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Archive for the ‘03. Autres écrits’ Category

En hommage à Claude Guillon, récemment disparu, voici le texte d’un tract qu’il avait rédigé et distribué lors de la manifestation du 27 octobre 2010 contre la réforme des retraites concoctée par le duo Fillon-Sarkozy.

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QUAND UN PATRON demande à ses employé(e)s d’accepter des licenciements et une baisse des salaires « pour sauver l’entreprise », c’est toujours qu’il a déjà décidé de la fermer. Ni bonne action ni coup de poker, c’est un mode de gestion préventif des conflits sociaux. Celui qui tombe dans le panneau et accepte le principe des « sacrifices » sera lui-même sacrifié.
QUAND LA DROITE ET LA GAUCHE, France Info, TF1 et Le Monde nous expliquent qu’il va falloir travailler plus longtemps « pour sauver notre système de retraites », ils annoncent que sa fin est programmée.
Retraites, sécurité sociale, services publics, c’est liquidation totale tous les jours. Et toujours les mêmes qui font de bonnes affaires !
CROIRE AU « RÉALISME » du projet Fillon-Sarkozy contre les retraites, c’est gober tous les éléments du mensonge bourgeois sur l’histoire et le monde :
a) LE SALARIAT, c’est-à-dire l’exploitation du travail, serait une fatalité indépassable, assurant la domination de la nature par l’homme et sa supériorité sur le babouin.
b) LESDITS « ACQUIS SOCIAUX », c’est-à-dire les concessions faites par la bourgeoisie au prolétariat en lutte, au cours de l’histoire de la lutte des classes, devraient être considérés comme temporaires, momentanés, « précaires » – comme toute vie, ainsi que le rappelait la patronne des patrons français.
Plus ces acquis sont anciens dans l’histoire de la lutte des classes, plus facilement ils seront dénoncés comme des archaïsmes incompatibles avec les nécessités de l’économie moderne.
c) L’ÉCONOMIE serait une science objective qui permet d’organiser rationnellement la satisfaction harmonieuse des besoins humains. Et non l’idéologie propre au capitalisme, qui exploite le travail et met l’ensemble de la vie humaine sous le signe de la marchandise et du profit.
SI L’ON ACCEPTE de tels bobards préalables, il devient impossible de discuter autrement que sur des détails de la loi contre les retraites, du démantèlement du Code du travail ou du déremboursement à 100% des maladies de longue durée.
NOUS SUBISSONS le système capitaliste, crises comprises, nous n’avons pas à partager en plus les petits soucis de ses gestionnaires. C’est toujours dans nos poches qu’ils viennent voler de quoi couvrir leurs dettes de jeu. Leur logique va toujours contre nos intérêts, qu’ils ferment un hôpital, un bureau de poste ou augmentent les impôts sous prétexte d’« équité fiscale ». A la niche, les raboteurs !
Notre légitimité se construit dans les luttes.
C’est le seul langage que les patrons entendent : grèves, blocages, sabotages.
NOUS N’AVONS DE COMPTES À RENDRE À PERSONNE…
… ÉCONOMISTES, JOURNALISTES, SPÉCIALISTES, RAPPORTEURS “POUR LA LIBÉRATION DE LA CROISSANCE FRANÇAISE”, POLITICIENS, PATRONS, MINISTRES, DIRECTIONS SYNDICALES… ENTRE EUX ET NOUS, IL N’Y A QUE DES COMPTES À RÉGLER !

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Le 21 janvier 1950 disparaissait George Orwell. Le 25, Albert Camus écrivait à Maria Casarès :
« Une mauvaise nouvelle : George Orwell est mort. […] Écrivain anglais de grand talent, ayant à peu près la même expérience que moi (bien que plus âgé de dix ans) et exactement les mêmes idées. Il y avait des années qu’il luttait contre la tuberculose. Il faisait partie du très petit nombre d’hommes avec qui je partageais quelque chose. »

