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Archive for the ‘03. Autres écrits’ Category

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Dans la matinée de ce pluvieux 5 mai 2021 à Caracas, Nelson Méndez s’est éteint à l’âge de 68 ans. Il fut un propagandiste infatigable, éditeur des publications Correo et El Libertario, auteur de plusieurs livres et de dizaines d’articles d’opinion et de recherche. Nelson est mort à la suite de complications liées au Covid-19.
Nelson Méndez, né à Caracas en 1952, était diplômé en sociologie et a été professeur à l’Université centrale du Venezuela (UCV). Lié depuis sa jeunesse au militantisme social et à l’anarchisme depuis 1980, il faisait partie depuis la fin des années 90 de l’équipe de rédaction du journal El Libertario. Il fut également l’un des animateurs du Centre d’études sociales libertaires (CESL), qui a fonctionné à Sarría pendant plusieurs années. Son livre le plus récent est Gastronomie et anarchisme. L’utopie intense de l’union des fourneaux, des barricades, du plaisir et de la liberté (2021). Il avait auparavant publié Un pays dans son artifice. Itinéraire historique de l’ingénierie et de la technologie au Venezuela (2011), et, avec Alfredo Vallota, Journal de bord de l’utopie. L’anarchisme pour le 21e siècle.
Nelson a été une référence pour plusieurs générations de militants anarchistes vénézuéliens. Son bureau à l’école d’ingénieurs de l’UCV était un épicentre des publications libertaires provenant de diverses parties du monde et des réunions de planification des activités organisationnelle et de propagande. Il fut un anti-autoritaire cohérent, dénonçant les iniquités des gouvernements vénézuéliens avant et après 1998, ainsi que les coups d’État de différents signes idéologiques qui eurent lieu en 1992 et 2002.
Nous, ses camarades du journal El Libertario, nous voulons, par ces lignes, lui rendre un hommage appuyé. Son exemple continuera d’être une source d’inspiration pour nous, et nous porterons toujours sa joie et sa gentillesse dans nos cœurs. Nos sincères mots d’affection et de réconfort vont à sa compagne Mina et à son fils Salvador.


L’équipe du journal « El Libertario »

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Les 16 et 17 juin 1953, en Allemagne de l’Est et particulièrement à Berlin, après que Walter Ulbricht eut évincé son concurrent direct au sein du Parti, Franz Dahlem, pour « aveuglement politique envers l’activité d’agents impérialistes » (sic), la décision de l’appareil d’Etat communiste d’augmenter les normes de productivité de dix pour cent pour un salaire équivalent provoque une révolte ouvrière d’ampleur. Partie des ouvriers du bâtiment de Berlin-Est, la révolte gagne rapidement les autres corps de métier et s’étend à plusieurs grandes villes du pays. Un million de personnes descendent alors dans les rues pour manifester leur opposition au régime communiste et demander le départ des troupes d’occupation soviétiques.
La répression sera féroce. Les chars soviétiques écrasent la rébellion. Plus d’une cinquantaine de manifestants sont tués ainsi qu’une quinzaine de fonctionnaires du Parti ou des forces de sécurité. Trois mille manifestants sont arrêtés par les Soviétiques et près de 13000 personnes emprisonnées par la police est-allemande. Les autorités communistes, qui obtiennent le soutien d’intellectuels apprivoisés comme Bertolt Brecht, qualifieront ce soulèvement ouvrier de « fasciste, contre-révolutionnaire et commandité par les Occidentaux » (air connu).

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Le militant anarchiste, correcteur et éditeur Marc Tomsin est mort accidentellement à La Canée, en Crête, le 8 juin. « Le Monde libertaire » lui rend hommage avec, entre autres, le beau texte que lui consacre son amie Claire Auzias, que je relaie ci-dessous.

