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Archive for the ‘08. La chanson non crétinisante’ Category

L’arrivée récente à la présidence de l’Etat cubain du pantin nommé Díaz-Canel en remplacement de Castro le Petit, lui-même successeur de son grand frère Fidel, n’a évidemment rien changé à la nature profonde du régime castro-communiste. La dictature qui s’est instauré sur l’île il y a près de soixante ans maintenant se maintient, et il n’aura pas fallu attendre longtemps pour connaître le nom du premier prisonnier d’opinion de l’ère Díaz-Canel. Il s’agit d’Ariel Ruiz Urquiola, biologiste et chercheur en agro-écologie renommé, déjà sanctionné professionnellement par le passé pour ne pas s’être rendu complice d’une monstruosité (voir le texte de Lynn Cruz et « L’affaire de la navette de Regla », ci-dessous) et condamné aujourd’hui à une peine de prison ferme pour « outrage ».
Pour mieux comprendre, je vous propose ici de lire le témoignage de la comédienne Lynn Cruz*, amie personnelle d’Ariel Ruiz Urquiola et elle-même victime d’une interdiction d’exercer librement son métier, ainsi que de larges extraits d’un article d’Isbel Díaz Torres, un camarade libertaire cubain.

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La révolution cubaine
emprisonne un scientifique révolutionnaire

Ariel Ruiz Urquiola

« Un scientifique en danger à Cuba », tel était le titre d’un article publié récemment par le journal Miami Herald. Il s’agit d’Ariel Ruiz Urquiola, un chercheur dont les travaux sont connus au-delà des frontières de Cuba.
Homme digne, à la pensée élevée et aux valeurs sûres, il était venu chez moi un après-midi afin de me témoigner sa solidarité pour l’injustice dont j’étais victime et qui m’empêche aujourd’hui de travailler en tant que comédienne à Cuba, pour des raisons semblables à celles auxquelles il est lui-même confronté et qui l’ont amené en prison.
Ruiz Urquiola, à l’époque où Fidel Castro gouvernait encore, refusa de signer une lettre ouverte, approuvée par nombre de ses collègues ainsi que par de nombreux intellectuels et artistes cubains, en soutien à la décision de fusiller les trois jeunes gens s’étant emparé de l’embarcation effectuant la navette entre La Havane et Regla (voir « L’affaire de la navette de Regla », ci-dessous). Il exprima alors son refus d’être complice d’un crime. Il fut expulsé pour cette raison de son poste de professeur à l’université de La Havane, en 2003.
A l’époque, des écrivains comme José Saramago ou Eduardo Galeano, des artistes comme Ana Belén ou Víctor Manuel, qui sympathisaient avec la révolution cubaine, exprimèrent leur désaccord avec le régime.
Quelques années plus tard, Ruiz Urquiola obtint de pouvoir exercer à nouveau son métier de scientifique, sa peine étant apparemment purgée. Mais lors d’un congrès en Californie, il présenta les résultats d’une enquête sur la chasse sauvage des tortues à Pinar del Río et dans la localité de Nuevitas, dans la province de Camagüey. Il fut aussitôt expulsé de son travail. Sa dernière occupation en tant que scientifique survint après qu’il eut obtenu une bourse pour œuvrer en lien avec l’institut Humboldt, en Allemagne. Ruiz Urquiola entama dans le même temps une grève de la faim pour protester contre le manque de médicaments nécessaires pour lutter contre la maladie de sa sœur, atteinte d’un cancer.
Sa protestation permit de mettre en lumière une série de négligences et de manques envers des patients vivant dans des conditions similaires à l’hôpital oncologique de La Havane. Suite à ses licenciements, il s’installa a Pinar del Río où il travaillait dans une ferme qu’il partage avec sa mère et sa sœur.
Il vient d’être condamné à un an de prison, pour outrage, après plusieurs actions menées par la Sécurité d’Etat contre sa ferme.
Ruiz Urquiola vit comme il pense, suivant les traditions révolutionnaires « martiennes* », comme un homme honnête qui défend le droit de penser et de parler sans hypocrisie.
Plus de cent ans après la mort au combat de l’apôtre, sur cette terre où eut lieu une révolution « martienne », on ne peut toujours pas être libres ni honnêtes.

Lynn Cruz
(Traduction Floréal Melgar)

 

* « Martienne » : adjectif bâti à partir du nom de José Marti, considéré comme un héros national et comme l’apôtre de la lutte pour l’indépendance cubaine.