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Claude Guillon est mort ce jeudi 19 janvier. Il était l’un de ces militants anarchistes dont j’aimais lire les textes et analyses sur son blog « Lignes de force » et dont j’ai apprécié le travail sur la Révolution française, et les Enragés en particulier, qu’il proposait à la lecture sur son autre blog, « La Révolution et nous ».
Connu au début des années 80 pour son livre Suicide, mode d’emploi, écrit en collaboration avec Yves Le Bonniec et qui fit scandale au début des années 80, il est aussi l’auteur de plusieurs autres ouvrages, consacrés notamment à la sexualité, à la Révolution française, à la fin de vie. Sur Radio-Libertaire, il fut un invité régulier de l’émission « Chronique Hebdo », qu’animaient Jacques Bouché et Gérard Jan le jeudi matin. Avant que la pandémie de Covid ne vienne mettre fin à toutes les rencontres publiques, au début de l’année 2020, il organisait « Les rendez-vous de Claude », des rencontres-débats mensuelles et conviviales, au café « Le Lieu-dit », sur les hauteurs de Ménilmontant.
Les messages qu’il publiait régulièrement ces derniers mois sur son état de santé en montraient la gravité et laissaient entendre que la maladie ne lui laisserait plus guère de temps à vivre.
Dans le combat contre ce monde dégueulasse, il aura fait sa part. Salut Claude.

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Je relaie volontiers ici ce texte de l’ami Jean-Pierre Lecercle, consacré au port de l’uniforme à l’école, ce cache-misère qu’une « première dame » emperlousée, élevée à l’école du mépris des gueux et ribaudes, voudrait remettre à l’ordre du jour.

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Le « débat » sur le port de l’uniforme à l’école, qui régulièrement remonte à la surface de l’actualité, me consterne chaque fois un peu plus. S’il ne se manifestait que dans une jobardise de plus en plus franche et recherchée, passe encore ! J’écouterais alors volontiers les commentateurs dits « politiques », à l’heure du dîner, pour me détendre et rigoler, et je mangerais ensuite mon dessert, en regrettant toutefois que ces modernes et comiques troupiers ne débitent plus leurs morceaux en alexandrins. Car, tant qu’à faire rire, n’est-ce pas, autant que ce soit dans la ciselure d’un beau vers…
Ce n’est pas à dire que je récuse ce débat, et mon propos n’est assurément pas de donner raison à ce journaliste qui, drapé de sérieux, après avoir discuté du sujet avec d’autres pendant un bon quart d’heure sur les ondes d’une grande radio publique, déclare plaisamment qu’il ne faut pas lui accorder tant d’importance, qu’il était insensé que les gens, parmi lesquels il semblait ne pas se compter, s’y arrêtent. Certes, je l’admets volontiers, de nombreux autres sujets, aujourd’hui, méritent toute notre attention : le travail dénué de sens et réduit à de l’occupation rémunérée, dont la durée est écrasante et destructrice sur la journée et sur la vie, l’anéantissement de toute communauté sociale et l’isolement des êtres par les prothèses technologiques, des êtres qui, sans socialité, deviennent alors de plus en plus abstraits, etc. Mais, las ! je finirai bien par croire, un de ces prochains jours, que ces commentateurs ne comprennent décidément rien, ou si peu, à la présente société, car s’il est une chose qui me paraît aujourd’hui tout à fait révélatrice du fonctionnement social et de l’infamie intellectuelle qui l’accompagne, pour le préserver, c’est bien le « débat » sur l’uniforme à l’école. Débat important, à ce titre, et qui mérite bien qu’on s’y arrête, même si le sujet est déjà englouti, avec d’autres, dans le flot sans cesse renouvelé de l’information.
Car, comme disait un poète, « les vagues sont chaque fois différentes, mais la mer est toujours la mer » : c’est en effet tout un monde qui s’installe dans notre tête par la présentation répétée et les discussions de ces ineptes sujets – un monde que je n’aime pas. Du tout.

