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Archive for the ‘02. A la petite semaine’ Category

Scission

Décidément, rien ne nous sera épargné. Dans le marasme social, culturel et politique que nous traversons et dont on ne voit pas la fin, il ne manquait plus que ça ! Comme si la somme des calamités qui nous sont tombées dessus n’était pas assez suffisante… Espérons toutefois que la terrible nouvelle qui vient de nous atteindre ne freinera pas la ruée vers les terrasses.
Voilà donc le NPA, l’une des multiples annexes du trotskisme, atteint par la maladie infantile qui touche cette famille politique depuis sa naissance : la scissionnite.
Près de trois cents militants de cette organisation viennent en effet de publier une déclaration annonçant leur exclusion et leur intention, dans la foulée, de créer à leur tour ce qui manque cruellement dans le paysage actuel, un parti révolutionnaire des travailleurs. Dénonçant l’orientation droitière de la direction actuelle du NPA, ces militants se proposent de prendre bientôt une première décision dont la radicalité, jetée aux orties par leurs camarades d’hier, n’échappera à personne : présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2022.
Si, comme on peut le supposer, Lutte ouvrière, le NPA droitier, les lambertistes – dont on ne sait plus bien quel est le sigle actuel de leur secte – et notre nouveau parti révolutionnaire des travailleurs présentent un candidat au grand rendez-vous électoral de l’an prochain, cela nous promet quatre candidats trotskistes sur la ligne de départ. Au moins ! Car le temps qui reste d’ici au mois de mai prochain laisse largement l’opportunité à nos nouveaux scissionnistes d’opérer une nouvelle scission…

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J’ai reçu une lettre de Valérie Pécresse. J’ai d’abord été très surpris, mais j’ai trouvé ça sympa. On ne reçoit plus guère de courrier. Factures et dépliants publicitaires encombrent nos boîtes à lettres depuis longtemps. Aussi me suis-je hâté d’ouvrir l’enveloppe. Ma déception a été immédiate.
Je ne sais pas où elle a pris ses renseignements, mais sa lettre commence par deux énormes erreurs. D’abord elle se trompe de prénom. Elle m’appelle « Cher Francilien ». « Il y a six ans, écrit-elle, vous m’avez élue à la présidence de l’Ile-de-France. » Moi ?! Aucun souvenir de ça ! Et d’abord comment aurais-je pu, moi qui n’ai pas de carte électorale ?
Elle m’apprend ensuite qu’elle a décidé d’être à nouveau candidate. Je suis content pour elle, mais lorsqu’elle prend soin de m’en expliquer les raisons, là encore je me dis qu’elle doit me confondre avec quelqu’un d’autre : « Parce que je vois plus que jamais votre soif de réussir », me dit-elle. C’est un peu tard pour moi, non ? Comment peut-on écrire des choses pareilles à quelqu’un qu’on connaît aussi mal ? Mais le plus grave c’est lorsqu’elle me confie : « Parce que j’ai aimé chacune de nos rencontres et qu’elles m’ont tant apporté. » J’ai eu un moment de panique. Heureusement que m’a compagne n’a pas relevé le courrier avant moi. Vous imaginez la situation ?
Je n’ai pas cru bon de poursuivre ma lecture. Je suis allé discrètement jeter la missive à la poubelle.

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L’anniversaire de l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République a fourni à nombre de commentateurs l’occasion de rappeler ce que l’on devrait, paraît-il, à la grande bonté de cet homme. Parmi ces bienfaits, l’existence des radios libres est revenue à maintes reprises dans la liste des cadeaux que notre monarque de gauche consentit à offrir à ses sujets.
Pour avoir vécu de très près l’aventure des radios qu’on disait d’abord pirates, je suis désolé de devoir atténuer l’enthousiasme des groupies de l’ancien locataire de l’Elysée en affirmant nettement que l’existence des radios dites libres est due avant tout et surtout au combat mené par les radiolibristes illégalistes, bien avant l’accession de Mitterrand à la tête de l’Etat. Sans cette bataille, il est absolument ridicule d’imaginer que la bande FM eût été libérée. Le gouvernement de l’époque ne fit qu’admettre l’inéluctable
et entériner un phénomène qui prenait sans cesse de l’importance.
Certes, Mitterrand aurait très bien pu s’opposer à la libération de la bande FM, comme d’ailleurs ses alliés communistes l’auraient souhaité, rappelons-le, et poursuivre la répression qui touchait les « pirates », mais le processus était bien trop engagé pour que la bataille, loin de prendre fin, ne connaisse au contraire un accroissement continu.
Il y a dans cette façon de prétendre faussement qu’on lui « doit » les radios libres une sorte d’insupportable soumission, largement partagée à droite comme à gauche, au bon vouloir du Prince, du Chef, de l’Autorité. Et ce qui vaut pour les radios libres vaut pour tout le reste. Rien n’a jamais été acquis sans lutte, et attribuer les mérites des acquis successifs à la seule bonne volonté des dirigeants de la nation, c’est non seulement minimiser ou même balayer l’histoire de ces luttes, en tout cas les faire passer au second plan, mais surtout laisser entendre que sans ces « hommes providentiels » nous ne serions éternellement qu’un troupeau de bovins reconnaissants lorsque le maître daigne approvisionner la mangeoire et incapables de prendre les décisions qui nous concernent. C’est affligeant.

