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Archive for the ‘07. Cuba’ Category

L’article d’Ivan Leon ci-dessous a été publié sur le site « Cibercuba ». Alors que la propagande castriste, et ceux qui ici la reprennent à leur compte sans n’y rien connaître, n’a cessé de mettre l’accent sur les domaines de la santé et de l’éducation, deux secteurs aujourd’hui en mauvais état à Cuba, c’est dans le domaine de la répression que le régime continue d’apporter toute son attention, ce dont témoignent, entre autres, les chroniques régulières consacrées à des cas concrets et publiées ici même. Loin d’être le pays de la culture et de la santé pour tous, Cuba, véritable propriété privée des Forces armées, est désormais, après soixante et une années de dictature, le pays de la matraque pour tous.

En pleine crise sanitaire et d’approvisionnement qui frappe Cuba, la Police nationale révolutionnaire (PNR) a publié il y a deux mois sur son site web l’annonce d’une campagne de recrutement de chauffeurs pour l’unité de patrouille provinciale de La Havane. Outre les conditions à remplir par les personnes intéressées, la note fournissait des informations sur la rémunération pour ce poste : « 1400 CUP (1) par mois et primes supplémentaires suivant la spécialisation, la catégorie professionnelle, le temps de service, ainsi que la perception d’un double salaire deux fois par an ».
Selon l’Office national cubain des statistiques et de l’information, le salaire moyen dans le secteur de la santé et de l’assistance sociale était de 965 CUP en 2019 , et dans le secteur de l’éducation de 783 CUP. Si nous comparons le salaire d’un chauffeur de patrouille nouvellement embauché avec celui d’un médecin ou d’un enseignant expérimenté, nous pouvons tirer une première conclusion sur l’importance que le régime cubain – seul payeur de ces professionnels – accorde aux uns et aux autres.
Les scènes de brutalité policière à Cuba font l’actualité quotidienne, tout comme la pénurie de nourriture et le mal-être de la population. Les Cubains ordinaires, ceux qui peuplent les files d’attente, sont déchirés entre le risque de se contaminer par le coronavirus et celui de souffrir de la faim.
Le plan du régime pour faire face à la crise et à la pandémie reste l’ingrédient sino-russe par excellence : la répression. La politique de la peur et la règle du tonfa sont appliquées à une population désespérée face à la pauvreté et au manque de perspectives. Par la violence, le régime s’est maintenu au pouvoir. Les milliers de pesos d’amendes ou le contrôle de la mobilité ne sont que la partie la plus visible de l’iceberg dans l’activité de son appareil répressif. Mais, derrière les injustices punitives ou la paranoïa exacerbée du contrôle de la population, se trouve la présence massive et déjà ancienne du terrorisme d’État. Le muscle répressif hypertrophié du régime a réussi à immobiliser une société en la soumettant à l’idéal classique du totalitarisme : l’individu sans liberté et l’État exerçant tout le pouvoir sans partage ni restriction.
Fidel Castro a appliqué le modèle panoptique au contrôle de la société tout entière. Chaque individu sait qu’il est surveillé, il est conscient qu’« il y a toujours un œil qui te voit ». Cela entraîne une relation de domination dans laquelle le pouvoir est concentré, l’individu isolé, et la masse soumise, dans l’ignorance de qui la surveille, ni de quand et de comment elle peut être punie.
C’est le triomphe de ce modèle qui a rendu inutile à Cuba, par exemple, de révéler l’existence de forces anti-émeutes. Il est presque impossible d’allumer une étincelle de rébellion, et plus encore qu’elle prenne et s’étende. Quand cela a été nécessaire, ils ont cerné de policiers et de paramilitaires déguisés en civil tout groupe qui manifestait, que ce soit les Dames en blanc, des membres de l’Union patriotique de Cuba ou des militants du Mouvement San Isidro. La rue appartient à Fidel, tout comme le coup de bâton.
Mobiliser « tout le peuple » reste le mot d’ordre de la propagande qui explique la décision politique la plus notable des militaires : mettre tous les corps répressifs dans la rue. Les bérets rouges, les « guêpes noires » (2), la police, les chiens, tous déguisés en civil, en anticoleros (3) ou en forces héroïques héritières de la Sierra et du Moncada (4). C’est-à-dire des répresseurs avec armes et uniformes, sans cerveau ni âme.