Source : Havana Times

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Lynn Cruz

Lynn Cruz

Lynn Cruz est une comédienne cubaine, lauréate de plusieurs prix d’interprétation. C’est aussi une femme qui s’intéresse de près à la vie politique et sociale de son pays et qui a décidé de dire et d’écrire ce qu’elle en pense. Or, pour s’exprimer librement à Cuba où aucun média ne peut exister sans dépendre du tout-puissant Parti communiste, la seule solution est d’avoir recours aux sites et blogs de la sphère internet, ce qui bien sûr ne peut se faire sans risques. Lynn Cruz s’exprime donc régulièrement sur le blog « Havana Times », et cela lui a déjà valu par le passé quelques ennuis auprès des autorités cubaines. Mais ces derniers temps ces ennuis ont atteint un degré majeur puisque Lynn Cruz est passée devant une sorte de cour de justice du travail présidée par un bureaucrate stalinien de la plus belle espèce, du nom de Jorge Luis Frías Armentera.
Il faut savoir que pour exercer son métier à Cuba, tout comédien doit être obligatoirement inscrit à l’une des deux agences qui regroupent tous les membres de la corporation et qui dépendent, bien évidemment, de l’Etat. Récemment, Lynn Cruz s’est vu signifier son expulsion de l’agence Actuar où elle était inscrite, sans que les raisons de son licenciement lui soient notifiées et sans que la procédure légale elle-même soit respectée. Elle a donc fait appel et s’est vue convoquée devant une sorte de tribunal inquisitorial pour y vivre ce qui s’apparente à un sordide procès stalinien dont nous n’avons malheureusement pas les images mais seulement l’enregistrement sonore, que je propose ci-dessous à l’écoute de ceux pour qui la langue espagnole est familière.
Au cours de cette séance quelque peu surréaliste, le larbin de l’Etat commence par reconnaître que la réglementation n’a pas été respectée concernant l’expulsion de la comédienne de l’agence, et lui propose de recommencer l’opération. Il lui annonce donc ensuite qu’elle se voit dans un premier temps réintégrée à l’agence pour une durée de trente jours. A l’issue de ce délai, imposé par la procédure, elle se verra radiée de nouveau, et cette fois définitivement et dans les règles, ce qui se traduit concrètement par une interdiction professionnelle. Quant aux motifs de cette radiation, elles n’ont évidemment strictement aucun rapport avec le métier qu’exerce Lynn Cruz. Il lui est reproché et signifié très clairement que sa collaboration journalistique au blog « Havana Times » justifie cette décision inique, exprimée en ces termes par le paillasson stalinien de service : « Vos manifestations sur internet ont été offensives envers et contre les principaux dirigeants de ce pays, du gouvernement et du Parti. » C’est donc pour une question « éthique » – ce salopard ose prononcer le mot – que Lynn Cruz se voit officiellement privée de la possibilité de travailler dans son pays.

Floréal Melgar

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L’affaire de la navette de Regla

