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Archive for the ‘02. A la petite semaine’ Category

Ça a commencé avec Act Up, quand d’ardents militants de cette organisation menacèrent de livrer publiquement les noms de ministres chiraquiens qui cachaient leur homosexualité. Homosexuels, mais non décidés à être assignés à résidence dans la communauté homosexuelle contre leur volonté, ils furent prévenus que, ministres homosexuels, ils se devaient avant tout d’être ministres des homosexuels, et agir qui plus est comme des militants soutiennent que des homosexuels doivent agir. Depuis, ces plongées dans la politique de caniveau sont devenues régulières, qui enferment les individus dans la prison communautaire et se livrent à la dénonciation publique de qui ne se conforme pas au comportement que la tribu leur dicte.
Désormais, ce qui est écrit ci-dessus vaut pour les femmes, les Noirs, les trans, les musulmans, les handicapés, les gros, les végans, les catholiques, les collectionneurs de timbres… autant de clans qui voient naître des groupuscules actifs et particulièrement sectaires dont les membres, dégoulinant de morale, prétendent représenter toutes les femmes, tous les Noirs, tous les trans, tous les musulmans, tous les handicapés, tous les gros, tous les végétariens, tous les cathos et tous les philatélistes. La censure et l’interdit font leur délice. Il ne se passe plus une semaine sans que quelqu’un n’en fasse les frais.
Quand l’appartenance à un groupe et ses diktats devient obligatoire, quand la délation et le lynchage public se veulent vertueux, il faut se méfier des assoiffés de justice. Et si le libre arbitre de l’individu, quels que soient son sexe, sa sexualité, sa couleur de peau, son physique, sa religion, son absence de religion, ses goûts, vous paraît plus essentiel que les règles collectives imposées en fonction de ces critères, il convient de se dresser contre ces nouveaux fossoyeurs des libertés. Sinon, tôt ou tard, votre tour viendra.

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Ça n’a pas raté ! Le fait que Lallement, le préfet du LBD, commissaire politique à la répression à Paris, cite Trotski dans son message provocateur de vœux du nouvel an a fait bondir d’indignation la petite armée rouge des réseaux sociaux et d’inutiles élus de gauche, anciens adeptes du vieux Léon pour certains, aujourd’hui recyclés dans les salons feutrés d’une République peu rancunière.
Pourtant, on voit mal ce qu’il y a d’incongru dans ce rapprochement. Lallement est une brute épaisse, et quoi de plus naturel pour un tel personnage que d’aller chercher ses références chez une autre brute ? Car Trotski est tout de même ce personnage, dépeint par certains historiens comme l’un des plus cruels parmi la galerie d’enfants de chœur du bolchevisme, qui ont œuvré à l’élimination définitive de toutes les tendances politiques – autres que la sienne – ayant participé à la révolution russe, et contribué à l’instauration d’un régime totalitaire responsable de la mort de millions d’individus. Si la suite lui fut néfaste, c’est qu’il s’est simplement montré moins efficace et peut-être un peu moins pervers que son compère Staline dans la lutte entre camarades pour le pouvoir, suscitant depuis lors les pleurnicheries de ses fidèles, toutes tendances confondues.
L’histoire a amplement démontré qu’il existe des personnages, situés théoriquement dans des camps idéologiquement opposés, animés par des états d’esprit, des tempéraments semblables. Ce sont des gens qui préfèrent à ce point l’injustice à ce qu’ils appellent le désordre, comme disait l’autre, qu’ils sont capables et même désireux de se faire les artisans de répressions terribles. On en trouve dans tous les camps, même si j’ose espérer qu’ils s’en trouvent moins chez les libertaires. Oui, il existe des hommes, à droite comme à gauche, capables, sans émotion aucune, d’apposer leur signature, et le coup de tampon qui va avec, au bas de ces listes de noms de personnes à exterminer sur-le-champ pour que règne l’Ordre sacro-saint ou pour le bien du prolétariat. Lallement n’a fait fusiller personne, certes, mais il est possible que si les circonstances le permettaient il se montrerait à la « hauteur » de cette tâche. Il en montre les symptômes. Trotski était de toute évidence un type de ce genre-là. Il l’a montré. Voilà pourquoi cette citation du vieux Léon, placée là sur la carte de vœu d’un personnage méprisable, ne me fait ni chaud ni froid.
Passer son temps à trouver des circonstances atténuantes aux salopards que la gauche a engendrés est une occupation dérisoire et malsaine. Laissons cela à ceux qui, sur le parcours fléché des lendemains qui chantent, ont toujours une saloperie à justifier.