File d’attente devant un magasin d’alimentation de La Havane.

Les images peuvent être vues de tous. De longues files d’attente pour acheter quoi que ce soit, le pays en ruine, les services publics appauvris et le peuple affamé. Mais, de l’autre côté, vous voyez des dirigeants et des militaires aux doubles mentons chaque jour plus gras, et des forces spéciales, des flics bien nourris, musclés, armés et entraînés à obéir à tout ordre qui sort de ces gorges engraissées.
Combien cela coûte-t-il au régime cubain de maintenir cet appareil répressif ? Combien d’argent dépense-t-il pour nourrir, former et équiper ces milliers de policiers, de militaires, de troupes spéciales et de milices qui sont maintenant déployés partout à Cuba pour écraser et intimider le peuple ? Combien d’argent et de ressources soustrait-il aux services publics tels que la santé et l’éducation, et au panier alimentaire de base que l’État prétend garantir ? Faut-il croire les statistiques officielles lorsqu’il est prouvé que le pays est l’un des moins transparents du monde ? Existe-t-il à Cuba une institution ou un organisme indépendant qui puisse contrôler, auditer et exiger un rapport sur les comptes publics ?
Dans les pays démocratiques, des budgets détaillés et transparents sont établis et approuvés par des majorités formées par les différents partis politiques qui composent le corps législatif. Toute personne en éprouvant le besoin ou la curiosité peut accéder à l’information. Une simple recherche sur Internet renseigne sur la destination des fonds publics budgétisés.
En Espagne, pour prendre un exemple, le budget de la Direction générale de la police était de 3195 millions d’euros en 2019 , dont plus de 28 millions ont été alloués à l’investissement en moyens (gilets, armes et équipements) pour les membres de la police nationale. Dans le cas de Cuba, une recherche simple n’est pas possible et il n’y a pas d’argent public, mais une boîte en carton avec pesos pour le peuple, et un coffre-fort opaque avec devises étrangères pour l’élite politico-militaire qui contrôle l’économie dollarisée, principalement dans les mains de la grande famiglia par le biais du GAESA (5).
Le budget approuvé pour 2020 par le ministère cubain des Finances et des Prix ne distingue pas les dépenses destinées à la Défense et nous fait seulement savoir que 18,5 % du budget national en CUP est destiné à l’Administration publique et à la Défense. Sans préciser quelle partie des plus de 8500 millions de CUP de cette section va spécifiquement à la Défense. Dans ces conditions, il est impossible de savoir combien d’argent le régime dépense pour maintenir dans l’obscurité et le silence les citoyens qui mâchent les restes, pendant qu’il nourrit bien, équipe et forme les agents du silence.
En cherchant ici et là dans les bases de données étrangères, on apprend que Cuba a acheté à l’Espagne, en 2010, des matériaux et des technologies « à double usage » (civil et militaire) pour 2,8 millions de dollars. Entre 2005 et 2014, le régime cubain a acheté à ce même pays pour 27,7 millions de dollars de technologie « double usage », 871000 en armes et munitions, 776000 en armes de chasse et de tir sportif, et 463000 en matériel de défense. Plus récemment, en 2015, il a acheté des systèmes de vision nocturne pour la PNR, d’une valeur de 208000 dollars, alors qu’en 2017 le régime a dépensé 2776115 dollars en technologie « à double usage » achetée rien qu’à l’Espagne.
Combien Cuba aura dépensé au total, en achetant à d’autres pays, en matériel destiné à la répression ? Par exemple, en 2018, la Russie a ouvert un crédit de 50 millions à Cuba pour les dépenses de défense. On ne sait pas non plus combien l’Etat encaisse en formant les forces de répression de pays comme le Venezuela ou le Nicaragua. On n’a aucune idée de l’argent que le commerce de la répression dépense ou rapporte, mais on devine que le régime cubain investit dans cette entreprise avec beaucoup d’élan et de zèle.
On pourrait continuer à essayer de percer le mystère, mais les statistiques ne serviraient pas à grand-chose pour argumenter contre une réalité qui parle d’elle-même. Pour chaque personne affamée ou opprimée qui proteste à Cuba, il y a sans doute un ou deux répresseurs bien nourris prêts à la faire taire.
Cette proportion peut changer dans la mesure où la situation critique du pays ne se résout pas. De nombreuses personnes sont à nouveau au bord du désespoir. Mais l’expérience montre que, dans ces moments-là, la répression ne cesse pas, mais au contraire s’intensifie. On voit qu’il est clairement nécessaire de continuer à recruter des répresseurs bien payés. En d’autres termes, le régime dépensera ce qu’il faut pour ne pas perdre le pouvoir, même au prix du verre de lait promis aux enfants.