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Tel Lord Byron qui donna sa vie pour l’indépendance de la Grèce, Marc est tombé sur cette terre qu’il aimait et qu’il s’était choisie.
En le perdant, nous perdons un compagnon d’envergure contemporaine, créateur d’une incessante réactivation de l’anarchisme. Il participe de ces figures actuelles de l’anarchisme. Inutile de refaire ici sa biographie très bien documentée dans « le Maitron » de longue date. On peut lire ici ou là quelques interviews qu’il a données retraçant son parcours, un parcours typique de la modernité de l’anarchisme. Lycéen en mai 68, et actif au CAL, il partageait ainsi avec moi et quelques autres cette entrée en matière dans la vie politique qui serait la nôtre, à nous les petits de 68. Il n’a jamais répudié son attachement aux auteurs situationnistes qu’il lut même avant mai, et est devenu un ami proche de Raoul Vaneigem qui représentait pour Marc une source d’inspiration majeure. Militant très averti, il ne se laissait jamais leurrer par des intrigues ou tentatives autoritaires, aussi critiques fussent-elles. Il avait un sens aigu des subversions productives et ne s’est jamais réfugié dans le spectacle, les complaisances ou les superficialités mondaines. Certes, il était gentil avec tout le monde, souriant, ouvert, sociable. Sans illusion. Vagabond des étoiles comme Panait Istrati, il s’est attaché à l’Espagne post-franquiste, puis au Chiapas et enfin à la Grèce. Quand un mouvement arrivait à bout de souffle, Marc reprenait sa route vers d’autres cieux plus tumultueux. Il s’est fracassé à Xania, au squatt de Rosa Nera, où il nous avait conduits au terme d’un heureux périple qu’il confectionnait pour ceux qu’il choyait, lors des cinquante ans de Mai 68. Avec Jean-Pierre Duteuil et Tomas Ibañez, en compagnie de ses deux intimes Lucile et Babis, nous avons sillonné, de squatt en squatt, des espaces grecs autogérés où nos débats s’étendaient à perte de nuit, tant nos compagnons grecs étaient friands de discussion. Rosa Nera est l’écrin idéal pour la mémoire de Marc, c’est un lieu somptueux, avec des compagnons anarchistes ardemment soucieux de leur autonomie, cette autonomie que Marc défendait.
Comme il a aussi croisé le mouvement surréaliste, où je l’ai retrouvé parfois aux côtés d’Oscar Borillo et de Guy Flandre, j’ai choisi un poème de Joyce Mansour, surréaliste égyptienne, pour lui rendre un dernier hommage, « Bleu comme le désert » :


Heureux les solitaires
Ceux qui sèment le ciel dans le sable avide
Ceux qui cherchent le vivant sous les jupes du vent
Ceux qui courent haletants après un rêve évaporé
Car ils sont le sel de la terre.
Heureuses les vigies sur l’océan du désert
Celles qui poursuivent le fennec au-delà du mirage.
Le soleil ailé perd ses plumes à l’horizon
L’éternel été rit de la tombe humide
Et si un grand cri résonne dans les rocs alités
Personne ne l’entend, personne.
Le désert hurle toujours sous un ciel impavide
L’ œil fixe plane seul
Comme l’aigle au point du jour
La mort avale la rosée
Le serpent étouffe le rat
Le nomade sous sa tente écoute crisser le temps
sur le gravier de l’insomnie
Tout est là en attente d’un mot déjà énoncé
Ailleurs


Claire Auzias
(
pour Le Monde Libertaire, 10 juin 2021)

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Ce jour-là, deux vieilles ganaches galonnées, très catholiques, se rencontrent à Madrid.
Jacques Prévert en fit un poème.

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Tourisme

Le général de Gaulle,
son chemin de croix de Lorraine

ne passe pas par Guernica
mais par Madrid et Compostelle.
A la énième station, Saint Jean de la Croix Gammée
veille sur le reposoir Franco.
Les deux généraux s’assoient

et regardent passer
l’Arche d’Alliance Franco-Franco.
Les journaux relatent qu’ils portent tous deux un complet anthracite.
Sans doute des cadeaux offerts par les mineurs des Asturies.
Au-dessus de l’Arche volette un pauvre oiseau qui rit, c’est un oiseau bafoué un pauvre petit phénix exténué, renaissant sans cesse des cendres des tués.
Il sait qu’il est symbolique et qu’on l’a surnommé Colombe de la Paix.
La Colombe hait les deux églises, toutes les églises, les rouges ou les grises.
Et c’est pour cela qu’elle rit.

