier, animateur d’« On n’est pas couché », à Roselyne Bachelot, en octobre 2017.
– Jamais ! répond la dame, catégorique.
Sur un autre plateau télé, la même : « Je ne reviendrai pas. C’est une décision irrévocable ! Et je respecte en général mes engagements. »
Interrogée par Serge Moati, encore elle :
– Vous auriez dû être ministre de la Culture…
– Comme disait un de mes amis, tu aimes trop la culture pour en être la ministre.
Décembre 2017, l’inévitable question lui est de nouveau posée. Réponse : « Le retour de Roselyne Bachelot en politique, c’est totalement inconcevable. Il faut que les choses soient irrémédiables, sinon elles n’ont pas de noblesse. »

Depuis le temps que la politique héberge ce genre de personnages, reste-t-il encore des couleuvres ? Quant à la noblesse…


 

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On se souvient que très récemment le linguiste Noam Chomsky*, lors d’un entretien accordé à une agence d’information espagnole, déclarait sans rire que l’exportation d’équipes médicales cubaines en diverses régions du monde représentait pour lui « le seul exemple d’internationalisme authentique ».
Parmi les pays où le régime castriste exporte ses médecins figure l’Algérie. Or le gouvernement de ce pays a récemment rendu public l’accord sur trois ans conclu avec son homologue de La Havane, le 30 janvier 2018. On y apprend que l’Etat algérien verse à l’Etat cubain la modique somme de 65 millions d’euros par an. Les domaines médicaux dans lesquels opère le corps médical cubain en Algérie sont détaillés dans ce contrat. On retiendra que l’Etat algérien verse pour chaque médecin un salaire annuel de 78.000 euros à l’Etat cubain, ce dernier ne reversant que 20 à 25% dudit salaire à chaque individu.
Je ne sais pas si demain l’Internationale sera le genre humain, mais en attendant elle semble davantage relever de transactions commerciales des plus courantes, d’une recherche de profits juteux et d’une exploitation de la main-d’
œuvre sur lesquelles repose le système capitaliste tant honni.

* Voir « Le naufrage de Noam Chomsky ».

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J’ai parfois l’impression que s’il venait à l’idée de Christiane Taubira de déclarer publiquement qu’il fait chaud alors que la température extérieure approche des 30°, il se trouverait du monde pour souligner, publiquement également, combien cette femme est formidable et son analyse de la météo d’une finesse exceptionnelle.
Beaucoup de gens de gauche, qui n’ont plus beaucoup d’idoles à se mettre sous la main, ont trouvé depuis quelque temps chez cette dame de quoi s’enthousiasmer au moindre de ses propos, fût-il d’une banalité extrême. Certes, Mme Taubira s’exprime dans une langue que ne possèdent plus guère la plupart des guignols qui depuis pas mal d’années gouvernent ou croient gouverner. Mais le contenant n’a jamais été une garantie de la valeur du contenu.
Cette grande stratège qui, pour rester un instant sur un plan politicien qui passionne les adorateurs du bulletin de vote, permit à Jean-Marie Le Pen d’être présent au second tour d’une présidentielle et à Chirac d’être plébiscité dans la foulée, était l’invitée de France Inter le 13 avril dernier. Après sa prestation, nombreux furent les « politologues » de réseaux sociaux pour se pâmer d’aise et mettre en avant quelques-unes de ses déclarations, notamment celle-ci, vue à maintes reprises : « 
Cette économie, elle ne peut pas être un absolu, une divinité, un veau d’or. » Tu parles d’une trouvaille ! Quelle nouveauté ! Il faut quand même avoir le sens critique sérieusement amoché pour s’extasier devant pareilles formules, qu’on trouve déjà chez nombre de théoriciens socialisants dès le XIXe siècle, comme chez nombre de militants du socialisme dit « utopique ». La différence entre eux et Mme Taubira c’est qu’ils ne furent pour la plupart jamais complices de ceux qui précisément ont placé l’économie mortifère au cœur de la vie politique et sociale.
Quant à la question qui préoccupe aujourd’hui le monde entier, la pandémie, le discours de Mme Taubira est tout entier, derrière une pointe d’humanisme de pacotille, une ode à l’éternelle coterie de ceux qui sont là pour décider du sort des « autres », de ceux dont dépend le destin d’une valetaille spectatrice et muette à qui il serait malséant de demander son avis puisqu’il y a des êtres supérieurs et hautement responsables (c’est dans l’ADN) pour décider de tout.
« Il faut consentir à changer, accepter d’être habité à la fois par le doute, l’incertitude, l’idée de la responsabilité. Il faut accepter de ne pas être infaillible et d’être dévoué complètement aux autres. C’est une responsabilité extrêmement lourde et dans ces circonstances on se rend compte de la nature du pouvoir : le pouvoir est exorbitant, abusif par nature, puisqu’il vous conduit à prendre des décisions dont les conséquences vont peser sur la vie des autres. Comment je rassemble mes connaissances, mon savoir, au mieux pour prendre la meilleure décision pour les autres ? »
Voilà, il y a Elle et Eux, et puis il y a « les autres », qui n’ont à aucun moment leur mot à dire, notez-le bien, même comme ici sur une question de vie ou de mort, mais uniquement priés d’attendre les décisions que prendra pour eux la Caste dont elle sort et envers qui elle glisse une pointe de compassion en soulignant sa « responsabilité extrêmement lourde ».
Je déteste ce discours et cette conception de la vie en société, comme je déteste ces politiciens qui, après avoir œuvré au naufrage, prennent leurs distances et se rachètent une bonne conscience en se fabriquant une image d’humaniste sensible aux difficultés des « autres » dans ce monde cruel.
J’emmerde Taubira !