Ivan Leon

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(1) Il y a deux monnaies à Cuba. Le CUP est le peso cubain, principalement utilisé par les habitants de l’île, alors que le CUC, le peso convertible, est majoritairement utilisé par les touristes.
(2) Les « guêpes noires » désignent les membres des unités d’élite des Forces armées révolutionnaires, ainsi appelées à cause de leur accoutrement.
(3) Le mot coleros désigne les Cubains dont l’activité consiste à aller d’une file d’attente à une autre, celles-ci étant bien plus nombreuses et chronophages qu’à l’ordinaire depuis l’arrivée de la pandémie à Cuba. Les coleros achètent ainsi de la nourriture qu’ils revendent ensuite à ceux qui, pour diverses raisons, ne peuvent accéder aux magasins d’alimentation. Les anticoleros désignent les agents de la répression chargés de les repérer et de les arrêter.
(4) La Sierra fait référence ici à la Sierra Maestra, le massif montagneux de l’est de l’île, qui fut le refuge des révolutionnaires cubains à la fin des années 50. La Moncada est le nom de la caserne de Santiago de Cuba attaquée le 26 juillet 1953, attaque considérée comme le début de la révolution cubaine.
(5) GAESA : le Groupe d’administration entrepreneurial SA est une entité appartenant aux Forces armées cubaines, avec des ramifications dans le tourisme, le secteur hôtelier, les commerces, les boutiques de vente de produits en devises étrangères, en passant par les douanes, les ports, entre autres activités.

Traduction : Floréal Melgar.
Les notes de bas de page sont du traducteur.

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Aujourd’hui : Yuleimi de la Caridad Valdez Coba, Noel Díaz Matos, Manuel Santana Vega.
Yuleimi de la Caridad Valdez Coba, une jeune femme de 27 ans, mère de deux petits enfants, déléguée du MONR (Mouvement d’opposants pour une nouvelle république), a été arrêtée jeudi 10 septembre et est retenue depuis dans une unité de police dans l’attente d’être transférée, ce mardi 15 septembre, devant un tribunal où elle sera jugée pour « attentat » (sic). Les véritables motifs de cette arrestation et de ce jugement résident bien sûr dans ses activités d’opposante au régime dictatorial cubain.

Yuleimi de la Caridad Valdez Coba.

Selon des membres de sa famille, Yuleimi de la Caridad Valdez Coba avait un bras enflé après sa violente arrestation, et n’a reçu depuis aucun soin médical.
Yuleimi de la Caridad Valdez Coba avait déjà été arrêtée en début d’année, en compagnie de son frère, Wilber Acevedo. Tous deux avaient été libérés après paiement de fortes amendes de 200 et de 1.000 pesos.
Par ailleurs, cela fait désormais 13 jours qu’un autre membre du MONR, Noel Díaz Matos, se trouve en détention dans une unité policière de Santa Cruz del Norte, dans la province de Mayabeque. Adrian Curuneaux Stevens, également membre de cette organisation, est quant à lui retenu depuis 20 jours dans la prison de Valle Grande, dans l’attente d’un jugement, lui aussi pour « attentat ».
On est d’autre part sans aucune nouvelle de Manuel Santana Vega, arrêté le 7 septembre, comme des dizaines d’autres opposants, à la veille de la « marche des tournesols* » organisée pour la défense des droits humains fondamentaux et la libération des prisonniers politiques à Cuba.