Nous sommes à la fin mars et au début avril 2003, une période connue à Cuba sous le nom de « Printemps noir ». Le monde ayant alors les yeux tournés vers l’Irak, où la guerre vient de commencer, le gouvernement cubain va en profiter pour lancer une terrible vague de répression contre les dissidents de l’île, membres d’organismes consacrés à la défense des droits de l’homme, des bibliothécaires et vingt-sept journalistes indépendants, les médias officiels cubains étant tous entre les mains du Parti communiste.
Entre le 18 et le 21 mars 2003, soixante-dix huit personnes vont donc être arrêtées et condamnées dans la foulée à des peines de 15 à 20 d’emprisonnement, et même jusqu’à 36 ans pour le maçon et plombier Orlando Zapata, qui mourra d’ailleurs en prison le 23 février 2010 après une grève de la faim.
C’est dans ce contexte particulièrement répressif que de jeunes Cubains décident alors de fuir leur pays pour se rendre aux Etats-Unis, comme l’avaient fait ou tenté de le faire des centaines de milliers d’autres une dizaine d’années plus tôt lors de la fameuse « crise des
balseros », ces embarcations de fortune bricolées pour traverser le détroit de Floride. Pour atteindre leur but, ces jeunes gens, eux, ont une autre idée : s’emparer du petit bateau qui, dans la baie de La Havane, fait la navette entre la vieille ville et le quartier de Regla. Ce qu’ils firent le 2 avril 2003 en montant à bord de la navette Baraguá et en changeant sa destination. Malheureusement, un détail qui a son importance va causer leur malheur : le manque de carburant. L’embarcation va en effet tomber en panne assez rapidement. Les jeunes gens entreront alors en contact avec les autorités cubaines, et auront même droit à parler par téléphone à Fidel Castro lui-même, qui les convaincra de se rendre tranquillement contre la promesse que rien ne serait fait contre eux. Neuf jours plus tard, le 11 avril 2003, trois de ces jeunes gens, Lorenzo Copello, Bárbaro Sevilla et Jorge Martínez, étaient fusillés à La Havane. Un de leurs camarades sera condamné à 30 ans de prison, et trois jeunes femmes à 5 ans, 3 ans et 2 ans d’emprisonnement.
Cette vague de répression et ces exécutions ayant entraîné quelques remous jusque chez des personnalités sympathisant jusque-là avec le régime castriste, comme le Prix Nobel portugais de littérature José Saramago ou la comédienne et chanteuse espagnole Ana Belén, le gouvernement cubain va alors avoir recours à l’une de ces méthodes particulièrement dégueulasses que les régimes communistes savent utiliser avec un certain savoir-faire. Dans un premier temps, il fera signer par vingt-sept personnalités du monde intellectuel et artistique cubain un texte de soutien au gouvernement justifiant la répression et les exécutions commises. Dans un second temps, il étendra la méthode à tout le pays, exigeant le même soutien des secteurs scientifique et de l’Université. Le procédé, destiné à contrecarrer la modeste campagne de protestation en usant de l’argument éculé du « faire le jeu de l’impérialisme américain », permettait dans le même temps de s’assurer du degré de domestication de tous ceux qui occupaient à Cuba un poste important. Et c’est donc ce document qu’Ariel Ruiz Urquiola, aujourd’hui emprisonné à Cuba, refusa de signer en 2003 pour ne pas se faire le complice d’un crime, ce qui entraîna sur-le-champ son licenciement du poste de professeur qu’il occupait à l’université de La Havane.

Floréal Melgar

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Un tribunal cubain
met en péril un projet agro-écologique à Viñales

Isbel Díaz Torres

L’écologiste cubain Ariel Ruiz Urquiola a été condamné ce mercredi 8 mai à une année de prison, au cours d’un procès sommaire qui s’est tenu au tribunal municipal de Viñales, dans la province occidentale de Pinar del Río, mettant en péril la continuité d’un projet agro-écologique vital.
Dans une nouvelle démonstration d’agissement arbitraire des fonctionnaires cubains, ce remarquable chercheur a dû répondre du délit d’outrage pour s’être opposé au continuel harcèlement dont il est victime avec sa famille dans sa ferme agro-écologique située sur les hauteurs de Viñales.
Des membres du corps de gardes-forestiers ont à plusieurs reprises pénétré sur le territoire de la ferme, commis des actes de vandalisme et porté de fausses accusations contre ce militant environnementaliste. Ariel a dénoncé ces actes de violence auprès de représentants de la loi et a rendu publique la situation qui lui était faite dans des organes de presse non officiels, ce qui n’a pas été du goût de la police politique cubaine.
Avec un délai de trois jours pour faire appel de la sentence, la situation reste très précaire pour ce biologiste qui s’est présenté au tribunal en ayant entamé une grève de la faim pour protester contre le mauvais traitement qu’il subit.
Mais lui et sa famille ne seront pas les seuls affectés par cette condamnation, même si bien sûr cette peine d’emprisonnement demeure le scandale majeur. Un précieux projet écologique global, déjà entamé, est en effet mis en péril par cette condamnation. Ariel Ruiz Urquiola avait en effet commencé à développer autour de la ferme un espace réservé à l’implantation d’arbres fruitiers et d’espèces précieuses, afin de reboiser la région de la Sierra de los Organos. Il travaillait également à la création d’un espace pour bovins et ovins afin d’améliorer la variété animale à Viñales, tout en œuvrant à reconvertir des pâturages dans le but de varier l’alimentation des bêtes. A cela doit s’ajouter la construction d’une petite laiterie pour la production de fromage, et la conversion de la ferme à l’agro-écologie avec recours à des énergies renouvelables pour la production d’électricité, de biogaz et de fertilisants organiques. La création d’une pépinière, la reforestation de surfaces récupérables ainsi que leur protection contre l’élevage intensif de porcs dans les fermes voisines et la chasse illégale d’espèces théoriquement protégées.