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Le mauvais temps qui sévit dans le sud de la France et la grève qui se poursuit ont éclipsé une nouvelle importante, qui méritait mieux que l’indifférence des médias français. La « République » de Cuba dispose en effet, depuis samedi, d’un premier ministre, une fonction qu’avait occupée par le passé le grand républicain Fidel Castro, et qui fut supprimée en 1976. Le nouveau premier ministre, Manuel Marrero, a fait toute sa carrière dans l’armée et occupait jusque-là le poste de ministre du Tourisme, ce secteur étant aux mains des militaires à Cuba. Il est membre du Parti communiste, qui signe là une nouvelle victoire, les autres partis n’ayant pas réussi à se mettre d’accord sur un candicat commun (non, je plaisante), et il a été élu à l’unanimité des membres de l’Assemblée nationale, ce qui tendrait à montrer qu’il jouit d’une plus grande popularité que le président de la République, Miguel Díaz-Canel, qui n’avait été élu, lui, qu’avec 579 voix sur 580 députés en octobre dernier.

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Réunir près de 15 000 personnes dans la capitale pour une manifestation, quand l’agglomération parisienne compte dix millions d’habitants, c’est ce que l’Union communiste libertaire, clone du NPA, appelle « une riposte populaire d’ampleur ». On pourrait se contenter de s’amuser de ce vocabulaire imbécile et vaniteux qui caractérise un charabia militant n’ayant précisément pas grand-chose de populaire. On le pourrait, en effet, s’il n’y avait pas derrière cette crétinerie gauchiste langagière quelque chose de plus grave qui a consisté, en l’occurrence, à voir les militants d’une organisation se réclamant de l’anarchisme jouer à nouveau les « porteurs de valises » d’une dangereuse imposture, ici l’islam politique, comme le firent avant eux, au seul profit du FLN, d’autres « communistes libertaires » aussi futés, du temps de la guerre d’Algérie. Près de soixante ans plus tard, si le FLN est toujours là après un exercice du pouvoir sans partage et toute la pourriture qui s’y rattache, on aurait bien du mal à trouver trace, là-bas, d’un embryon de communisme libertaire. Et il y a fort à parier que sur ce terrain de l’intrusion conquérante et liberticide de la religion dans l’espace public, nos vaillants pourfendeurs de l’« islamophobie » connaîtront la même efficacité que leurs ridicules devanciers en espérant tirer profit de leur soutien à ce qu’ils croient être une classe ouvrière de substitution.
Il est aisé de comprendre que les diverses officines politiciennes, toujours en quête d’une clientèle, adaptent leur offre de marchandises mentales aux modes militantes du moment. Aller pour cela jusqu’à faire bras dessus, bras dessous, avec des imams délirants, des « insoumis » célébrant l’unité nationale retrouvée sous le drapeau tricolore et sur fond de Marseillaise et d’« Allahu akbar », de profondément réactionnaires Indigènes de la République, voilà qui devrait quand même interroger des militants libertaires si le désir de se faire une place à tout prix dans la galaxie gauchiste ne l’emportait pas sur la fidélité à quelques principes anarchistes élémentaires, d’une part, et sur un sens critique un peu plus aiguisé, d’autre part.
Fort heureusement, tous les libertaires ne se sentent pas tenus, au nom d’un antiracisme dévoyé, d’emboîter le pas aux islamo-gauchistes du NPA et à tous les « idiots utiles » de circonstance ralliés à ce désastre confusionniste en cours. A ce titre, il faut se réjouir de n’avoir pas vu apparaître la signature de la Fédération anarchiste dans l’appel à manifester dimanche dernier, et plus encore de lire le communiqué* que cette organisation a rendu public à cette occasion.