(Jacques Prévert, « Soleil de nuit »)

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Je me souviendrai,
entre autres,
de son passage
à Radio-Libertaire
et de sa façon
désopilante
de lire un communiqué
de la Fédération anarchiste
à l’antenne.
Salut l’artiste
et merci pour tout.

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Gigue des petits morts

Trop lourd pour leurs pauvres guiboles boles
Plus morts que vivants
Mes enfants s’en vont à l’école cole
Du gouvernement.
Par décision du ministère tère
De l’enseignement
Ils prennent la couleur austère tère
Des enterrements.
Mes petits morts entre deux rives
D’hôpitaux blafards
Apprennent dans le poids des livres livres
Le cours du cafard.
L’instituteur ignare et terne terne
À mes petits morts
Enseignera ce qui concerne cerne
Le respect de l’or.
Ils vont multiplier les poires poires
Par le prix du lard,
Combien de sang dans la baignoire noire
Pour faire un dollar.
Mes petits morts vont à l’école cole
Triste infiniment
S’incliner devant l’auréole ole
Du gouvernement.
Plus tard la peur les fera taire taire
Ou mordre, selon
Qu’on rectifiera leur salaire laire
À leur gré ou non.
Ils vont recevoir pour algèbre gèbre
Le mépris d’abord.
Pour devise : « Écraser le faible faible,
Caresser le fort. »
Mes petits morts vont à l’école cole
Sans étonnement
Célébrer l’amour du pétrole trole
Du gouvernement.
Dans leurs jeux de mort se déchaîne chaîne
En fait d’exutoire
La gaîté des boeufs qu’on traîne traîne
Pour les abattoirs.
Je frémis quand je considère dère
Qu’un avortement
Aurait privé d’un militaire taire
Le gouvernement.
Sur leurs jambes devenues molles molles
Incurablement
Mes enfants s’en vont à l’école cole
Du gouvernement.


Romain Bouteille

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A l’occasion du transfert de la librairie Publico de la rue Ternaux à la rue Amelot, il y a quarante ans, Maurice Joyeux, dans un article du « Monde libertaire » du 21 mai 1981, retraçait l’histoire des divers locaux parisiens qui servirent de siège au mouvement libertaire.

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PROMENADE A TRAVERS LES SIEGES SUCCESSIFS
DE LA FEDERATION ANARCHISTE
AVANT D’ARRIVER AU 145, RUE AMELOT

La Fédération anarchiste, qui a roulé sa bosse dans ce quartier populaire de la capitale depuis la Libération, vient de s’installer au 145 de la rue Amelot. Lorsqu’on pousse la porte, après un coup d’œil à une vitrine impeccable, on s’arrête, étonné ! On se croirait dans une de ces librairies classiques qui pullulent au quartier Latin. Une pièce vaste, claire, du meuble net, des étagères vernies, surchargées de livres ; au centre, un bureau fonctionnel. Mais où sont donc nos locaux d’antan, sombres, poussiéreux, qui dégageaient une odeur de moisissure. Ici, dans ce nouveau siège de notre organisation, tout est rutilant. Un peu de mélancolie m’envahit, et c est toute l’histoire de notre mouvement libertaire, hommes et pierres, qui m’envahit.

Siège de la rue Ternaux après l’attentat de l’OAS en avril 1962.