Sans doute en d’autres temps… Ach ! n’allez pas croire que je sois atteint de misonéisme ! Certes, je fais partie de ceux qui étaient enfants dans les années 60, et dont les parents allaient, en septembre, acheter la blouse d’école à la Toile d’avion, ce grand magasin à République qui devait sans doute vendre autre chose encore que des blouses. C’est vous dire que j’ai tout de même, ne serait-ce que dans l’intérêt des ethnologues futurs, quelque droit à la parole sur ce sujet – une parole concrète qui ne se perdra pas en abstractions, en concepts généraux dénués de signification et qui ne permettent pas d’empoigner le réel et de trouver son chemin quand on les place en regard des événements qui nous malmènent.
Je garde de ce magasin, sur le souvenir duquel j’aime à m’attarder, quelques images tout à fait nettes : des têtes de gosses aux cheveux coupés courts et proprement peignés parce que c’était la rentrée des classes, et des mères inquiètes de retrouver, sur les modèles que la vendeuse leur présentait, le col, les poches, la matière, la fermeture, toutes caractéristiques détaillées sur une feuille ronéotypée que l’école leur avait remise, et qu’elles tenaient à la main. Des mères inquiètes aussi, du prix qui n’était pas affiché en gros, et qu’il fallait découvrir en observant la blouse sous toutes ses coutures, pour éviter l’humiliation de devoir refuser un modèle à cause de sa cherté.
Aller à la Toile d’avion, ce n’était donc pas une mince affaire, mais cela permettait d’éviter les magasins de quartier qui, à l’occasion de la rentrée scolaire, vidaient des porte-monnaie que de modestes salaires avaient eu tant de mal, non pas à remplir mais à délicatement boursoufler, sans excès, dans ces temps économiques présentés comme fastes et glorieux. Pensez-y donc : les parents devaient racheter des vêtements et des « souliers » neufs, parce que c’est toujours pendant les vacances que les gosses grandissent : après deux mois de culottes courtes, le pantalon qu’ils doivent remettre est devenu trop étroit… Et il fallait aussi se procurer tant d’autres choses, des crayons, des plumes, de l’encre, et parfois un cartable parce que celui de l’an passé, bon marché mais de mauvaise qualité, avait lâché…
L’encre… vous comprenez bien que mes souvenirs ne sont pas du tout hors sujet car le port de la blouse prenait alors tout son sens sur des enfants qui apprenaient à écrire à la plume. Au bout de quelques lignes, les doigts étaient maculés de cette encre municipale presque violette, trop profondément puisée dans les encriers, jusqu’au début de la bague caoutchoutée du porte-plume… S’essuyer les doigts sur les fins buvards roses que l’on nous distribuait, et que nous ne devions pas gâcher, était impossible, et il ne restait plus que les vêtements, heureusement protégés par la blouse…
Notre destin, à nous enfants des quartiers alors rouges de la capitale ou de la couronne, était tout tracé, et nous n’avions qu’à suivre les panneaux qui nous indiquaient la direction, à respecter les suggestions que nous instillaient l’école, car à quoi bon abonder de fonds publics l’école, cette école d’un État de policiers et de patrons, si elle n’apprend pas aux enfants les rôles sociaux qu’ils devront, adultes, remplir ?… Cette blouse, obligatoire dans l’enseignement public, nous apprenait qu’il y avait alors deux sortes de vêtements : ceux que l’on met pour travailler, comme plus tard on enfilera obligatoirement le bleu ou une autre blouse, et ceux que l’on met « dehors », dans la rue, qui doivent rester propres et ne pas conserver de traces du travail de la journée, comme si on n’appartenait à l’entreprise et au système social qu’elle construit et entretient, que le moment du travail. À l’analyse, la blouse se révèle donc comme le fulgurant raccourci de ce système social, que l’on gravait ainsi dans notre tête, qui s’inscrivait sur notre corps, comme un moyen et presque l’obligation pour chacun de rester à sa place. Je peux bien le dire à présent, même si j’en ai honte : travailler en vêtement de ville paraissait à l’enfant que j’étais le signe d’une grande réussite.
Comment donc, lorsqu’on évoque la blouse, peut-on oublier qu’elle était d’abord protection et inscription, gravure dans le social ?
Mais… mais j’ouvre la radio, et il est question de la femme du chef d’État qui, je ne comprends pas pourquoi, s’exprime publiquement, et en tant que telle, sur le sujet. À juste titre pour certains qui lui prêtent, bien qu’elle n’ait pas vu d’élèves depuis fort longtemps, une expertise du sujet qui l’obligerait quasiment à parler, expertise que ne doivent sans doute pas présenter les professeurs et instituteurs en exercice, à qui l’on ne demande rien…
Mais peu importe ; ne raillons pas et écoutons-la ; elle déclare ne pas avoir été traumatisée dans son enfance par l’uniforme qu’elle devait porter : jupe, chemisier, et peut-être chaussures vernies… Mais il faut, décidément, avoir vécu très loin des réalités du monde pour imaginer que, dans le XVIIIe ou le XIXe arrondissement parisien des années 60 et 70, de telles dépenses étaient envisageables pour les écoliers qui n’avaient alors qu’un pantalon, pour les écolières qui n’avaient alors qu’une robe. Comment peut-on imaginer un seul instant que, même dans ces lointains temps qu’évoque la femme du chef de l’État, un établissement public exigeait jupe, chemisier et chaussures pour les petites filles, alors que leurs parents avaient déjà tant de mal à pourvoir aux frais de la rentrée, même si l’État prenait alors davantage en charge la scolarité des enfants. À vrai dire, je n’ai pas grand-chose à faire des traumatismes auxquels aurait échappé madame Macron. D’autres enfants, même dans des institutions privées, se rebellaient en ces années pré-68 contre cette uniformisation qu’il jugeait attentatoire à leur personnalité. Pas elle, c’est tant pis ou tant mieux, je ne sais pas ; mais, de grâce, qu’elle se taise. Oui ! qu’elle se taise et qu’elle ait la décence, mot que j’utilise dans un sens orwellien, de ne pas proposer comme modèle de l’école publique les institutions privées qu’elle a fréquentées, et qui marquaient leurs élèves comme un bétail.
Parmi les autres arguments du débat, je note cet autre : l’uniforme, réduit, il faut bien le préciser, à la blouse dans les établissements publics, permettrait aux enfants d’accéder à une certaine  neutralité et participerait à l’effacement des différences sociales. Mais, quelles différences sociales la blouse doit-elle dissimuler à l’école publique ? Nous prend-on pour des imbéciles ? Car nous n’ignorons pas l’existence d’une « carte scolaire », d’une sectorisation ; même si elle a été assouplie, tout mélange, de fait, des enfants de riches et de pauvres est impossible, dans un sens comme dans l’autre. C’est d’ailleurs si vrai que lorsqu’un gosse de pauvre « réussit », on en parle, et non sans une odieuse condescendance, comme quelque chose d’exceptionnel… et presque d’anormal. Sans rire, viendrait-il à l’idée d’un chirurgien de mettre son fils dans un établissement de la Seine-Saint-Denis ? Ou d’un chocolatier de province d’inscrire sa fille dans un établissement des quartiers Nord de Paris ou de Marseille ? Quant au gamin de Seine-Saint-Denis, je ne suis vraiment pas sûr de le retrouver joyeux dans la cour de récréation d’un établissement du XVIe arrondissement…

