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Archive for the ‘02. A la petite semaine’ Category

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU est composé de représentants de 47 Etats « élus [pour une durée de trois ans] directement au scrutin secret, à la majorité des membres de l’Assemblée générale des Nations unies », nous dit le site officiel de l’ONU en langue française. Précision importante : « L’Assemblée générale tient compte de la contribution des États candidats à la promotion et à la protection des droits de l’homme. »
Parmi ces pays qui viennent d’intégrer le Conseil en ce début d’année et où l’on bichonne particulièrement ces fameux droits de l’homme, on compte en ce 1er janvier 2022 le Pakistan, la Mauritanie, le Qatar, la Somalie, la Russie, la Libye, l’Erythrée, le Venezuela, Cuba et la Chine.
Les droits de l’homme viennent d’en prendre pour trois ans ferme. Ils seront bien gardés.

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La société de la charité permanente impose une fois encore son Téléthon annuel, au profit de la recherche, domaine qui continue donc en partie de dépendre de la mendicité.
Ce qui devrait être une véritable honte sociale, comme l’est entre autres la permanence des Restos du cœur trente-six ans après leur création, présente au contraire, par personnalités proprettes, gentilles vedettes et médias interposés, des airs de fête et de bonne action.
Il est cocasse d’observer que ce spectacle navrant a lieu au lendemain même des satisfactions enregistrées par le monde économique et politique avec la vente massive d’avions de guerre à un pays pas franchement porté sur les valeurs de nos démocraties de l’aumône.
Les jours de Téléthon, pour ma part, j’écoute Sarclo.

Quand on verra les militaires
Sans un rond pour les canons
Qui devront faire pour leurs guéguerres
Des super-téléthons
On fera la guerre à la misère
Sans venir pleurer sur mes rognons
Je pourrai les déglacer pépère
Au saint-émilion
Quand on verra les militaires
Qui font la manche pour les canons
Avec des trous dans la visière
Et dans les pantalons
On fera la guerre à l’hiver
Sans venir piquer mon pognon
J’irai chanter pour l’abbé Pierre
A la télévision

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Le site officiel du Monde libertaire ayant mis en ligne l’éditorial du dernier numéro paru, je me suis empressé d’en lire le contenu.
Et je tombe sur cette phrase : « Nous, anarchistes, avons toujours pensé que le parlementarisme était aussi oppressif que les dictatures les plus assumées. » Je venais de publier sur mon propre blog, quelques minutes auparavant, une de mes chroniques régulières consacrées à Cuba faisant état des peines de prison requises – de 13 à 27 ans, quand même ! – contre des gens dont le crime est d’avoir simplement manifesté aux cris de « A bas la dictature ! ». Je les ai imaginés un instant lisant cet éditorial… avant de réaliser qu’une publication anarchiste, aussi anti-impérialiste soit-elle, ne pouvait circuler là-bas.

Je me demande sur quoi se fonde l’auteur de cet édito pour asséner une telle affirmation. Car il n’est pas vrai que « nous les anarchistes » ayons mis sur un même plan les systèmes dictatoriaux et parlementaires. Bien des plumes libertaires ont su, tout au contraire, établir des différences fondamentales entre eux, tout en soulignant la nécessité de les combattre. Sans éprouver de sympathie ni pour l’un ni pour l’autre, est-il permis de penser qu’il existe quelques différences entre Adolf Hitler et François Bayrou sans aussitôt passer pour un traître à la Cause ? Sans non plus se faire d’illusions sur l’attachement des démocraties parlementaires à la liberté d’expression, peut-on se demander s’il est possible d’écrire pareil édito et plus encore de le publier dans une « dictature assumée » ?
Je veux bien qu’en l’absence d’occupant nazi et de maquis du Vercors une conduite immature, trop souvent présente au sein des milieux anarchistes, amène certains agités à jouer les résistants d’opérette en s’imaginant « armée des ombres », mais nul n’est tenu de prendre cela au sérieux. Et Le Monde libertaire a toujours su se démarquer de tous ces « antifascistes » et « anars » radicalisés, planqués sous pseudonymes, qui ne savent que cracher invectives et injures sur les réseaux sociaux et les plateformes de « débat » où pullulent des parallèles aussi hasardeux.
Nulle cause ne peut prétendre triompher sans convaincre. Croit-on vraiment, « nous les anarchistes », que c’est avec ce type de formules maximalistes et de radicalisme puéril dont se repaît le microcosme militant que l’on sera pris au sérieux ?

