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L’Observatoire cubain des droits de l’homme (OCDH), une ONG composée d’anciens prisonniers d’opinion cubains et basée à Madrid, a dénoncé aujourd’hui au moins 183 détentions arbitraires à Cuba en décembre 2018.
Selon l’organisation, plusieurs arrestations ont eu lieu pour éviter un sit-in pacifique devant le ministère de la Culture où des militants, dont certains artistes, ont protesté contre l’entrée en vigueur du décret 349*, qui soumet toute action culturelle à l’approbation préalable du gouvernement cubain.
De même, comme l’indique l’Observatoire dans un communiqué, des militants qui voulaient célébrer la Journée internationale des droits de l’homme ont été arrêtés, journée au cours de laquelle plusieurs opposants ont également été interpellés pour des actions pacifiques liées à la réforme constitutionnelle en cours.
L’OCDH souligne également que les arrestations continuent à prédominer afin d’empêcher les dissidents catholiques d’assister à la messe.
Le réseau d’observateurs sur l’île a également comptabilisé 96 actions répressives contre des femmes et 87 contre des hommes, les provinces les plus touchées étant celles de La Havane, Matanzas et Guantánamo.
« Le nombre d’interventions répressives se maintient donc au niveau des mois précédents, même en plein processus de réforme constitutionnelle. Cela fait craindre, d’ici au référendum du 24 janvier, une augmentation de ces actions répressives du gouvernement contre les militants pour les droits de l’homme favorables au vote « non » ou à l’abstention au référendum », a déclaré l’organisation.
« Le gouvernement montre son vrai visage, avec une nouvelle Constitution imposée par un parti unique et une répression contre ceux qui s’y opposent », a dénoncé Alejandro Gonzalez Raga, directeur exécutif de l’OCDH.

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* Voir Le décret n°349 et la politique culturelle de l’Etat cubain.

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Après la mort de Franco, le correspondant de l’agence Efe à La Havane envoya une dépêche, reprise par certains des plus prestigieux journaux du monde et qui disait ceci : « Quelques heures après l’annonce de la mort du général Franco, le gouvernement révolutionnaire de Cuba a décrété un deuil officiel de trois jours. Depuis jeudi, les drapeaux ont été mis en berne sur tout le territoire cubain. Le président de la République, M. Osvaldo Dorticós, a adressé un message de condoléances au président du gouvernement espagnol, Carlos Arias Navarro (…). » Quand vous lisez cela, vous avez l’impression qu’il y a soit un malentendu, soit une erreur dans le texte. Ce n’était pas le cas. Le Cuba de Fidel Castro a en effet rendu hommage au dictateur comme aucun autre pays ne l’a fait, bien qu’il ait tout mis en œuvre pour que l’information demeure discrète, ce qui permettait tout à la fois de rester en bons termes avec l’Espagne et d’éviter un scandale international. Ce geste a pris un relief plus important encore l’année suivante, à la mort de Mao Zedong, le gouvernement cubain n’ayant pas porté la même attention envers le dirigeant communiste chinois. Ce fut là le dernier chapitre d’une relation particulière et choquante entre deux dictateurs idéologiquement aux antipodes, qui décidèrent d’agir avec un pragmatisme « souterrain » et une complicité qui ont suscité un énorme intérêt chez les historiens et les politologues.
Depuis 1959, les événements ont forgé un respect mutuel qui s’est finalement mué en admiration. Le lien commun, la Galice, a été un facteur qui a favorisé ce rapprochement. Franco a grandi, comme tous les militaires de sa génération, avec un fort sentiment anti-américain issu de la défaite contre les États-Unis à Cuba en 1898. Selon les propres mots de Fidel, recueillis dans la biographie en deux parties d’Ignacio Ramonet (Débat), « Franco doit avoir grandi et avoir été élevé avec cette amère expérience (…). Et ce que la révolution cubaine a fait, à partir de 1959, en résistant aux Etats-Unis, en se rebellant contre l’empire et en le battant à la baie des Cochons, peut avoir été perçu par lui comme une forme de revanche historique pour l’Espagne. Bref, nous les Cubains, par la manière dont nous avons pu affronter les États-Unis et résister à leurs agressions, avons fait valoir le sentiment et l’honneur des Espagnols ». La « sentinelle de l’Occident » a bien senti que Castro, dans sa confrontation avec l’impérialisme américain, était non seulement mu par l’idéologie marxiste, mais que le facteur nationaliste et patriotique était devenu plus important encore. Des historiens comme Joaquim Roy (La siempre fiel : Un siglo de relaciones hispanocubanas [1898-1998], Ed. Los Libros de la Catarata) notent que Franco demandait des rapports à ses collaborateurs afin d’en savoir plus sur Castro et d’autres communistes célèbres comme Ho Chi Minh, en raison de la fascination qu’ils lui inspiraient.
Castro n’a jamais perdu une occasion de critiquer le régime franquiste en public, mais pas Franco. Il reçut à plusieurs reprises les dirigeants communistes espagnols à La Havane, louant Dolores Ibarruri, la Pasionaria, et s’entoura de soldats prestigieux de l’armée républicaine comme Enrique Líster et Alberto Bayo, instructeur du groupe des révolutionnaires cubains qui s’entraînèrent au Mexique avant d’embarquer sur le Granma. L’enfance et la jeunesse de Fidel nous renseignent sur la relation unique qui exista entre les deux dictateurs. Fils d’Angel Castro, riche propriétaire terrien de Galice né à Láncara (province de Lugo) qui émigra à Cuba en 1905, il fut formé principalement dans les écoles jésuites de Santiago de Cuba. Ses professeurs étaient des religieux espagnols partisans de Franco, sans exception, pendant la guerre civile d’Espagne. Chez lui, le jeune Fidel a également vu son père, une personne influente dans sa communauté, se montrer sans ambiguïté favorable à son compatriote d’El Ferrol.

