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Archive for the ‘08. La chanson non crétinisante’ Category

L’écrivain libertaire Malcolm Menzies est décédé récemment. Il m’a été possible de le rencontrer et de discuter avec cet homme charmant, à deux reprises, du temps où je m’occupais avec quelques amis du Forum Léo-Ferré, à Ivry-sur-Seine, où il s’était rendu en spectateur pour y voir la chanteuse Annick Cisaruk, qu’il appréciait beaucoup.
Je vous propose ci-dessous le texte que les amis du site « A contretemps » lui ont consacré.

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« Les morts sont pour moi très proches des vivants, je ne discerne pas bien la frontière qui les sépare », écrivait Victor Serge, dont beaucoup de compagnons avaient disparu dans le maelström de l’Histoire. En ouverture de cet hommage à un homme qui l’aimait beaucoup, la citation s’imposait. Mais il y a davantage, nous semble-t-il. À sa manière et sur ses thématiques de prédilection, plus centrées sur l’anarchisme individualiste et illégaliste que sur l’anarchisme social, Malcolm Menzies (1934-2019) s’inscrivait dans une même démarche fictionnelle de remémoration historique que l’auteur tant admiré d’Il est minuit dans le siècle. L’hommage en trois volets que nous lui consacrons au lendemain de sa disparition chevauche deux territoires non contradictoires de la mémoire : celle qui s’arrime à l’amitié que certains d’entre nous lui portaient ; celle qui tient au rôle que son œuvre écrite exerça sur nos imaginaires. C’est ainsi que nous avons souhaité, d’un côté, reprendre ici deux interventions prononcées, le 28 mai dernier, lors de la cérémonie des adieux au Père-Lachaise – « L’ami du Zagros » (Mohamed El Khebir) et « De l’anarchie comme genre romanesque » (Freddy Gomez) – et, de l’autre, un entretien que Malcolm Menzies accorda à Claudio Albertani (le seul qu’il existe de lui, du reste), publié sous le titre « Littérature et anarchie » dans Le Monde libertaire, n° 40, hors-série, du 23 décembre 2010 au 23 février 2011. So long, Malcolm.– À contretemps.

« So long, Malcolm ! »

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Il y a quatre-vingts ans, le 22 février 1939, mourait à Collioure le poète andalou Antonio Machado, qui avait passé la frontière française quelques jours auparavant, comme des centaines de milliers d’Espagnols fuyant la dictature fasciste.
Machado avait eu le temps d’écrire « El crimen fue en Granada » (« Le crime eut lieu à Grenade »), poème en hommage à Federico García Lorca, assassiné deux ans et demi auparavant par les franquistes. Je vous propose ici ce poème, avec sa traduction.

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EL CRIMEN

Se le vio, caminando entre fusiles
por una calle larga,
salir al campo frío,
aún con estrellas, de la madrugada.
Mataron a Federico
cuando la luz asomaba.
El pelotón de verdugos
no osó mirarle a la cara.
Todos cerraron los ojos;
rezaron: ¡ni Dios te salva!
Muerto cayó Federico
—sangre en la frente y plomo en las entrañas—.
… Que fue en Granada el crimen
sabed —¡pobre Granada!—, ¡en su Granada!…

EL POETA Y LA MUERTE

Se le vio caminar solo con Ella,
sin miedo a su guadaña.
—Ya el sol en torre y torre; los martillos
en yunque, yunque y yunque de las fraguas—.
Hablaba Federico,
requebrando a la Muerte. Ella escuchaba.
«Porque ayer en mi verso, compañera,
sonaba el eco de tus secas palmas,
y diste el hielo a mi cantar, y el filo
a mi tragedia de tu hoz de plata,
te cantaré la carne que no tienes,
los ojos que te faltan,
tus cabellos que el viento sacudía,
los rojos labios donde te besaban…
Hoy como ayer, gitana, muerte mía,
qué bien contigo a solas,
por estos aires de Granada, ¡mi Granada!»

Se les vio caminar…
Labrad, amigos,
de piedra y sueño, en el Alhambra,
un túmulo al poeta,
sobre una fuente donde llore el agua,
y eternamente diga:
el crimen fue en Granada, ¡en su Granada!

