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Archive for the ‘03. Autres écrits’ Category

Après la Libération et la reconstruction de la Fédération anarchiste (FA), cette organisation organisa très vite un gala annuel, à Paris, destiné à soutenir financièrement son organe d’expression,
« Le Libertaire », devenu par la suite
« Le Monde libertaire ».
Parallèlement à ces galas fédéraux, le groupe parisien Louise-Michel de la FA, basé sur la Butte-Montmartre et qui fut durant des décennies le plus important des groupes militants de cette organisation, organisa de son côté ses propres galas, d’abord au Moulin de la Galette puis à la Mutualité.
Ci-contre, l’affiche du gala organisé le 2 mars 1956.

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Souvenir…

Parmi les nombreux coups bas qui nous furent assénés au cours de la bataille menée pour le droit à l’existence de Radio-Libertaire, il y eut à plusieurs reprises des conditions imposées par la Haute Autorité de la communication audiovisuelle d’opérer un regroupement avec des stations avec lesquelles nous n’avions aucun point commun ni aucune affinité. Cet organisme, créé par le gouvernement socialo-communiste d’alors, était présidé par Michèle Cotta, mais en son sein le chargé du dossier des radios libres fut le particulièrement retors Stéphane Hessel, qui fit tout ce qu’il put pour nous mettre des bâtons dans les roues et nous faire disparaître de la bande FM.
Pour protester contre le sort que ce dernier nous réservait, nous avons alors organisé un rassemblement sur le parvis de Beaubourg, à Paris, le 12 février 1983. Des représentants de Radio-Libertaire ainsi que plusieurs amis artistes – je me souviens de la présence de Maurice Fanon – y prirent la parole.
Six mois plus tard, la flicaille pénétrait dans notre studio, saccageant tout, démontait notre antenne et rendait inutilisable notre émetteur. Mais c’est une autre histoire…

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Il y a cent ans…

Le 8 février 1921, il y a cent ans jour pour jour, mourait Pierre Kropotkine.

« En nous déclarant anarchistes, nous proclamons d’avance que nous renonçons à traiter les autres comme nous ne voudrions pas être traités par eux ; que nous ne tolérons plus l’inégalité qui permettait à quelques-uns d’entre nous d’exercer leur force, ou leur ruse, ou leur habileté, d’une façon qui nous déplairait à nous-mêmes. Mais l’égalité en tout – synonyme d’équité – c’est l’anarchie même. Ce n’est pas seulement à cette trinité abstraite de Loi, de Religion et d’Autorité que nous déclarons la guerre. Et devenant anarchiste, nous déclarons guerre à tout ce flot de tromperie, de ruse, d’exploitation, de dépravation, de vice – d’inégalité en un mot – qu’elles ont déversé dans les cœurs de nous tous. Nous déclarons guerre à leur manière d’agir, à leur manière de penser. »

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Très déçu par la « lettre ouverte* » que le militant libertaire Yannis Youlountas a adressée à François Ruffin, qui, dans un entretien récent, déclarait qu’il se trouve des anarchistes à la tête de l’Etat, détruisant tout ce qui fonctionnait auparavant**, j’y suis allé à mon tour de mon petit message à l’auteur de ces élucubrations, par le biais d’un réseau social. Mais contrairement à Yannis Youlountas, je ne tutoie que mes amis, ce qui exclut les politicards. De plus, fidèle à une bonne vieille tradition libertaire, je préfère rappeler aux imbéciles et aux canailles qui nous conchient qu’ils sont des imbéciles et des canailles, et non des camarades plus ou moins proches, plutôt que de leur demander des explications en vue d’un éventuel pardon et d’hypocrites embrassades.

« Bonjour,
Je vois sur votre mur Facebook que vous avez lancé un appel aux professionnels de la santé mentale. Le moment me semble venu pour vous de les consulter au plus vite, maintenant que vous voyez des anarchistes à la tête de l’Etat. Peut-être vous recommanderont-ils d’observer une nécessaire période de repos pendant laquelle vous auriez la possibilité de réviser un peu l’histoire de ce pays, celle du mouvement ouvrier, et celle du mouvement anarchiste en particulier.
Vous pensez monter dans les sondages en proférant pareilles âneries et insanités ?
Vous êtes affligeant. »

___________

* https://www.monde-libertaire.fr/?article=Lettre_ouverte_a_Francois_Ruffin

** Voir https://florealanar.wordpress.com/2021/02/04/le-cretin-majuscule/

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Le Crétin majuscule

Ce qu’il faut proférer comme âneries et insanités quand on fait profession de la politique ! Le Rantanplan de la France « insoumise »  s’y est collé, affichant son inculture et sa bêtise.

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La neige sur Madrid

Il a neigé abondamment sur Madrid ces jours derniers.
Cela m’a remis en mémoire
la fin du magnifique poème de Jacques Prévert
« La crosse en l’air »,
où sont évoqués cet autre hiver neigeux de 1936
sur la capitale espagnole
et l’écrasement d’une révolution libertaire unique, suivie d’une nuit glaciale de près de quarante années tombée sur toute l’Espagne.
Ce poème, écrit en 1936, fut publié dans le recueil « Paroles » en 1949.