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En balade dans le quartier de la Réunion, dans le XXe arrondissement de Paris, je remarque des affichettes, collées ici et là sur les murs, arborant le logo de la CNT.
Curieux, je m’approche et constate qu’il s’agit d’un appel à rassemblement « de soutien aux prisonniers politiques » ayant eu lieu le 17 avril, place de la Réunion.
Au bas de l’affichette figure une liste de pays ou régions dont les prisonniers politiques semblent mériter le soutien de la CNT (Palestine, Corse, Euskal Herria, Sahara occidental, Kurdistan, Chili, Mapuche, Mexique), ainsi que trois noms, parmi les milliers d’emprisonnés de par le monde (Mumia Abu Jamal, Leonard Peltier, Georges Ibrahim Abdallah), c’est-à-dire des personnes détenues aux Etats-Unis pour deux d’entre elles et en France pour la troisième.
Sans doute est-il difficile, voire fastidieux, d’énumérer sur une affiche de petit format tous les noms des charmants pays hébergeant dans les conditions qu’on devine tous ceux qui se sont dressés contre des régimes autoritaires ou dictatoriaux. Néanmoins, le choix de ceux qu’on souhaite faire figurer dans ces listes, et plus encore peut-être ceux dont il n’est pratiquement jamais fait mention, en dit souvent long sur ce qui motive ce type de manifestation, à savoir ce prétendu « soutien aux prisonniers politiques » qui obéit, en réalité, aux orientations idéologiques des enfermés et des Etats qui enferment, selon leur place sur l’échiquier de l’« anti-impérialisme ».
Dans la Russie de Poutine, dans la Chine de Xi Jinping, dans le Cuba de la mafia castriste, il n’y avait toujours pas de prisonniers politiques le 17 avril, qu’on se le dise !

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Inquiétude

Il est beaucoup question, en ce moment, avec une certaine anxiété, de l’état mental des enfants et adolescents en temps de pandémie. Mais personne ne semble s’émouvoir de l’état mental des politiciens en campagne.
En réponse à Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste invité de France 2, qui critique les réunions non mixtes et « racisées » de l’UNEF et défend, contrairement à ce « syndicat », une position universaliste, l’histrion Mélenchon, qui racole sans cesse dans le sens du vent mauvais, l’interpelle ainsi sur Twitter : « Eh, Fabien Roussel ! Les groupes de parole exclusifs, ça commence avec les réunions de salariés sans les patrons ! »
Sur sa lancée, le voilà qui apostrophe la droite : « Hé la droite ! Les groupes de parole exclusifs, ça commence avec les réunions de famille. Vous voulez interdire ça ? »

Dans les réunions non mixtes de patronnes « racisées » de LFI, il fait un tabac, Jean-Luc !