Rue Amelot
Des locaux servant de siège à notre organisation, j’en ai connu beaucoup. Dans certains, le quai de Jemmapes, la rue Louis-Blanc, jeune militant, je ne fis que passer. Ce fut le temps des batailles tumultueuses, et j’en garde un souvenir attendri. Des pièces éclairées avec parcimonie, un mobilier bancal, des piles de Libertaire entassés dans les angles, de la paperasserie dégueulant des tiroirs, aux murs des affiches jaunies, sur les chaises boiteuses de vieilles Japy. Partout, cette image de la misère du peuple qui déteignait sur les lieux où il se réunissait pour résister, où seules les discussions passionnées introduisaient ce rayon de soleil qu’est l’espérance. Rien ne pourra mieux donner une image de ce milieu populaire que les intérieurs de ce film que nous avons aimé, Hôtel du Nord, lui aussi près du canal.
Mais en vérité, le siège de notre organisation de cette époque, dont je garde un souvenir plus précis, c’est celui de la rue Landry, aujourd’hui la rue Boulanger. On accédait aux trois pièces du premier étage par un escalier crasseux où, à chaque marche, on risquait de se tordre une cheville. Les années n’ont pas effacé de ma mémoire ce jour de l’année 1936 où je poussai la porte, accueilli par les braillements d’une assistance qui se marchait sur les pieds et par la fumée accrue du gros gris qui était le tabac du prolétaire alors. On me poussa dans une pièce.
C’était le bureau de Frémont, le secrétaire de notre mouvement, qui s’appelait alors l’UA, l’Union anarchiste ! Frémont finira bien misérablement, tué sur la ligne Maginot. C’est dans une autre pièce de ce local que je fis la connaissance de Ridel, un jeune anarchiste qui trimballait à travers la France les images de la guerre d’Espagne. Je le retrouverai plus tard, alors qu’il signait sous le nom de Parane des articles dans Le Libertaire. Son nom était Mercier. Il est mort ces dernières années, tué par la douleur, la calomnie et la bêtise des hommes. J’étais alors un jeune militant anarchiste, surtout préoccupé de syndicalisme, comme il y en avait tant, et je ne me risquais au siège du mouvement que lorsque le groupe du 17e auquel j’appartenais m’y envoyait, c’est-à-dire rarement.
Puis ce fut la guerre, et en 1945 le retour de ceux qui avaient su résister aux facilités et aux abandons. Au 145 du quai Valmy, le nouveau local qui abritait ce qui sera la Fédération anarchiste qui n’existait pas encore officiellement, le militant n’était pas dépaysé. Quartier tranquille qu’éventre le canal, quartier sans beaucoup de vie populaire où l’on voit les anciens assis sur des bancs, à l’ombre de maigres arbustes, regarder passer les péniches et s’extasier sur les manœuvres de l’écluse. C’est dans cette boutique du quai Valmy que je pris vraiment une part importante au noyau qui administrait l’organisation. La pièce ici, tout en longueur, était plus soignée. Durand, un vieux militant, qui tripotait les livres comme l’antiquaire manie la porcelaine, y trônait avec compétence. C’est là que je fis la connaissance de Vincey, qui fut la cheville ouvrière de toute notre administration.
Bien sûr, dans cet immédiat après-guerre, on retrouvait dans notre local un peu de ce désordre romantique et organisé qui avait charmé ma jeunesse, mais on sentait bien qu’une nouvelle génération d’anarchistes était née, qui épouserait son temps et remplacerait cette image de militants en lavallière à chapeau à larges bords et
en treillis Lafont. Ce fut la maison du miracle où nous réussîmes à faire tenir, dans un espace étroit, jusqu’à cinq permanents.
Chacun sait que tout cela fut bradé par une poignée d’aventuriers.
Mais c’est en évoquant ce 145, quai Valmy que je revois tous ces militants disparus qui furent mes compagnons de lutte. Après l’aventure Fontenis, il nous fallait retrouver un siège. Ce fut le 3 de la rue Ternaux où nous nous installâmes en 1959. Pendant la période nécessaire pour reconstituer nos finances, après la débâcle provoquée par Fontenis et ses acolytes, notre mouvement logea un peu partout chez les militants, et en particulier dans ma librairie du Château des Brouillards, renouant ainsi avec une habitude, mauvaise à mon avis, qui faisait que librairie et journal élisaient domicile chez un particulier, au début du siècle.