(…) Dans la rue la nuit est tombée
et le veilleur marche dans la rue
dans la nuit
il tombe une toute petite pluie
sa lanterne est allumée
quelqu’un court derrière lui
il se retourne et voit dans la lumière
un chat de gouttière
et le veilleur de nuit s’arrête
le chat aussi
Tu devrais venir par là dit le chat
il y a un oiseau blessé
des fois que tu serais vétérinaire
on ne sait jamais
il doit venir de très loin cet oiseau
ses ailes étaient couvertes de poussière
il volait
il saignait
et puis il est tombé très vite comme ça d’un seul coup
comme une pierre
j’ai sauté dessus pour le manger
mais il s’est mis à chanter
et sa chanson était si belle
que je me suis privé de dîner
Je crois que je le connais dit le veilleur
et le voilà parti avec le chat de gouttière
sous la pluie
ils arrivent sur une petite place
C’est là dit le chat
C’est ici dit le veilleur
je m’en doutais
il se baisse et ramasse l’oiseau
Je crois qu’il en a pris un bon coup dit le chat
son aile gauche est arrachée
il n’en a pas pour longtemps
Ta gueule dit le veilleur
le chat comprend qu’il faut se taire
il se tait
et dans la main du veilleur l’oiseau de la jeunesse
commence à délirer
Ah ça m’embêterait de mourir
j’ai vu des choses si belles… si terribles… si vivantes…
et puis des choses si drôles
si étonnantes
ah ça m’embêterait de mourir
j’ai un tas de choses à dire
et puis j’ai envie de rire… j’ai envie de chanter…
Tais-toi dit le veilleur tais-toi si tu veux guérir
Mais puisque je te dis que j’ai vu des choses…
et l’oiseau se retourne dans la main du veilleur
comme un malade dans son lit
le chat inquiet fronce les sourcils
l’oiseau raconte
Je volais très vite si vite et je voyais je voyais…
… au-dessus des Baléares j’ai vu l’été qui s’en allait
et sur le bord de la mer la Catalogne qui bougeait et partout des vivants…
des garçons et des filles qui se préparaient à mourir et qui riaient…
j’ai vu
la première neige sur Madrid
la première neige sur un décor de suie de cendres et de sang
et j’ai revu celle qui était si belle
la jolie fille du printemps
elle était debout au milieu de l’hiver
elle tenait à la main une cartouche de dynamite
ses espadrilles prenaient l’eau
le soleil qu’elle portait sur l’oreille
était d’un rouge éclatant
c’était la fleur de la guerre civile
la fleur vivante comme un sourire
la fleur rouge de la liberté
doucement j’ai volé autour d’elle
sous son sein gauche son cœur battait
et tout le monde l’entendait battre
le cœur de la révolution
ce cœur que rien ne peut empêcher de battre
que rien… personne ne peut empêcher d’abattre ceux qui veulent l’empêcher de battre…
de se battre…
de battre… de battre…
Ne t’excite pas comme ça dit le veilleur
tu as la fièvre
tu saignes
ton aile est arrachée
essaie de dormir… laisse-moi faire…
je te guérirai
et le veilleur s’en va la casquette sur la tête
l’oiseau blessé dans le creux de la main
le chat de gouttière tient la lanterne
et il leur montre le chemin.

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Heureuse désobéissance et prospère résistance !
Que la liberté, la dignité et la rébellion nous accompagnent !

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Alexandre Skirda est mort. Parfait connaisseur de la révolution russe et du mouvement libertaire makhnoviste en Ukraine, il laisse des ouvrages incontournables sur ces sujets. L’article ci-dessous, qui lui est consacré, est repris du site internet du « Monde libertaire ».

« Les morts vivent et, avec eux, les rêves qui les ont portés »
(Gustav Landauer)

A la suite d’une longue maladie, notre ami, notre compagnon Alexandre Skirda nous a quittés à l’âge de 78 ans, mercredi 23 décembre. Est-il allé sur les rives du Dniepr rejoindre Nestor Makhno, descendant de Cosaques zaporogues comme lui ?
Son intérêt pour cette région et sa connaissance de la langue lui avaient permis de connaître le mouvement révolutionnaire paysan du sud de l’Ukraine, héritier de plusieurs siècles de pratique de la démocratie directe. Dans des livres tel Nestor Makhno, le cosaque libertaire, la lutte pour les soviets libres en Ukraine 1917-1921, il montre comment dans cette période la création de communes libres visait à établir une société sans État, puis la façon dont l’État bolchevik les a détruites, après avoir éliminé l’Armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne, qui avait pourtant permis de vaincre les armées blanches.
Encore aujourd’hui le nom d’Alexandre Skirda fait frémir la majorité des militants trotskistes, qui ne lui pardonnent pas d’avoir révélé la manière dont l’armée rouge, envoyée par Trotski, avait écrasé la Commune de Kronstadt, qui souhaitait pour la Russie une démocratie directe, fédéraliste, et déclarait le 8 mars 1921 : « C’est ici à Kronstadt qu’est posée la première pierre de la IIIe Révolution opposée à l’ordre bureaucratique des bolcheviks, laissant derrière la dictature du Parti communiste, des tchékas et du capitalisme d’État. » En publiant Kronstadt 1921: soviets libres contre dictature de parti, Il exauçait longtemps après le souhait de Stepan Petrichenko, président du Comité révolutionnaire provisoire de Kronstadt : « Ils peuvent fusiller les kronstadiens, mais ils ne pourront jamais fusiller la vérité de Kronstadt. »