Guevara assiste à une corrida à Madrid en 1959.

L’Espagne entretenait des relations amicales avec le Cuba de Fulgencio Batista, relations qui furent maintenues après le triomphe du nouveau gouvernement révolutionnaire en 1959, et Franco n’eut pas à se plaindre de l’administration de Juan Pablo de Lojendio, l’ambassadeur espagnol à La Havane, durant la première année d’existence de la révolution. Les analyses exhaustives du professeur Manuel de Paz Sánchez (Zona Rebelde y Zona de Guerra, Librería Universal-CCPC), expert en matière de relations transatlantiques de l’Espagne, expliquent les agissements de Lojendio, neutralisant les tentatives des républicains espagnols pour que le nouveau Cuba suive les traces du Mexique*, ce qui aurait entraîné une rupture avec l’Espagne de Franco et la reconnaissance du gouvernement de la seconde République espagnole en exil. La chasse aux groupes contre-révolutionnaires avait créé un climat dans lequel un incident diplomatique grave et incompréhensible a lieu en janvier 1960. Castro se trouve dans les studios de la télévision cubaine pour y faire une déclaration en direct sur les activités de l’opposition et fait allusion au soutien de l’ambassade d’Espagne à ces activités. Lojendio, emporté par son tempérament, fait alors irruption dans les studios, offensé, et demande à Castro une rectification au milieu d’un tumulte qui laisse les téléspectateurs sans voix. L’expulsion de l’ambassadeur est immédiate. Franco est informé de l’incident et transmet au ministre des Affaires étrangères, Castiella, sa résolution : « Vous êtes le ministre. Faites ce qui vous semble opportun. Mais avec Cuba, tout sauf la rupture. »
Et en effet, Cuba et l’Espagne ont surmonté cette crise et n’ont pas rompu. Le pragmatisme s’imposa et les relations se maintinrent dès lors au niveau du chargé d’affaires, tandis qu’un Franco en colère après son ambassadeur décida de laver discrètement le linge sale en famille. Comme il l’affirme lui-même dans Mes conversations privées avec Franco (Planète), de son cousin Francisco Franco Salgado Araújo, « l’épisode Lojendio pouvait signifier que le président Castro, qui est sur un plan communiste, non seulement rompe ses relations avec l’Espagne mais reconnaisse aussi le gouvernement rouge en exil ». Lojendio, après une période d’inactivité, fut affecté à un poste diplomatique de seconde zone, à Berne.
La relation hispano-cubaine va être affectée par l’entrée en scène d’un autre acteur principal. Les États-Unis voient leurs intérêts en danger dans une zone où ils n’ont pas l’habitude de convaincre leurs adversaires avec la persuasion, mais avec le bâton. La réforme agraire cubaine et les expropriations d’entreprises et d’individus nord-américains se traduisent par la rupture des relations diplomatiques et le début du fameux embargo économique, à l’automne 1960, devenu presque total en février 1962. La majorité des pays d’Amérique latine rompent leurs relations avec Cuba, et l’Europe, alliée aux Etats-Unis, ferme ses portes à l’économie de l’île. L’URSS et le bloc communiste répondent rapidement à l’appel à l’aide de Fidel, mais cet embargo va aussi être contourné par un autre pays, l’Espagne. Peu de temps après que le président Eisenhower eut donné l’accolade à Franco lors de sa visite officielle à Madrid, un accord commercial entre l’Espagne et Cuba est signé en 1960, accord qui sera renouvelé et mis en œuvre au cours des années suivantes.
Le gouvernement nord-américain demeure stupéfait par la politique étrangère de l’Espagne, qui ne participe pas aux représailles contre Cuba, et craint qu’elle n’ait un effet contagieux sur le reste des pays d’Amérique latine. Seuls les moments de tension dus à la crise des missiles d’octobre 1962 mettront fin aux échanges commerciaux entre Espagnols et Cubains, d’une ampleur non considérable mais d’une valeur morale inestimable pour Cuba assiégé par les Etats-Unis. Les compagnies aériennes d’Iberia relient La Havane à l’Europe, les enfants cubains ne manquent pas de jouets espagnols, et le nougat de Noël de Jijona ou les bus Pegaso sur les routes cubaines sont un signe de la bonne volonté du gouvernement franquiste.