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« Aujourd’hui, on n’a plus le droit ni d’avoir faim ni d’avoir froid. » Cela fait trente-cinq ans qu’on nous assène ce refrain, chanté le plus souvent par des gavés du showbiz. Au 31 décembre, près de 13000 « aujourd’hui » se seront donc succédé, au cours desquels de plus en plus d’individus à la dérive auront attendu en vain qu’il soit mis fin à cet étrange « droit ». Mais chacun sait bien que, sans un bouleversement complet qui va bien au-delà de l’isoloir et des querelles de clocher politiciennes, cela perdurera et qu’une honteuse charité publique continuera de servir de politique sociale aux décideurs à venir, comme elle l’a été jusque-là pour les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, dont pas un n’aura même su contenir la progression constante de la misère.
En cette période de fin d’année, il n’est pas que les seuls Restos du cœur pour faire appel au porte-monnaie. La charité, qui fut, reste et restera le contraire de la justice sociale, bat son plein. Un tout petit moment passé devant le petit écran suffit à se voir sollicité par Handicap International, Médecins du monde, l’Institut Curie, l’Unicef, l’Institut du cerveau, et j’en passe. On ne sait plus où donner de la pièce.
Pour inciter au don, de gentilles vedettes apprivoisées viennent parfois prêter leur concours à ce scandale permanent, jamais dénoncé, qu’est cette honte du recours à la quête et au bon cœur dans ces domaines du handicap, du cancer et autres fléaux. Pas une once de révolte, pas l’ombre d’un début d’accusation, pas un mot de travers qui pourrait déplaire aux responsables du désastre ou à l’Industrie culturelle dont ils dépendent.
Il y a bien des années, alors qu’on lui demandait, sur une chaîne de télévision, ce qu’il pensait du monde dans lequel nous vivions, Lény Escudero, avec un sentiment profond d’indignation, répondit, exemples à l’appui, que c’était « un monde de merde » (voir vidéo ci-dessous). Vous voyez une de ces stars militantes et médiatisées de la curetonnerie généralisée nous dire cela aujourd’hui ?

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Le 1er juin 1885, il y eut une foule immense sur le parcours du corbillard qui emportait Victor Hugo jusqu’au Panthéon.
Le 22 janvier 1905, il y eut une foule considérable pour accompagner le cortège funèbre emportant l’anarchiste Louise Michel, femme du peuple, jusqu’au cimetière de Levallois.
Le 22 novembre 1936, à Barcelone, là encore une foule gigantesque suivait le cercueil de l’anarchiste de la CNT et de la FAI Buenaventura Durruti, homme du peuple espagnol, jusqu’à la colline de Montjuic.

Le 9 novembre 2017, innombrables furent ceux qui, à Paris, rendirent un dernier hommage à Johnny Hallyday.
Le 26 novembre 2020, c’est en masse que des Argentins sont venus saluer la dépouille du footballeur Diego Maradona.
A chaque époque ses héros…

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Un ami lyonnais écrit sur les réseaux sociaux que si on lui avait dit dans son jeune temps qu’on verrait un jour des gens manifester pour le droit à la messe, il aurait éclaté de rire. En ce qui me concerne, si on m’avait dit qu’on assisterait à certains rapprochements, j’en serais resté sur le cul. Et pourtant…
Cette fièvre autour du documentaire « Hold-up », au-delà de son contenu, me semble œuvrer à consolider fortement cette déjà ancienne, étrange, et pour tout dire assez nauséabonde alliance entre demi ou pleinement fachos, ex ou toujours staliniens, gens de gauche dite radicale et hurluberlus divers et variés dénonciateurs de complots interplanétaires, entre autres.
Je vois des gens, et même de vagues amis, connus pour s’être toujours situés très à gauche, relayer sans sourciller des vidéos ou textes piochés sur des sites franchement réactionnaires, des communistes ou proches encenser sans retenue un documentaire réalisé par un personnage qui naguère délirait, dans une autre de ses œuvres, sur un complot communiste et franc-maçon.
Si le monde macronien, sa sauvagerie impitoyable, sa flicaille et ses médias de merde ont de quoi écœurer au plus haut point, le renforcement de cette alliance, qui n’est plus seulement de circonstance, vient s’ajouter à ce profond dégoût et n’annonce rien de bon.