Ses recherches lui ont permis d’écrire plusieurs livres sur cet événement historique, qui ont été l’objet de traductions dans divers pays et de nombreuses rééditions, enrichies par de nouveaux documents. Il a notamment récemment traduit et présenté Kronstadt dans la révolution russe d’Efim Yartchouk, inédit jusque-là. Celui-ci, un des principaux animateurs des anarchistes de Kronstadt, décrit ce qu’il a vécu et dédie son ouvrage « à ceux qui versèrent leur sang lors de la révolution de 1905 pour l’émancipation complète du prolétariat du joug du capital et de l’autorité. À ceux qui luttèrent en février et en juillet 1917 contre les maîtres du monde. À ceux qui s’étant laissé abuser par les slogans de l’État prolétarien levèrent bientôt les armes contre les nouveaux maîtres, les bolcheviks. À la mémoire de ceux qui périrent sur la route menant à la Société des hommes libres : l’anarchie ».
Ayant eu l’occasion d’approcher la montagne de documents alimentant ses livres, ceux évoqués ici n’en étant qu’une partie, nous avons pu mesurer l’importance de son travail historique pour révéler ce qui a été longtemps occulté – aussi bien par les « blancs » que par les « rouges » – sur une révolution qui a eu des conséquences, pendant des dizaines d’années, sur le mouvement ouvrier de nombreux pays.
Nous n’oublierons pas Alexandre Skirda, l’historien incontournable de la révolution russe, et aussi le militant anarchiste qui, dès les années 1960, animait le Groupe d’études et action anarchiste.

Serge
(Le Monde libertaire)

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Chanson et anarchie

Dessin de Piérick.

L’excellente revue Hexagone* consacrée à la chanson, que deux passionnés, Flavie Girbal et David Desreumaux, ont créée il y a maintenant plus de quatre ans, offre à la lecture, dans son dernier numéro qui vient de paraître, un dossier intitulé « Chanson et anarchie ».
Pour l’occasion, ils publient un long entretien qui m’est consacré, où il est bien sûr question de mon engagement militant libertaire, mais aussi de mes liens avec la chanson à travers l’aventure du Forum Léo-Ferré, à Ivry-sur-Seine, et la création, en 1981, de Radio-Libertaire, dont la programmation musicale mise en place par ses fondateurs, Jacky-Joël Julien, Gérard Caramaro et moi-même, fut très nettement marquée par ce que nous appelions la chanson d’expression française non crétinisante.
Dans ce même dossier figurent trois courts entretiens avec l’auteur compositrice interprète Elizabeth et le chanteur officiel de l’anarchisme, Serge Utgé-Royo, ainsi qu’avec l’ami Patrick Kipper, fondateur de l’association Mots et Musiques et infatigable « imprésario des anars ». Le tout est précédé d’une longue présentation fort honnête et bien documentée, signée Patrick Engel.
Outre l’importante pagination accordée à ce dossier, ce numéro d’Hexagone fait naturellement la part belle à nombre d’artistes : François Morel, Gérard Pierron, Bernard Joyet, Nour, Karimouche, Jérémie Bossone, Miossec… tandis que David Desreumaux signe un bel éditorial en hommage à Anne Sylvestre.
Je signale par ailleurs que l’ami Pierre Delorme et moi-même, animateurs du site « Crapauds et Rossignols » consacré lui aussi à la chanson, avons inauguré dans ce numéro une chronique appelée à devenir régulière, « Moderato ma non troppo ». Dans cette première contribution, nous nous posons la question : « Que sont nos amis (chanteurs anars) devenus ? »

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* Hexagone la revue, 9, place Saint-Sauveur, 22100 Dinan.
Site internet : http://hexagone.me
Contact : contact@hexagone.me
Prix au numéro : 15 euros (participation aux frais de port : 3 euros).
Mais on peut bien sûr s’y abonner (voir les détails sur le site de la revue).

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Anniversaire (4)

C’était il y a trente-sept ans,
jour pour jour.
Le 13 décembre 1983,
un gala de soutien
à Radio-Libertaire,
dont l’existence
demeurait alors menacée,
avait lieu à l’Espace BASF,
près de la place Balard à Paris,
avec Léo Ferré.
Plus de 6500 spectateurs
y assistèrent.
Inoubliable !

Pour écouter l’enregistrement de ce concert, c’est là :
https://leo-ferre.eu/html-g/Galaradiolibertaire.html

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