Georges Vincey

Rue Ternaux
Ce siège de la rue Ternaux, organisé une nouvelle fois par Vincey, pour la plupart vous le connaissez, ce qui pourrait rendre mon propos inutile. Rue Ternaux, nous y fûmes pendant plus de vingt ans, et bien peu se souviennent de nos débuts difficiles. La boutique choisie par Vincey était dans la tradition : une rue sans caractère, une devanture pisseuse, deux étages cependant. Mais le local conservait encore un peu de cet aspect qui avait marqué nos maisons. Il nous faudra tirer le maximum d’une boutique étroite et d’un premier étage où l’on risquait à chaque instant de se cogner la tête au plafond. Ce local, après la mort de Vincey, je l’ai administré pendant des années et on comprendra que le quitter, ce qui était indispensable, m’a serré le cœur. C’est dans ces murs étroits que nous avons reconstitué la Fédération anarchiste, que nous sommes partis en 1968 pour la grande manifestation contre de Gaulle, que nous avons en 1962 organisé le Comité révolutionnaire avec d’autres organisations d’extrême gauche contre les menaces fascistes. C’est là que notre journal est devenu hebdomadaire et, disons-le, où j’ai vieilli auprès d’amis aujourd’hui disparus.
C’est là encore que nous avons dû affronter ces vagues de personnages douteux projetés par l’événement, et qui rêvaient de transformer notre mouvement anarchiste en une annexe du marxisme léniniste. Et cette mélancolie, je ne crois pas être le seul à la ressentir, en évoquant cette jeunesse qui, en 1968, partant de la rue Ternaux, avec drapeaux noirs, allait rejoindre la manifestation antifasciste, où elle défila en tête, de la République à Denfert-Rochereau, ce qui ne fit pas grincer les dents qu’aux communistes ! Une page est tournée. Quittons le 3 de la rue Ternaux pour revenir au 145 de la rue Amelot où désormais se coordonneront tous nos efforts et que, l’habitude aidant, nous finirons tout simplement par appeler le 145.
Les difficultés pour nous d’avoir un local décent, chacun les connaît. Il nous faut d’abord un endroit où l’on peut vendre des livres, et des pièces où les militants puissent se réunir pour les nécessités de l’organisation. Et nous sommes naturellement tributaires de nos moyens financiers. La quadrature du cercle, quoi !
Il semble pourtant que le 145 de la rue Amelot réponde à certaines des exigences que j’énumérais plus haut. La première pièce est suffisamment vaste pour permettre de choisir facilement l’ouvrage que l’on cherche. Sur le côté, deux pièces permettent de ranger le matériel, dans le fond une autre pièce convenable pour réunir les militants. Enfin, une pièce plus intime pour les camarades qui travaillent au siège. Disons que nous avons enfin un outil convenable pour toutes les tâches qui nous attendent. Il a un aspect jeune, à l’image des militants qui l’occupent. Un maillon d’une chaîne déjà longue que rien n’est parvenu à briser.

Façade inachevée de la rue Amelot
Je sors dans la rue. Cette maison toute neuve, c’est votre maison. Elle a été construite avec votre argent. Cet argent que nous vous demandons parfois dans des moments difficiles et que vous ne nous avez jamais refusé. Et c’est ça le miracle de cette Fédération anarchiste dont on peut discuter l’importance, mais qui, en dehors du cadre militant, influence suffisamment de travailleurs pour pouvoir faire face lorsque les situations l’imposent. Oui, votre maison, elle est là, à deux pas du métro, au cœur de ce quartier populaire qui fut le siège de tous nos locaux, car par une espèce de conservatisme qui peut-être s’explique par le prix raisonnable des loyers, les anarchistes ne sont jamais sortis de ce périmètre tracé par les faubourgs de l’est de la capitale.
Mais je vois le lecteur hocher la tête. Pourquoi ces souvenirs alors que dans le pays une élection tumultueuse et la veille d’une autre élection qui pourrait l’être plus nous obligent à regarder la réalité en face. Rassurez-vous, amis lecteurs, les politiciens ne vont pas disparaître, hélas ! On peut les abandonner un instant, on est sûr de les retrouver au moment des emmerdements. Mais pour faire face, il nous fallait le moyen, et ce moyen nous l’avons. Nous nous sommes penchés un instant sur cette coulée de l’histoire qui a vu « nos maisons » naître et disparaître, laissant chaque fois une trace d’anarchie dans la ville. Celle de la rue Amelot nous permet de jeter un regard en arrière avant de servir à faire un pas en avant. C’est comme cela que se bâtit l’histoire de l’anarchie, comme les autres !
Amis lecteurs, venez nous voir au 145, rue Amelot, nous vous attendons !