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* Voir Cuba : 8 septembre, « révolution des tournesols » et répression.

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Le 8 septembre 2019, des activistes cubains avaient appelé à une manifestation à La Havane, qu’ils avaient nommée « marche des tournesols », pour la défense des droits humains et la libération de tous les prisonniers politiques. Cette marche avait été sévèrement réprimée par le régime et une centaine de ces activistes avaient été arrêtés.
Ces mêmes activistes, rejoints depuis par d’autres, ont alors décidé de faire désormais de cette date du 8 septembre le jour de la « révolution des tournesols », invitant les Cubains à se montrer dans les parcs publics avec cette fleur à la main, ou à l’afficher sur les pages des réseaux sociaux et partout où cela est possible. Il était également demandé de faire des graffittis sur les murs des bâtiments appartenant à l’Etat, de mettre des autocollants sur les véhicules du régime totalitaire et de distribuer des tracts dans les lieux publics, dans les nombreuses et énormes files d’attente devant les magasins d’alimentation, etc.
Cette année encore, le régime dictatorial castro-communiste s’est évidemment activé pour empêcher toute visibilité de cette contestation de sa politique répressive. Dès le samedi 5 septembre,
Yordanis Labrada, Ángel Suárez, Rolando Mora, Erik Guzmán Rodríguez, Omar Salas, Lariuska Molina, Yeroslandy Calderin, Mercedes Moya, José Daniel Ferrer García, José Daniel Ferrer Cantillo et Nelva Ortega, promoteurs de l’opération « révolution des tournesols », étaient arrêtés par la police politique. Dans les trois jours qui ont suivi, les détentions se sont multipliées, touchant les régions de Boyeros, Santiago de Cuba, La Havane, Guantánamo, Holguín, Ciego de Avila et Las Tunas.
Parmi les personnes arrêtées se trouvent Justino Bell, Anibal Ribiaux, Roilan Álvarez, Moraima Díaz, Isael Aliaga, Manuel Pérez, Yunier Matamoros, Berta Soler (mouvement des Dames en blanc), Ana Iris Miranda (Commando Olegario-Charlot), Ada Iris Miranda (Commando Olegario-Charlot), Fidel Batista Leyva (Commando Olegario-Charlot), Ober Ribero, Roberto Quiñones (journaliste indépendant), Luis Manuel Otero (artiste), Yosvany García, Dolores Almenares, Daineris Moya, Equizader Benítez, Geovany Benítez, Ángel Moya, Yasmani Cardenas, Rolando Meza Benitez, Ruhama Santiago, Onel Nápoles, Eulises Reyes, Otoniel Cruz, Vladimir Martín Castellano, Fernando Peña, Leonardo Riveri, Ernesto Riveri, Yumila Miranda, Angel Hinojosa, Miraida Martin, Marina Paz Labaceño, Liusban John Utra, Henry Couto, Jose Antonio Bell, Yunior Matamoros, Arianna López, Yenifer Castañeda, Henry Couto Guzmán, Pedro Martinez Cardoso, Jesús Sanchez Romero, Manuel Mustelier, Manuel Santana, Ana Iris Miranda, Edgar Pérez, Pedro Wenseslao, Oriz Ramírez, Adrian Ochoa, 
Ebert Hidalgo, Evert Hidalgo, Diosbel Véliz, Yasmani Cardenas, Jacqueline Heredia, Carlos Álvarez, Cándido Chacón, Eduardo Sánchez, Roberto Pérez, Aneski Jimenez, Alberto Váldes, Hector Álvarez, Daniel Alfaro, Rolando Rodriguez et Damir Rodriguez.
Ces arrestations ont bien sûr pour but d’empêcher la protestation pacifique des citoyens cubains à l’intérieur de l’île, convoquée pour exiger :
– l’accès à l’aide humanitaire envoyée par les réfugiés cubains aux Etats-Unis et qui est retenue arbitrairement depuis plusieurs semaines dans le port de Mariel ;
– le refus de la tyrannie castro-communiste et de sa politique générant une profonde misère, l’injustice et l’oppression ;
– que la dictature se soumette à la volonté citoyenne et abandonne le pouvoir, permettant un changement politique dans l’île, unique solution à la crise que traverse la nation ;
– la libération de tous les prisonniers politiques et des quelque 70 manifestants pacifiques arrêtés par le régime depuis le 5 septembre.
Malgré la répression, le tournesol cubain a pu être mis en évidence par des Cubains de plus en plus nombreux à se manifester contre la dictature qui les étouffe depuis trop longtemps. Espérons qu’elle crève au plus vite !