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Le crime
On l’a vu marcher entre les fusils,
dans une longue rue
et sortir vers la froide campagne
avec les étoiles du petit matin
Ils ont tué Federico
alors que la lumière pointait
Le peloton des bourreaux
n’a pas osé le regarder en face
Tous ont fermé les yeux,
priant : « Dieu même ne peut te sauver »
Federico est tombé, mort,
sang au front, plomb dans les entrailles
Car le crime eut lieu à Grenade,
sachez-le – pauvre Grenade ! – sa Grenade…

Le poète et la mort
On l’a vu marcher seul avec Elle,
sans crainte de sa faux
Avec le soleil, déjà, d’une tour à l’autre,
les marteaux sur l’enclume,
l’enclume, l’enclume des forges.
Federico parlait,
courtisant la mort. Elle écoutait.
« Parce qu’hier encore, dans mes vers,
compagne,
résonnait le battement sec de tes mains,
parce que tu as glacé mon chant
et donné à ma tragédie
le fil de ta lame d’argent.
Je te chanterai la chair que tu n’as pas,
les yeux qui te manquent,
tes cheveux que le vent agitait,
les lèvres rouges qu’on embrassait.
Aujourd’hui comme hier,
gitane, ma mort,
qu’il est bon d’être seul avec toi
dans l’air de Grenade, ma Grenade ! »

On les a vus marcher…
Amis, taillez
dans la pierre et le songe, dans l’Alhambra,
un tombeau au poète
sur une fontaine où l’eau pleure
et dise éternellement :
le crime eut lieu à Grenade ! sa Grenade !

 

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Le paillasson en poil de chien de garde, plus haute distinction destinée aux éditorialistes du journalisme servile, est attribué à l’unanimité du jury à Jean-Michel Aphatie pour sa brillante manifestation d’allégeance au chef de l’Etat : « Le ton, le contenu, les propositions : Emmanuel Macron a réussi l’intervention qu’il ne pouvait pas manquer. S’il y a un acte V des Gilets jaunes, il faudra en expliquer sérieusement la raison. »

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En septembre 1981, quand Radio-Libertaire est née, la station s’est immédiatement distinguée par son propos politique, bien sûr, mais aussi et peut-être surtout par une programmation musicale presque exclusivement orientée vers la chanson française dite à texte. Mais à sa naissance notre station était pauvre en disques. Quelques années plus tard, dans un numéro du Magazine libertaire, Jacky-Joël Julien, l’un des trois fondateurs de la station, racontait : «  Au départ, Radio-Libertaire ne possédait pas de discothèque. Floréal et moi avons mis en commun nos propres disques. Comme par hasard (mais en est-ce bien sûr) on retrouvait les mêmes chanteurs : Ferré, Brassens, Brel, Lavilliers, Debronckart, etc. Evidemment, ne possédant que ceux-là, nous n’avons programmé que des artistes qui correspondaient à notre goût profond. Et les premiers auditeurs écoutant notre station téléphonaient tous pour nous dire leur joie d’entendre enfin sur la bande FM autre chose que les âneries habituelles du show-business. »
Pour étoffer cette bien maigre discothèque des premiers jours, nous avons donc fait appel à la générosité des auditeurs. Et très vite la station put disposer d’une belle collection de disques, grâce aux nombreux dons qui nous parvinrent.
Parmi ces sympathiques donateurs, nous eûmes l’agréable surprise de voir arriver un jour, dans la cave qui nous servait de studio, à Montmartre, la comédienne Maria Pacôme, auditrice des premiers instants, portant à chaque bras un sac rempli de vinyles. La rencontre fut des plus agréables et aussi des plus cocasses, notre invitée, prise d’une envie irrépressible et en l’absence de toilettes dans ladite cave, n’hésitant pas à se soulager dans le seul endroit que nous pûmes lui proposer : un lavabo. Souvenir…
Salut, Maria !

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Il s’appelait Antonio Pedraza, il avait 61ans, et cette saloperie de crabe l’attendait au tournant et a finalement eu raison de notre ami, mort lundi 17 septembre au matin. Ses amis l’ont accompagné une dernière fois aujourd’hui jusqu’au crématorium de Montfermeil.
Il était un habitué du Forum Léo-Ferré où il s’est longtemps montré photographe très discret. Beaucoup de ses clichés d’artistes, réalisés entre 2003 et 2011, ont servi à illustrer la brochure éditée pour le dixième anniversaire du Forum, en 2011. Nous en conservons bien d’autres, sur ces magnifiques tirages papier qu’il nous a offerts en abondance durant toutes ces années-là. Nous n’oublierons pas sa générosité et la gentillesse qui allait de pair avec sa discrétion. Salut l’ami !

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Triste nouvelle. L’amie Krystel, arrivée à Radio-Libertaire à la fin de l’année 1988 pour faire équipe avec Laurent Nicolas, créateur et animateur de l’émission « Nuit off », est décédée soudainement le 22 août.
Avec les amis Jacques Lesage de La Haye, Nicole Fontan et Patrick Marest, nous avons eu souvent le plaisir de partager un peu de temps avec cette jeune femme toujours souriante et enjouée lorsqu’elle venait nous rendre visite durant les émissions que nous animions ensemble, « Ras les murs » et « Avis de tempête ».
Oui, bien triste nouvelle.

 

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