Castro et l’ex-ministre franquiste Fraga lors d’une fiesta à Lancara, en Galice.

Les Etats-Unis menaçaient de mettre fin à l’aide économique à l’Espagne pour qu’elle abandonne sa position, mais la renégociation des bases américaines sur le sol espagnol en 1963 mit cette mesure en suspens. Les États-Unis finiront par accepter la position espagnole, mais le trafic maritime sera affecté par les tensions internationales dans les Caraïbes. Les exilés cubains étaient très remontés contre la politique de Franco et les groupes anticastristes, armés par la CIA, attaquaient parfois les navires espagnols. En septembre 1964, le Sierra Aránzazu est attaqué par des bateaux d’anticastristes, tuant trois marins et en blessant six autres. Les États-Unis nièrent toute implication, mais la diplomatie espagnole réussit à faire en sorte qu’à partir de ce moment les navires espagnols soient escortés par la marine de guerre américaine.
Le gouvernement américain a tenté de profiter du refus de Franco de participer à l’embargo sur Cuba et a pensé utiliser la proximité des deux dictatures pour établir un canal de communication secret avec La Havane. Franco accepta la tâche de médiation et, après la capture et la mort d’Ernesto « Che » Guevara en Bolivie, en 1967, la partie américaine pensa que l’occasion était alors venue. Le paradoxe qui entoure la relation entre les deux Galiciens, le héros mythique des révolutionnaires du monde, d’un côté, et le féroce anticommuniste, de l’autre, a amené Adolfo Martín Gamero, diplomate espagnol en charge de ce travail de médiation, à vivre un épisode insolite raconté par Norberto Fuentes, biographe de Fidel. Le diplomate fut reçu à Cuba par les frères Castro, qui l’emmenèrent en voyage sur l’île. Quand ils visitèrent leur maison familiale à Birán, quelle ne fut pas la surprise de l’envoyé espagnol quand, dans la chambre du père de Fidel, il vit un télescope et… une photo de Franco sur la table de chevet, qui avait toujours été posée là !
Les relations entre les deux pays seront totalement normalisées à partir de 1974, date à laquelle un échange d’ambassadeurs eut lieu. En 1992, Fidel effectua un voyage officiel en Espagne et en Galice où il put visiter la maison de son père et de sa famille, à Láncara, accompagné de l’ancien franquiste Manuel Fraga**, un autre Galicien lié à Cuba durant son enfance. En 1985, le quotidien El País interviewait Castro, qui fit cette déclaration concluante : « Franco ne s’est pas mal comporté, il faut le reconnaître. Malgré les pressions qu’il a subies, il n’a pas rompu les relations diplomatiques et commerciales avec nous. “Ne pas toucher Cuba” était sa phrase catégorique. Il s’est bien comporté, caramba ! »