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A part des personnages totalement fantaisistes – et encore ! –, je ne vois pas quel éventuel candidat à l’élection présidentielle, même issu d’une secte trotskiste, pourrait ne pas obtenir les 150.000 parrainages de citoyens si cette condition était établie pour s’y présenter officiellement. Mise à part la volonté d’être le premier à occuper le devant de la scène, on ne voit donc pas très bien à quoi peut servir l’appel lancé par l’histrion Mélenchon, présenté sans rire comme une condition qu’il s’impose à lui-même, comme s’il y avait un risque de ne pas la remplir. D’autant qu’il est facile pour un individu de signer plusieurs fois cet appel. Les 150.000 signatures vont évidemment être réunies assez vite, et même dépassées. Cela permettra à ce bouffon d’affirmer que la volonté populaire lui demande de faire don de sa personne à la France. Comment peut-on prendre cela au sérieux ?
Quelle clownerie !

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Il paraît que ça n’est pas bien du tout d’employer l’expression « islamo-gauchisme ». Les uns en font une question de vocabulaire : les nazis ayant créé le terme « judéo-bolchevisme », cela ferait de vous un quasi-SS (jusqu’où va se nicher la connerie, quand même ?!). D’autres prétendent que ça n’existe pas, que cette invention, selon eux, ne sert qu’à « stigmatiser » la communauté musulmane.
Deux organisations gauchistes, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et son clone, l’Union communiste libertaire (UCL), viennent pourtant de s’unir pour la rédaction d’un communiqué de protestation contre la fermeture d’une mosquée dirigée par un salafiste, à Pantin, en banlieue parisienne (voir sur internet, je me refuse à relayer ici cette immondice).
Dans la foulée, j’ai reçu ce communiqué, presque authentique.

« Cohérents avec leurs prises de position récentes visant la défense du droit à l’obscurantisme, le NPA et l’UCL tiennent à dénoncer vigoureusement, bien qu’avec un peu de retard, les destructions d’églises et de biens ecclésiastiques perpétrées par les révolutionnaires, et en particulier ceux de la CNT-FAI, durant la guerre civile espagnole et dénoncent leur christianophobie. Plus jamais ça ! »

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Imaginons…

Imaginons, ayant été militant libertaire durant de nombreuses années, et lassé de lire et d’entendre des âneries sur l’anarchisme qui heurtent ma conscience, que je décide, en le faisant savoir, de m’en prendre désormais physiquement, jusqu’à les tuer, aux personnes – et elles sont légion – qui utiliseront le terme « anarchie » dans un sens négatif ou stupide. Se trouverait-il dès lors de belles âmes – journalistes, écrivains, politologues et autres « grands témoins de notre temps » – pour dire de mes éventuelles victimes qu’elles l’ont bien cherché en continuant à dénigrer mes orientations politiques malgré mes avertissements ? Le mouvement libertaire étant moins en vogue que la prétendue « religion des pauvres », on peut supposer que non, même s’il se trouve parmi cet aréopage aux avis autorisés de parfaits crétins capables de tout justifier.
Eh bien, c’est pourtant ce qui s’est passé avec les morts de Charlie Hebdo. « Ils l’ont bien cherché », ont clamé en chœur une bande de salopards en vue, allant de la pure racaille fascisante et antisémite à la Dieudonné jusqu’à l’extrême gauche recyclée à la Plenel, sous les applaudissements nourris adressés aux tueurs par de petites ordures de type Virginie Despentes, à l’abri de leur statut de gens de plume.
Je ne sais si ces gens-là seront amenés à s’exprimer au cours du procès qui vient de s’ouvrir. S’ils devaient l’être, ce ne serait de toute façon qu’en tant que témoins de la défense. Car ces gens-là écrivent et parlent. Ces messieurs-dames jamais ne s’abaisseront à jouer les porte-flingues. Le crime dégueulasse n’est pas de leur ressort. Ils n’en sont après coup que l’abjecte caution « morale », la justification intellectuelle qui jamais n’entraîne ses auteurs dans un box d’accusés.
Aux minables fanatiques les années de prison. Aux autres les plateaux télé et les prix littéraires. Salauds !