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Coupable de s’être occupé du sort des mal-logés de La Havane, où des effondrements partiels ou entiers de bâtiments ont lieu régulièrement, Silverio Portal Contreras, activiste cubain âgé de 71 ans, a été condamné à quatre ans de prison en 2017. Son épouse et ses amis n’ont cessé d’alerter sur le danger que cette détention lui fait courir compte tenu de son état de santé très précaire. Une pétition-lettre ouverte vient d’être lancée par un certain nombre d’activistes et de citoyens cubains pour demander sa libération alors que des nouvelles inquiétantes sont récemment parvenues à son épouse.

A la Cour suprême de Cuba,
Le prisonnier politique cubain Silverio Portal Contreras est détenu au secret dans la prison 1580 de San Miguel del Padrón, à La Havane. Après six mois sans le voir, son épouse, Lucinda Gonzalez, a été informée qu’il devrait possiblement être transféré à l’hôpital Carlos J. Finlay, ce qui démontrerait l’aggravation de son état de santé déjà précaire.
Compte tenu de ce nouveau scénario, les soussignés demandent la libération immédiate de Silverio, ce qui lui permettrait de rentrer chez lui et de se rétablir avec l’assistance médicale appropriée.

Silverio Portal Contreras.

Portal Contreras menait le projet « Plus aucun mort à Cuba à cause des effondrements », dont l’objectif était de protester auprès des institutions de l’État pour exiger la protection des personnes vivant dans des bâtiments en mauvais état. En raison de ses demandes légitimes, il a été condamné à quatre ans de prison pour les délits présumés de « désordre public » et d’« outrage ». L’incident pour lequel il a été condamné s’est produit le 20 juin 2016, mais le ministère public n’a déposé plainte que le 4 septembre 2017.
Deux ans et demi se sont écoulés depuis l’incarcération de Silverio Portal Contreras, au cours de laquelle l’épilepsie et l’hypertension dont il souffrait avant son arrivée en prison se sont aggravées avec un accident vasculaire cérébral, deux ischémies transitoires, la perte de vision d’un œil après un passage à tabac et la perte progressive de vision de l’autre après un diagnostic de diabète.
Plusieurs organismes internationaux se sont prononcés en faveur de sa libération. Le 22 juillet 2020, la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a approuvé une mesure d’attention en faveur de Portal Contreras. Auparavant, le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire avait demandé sa libération immédiate ainsi que celle de sept autres prisonniers politiques cubains. Amnesty International l’a également déclaré « prisonnier d’opinion » et le Parlement européen a exprimé son inquiétude sur son cas.
Portal Contreras n’a commis aucun crime de sang, de violence ou de vol. Il a été sanctionné pour avoir défendu publiquement le droit constitutionnel à un logement décent pour ceux d’entre nous qui vivent à La Havane. Il voulait empêcher d’autres effondrements, comme celui qui a coûté la vie à trois fillettes innocentes. Il ne doit pas mourir en prison.
Nous demandons que Silverio Portal Contreras soit libéré immédiatement en raison de la détérioration accélérée de sa santé, qui pourrait être compliquée par le danger que représente l’épidémie de Covid-19 sur l’île. Cette déclaration et les actions que nous annoncerons progressivement à l’appui de notre demande s’inscrivent dans la campagne de visibilité des prisonniers politiques et de l’arbitraire commis à leur encontre, campagne menée à Cuba par une partie importante de notre société civile. Il en va de même pour les déclarations internationales sur les prisonniers d’opinion cubains, et notamment sur le cas de Silverio. Nous pensons que ces pétitions de citoyens ne doivent plus être ignorées par les autorités.
Liberté immédiate pour Silverio Portal !