Maurice Joyeux

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Il y a quarante ans, la librairie libertaire Publico, située jusque-là dans un minuscule local, au numéro 3 de la rue Ternaux, dans le XIe arrondissement de Paris, déménageait pour s’installer non loin de là, dans un espace bien plus vaste, au 145 de la rue Amelot, dans le même arrondissement, près de la place de la République.
Après des mois de travaux réalisés par les militants de la région parisienne de la Fédération anarchiste, les portes s’ouvraient au public. Cela avait été rendu possible également grâce à quelques galas de soutien animés par des artistes sympathisants, notamment Bernard Lavilliers.
Aujourd’hui encore, malgré les difficultés externes mais aussi, hélas, internes, Publico demeure à Paris la librairie anarchiste de référence et le point de passage et de rencontre des libertaires de province et de l’étranger, ainsi que des lecteurs intéressés par le mouvement et les idées anarchistes.

Le 21 mai 1981, cet événement faisait la une du Monde libertaire.

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Aujourd’hui : Manu Galure, Jean-Luc Debattice, Josette Kalifa et Patrick Ochs (Rue de la Muette).
(Photos prises au Forum Léo-Ferré par Antonio Pedraza.
Cliquer sur chacune d’elles pour agrandir.)

La série de photographies que l’on doit à Antonio Pedraza va s’arrêter là. Bien sûr, tous les artistes qui furent programmés au Forum entre 2001 et 2013 n’y figurent pas. Pour être plus complet, il aurait fallu y ajouter quantité d’autres. De mémoire : Graeme Allwright, Michel Arbatz, Louis Arti, Alcaz, Agnès Bihl, Ayumi, Wladimir Anselme, Bernard Abeille, Jules Bourdeaux, Jean-Louis Beydon, Xavier Besse, Jérémie Bossone, André Bonhomme, Bruno Ruiz, Clément Bertrand, Lulu Borgia, Alain Bréhéret, Frédéric Bobin, Cristine Merienne, Clémentine, Céline Caussimon, Les Chanteurs Livreurs, Christiane Courvoisier, Les Cousins Gauthier, Chtriki, Bruno Daraquy, Bernadette Delchambre, Jean Dubois, Lucienne Deschamps, Ariane Dubillard, Agnès Debord, Joël Favreau, Melaine Favennec, Chantal Grimm, Jean Guidoni, Dominique Grange, Grabowski, Michel Guyader, Marc Havet, Coline Malice, Jean-Claude Mérillon, Giovanni Mirabassi, David Légitimus, Hervé Lapalud, Marcel Kanche, Kent, Juja Lula, Jofroi, Mona Heftre, France Léa, Pierre Lebelâge, Romain Lemire, Benjamin Legrand, Alain Léamauff, Chris Lancry, Vincent Lendower, Stéphanie Lignon, Madame Raymonde, Eric Manana, Vanina Michel, Valérie Mischler, Pascal Mary, Isabelle Mayereau, Les Malpolis, Fabienne Marsaudon, Albert Meslay, Alain Nitchaieff, Marc Servera, Dominique Ottavi, Les Octaves, Christian Paccoud, Vadim Piankov, Gérard Prats, Presque Oui, Carine Reggiani, Florent Richard, Pascal Rinaldi, Claude Semal, Sarcloret, Triboulet, Gildas Thomas, Marion Rouxin, Gérard Pitiot, Le P’tit Crème, Marc Perrone, Anne Peko, Gérard Prats, Jean-Pierre Réginal, Mathieu Rosaz, Nathalie Solence, Gabriel Yacoub, Gildas Thomas, Zaniboni, Trevidy, Yves Uzureau, Béa Tristan, Eric Toulis, Nathalie Solence, Sophie Térol, Laurent Valero, Pierre Tisserand, Lou Saintagne, Vania, Gilles Servat, Laurent Viel, Ivan Tirtiaux, Yvan Dautin, Marie-José Vilar, Katherine Waldteufel, Jean-Claude Vannier, Wally.
Ce sera pour les 30 ans du Forum…

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