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* Le Mexique a toujours refusé de reconnaître le gouvernement franquiste. C’est seulement en 1977, après la mort de Franco, que les relations diplomatiques entre les deux pays se normaliseront.
** Notons que c’est le Parlement galicien présidé par Manuel Fraga Iribarne qui finança la restauration de la maison des parents de Fidel Castro. Ce même Fraga finança la restauration de la Société espagnole Rosalía de Castro de La Havane. L’université de l’Est, à Santiago de Cuba, décerna pour sa part à cet ancien ministre fasciste du gouvernement de Franco le titre de docteur honoris causa. Fraga fut par ailleurs déclaré citoyen d’honneur de cette grande capitale régionale cubaine.

Source : « El País ».
Traduction : Floréal Melgar.

Salut à Amos Oz

Photo : Dan Balilty

« Tout messianisme est un fanatisme. Quiconque dit : « Je réparerai le monde. Donnez-moi seulement quelques jours ou quelques années. Cela va faire mal, du sang va couler, mais j’aurai réparé le monde » est un fanatique. Et le messianisme en Israël n’échappe pas à cette définition. Mais comme je l’ai déjà dit, c’est un phénomène universel, auquel je réponds : « Laissez tomber le monde, ne le réparez pas. Et si vous tenez tout de même à le réparer, faites-le à tout petits pas. »
(Interview, Le Point, 28 avril 2018.)

« S’il existe une force supérieure, songea-t-il, Dieu ou autre, je me permets d’exprimer mon désaccord avec elle sur de nombreux points. Il aurait fallu, à mon avis, organiser les choses tout à fait différemment. Mais ce que je trouve le plus laid, c’est son humour grossier, vulgaire si l’on peut dire. Ce qui provoque son amusement nous cause à nous d’intolérables souffrances. Se distrait-elle vraiment au spectacle de nos peines ? »
(Amos Oz, Un juste repos.)

Une récompense méritée

Le paillasson en poil de chien de garde, plus haute distinction destinée aux éditorialistes du journalisme servile, est attribué à l’unanimité du jury à Jean-Michel Aphatie pour sa brillante manifestation d’allégeance au chef de l’Etat : « Le ton, le contenu, les propositions : Emmanuel Macron a réussi l’intervention qu’il ne pouvait pas manquer. S’il y a un acte V des Gilets jaunes, il faudra en expliquer sérieusement la raison. »

Salut, Maria !

En septembre 1981, quand Radio-Libertaire est née, la station s’est immédiatement distinguée par son propos politique, bien sûr, mais aussi et peut-être surtout par une programmation musicale presque exclusivement orientée vers la chanson française dite à texte. Mais à sa naissance notre station était pauvre en disques. Quelques années plus tard, dans un numéro du Magazine libertaire, Jacky-Joël Julien, l’un des trois fondateurs de la station, racontait : «  Au départ, Radio-Libertaire ne possédait pas de discothèque. Floréal et moi avons mis en commun nos propres disques. Comme par hasard (mais en est-ce bien sûr) on retrouvait les mêmes chanteurs : Ferré, Brassens, Brel, Lavilliers, Debronckart, etc. Evidemment, ne possédant que ceux-là, nous n’avons programmé que des artistes qui correspondaient à notre goût profond. Et les premiers auditeurs écoutant notre station téléphonaient tous pour nous dire leur joie d’entendre enfin sur la bande FM autre chose que les âneries habituelles du show-business. »
Pour étoffer cette bien maigre discothèque des premiers jours, nous avons donc fait appel à la générosité des auditeurs. Et très vite la station put disposer d’une belle collection de disques, grâce aux nombreux dons qui nous parvinrent.
Parmi ces sympathiques donateurs, nous eûmes l’agréable surprise de voir arriver un jour, dans la cave qui nous servait de studio, à Montmartre, la comédienne Maria Pacôme, auditrice des premiers instants, portant à chaque bras un sac rempli de vinyles. La rencontre fut des plus agréables et aussi des plus cocasses, notre invitée, prise d’une envie irrépressible et en l’absence de toilettes dans ladite cave, n’hésitant pas à se soulager dans le seul endroit que nous pûmes lui proposer : un lavabo. Souvenir…
Salut, Maria !