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Eric et Corinne

Ce n’est pas la première fois que Zemmour profère une petite saleté au sujet des prénoms d’origine étrangère ou non chrétiens, qu’il souhaiterait désormais interdire. Il y a trois ans déjà, lors d’une de ces émissions de télévision où pullulent les propos de comptoir, il avait prétendu que le prénom porté par une jeune femme, Hapsatou, était une insulte à la France. Puis il avait complété son propos par ces mots : « Normalement, chez moi, on doit donner des prénoms dans ce qu’on appelle le calendrier, c’est-à-dire des saints chrétiens. » [Au passage, mon prénom est donc lui aussi une insulte à la France, mais je m’en suis remis.] Zemmour concluait, en s’adressant à cette jeune femme, que le prénom Corinne lui irait très bien.
Dans un article publié au lendemain de la prestation télévisuelle de ce navrant parasite, Alain Rémond lui avait répondu : « Je suis au regret de révéler à Eric Zemmour que Corinne ne figure pas dans le calendrier des saints chrétiens, pour la bonne raison qu’il n’existe aucune sainte Corinne dans toute l’histoire du christianisme. » Réponse d’autant plus savoureuse qu’elle fut publiée dans le quotidien La Croix.

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Peut-être vous souvenez-vous de cette plaisanterie qui courait sur cette vieille momie appelée Mère Teresa, du temps où elle sévissait. Il se disait qu’elle aimait tellement les pauvres qu’elle souhaitait les voir se multiplier, ce qui expliquait son combat contre l’avortement et la contraception.
On pourrait aujourd’hui établir un parallèle avec ces membres du personnel soignant hostiles au vaccin anti-Covid, qui aiment tellement leur métier et l’hôpital qu’ils souhaitent voir perdurer la pandémie.
Plus sérieusement, l’obligation vaccinale faite à ces réfractaires à la piquouze, sous peine de suspension, offre l’occasion de leur rappeler, ainsi qu’aux pleurnicheurs et résistants de réseaux sociaux qui les soutiennent, que depuis très longtemps pas mal de gens plongés dans le monde du salariat ont refusé, individuellement ou collectivement, ce que leurs employeurs exigeaient d’eux. Et qu’ils l’ont payé le plus souvent assez chèrement, dans le lourd silence des médias et des Jean Moulin du clavier. Mais leurs motivations étaient tout autres que cette insoutenable revendication du droit à l’irrationnel et à l’obscurantisme trouillard des nouveaux héros du Travail aux yeux de certains.
Tiens, ce soir à 20 heures, à ma fenêtre, je vais applaudir les ouvriers du bâtiment (176 morts au boulot en 2019, quand même !).

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Il est triste de savoir que dans peu de temps il n’y aura plus de Danois sur la planète. J’aimais bien les Danois. Dans leur pays, en effet, 70% de la population adulte et 96% des plus de 65 ans sont vaccinés. Pour que leur fin de vie soit moins douloureuse, le gouvernement de là-bas vient de lever toutes les restrictions dues à la pandémie de Covid-19. Ils pourront donc vivre normalement le peu de temps qui leur reste avant d’être anéantis par le poison du Grand Complot.

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Toute honte bue, le misérable secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, de passage à Sète, s’est fendu d’un tweet élogieux au sujet de l’exposition consacrée à Georges Brassens, qualifié par lui de « chanteur engagé, défenseur des libertés » qui « nous a fait réfléchir ». Rappelons qu’il y a quelques jours à peine Fabien Roussel le réfléchi saluait coup sur coup d’autres grands défenseurs des libertés, ses amis du Parti communiste chinois d’abord, qui se distinguent en ce moment par leur féroce répression envers les Ouïghours et les dissidents, à Hongkong notamment, puis ceux du PC cubain dans leur décision de réprimer brutalement les manifestants qui, le 11 juillet, réclamaient la liberté et la démocratie sur l’île.
Une devinette pour Fabien Roussel. Qui a écrit : « Le manque de mémoire est inhérent à l’espèce stalinienne » ?