Ariel Ruiz Urquiola

Tout ce travail doit se traduire par des effets bénéfiques significatifs non seulement pour Ariel et sa famille ou pour ses collègues qui régulièrement viennent participer à l’aventure, mais cette expérience de ferme agro-forestière pourrait aussi servir d’exemple aux autres paysans de la région. Ariel souhaite aussi créer un vaste jardin botanique consacré à la flore du Parc national de Viñales, avec des sentiers balisés, pour en instruire la population locale et les touristes. Il compte également dispenser des cours sur la biodiversité.
Il faut noter que ce projet a reçu l’aval de la société Forestal Integral La Palma, propriétaire du terrain, et du Parc national de Viñales. De plus, le secrétaire du Parti communiste cubain de l’université de La Havane a fourni un certificat confirmant les capacités d’Ariel Ruiz Urquiola à procéder aux travaux de culture et de recherche en tant que généticien.
Tout cela, bien sûr, s’effondrerait si Ariel, qui a l’usufruit des terres, devait être absent pour la durée de sa peine, tout cela pour un délit supposé d’outrage à l’Autorité.
En attendant la décision concernant l’appel du jugement, des collègues et des élèves d’Ariel cherchent des solutions pour créer un réseau de solidarité qui mette en lumière ce qui est en train de se passer.

D’après un article d’Isbel Díaz Torres
(Traduction Floréal Melgar)

Source : Havana Times

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El movimiento anarquista en Cuba fue importante y hegemónico durante varias décadas; a pesar de lo que sostiene la historiografía oficial, encontramos otro lugar donde las ideas libertarias tuvieron un papel predominante frente a los que insisten en que solo en España se produjo y como hecho excepcional.
A finales de la década de 1870, existía ya en Cuba un movimiento obrero bien organizado de carácter anarquista influido por España; se trata de una fuerza precursora en la isla de la lucha de clases, la organización sindical, el antirracismo y los derechos de la mujer, según el historiador Frank Fernández. En la década de los 80, del siglo XIX, se habían creado ya varias publicaciones ácratas como El Obrero (1883) o El Productor (1887). En ese momento, el proletariado en Cuba estaba dividido en dos: los llamados unionistas, controlados por los patronos, y los anarquistas, una poderosa escuela socialista; insistimos en que el anarquismo era la principal fuerza revolucionaria, tal y como está documentado.

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* Frank Fernández (La Habana, 1930) es un historiador anarquista exiliado. Miembro del Movimiento libertario cubano en el exilio (MLCE) y fundador del colectivo editorial de su órgano informativo Guángara Libertaria.
Autor de El anarquismo en Cuba, escrita originalmente en español, y traducida al inglés,​ francés e italiano y La sangre de Santa Agueda.

EL ANARQUISMO EN CUBA

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Ça se passe en 2017, un 21 novembre, dans une église de Valence (Espagne). Après les singeries liturgiques d’usage*, le curé entame un petit discours de célébration d’anniversaire de la mort de celui qui plongea l’Espagne dans une longue nuit noire dictatoriale. Voici son propos.

* Il existe une vidéo Facebook de ce sinistre spectacle, qu’il m’est techniquement impossible de publier ici. J’en ai extrait la photo qui illustre cet article.

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« Nous célébrons le quarante-deuxième anniversaire de la mort de celui qui fut « Caudillo » d’Espagne, Francisco Franco Bahamonde, homme fidèle à l’Eglise, qui mourut chrétiennement. Nous célébrons aussi la mémoire de ceux qui sont tombés pour Dieu et pour l’Espagne. En 1936, que se passait-il dans notre Espagne aimée ? Le chaos, le désordre, et l’anarchisme qui était alors important. Quelqu’un devait prendre l’initiative d’établir la paix dans notre nation. C’est pour cela qu’un grand homme, Franco, et ceux qui le suivirent décidèrent de faire ce que nous dit le catéchisme de l’Eglise catholique : défendre la liberté de l’Eglise, la liberté des croyants, défendre les citoyens de cette nation noble et généreuse qu’est l’Espagne. Aujourd’hui, ils nous appellent « golpistas »*. Vive l’Espagne ! Vive le Christ-Roi ! Au nom du père, etc. »
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* « Golpistas » : auteurs d’un coup d’Etat. Grosso modo l’équivalent de « putschistes ».