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* Communiqué FA.

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Avec tout ça (Rouen, l’attentat de la Préfecture de police, les Kurdes, etc.), une info est complètement passée à l’as, pourtant essentielle : l’élection, jeudi 10 octobre, du président de la République (sic) de Cuba.
Déjà président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres depuis avril 2018, Miguel Díaz-Canel a en effet été « élu » président de la République lors d’une session extraordinaire du Parlement cubain. Le suspense, on s’en doute, était à son comble quant au résultat de cette « élection ». Mais finalement Diaz-Canel l’a emporté avec 579 voix sur 580 députés.
Dans un premier temps, on pouvait penser, au vu du résultat, qu’un social-traître avait réussi à s’infiltrer au sein de cette assemblée pourtant sévèrement cadenassée. Certains pouvaient même y déceler comme un espoir de changement futur en se disant que si un opposant avait pu réussir à se glisser dans cette institution en soixante ans de castrisme, il était permis d’espérer de voir naître un Parlement majoritairement oppositionnel dans quelques siècles (je vous laisse faire le calcul).
Mais la réalité est sans doute tout autre, et cette voix discordante fut probablement inspirée par les fins stratèges du Parti communiste cubain. Car un résultat de 580 voix sur 580 députés aurait sans nul doute fourni une image de dictature stalinienne à l’ancienne, et entraîné les mêmes sarcasmes que jadis. Tandis que là, incontestablement, ce résultat et la preuve de l’existence d’une forte opposition au régime, ça vous a un aspect démocratique des plus chics.
Mais comme les gens sont méchants, il y en aura encore pour dire qu’il n’y a pas vraiment de démocratie à Cuba. Certains iront même jusqu’à prétendre que tout cela est bidon et que le maître véritable de l’île reste Raul Castro, premier secrétaire du comité central du Parti communiste, dans la mesure où la Constitution cubaine définit ledit Parti comme « la force dirigeante supérieure de la société et de l’État, qui organise et oriente les efforts communs vers les hautes fins de la construction du socialisme et la marche en avant vers la société communiste ». J’en pleure tellement c’est beau.

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Au sein de la profession journalistique, il ne manque pas, loin de là, de laquais particulièrement serviles, de virtuoses de la brosse à reluire, de courtisans de tout poil. Chacun à son tour, ils se distinguent par une étonnante souplesse d’échine à rendre jaloux le fantôme de Michel Droit, ce « journaliste » qui toute sa vie demeura courbé face à de Gaulle afin de lécher au mieux les bottes de son général de brigade vénéré.
A côté d’eux, il y a ces journalistes qui passent pour des esprits libres aux oreilles des imbéciles. Ceux-là se montrent capables – suprême audace ! –, sur le ton du type vaguement surpris et outré, de faire répéter leurs plus gros mensonges aux menteurs professionnels de la politique, sans toutefois les démentir outre mesure, faut pas déconner, il y a quand même le respect des élus à sauvegarder. Dans le genre, le chroniqueur de RMC et de BFM-TV Jean-Jacques Bourdin reste un modèle. Mais la déontologie supposée du monsieur ne saurait toutefois s’encombrer d’une morale étriquée allant jusqu’à lui interdire d’ouvrir son micro au premier salopard venu, pourvu qu’il soit célèbre. Le taux d’audience, coco, tu y penses ?! Le « droit de savoir », la « curiosité citoyenne » et autres formules magiques ne servant le plus souvent qu’à mieux faire passer l’odieux pour la mission sacrée d’informer, Jean-Jacques Bourdin a donc choisi d’inviter, le 6 septembre, celui que les médias continuent de présenter comme un « théologien » ou un « islamologue » (sic), le militant islamiste Tariq Ramadan, ce qui offre aux violeurs en série présumés un bon espoir de passer eux aussi à l’avenir sur l’antenne de RMC et de BFM-TV.
L’un des moments les plus médiatiquement vomitifs de l’entretien fut celui où l’on se demanda qui, de l’invité ou de l’interviewer, au ton « incisif et dérangeant » comme il est écrit sur le site internet de BFM, était le plus détestable, après qu’on eut entendu ce dernier poser cette question incroyable : « Est-ce que vous pardonnez à ces jeunes femmes, plaignantes, qui vous accusent ? Vous êtes capable, ou pas, de leur pardonner ? »
Le mot de la fin de cet immonde spectacle, sommet d’abjection auquel répondit le « Merci, Tariq Ramadan » de Bourdin, revint au théologien de chambre d’hôtel : « Rappelez-vous, la France de 97, unanimement contre Dreyfus, avait tort. »
Et c’est ainsi qu’Allah est grand, comme disait Vialatte… et ce journalisme-là vraiment tout petit.

 

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