Ah ! la bonne blague que la mixité sociale à l’école ! Chocolatier, chirurgien, ouvrier, aucun ne pourra sortir ses gosses du milieu dans lequel ils vivent. Plus tard, je veux bien, mais pas à l’école, pas au lycée. Enfant, la pauvreté et la gêne vous enferment dans un quartier, dont il est difficile de sortir, et vous claquent au nez les portes des établissements scolaires prestigieux. Les gosses et les adolescents des quartiers pauvres de la banlieue parisienne se connaissent depuis la crèche, ils se retrouvent tous dans une même école puis dans un même lycée ; ils n’ont rien à se dissimuler les uns aux autres.
Quand bien même y aurait-il des différences sociales dans une école ou un lycée, que toute annulation par la blouse ou l’uniforme serait bien la pire des choses : ce serait apprendre aux pauvres à cacher leur pauvreté, à en avoir honte, à la rendre honteuse en leur demandant de la dissimuler. C’est là creuser encore plus ces différences sociales, et les naturaliser dans l’esprit des enfants et adolescents, en leur demandant ainsi de s’en accommoder. Quant aux enfants de riches, qui insulteraient par leurs vêtements la pauvreté ambiante, revenez à la réalité : il n’y en a pas dans les écoles des quartiers pauvres. Il n’y a là que des pauvres qui miment l’aisance et se donnent parfois, sans vouloir tromper personne, l’apparence de la richesse parce qu’ils ont été assez habiles pour acquérir à moindre coût les fétiches et affiquets de la richesse…
Partisans de l’uniforme scolaire, savez-vous que des enfants, aujourd’hui, n’ont comme unique repas journalier que celui de la cantine ? Et vous voudriez, honte à vous ! que leurs parents achètent un uniforme ? une tenue scolaire particulière ? Honte ! honte, oui, honte à vous ! Quelle absurdité… Quelle co… allez ! vous me dégoûtez parce que, sans doute pour préserver un monde qui ne vous déplaît pas, vous voulez apprendre aux enfants à faire d’une apparence que vous construisez, la réalité, parce que vous voulez leur faire croire que nous vivons dans un monde égalitaire. Eh quoi ? les différences sociales ne sont-elles donc qu’à l’école ? L’école ne reflète-t-elle pas plutôt l’état social ?
Au vrai, si elles vous gênent, et que vous ne voulez plus les voir, à l’école où ailleurs, supprimez les différences sociales elles-mêmes, plutôt que leur image, qui se donnerait à voir dans les écoles sectorisées. Oui ! travaillez à leur suppression, et cessez de nourrir l’espace public avec des discussions mensongères dans lesquelles vous étalez des représentations falsifiées du passé, dans lesquelles vous manipulez des abstractions parce que rien de ce que vous dites ne correspond aux réalités, dans lesquelles vous dissimulez ces réalités concrètes de la vie, sous des concepts d’ordre psychologique comme le traumatisme. Et vous voulez nous enfermer dans des discours où les problèmes devraient se résoudre par la logique, par la discussion, et non par la pratique radicale. Foin de vos discours insultant la réalité de ce que nous vivons, et qui veulent nous empêcher d’empoigner le monde pour le transformer ! Mais nous saurons nous y prendre, je vous l’assure !
Allez, sectateurs de l’uniforme à l’école, vous êtes des farceurs, des menteurs et des manipulateurs. Et tant pis pour vous si c’est malgré vous…