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2016-12-04_142514Le 27 novembre dernier, soit quatre jours seulement avant le « séisme », l’ineffable Michel Onfray, interrogé sur une chaîne de télévision pour livrer son analyse des événements politiques en cours, ne peut à nouveau s’empêcher, cette fois au sujet de François Hollande, de jouer les Elizabeth Teissier de la politicaillerie ordinaire en assénant sur ce ton péremptoire qu’on lui connaît : « Mais bien sûr qu’il va se représenter ! »

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« Mutins de 1917 » de et par Jacques Debronckart.

 

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Louis Lecoin

Louis Lecoin

Louis Lecoin (1888-1971) fut un militant anarchiste, qui aura passé douze années de sa vie en prison pour avoir agi en conformité avec ses idées libertaires, antimilitaristes et pacifistes. Il reste surtout connu pour avoir, en 1962, à l’âge de 74 ans, entamé une grève de la faim pour l’obtention d’un statut en faveur des objecteurs de conscience, qu’il parviendra à arracher au gouvernement d’alors en décembre 1963.
Pour évoquer la personnalité et l’action de Louis Lecoin, une émission avait lieu, le 28 novembre 1966, sur les ondes de ce qui s’appelait alors l’Office de radio télévision française. On y entend Henri Jeanson, Jean Gauchon, Emile Bauchet, Manès Sperber, le pasteur Roser, l’abbé Pierre, Gérard Rosenthal, Robert Proix, André Berton, Nicolas Faucier, Robert Jospin, May Picqueray, Morvan Lebesque et Jérôme Gauthier.

On peut écouter cette émission en cliquant sur ce lien :

https://archive.org/details/LouisLecoin-LeCoursDuneVieDunAnarchiste

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Montage : Xavier Lacouture

Montage : Xavier Lacouture

En décidant, lors de notre dernière assemblée générale, de mettre fin en chansons à l’aventure de l’association Thank you Ferré, débutée il y a vingt ans, nous pensions d’abord organiser un spectacle de facture classique, un peu calqué sur les soirées de soutien au Forum Léo-Ferré organisées en ce lieu, chaque fin de saison, en compagnie de cinq ou six artistes. Cela posait d’emblée, évidemment, un sérieux problème de choix, compte tenu du nombre important d’artistes programmés au cours des dix années où notre équipe de bénévoles présida à la destinée de cette salle. Par ailleurs, dans l’éventualité d’une dissolution de notre association, sans raison d’être désormais, il nous fallait confier l’organisation de l’événement à venir à une structure extérieure, afin de ne pas repousser encore davantage, sur le plan administratif, cette dissolution. Il faut ajouter à cela que, habitués à un repos mérité depuis deux ans maintenant, nous n’avions guère l’envie de nous replonger dans le travail. Et quel travail !
En confiant l’organisation de ce spectacle à Didier Pascalis et à son équipe, de la maison de production Tacet avec laquelle il nous était arrivé de collaborer sans connaître les mêmes soucis qu’avec d’autres, censément plus proches et cependant moins amicaux ou scrupuleux, la question logistique se voyait réglée. Restait la partie spectacle. Que faire ? L’idée, lumineuse, vint de Xavier Lacouture, qui s’était joint à l’équipe Tacet pour nous proposer ce Marathon de la chanson, symbole tout à la fois de l’activité qui fut la nôtre et de sa durée.
Un marathon, c’est 42 kilomètres, tout le monde sait cela. Il s’agissait donc de faire se succéder sur scène quarante-deux artistes, chacun interprétant deux chansons, le tout réparti sur quatre sessions entrecoupées par trois entractes. Entre 12 heures et 21 heures, dans une salle de 600 places, l’Alhambra, six heures de spectacle, donc, et trois fois une heure de pause permettant de grignoter, de boire, de prendre l’air, de fumer, de discuter. C’était là un véritable défi, bien sûr, mais l’idée était fort séduisante, et nous n’avions pour seule tâche que d’en établir la programmation, en piochant parmi les artistes qui vinrent chanter sur la scène du Forum entre 2001 et 2012. Ce qui fut fait, non sans mal d’ailleurs, malgré le nombre important de candidats pressentis, dans la mesure où nous disposions d’une liste étoffée, susceptible de fournir pour le moins trois autres marathons. Peut-être convient-il de préciser ici, pour illustrer les liens amicaux nous ayant unis aux artistes, que lorsque la liste des quarante-deux fut établie, à l’été 2014, nous avions constitué par prudence une « liste de secours », moins fournie, car nous pensions que parmi ces quarante-deux il s’en trouverait sans doute quelques-uns d’indisponibles à la date fixée, le dimanche 23 novembre, ou peu enthousiastes, parmi les provinciaux, à l’idée de parcourir des centaines de kilomètres jusqu’à Paris pour venir chanter deux chansons seulement. Or cette « liste de secours » se révélera totalement inutile, les quarante-deux « nominés » ayant aussitôt donné leur accord.