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Samedi 20 mars, vers 14 heures, une meute d’une quarantaine de militants fascistes a pu tranquillement traverser certains quartiers de Lyon pour se rendre rue Diderot et s’en prendre avec violence à la devanture de la librairie libertaire La Plume noire. Une fois son petit « après-midi de cristal » terminé, la meute a pu quitter les lieux, avec force saluts et slogans nazis, sans être inquiétée le moins du monde.
Il semble que nous allons devoir apprendre de plus en plus fréquemment que de tels actes – ça n’était pas le premier ! – ont lieu ici ou là dans ce pays où une atmosphère nauséabonde s’installe progressivement, sans que les réactions soient à la hauteur de la gravité des faits. Je ne fais pas seulement allusion ici à ceux qui en haut lieu sont aux responsabilités, comme on dit, et qui participent grandement à l’extension de cette puante atmosphère. Les réseaux dits sociaux, par exemple, à l’exception de quelques pages militantes, se foutent bien de tout cela, préoccupés qu’ils sont à se bouffer le nez à propos d’une comédienne ayant assuré le spectacle dans le spectacle autorisé, pour tenter de nous convaincre ensuite que la vulgarité et l’inculture seraient la caractéristique et la force du peuple.
Cette pauvre Ligue des droits de l’homme, née à la fin du XIXe siècle d’une célèbre « affaire », s’est fendue de son côté d’un communiqué de soutien à cette artiste, qui ne risque pourtant rien. A Lyon, les responsables de La Plume noire, eux, attendent encore que ce glorieux organisme se manifeste à leur endroit. A la Ligue comme dans les rangs des commentateurs avisés de l’actualité importante fournie par les médias, on sait aller à l’essentiel. On a les « affaires Dreyfus » qu’on peut…

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Ça a commencé avec Act Up, quand d’ardents militants de cette organisation menacèrent de livrer publiquement les noms de ministres chiraquiens qui cachaient leur homosexualité. Homosexuels, mais non décidés à être assignés à résidence dans la communauté homosexuelle contre leur volonté, ils furent prévenus que, ministres homosexuels, ils se devaient avant tout d’être ministres des homosexuels, et agir qui plus est comme des militants soutiennent que des homosexuels doivent agir. Depuis, ces plongées dans la politique de caniveau sont devenues régulières, qui enferment les individus dans la prison communautaire et se livrent à la dénonciation publique de qui ne se conforme pas au comportement que la tribu leur dicte.
Désormais, ce qui est écrit ci-dessus vaut pour les femmes, les Noirs, les trans, les musulmans, les handicapés, les gros, les végans, les catholiques, les collectionneurs de timbres… autant de clans qui voient naître des groupuscules actifs et particulièrement sectaires dont les membres, dégoulinant de morale, prétendent représenter toutes les femmes, tous les Noirs, tous les trans, tous les musulmans, tous les handicapés, tous les gros, tous les végétariens, tous les cathos et tous les philatélistes. La censure et l’interdit font leur délice. Il ne se passe plus une semaine sans que quelqu’un n’en fasse les frais.
Quand l’appartenance à un groupe et ses diktats devient obligatoire, quand la délation et le lynchage public se veulent vertueux, il faut se méfier des assoiffés de justice. Et si le libre arbitre de l’individu, quels que soient son sexe, sa sexualité, sa couleur de peau, son physique, sa religion, son absence de religion, ses goûts, vous paraît plus essentiel que les règles collectives imposées en fonction de ces critères, il convient de se dresser contre ces nouveaux fossoyeurs des libertés. Sinon, tôt ou tard, votre tour viendra.