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En juin dernier, l’auteur compositeur interprète Benjamin Biolay, celui-là même qui a réussi à transformer les chansons de Charles Trenet en somnifères, accordait un court entretien au journaliste Sylvain Fesson, de Philosophie Magazine.
« Quels étaient tes héros quand tu étais jeune ? », lui demande-t-on d’emblée, car la philosophie d’aujourd’hui sait aller immédiatement à l’essentiel. Avec John Lennon, Maradona et deux autres, arrive l’inévitable Guevara. Bon, c’est pas trop grave, se dit-on. Biolay a été ado, comme tout le monde, et l’on sait que c’est l’âge des idoles, des passions irraisonnées et de l’ignorance qui n’empêche en rien d’avoir des opinions tranchées. Le journaliste enchaîne avec la question suivante, de celles qui permettent de rester dans les hautes sphères de la réflexion : « Avec qui aimerais-tu dîner ?» Biolay : « Le Che, devant un asado [barbecue argentin]. J’ai lu ses carnets quand j’étais au lycée. Son intelligence m’a frappé. Sartre disait que c’était l’homme le plus complet du XXe siècle. »
Quand on sait que les Carnets du Che révèlent un goût prononcé pour les armes, la violence et la mort chez ce tueur sanguinaire, tout ce que notre artiste retient encore aujourd’hui, malgré la lumière faite sur ce sinistre personnage*, c’est son intelligence, comme si celle-ci ne pouvait être dévoyée, servile, au service des tyrannies. Et comme si cela ne suffisait pas, il convoque Sartre à sa table, le souteneur de toutes les saloperies commises par la mafia castriste, entre autres. Des décennies de gauchisme culturel permettent aujourd’hui encore à un artiste politiquement inculte de chanter ainsi les louanges d’un fusilleur et tyran. Il faut encore s’y résigner.
« Ton truc pour corrompre la jeunesse ? », lui demande-t-on enfin. « Rester ado dans ma tête », répond Biolay. C’est ça, vive l’ignorance ! Et un petit déjeuner avec Xi Jinping, ça te dirait ? Il est intelligent, lui aussi.

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* Lire La face cachée du Che, de Jacobo Machover, Buchet/Chastel, Paris, 2007, et voir « Idolâtres, sachez qui vous admirez ! ».

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Les joueurs du Football Club de Lorient arboreront sur leur maillot, à la reprise du championnat de France, l’image d’Ernesto Guevara. Les dirigeants de ce club ont en effet signé un contrat de trois ans, tout ce qu’il y a de plus commercial au sein d’une société libérale, avec la marque de boissons énergétiques Che Freedom Spirit, créée par un Cubain d’origine et breton d’adoption. La boisson sur laquelle figure également la célèbre photo du « Che » sera bien sûr proposée dans l’enceinte du stade du Moustoir.
Il est pour le moins cocasse que l’image de ce gosse de riche devenu révolutionnaire professionnel, qui camoufla si bien ses pulsions criminelles et sa passion mortifère pour la violence et les exécutions derrière une haine hystérique envers le capitalisme, soit devenue aujourd’hui une source de juteux bénéfices. Cartes postales, posters, cendriers, serviettes de plage, slips, chanson débile et autres colifichets… l’image du guérillero de métier ne sert plus qu’à remplir des tiroirs-caisses, grâce aux touristes moutonniers et aujourd’hui les fans de foot. « Hasta la victoria, siempre ! » « Allez Lorient ! Jusqu’à la victoire, toujours ! »

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