Jean Pierre Lecercle
(16 janvier 2023)

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Il y a cent vingt-cinq exactement, deux jours après la parution du fameux « J’accuse ! » d’Emile Zola, « Le Libertaire » appelait à une réunion publique à Paris pour protester contre le huis clos dans lequel s’étaient déroulés les procès qui avaient amené à la condamnation du capitaine Dreyfus et à l’acquittement du commandant Esterhazy, véritable coupable dans ce qu’on a appelé l’affaire Dreyfus.
Sébastien Faure et Louise Michel, fondateurs du journal « Le Libertaire », participaient à cette rencontre.

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Olga « Tisha » Volkova est morte. C’était une militante libertaire et féministe, qui œuvrait dans le domaine éducatif au centre socioculturel de Karkhov. Au début de l’invasion russe, elle est partie servir dans le domaine médical dans un petit hôpital de cette ville. C’est là qu’elle a été blessée. Elle est morte d’un arrêt cardiaque pendant un moment de repos. On a trouvé une lettre d’elle. En voici des extraits.

« Les pensées et les sentiments des gens sont vraiment très importants, c’est  la vie même. Je sais que j’ai beaucoup changé. En fait, la guerre m’a changé dramatiquement.
Aujourd’hui, je conduisais de la ville jusqu’à une position, je regardais ces prairies, ces grands champs, cette Ukraine, et il n’y a rien qu’elle… Dans ces tournesols, arbres, lacs, cabanes, dans cet espace, la liberté, dans les visages des gens, la lumière et le ciel si clair. Tout le long du chemin, le cœur se contracte de joie d’exister et de voir tout cela. Puis, après un moment, tu fronces les sourcils comme Grigorovitch, qui te regarde depuis son portrait dans le cabinet de langue et littérature ukrainiennes… et tu penses que cela est à nous, à MOI !
C’est beau, et c’est tellement important que cela reste nôtre, mien, il n’y a pas à s’en excuser, parce que c’est quoi la vie pour moi sans tout cela ? Où serait-elle ? Comment te regarder dans les yeux en sachant que nous permettrions aux monstres de dévorer tant de beauté ?
Nous n’en parlons pas mais nous comprenons tous les deux que, d’une manière ou d’une autre, je mets ma vie en jeu, mais je ne le regrette pas et n’en ai pas peur.
En ce moment j’ai l’impression d’être une miette sur les plaques tectoniques brisées de deux civilisations, une étoile dans la galaxie, une goutte dans l’océan, je suis incroyablement petite et insignifiante, mais JE SUIS, et sans moi ce ne serait pas pareil.
Je ne suis peut-être qu’un point sur l’immense toile de l’histoire qui est en train d’être peinte en ce moment même, mais aussi petit que soit ce point, sans lui le tableau est incomplet. Je suis heureuse d’être ici, je suis à ma place. »

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C’est l’histoire d’un jésuite qui demande son chemin.
– Ah ! mais vous ne trouverez jamais, mon Père, c’est tout droit !