Vichy, lundi 22 octobre

Puisque certains commentateurs aiment les citations, en voici une : « J’ai horreur des gens dont les professions de foi libertaires naissent non point d’une analyse sociologique, mais de failles psychologiques secrètes. Si les jeunes reprochent, à juste titre, à certains disciples de Freud de chercher à les “ajuster” à une société malade, l’opération contraire par laquelle on veut ajuster la société à son psychisme malade ne me paraît pas une solution non plus. » (Romain Gary, Chien blanc, 1970.)

Le texte sur le rififi à Radio-Libertaire* m’a valu de subir une petite offensive de la part d’ardents insurgés de Poitou-Charentes à qui cette citation de Romain Gary est dédiée. Dans leurs commentaires quasi identiques s’étale une logorrhée indigeste et parfois involontairement comique où se côtoient les barricades de mai 1937 à Barcelone, le CRIF, les soldats allemands désarmés flingués en 1945, les ministres de la CNT durant la guerre d’Espagne, la LICRA, Berneri et Staline, l’antifascisme comme arme du Capital, etc. Il ne manque quasiment que le fameux raton-laveur de Prévert dans cet inventaire. Mais le rapport au poète s’arrête là, hélas, car la prose de ces futurs héros de la guerre de classes relève plutôt de ce charabia gauchiste insupportable que ni vous ni moi n’employons jamais, même quand il nous arrive de perdre les pédales.
Mais, comme le dit un bon ami, espérons toutefois qu’en ces temps de protection des espèces menacées ces militants soient protégés d’une extinction dans le paysage militant. Ils nous manqueraient.

Une autre réaction, bien plus inquiétante à mon sens, révélatrice encore une fois de la confusion malsaine qui règne au sein de la grande fraternité « antisioniste », est venue d’un lecteur apparaissant sous le nom de « Ni-dieu-ni-maître » et qui, pour éviter de parler du sujet, s’est lancé avec une certaine suffisance dans un petit cours d’histoire quelque peu révisée sur la question israélo-palestinienne. Jouant les forts en thème, cet historien approximatif a cru bon de joindre à sa démonstration un certain nombre de liens internet censés appuyer son propos. Or, parmi ces liens, « Ni-dieu-ni-maître » n’a vu aucun inconvénient à glisser celui de « francephi », derrière lequel on trouve un certain Philippe Randa. Je vous laisse aller sur n’importe quel moteur de recherche pour vous faire une idée du personnage et de ce que propose son site… Autre lien proposé : celui de l’UPR, l’Union populaire républicaine du souverainiste François Asselineau, personnage légèrement sensible aux thèses conspirationnistes et que son « antisionisme » rend apparemment fréquentable aux yeux de ces « libertaires » qui ricanent à propos de qui voit de l’antisémitisme partout, quand eux n’en voient jamais nulle part. Pas gêné pour un sou d’étayer son raisonnement avec de telles références, ce guignol se permet en outre d’ironiser sur le niveau intellectuel supposé de ses contradicteurs, assimilés à des fans de TF1.
Mais ce n’est pas tout. En cliquant sur le nom de ce « Ni-dieu-ni-maître », on accède à son propre site internet, « Arbre à palabres ». Et là, on trouve quantité de liens vers l’émission « Ni dieu ni maître » de RL, ou des vidéos. Parmi ces liens, certains renvoient vers des conférences données à Paris par l’historien suisse Daniele Ganser. Des notes de bas de page permettent elles aussi d’aller vers d’autres liens, comme celui des éditions Demi-Lune. Je vous laisse à nouveau le soin de vous renseigner plus avant sur ce personnage et ces éditions, si vous n’avez pas trop peur de plonger dans le cloaque des souteneurs de thèses complotistes.
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* Voir « Du rififi à Radio-Libertaire (où l’on reparle d’antisémitisme) ».
PS : merci aux anciens ou actuels animateurs de RL qui ont commenté mon article.

Précision : J’ai enlevé la conclusion initiale de cet article. Le blog du commentateur appelé « Ni dieu ni maître » ne relayant exclusivement que l’émission du même nom de Radio-Libertaire, j’ai donc pensé, par erreur, que ce commentateur et l’animateur de cette émission de RL était une seule et même personne. Je m’en excuse auprès dudit animateur.