L'équipe du Forum Léo-Ferré sur scène (photo Chantal Bou-Hanna)

L’équipe du Forum Léo-Ferré sur scène (photo Chantal Bou-Hanna)

Une fois encore, une fois de plus, il faudra peut-être souligner le fait que le succès de cette journée ne doit rien au monde médiatique. Si Télérama a cru bon d’évoquer l’existence de ce Marathon, l’article n’aura été d’aucune utilité quant à la venue du public, l’Alhambra affichant déjà complet au moment de sa parution, quatre jours seulement avant l’événement. Par compassion, on évitera d’ailleurs de qualifier ici cet écrit tardif dans lequel le Marathon est confondu avec un autre spectacle ayant lieu le lendemain dans un autre endroit de la capitale. On songera aussi avec amusement à l’inévitable étonnement du lecteur régulier de cette publication phare de la pensée culturelle, soudainement averti que la programmation du Marathon constitue « le meilleur de la scène française », quand la plupart des artistes qui la composent n’ont jamais eu droit, dans les pages de cet hebdomadaire, au moindre article digne de ce nom.
Il ne m’appartient évidemment pas de m’étendre ici sur ce qui aura marqué cette journée très particulière. Les comptes rendus, impressions et commentaires multiples parus ici et là permettront aux intéressés n’ayant pu y assister de se faire une idée précise de son organisation et de sa qualité artistique. Sans doute peut-on souligner toutefois l’une des heureuses surprises de cette journée, qui aura vu la salle de l’Alhambra archicomble dès le début du spectacle, à 12 heures, et le rester jusqu’aux adieux de notre équipe, sur scène, autour de 21 heures. Côté artistes, nombreux sont ceux qui auront manifesté auprès de nous, entre autres, le plaisir d’avoir pu se retrouver si nombreux, ensemble, le temps d’une journée.
Pour nous, bénévoles de l’association Thank you Ferré, pour une fois spectateurs privilégiés, l’émotion aura bien sûr dominé, neuf heures durant, alimentée par les quarante-deux artistes tour à tour présents sur scène et par les témoignages spontanés et chaleureux des spectateurs. Et pour les plus anciens de cette équipe, je crois bon, en guise de conclusion, de laisser la parole à l’ami Louis Capart qui, dans un message, a fort bien résumé ce qu’aura représenté cet événement mémorable, point final d’une longue et belle aventure : « Journée exceptionnelle, avec autant de bonheur que de tristesse. La fin de Thank You Ferré va au-delà du Forum et nous replonge avec émotion dans d’autres moments au Trianon, moments qui faisaient suite au TLP* et, plus loin encore, à la naissance de la radio**. Une page se tourne pour le Forum mais aussi pour nous, notre propre histoire personnelle sur deux, voire trois décennies. Ce fut magique. Instants de partage d’une rare intensité. Merci pour tout. »

Floréal

 

* TLP : Théâtre libertaire de Paris. C’est le nom qu’avait donné au théâtre Déjazet dont ils furent les gérants, entre 1986 et 1992, des militants libertaires qui devaient quelque temps plus tard créer l’association Thank you Ferré.

** Il s’agit bien sûr de Radio-Libertaire.

Les artistes programmés : Vincent Absil, Isabelle Gordien-Aichhorn, Alain Aurenche, Michèle Bernard, Jacques Bertin, Frédéric Bobin, Michel Boutet, Michel Bühler, Christian Camerlynck, Louis Capart, Céline Caussimon, le Cirque des Mirages, Annick Cisaruk, Henri Courseaux, Bruno Daraquy, Yvan Dautin, Emmanuel Depoix, Jean Dubois, Claire Elzière, Entre 2 Caisses, Philippe Forcioli, Rémo Gary, Jean Guidoni, Marc Havet, Bernard Joyet, Xavier Lacouture, Gilbert Laffaille, Pierre Lebelâge, Hélène Maurice, Albert Meslay, Nathalie Miravette, Gérard Morel, Véronique Pestel, Gérard Pierron, Jean-Michel Piton, Gilles Roucaute, Annick Roux, Francesca Solleville, Anne Sylvestre, Béa Tristan, Laurent Viel, Wally.

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