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Pour la dernière soirée festive de l’année, apprenez les gestes qui sauvent !

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A l’occasion du quarantième anniversaire de la mort d’Aragon, France Culture lui a consacré plusieurs émissions. Dans une vidéo servant d’annonce, on peut voir et entendre cette vieille crapule déclarer ceci : « Je me mets toujours dans une colère folle quand on me dit que je suis un écrivain engagé. Je n’ai jamais été engagé ! » Plus loin, et cessant probablement de mentir, il prétend avoir simplement écrit ce qu’il pensait.
Voici donc, recueillies parmi les innombrables ignominies qu’on lui doit, quelques-unes de ses « pensées » illustrant son « non-engagement ».

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Sur le goulag
« Je veux parler de la science prodigieuse de la rééducation de l’homme, qui fait du criminel un homme utile, de l’individu déformé par la société d’hier, par les forces des ténèbres, un homme du monde de demain, un homme selon l’Histoire. L’extraordinaire expérience du canal de la mer Blanche à la Baltique, où des milliers d’hommes et de femmes, les bas-fonds d’une société, ont compris, devant la tâche à accomplir, par l’effet de persuasion d’un petit nombre de tchékistes qui les dirigeaient, leur parlaient, les convainquaient que le temps est venu où un voleur, par exemple, doit se requalifier, dans une autre profession. Cette extraordinaire expérience joue par rapport à la nouvelle science le rôle de l’histoire de la pomme qui tombe devant Newton par rapport à la physique. Nous sommes à un moment de l’histoire de l’humanité qui ressemble en quelque chose à la période du passage du singe à l’homme. Nous sommes au moment où une classe nouvelle, le prolétariat, vient d’entreprendre cette tâche historique d’une grandeur sans précédent : la rééducation de l’homme par l’homme. »
(« Pour un réalisme socialiste », 1935)

Sur Staline

« Merci à Staline pour ces hommes qui se sont forgés à son exemple, selon sa pensée, la théorie et la pratique stalinienne ! Merci à Staline qui a rendu possible la formation de ces hommes, garants de l’indépendance française, de la volonté de paix de notre peuple, de l’avenir d’une classe ouvrière, la première dans le monde montée à l’assaut du ciel et que l’on ne détournera pas de sa destinée en lui faisant voir trente-six étoiles étrangères, quand elle a de tels hommes à sa tête. »
(« Les Lettres françaises », 1953)

Précisons que ce numéro spécial des « Lettres françaises » consacré à Staline parut avec un dessin de Picasso à la une, représentant le « petit père des peuples », dessin qui n’eut pas l’heur de plaire aux tenants du réalisme socialiste, aux rangs desquels figurait Aragon. Celui-ci s’insurgea de ce qu’avait osé faire Picasso de l’image pieuse de son idole. Le laquais s’exprima ainsi : « On peut inventer des fleurs, des chèvres, des taureaux, et même des hommes, des femmes – mais notre Staline, on ne peut pas l’inventer. Parce que, pour Staline, l’invention – même si Picasso est l’inventeur – est forcément inférieure à la réalité. Incomplète et par conséquent infidèle.  »

Sur les purges et exécutions
L’éclat des fusillades ajoute au paysage
Une gaîté jusqu’alors inconnue
Ce sont des ingénieurs des médecins qu’on exécute
Mort à ceux qui mettent en danger les conquêtes d’Octobre
Mort aux saboteurs du Plan Quinquennal

(« Front rouge », 1931)

A la Libération, Aragon s’institua commissaire politique des arts et lettres avec quelques autres procureurs staliniens « non engagés » de son acabit. Le poète libertaire Armand Robin fit partie de ses cibles favorites. Ce dernier adressa à cet aréopage écœurant sa magnifique « Demande officielle pour obtenir d’être sur toutes les listes noires », qu’on trouvera sur ce lien :

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