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Ça n’a pas raté ! Le fait que Lallement, le préfet du LBD, commissaire politique à la répression à Paris, cite Trotski dans son message provocateur de vœux du nouvel an a fait bondir d’indignation la petite armée rouge des réseaux sociaux et d’inutiles élus de gauche, anciens adeptes du vieux Léon pour certains, aujourd’hui recyclés dans les salons feutrés d’une République peu rancunière.
Pourtant, on voit mal ce qu’il y a d’incongru dans ce rapprochement. Lallement est une brute épaisse, et quoi de plus naturel pour un tel personnage que d’aller chercher ses références chez une autre brute ? Car Trotski est tout de même ce personnage, dépeint par certains historiens comme l’un des plus cruels parmi la galerie d’enfants de chœur du bolchevisme, qui ont œuvré à l’élimination définitive de toutes les tendances politiques – autres que la sienne – ayant participé à la révolution russe, et contribué à l’instauration d’un régime totalitaire responsable de la mort de millions d’individus. Si la suite lui fut néfaste, c’est qu’il s’est simplement montré moins efficace et peut-être un peu moins pervers que son compère Staline dans la lutte entre camarades pour le pouvoir, suscitant depuis lors les pleurnicheries de ses fidèles, toutes tendances confondues.
L’histoire a amplement démontré qu’il existe des personnages, situés théoriquement dans des camps idéologiquement opposés, animés par des états d’esprit, des tempéraments semblables. Ce sont des gens qui préfèrent à ce point l’injustice à ce qu’ils appellent le désordre, comme disait l’autre, qu’ils sont capables et même désireux de se faire les artisans de répressions terribles. On en trouve dans tous les camps, même si j’ose espérer qu’ils s’en trouvent moins chez les libertaires. Oui, il existe des hommes, à droite comme à gauche, capables, sans émotion aucune, d’apposer leur signature, et le coup de tampon qui va avec, au bas de ces listes de noms de personnes à exterminer sur-le-champ pour que règne l’Ordre sacro-saint ou pour le bien du prolétariat. Lallement n’a fait fusiller personne, certes, mais il est possible que si les circonstances le permettaient il se montrerait à la « hauteur » de cette tâche. Il en montre les symptômes. Trotski était de toute évidence un type de ce genre-là. Il l’a montré. Voilà pourquoi cette citation du vieux Léon, placée là sur la carte de vœu d’un personnage méprisable, ne me fait ni chaud ni froid.
Passer son temps à trouver des circonstances atténuantes aux salopards que la gauche a engendrés est une occupation dérisoire et malsaine. Laissons cela à ceux qui, sur le parcours fléché des lendemains qui chantent, ont toujours une saloperie à justifier.

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« Aujourd’hui, on n’a plus le droit ni d’avoir faim ni d’avoir froid. » Cela fait trente-cinq ans qu’on nous assène ce refrain, chanté le plus souvent par des gavés du showbiz. Au 31 décembre, près de 13000 « aujourd’hui » se seront donc succédé, au cours desquels de plus en plus d’individus à la dérive auront attendu en vain qu’il soit mis fin à cet étrange « droit ». Mais chacun sait bien que, sans un bouleversement complet qui va bien au-delà de l’isoloir et des querelles de clocher politiciennes, cela perdurera et qu’une honteuse charité publique continuera de servir de politique sociale aux décideurs à venir, comme elle l’a été jusque-là pour les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, dont pas un n’aura même su contenir la progression constante de la misère.
En cette période de fin d’année, il n’est pas que les seuls Restos du cœur pour faire appel au porte-monnaie. La charité, qui fut, reste et restera le contraire de la justice sociale, bat son plein. Un tout petit moment passé devant le petit écran suffit à se voir sollicité par Handicap International, Médecins du monde, l’Institut Curie, l’Unicef, l’Institut du cerveau, et j’en passe. On ne sait plus où donner de la pièce.
Pour inciter au don, de gentilles vedettes apprivoisées viennent parfois prêter leur concours à ce scandale permanent, jamais dénoncé, qu’est cette honte du recours à la quête et au bon cœur dans ces domaines du handicap, du cancer et autres fléaux. Pas une once de révolte, pas l’ombre d’un début d’accusation, pas un mot de travers qui pourrait déplaire aux responsables du désastre ou à l’Industrie culturelle dont ils dépendent.
Il y a bien des années, alors qu’on lui demandait, sur une chaîne de télévision, ce qu’il pensait du monde dans lequel nous vivions, Lény Escudero, avec un sentiment profond d’indignation, répondit, exemples à l’appui, que c’était « un monde de merde » (voir vidéo ci-dessous). Vous voyez une de ces stars militantes et médiatisées de la curetonnerie généralisée nous dire cela aujourd’hui ?

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Le 1er juin 1885, il y eut une foule immense sur le parcours du corbillard qui emportait Victor Hugo jusqu’au Panthéon.
Le 22 janvier 1905, il y eut une foule considérable pour accompagner le cortège funèbre emportant l’anarchiste Louise Michel, femme du peuple, jusqu’au cimetière de Levallois.
Le 22 novembre 1936, à Barcelone, là encore une foule gigantesque suivait le cercueil de l’anarchiste de la CNT et de la FAI Buenaventura Durruti, homme du peuple espagnol, jusqu’à la colline de Montjuic.

Le 9 novembre 2017, innombrables furent ceux qui, à Paris, rendirent un dernier hommage à Johnny Hallyday.
Le 26 novembre 2020, c’est en masse que des Argentins sont venus saluer la dépouille du footballeur Diego Maradona.
A chaque époque ses héros…

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