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Scission

Décidément, rien ne nous sera épargné. Dans le marasme social, culturel et politique que nous traversons et dont on ne voit pas la fin, il ne manquait plus que ça ! Comme si la somme des calamités qui nous sont tombées dessus n’était pas assez suffisante… Espérons toutefois que la terrible nouvelle qui vient de nous atteindre ne freinera pas la ruée vers les terrasses.
Voilà donc le NPA, l’une des multiples annexes du trotskisme, atteint par la maladie infantile qui touche cette famille politique depuis sa naissance : la scissionnite.
Près de trois cents militants de cette organisation viennent en effet de publier une déclaration annonçant leur exclusion et leur intention, dans la foulée, de créer à leur tour ce qui manque cruellement dans le paysage actuel, un parti révolutionnaire des travailleurs. Dénonçant l’orientation droitière de la direction actuelle du NPA, ces militants se proposent de prendre bientôt une première décision dont la radicalité, jetée aux orties par leurs camarades d’hier, n’échappera à personne : présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2022.
Si, comme on peut le supposer, Lutte ouvrière, le NPA droitier, les lambertistes – dont on ne sait plus bien quel est le sigle actuel de leur secte – et notre nouveau parti révolutionnaire des travailleurs présentent un candidat au grand rendez-vous électoral de l’an prochain, cela nous promet quatre candidats trotskistes sur la ligne de départ. Au moins ! Car le temps qui reste d’ici au mois de mai prochain laisse largement l’opportunité à nos nouveaux scissionnistes d’opérer une nouvelle scission…

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J’ai reçu une lettre de Valérie Pécresse. J’ai d’abord été très surpris, mais j’ai trouvé ça sympa. On ne reçoit plus guère de courrier. Factures et dépliants publicitaires encombrent nos boîtes à lettres depuis longtemps. Aussi me suis-je hâté d’ouvrir l’enveloppe. Ma déception a été immédiate.
Je ne sais pas où elle a pris ses renseignements, mais sa lettre commence par deux énormes erreurs. D’abord elle se trompe de prénom. Elle m’appelle « Cher Francilien ». « Il y a six ans, écrit-elle, vous m’avez élue à la présidence de l’Ile-de-France. » Moi ?! Aucun souvenir de ça ! Et d’abord comment aurais-je pu, moi qui n’ai pas de carte électorale ?
Elle m’apprend ensuite qu’elle a décidé d’être à nouveau candidate. Je suis content pour elle, mais lorsqu’elle prend soin de m’en expliquer les raisons, là encore je me dis qu’elle doit me confondre avec quelqu’un d’autre : « Parce que je vois plus que jamais votre soif de réussir », me dit-elle. C’est un peu tard pour moi, non ? Comment peut-on écrire des choses pareilles à quelqu’un qu’on connaît aussi mal ? Mais le plus grave c’est lorsqu’elle me confie : « Parce que j’ai aimé chacune de nos rencontres et qu’elles m’ont tant apporté. » J’ai eu un moment de panique. Heureusement que m’a compagne n’a pas relevé le courrier avant moi. Vous imaginez la situation ?
Je n’ai pas cru bon de poursuivre ma lecture. Je suis allé discrètement jeter la missive à la poubelle.

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L’anniversaire de l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République a fourni à nombre de commentateurs l’occasion de rappeler ce que l’on devrait, paraît-il, à la grande bonté de cet homme. Parmi ces bienfaits, l’existence des radios libres est revenue à maintes reprises dans la liste des cadeaux que notre monarque de gauche consentit à offrir à ses sujets.
Pour avoir vécu de très près l’aventure des radios qu’on disait d’abord pirates, je suis désolé de devoir atténuer l’enthousiasme des groupies de l’ancien locataire de l’Elysée en affirmant nettement que l’existence des radios dites libres est due avant tout et surtout au combat mené par les radiolibristes illégalistes, bien avant l’accession de Mitterrand à la tête de l’Etat. Sans cette bataille, il est absolument ridicule d’imaginer que la bande FM eût été libérée. Le gouvernement de l’époque ne fit qu’admettre l’inéluctable
et entériner un phénomène qui prenait sans cesse de l’importance.
Certes, Mitterrand aurait très bien pu s’opposer à la libération de la bande FM, comme d’ailleurs ses alliés communistes l’auraient souhaité, rappelons-le, et poursuivre la répression qui touchait les « pirates », mais le processus était bien trop engagé pour que la bataille, loin de prendre fin, ne connaisse au contraire un accroissement continu.
Il y a dans cette façon de prétendre faussement qu’on lui « doit » les radios libres une sorte d’insupportable soumission, largement partagée à droite comme à gauche, au bon vouloir du Prince, du Chef, de l’Autorité. Et ce qui vaut pour les radios libres vaut pour tout le reste. Rien n’a jamais été acquis sans lutte, et attribuer les mérites des acquis successifs à la seule bonne volonté des dirigeants de la nation, c’est non seulement minimiser ou même balayer l’histoire de ces luttes, en tout cas les faire passer au second plan, mais surtout laisser entendre que sans ces « hommes providentiels » nous ne serions éternellement qu’un troupeau de bovins reconnaissants lorsque le maître daigne approvisionner la mangeoire et incapables de prendre les décisions qui nous concernent. C’est affligeant.

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