(Suivent 157 signatures.)

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Aujourd’hui : Ángel Castro Carrera.
Ce vendredi 28 août, à 7 heures du matin, des agents du régime cubain se sont présentés au domicile de l’opposant Angel Castro Carrera pour l’emmener directement devant un tribunal. Là, à l’issue d’un procès expéditif et sommaire, sans possibilité d’avoir recours à un avocat, une peine d’un an de prison pour le délit présumé d' »outrage » lui a été infligée.

Angel Castro Carrera.

Plus tôt en août, Castro Carrera avait déjà été emprisonné pendant cinq jours au centre de détention Vivac, accusé d’outrage. Il y avait fait une grève de la faim avant d’être libéré. Le jeune homme, qui appartient au Mouvement d’opposition pour une nouvelle république (MONR), se trouve à nouveau au Vivac, maintenu au secret et en attente de son transfert vers un centre pénitentiaire.
Selon José Diaz Silva, l’un des dirigeants du MONR, plusieurs activistes ont tenté de lui apporter des produits d’hygiène personnelle et d’autres de première nécessité, mais les autorités du centre de détention ont refusé, prétendument suite aux directives reçues de leurs supérieurs.
Angel Castro Carrera est un jeune homme de 25 ans qui, en plus d’être délégué du MONR et de représenter son organisation de jeunesse dans la municipalité d’Arroyo Naranjo, est promoteur de l’initiative citoyenne Cuba Decide. Il a également à charge ses parents, tous deux très âgés.
L’ONG Cuban Prisoners Defenders a publié fin juillet une liste actualisée des prisonniers politiques à Cuba, au nombre de 132. Parmi les nouveaux prisonniers se trouvent : Ramón Rodríguez, du MONR, et Carlos Manuel Arocha del Risco et Ernesto Pérez Pérez, tous deux militants de l’Union patriotique de Cuba (Unpacu).

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Aujourd’hui : Onel Nápoles.
Mercredi 12 août, les forces combinées du ministère de l’intérieur (Minint) ont arrêté l’activiste Onel Nápoles, membre de l’Union patriotique de Cuba (Unpacu), et ont fait une descente à son domicile.

Onel Nápoles.

Nápoles a été conduit vers 9 heures du matin à la deuxième unité de police de Santiago de Cuba, appelée El Palacete, où il a été accusé d’avoir collé des affiches avec les mots « Révolution des tournesols ». Quelques heures plus tard, ils l’ont emmené chez lui pour effectuer une perquisition. « Ils ont volé le téléphone portable de son fils et deux draps, l’un sur lequel était peint le logo de la Révolution des tournesols et l’autre sans rien ; puis ils l’ont relâché avec une amende de 2 000 pesos », a déclaré Nelva Ortega Tamayo, amie d’Onel Nápoles et opposante au régime.
Le mouvement appelé « Révolution des tournesols » désigne un ensemble d’actions pacifiques que les membres de l’Unpacu et les promoteurs de l’opération Cuba Decide comptent mener au cours du mois de septembre, pour célébrer le premier anniversaire de la Marche des tournesols organisée le 8 septembre dernier par des opposants à la dictature et qui fut réprimée par le régime.
Ce même 12 août, la police s’est présentée au domicile de la mère d’Ulises Reyes Ramos, un autre membre de l’Unpacu. Selon le groupe d’opposition, le militant était absent de chez lui, mais les agents ont menacé sa mère et ont assuré que Reyes Ramos serait arrêté pour avoir collé des affiches en compagnie d’Onel Nápoles.
Par ailleurs, ce 12 août, Javier Rodríguez Santana, fils de la Dame en blanc et ancienne prisonnière politique Yolanda Santana, a été condamné à un an de prison. Une forte présence policière durant le procès a empêché les membres de sa famille d’y assister.
Le lendemain, 13 août, jour anniversaire de la naissance de Fidel Castro, nombre d’activistes, dans les provinces de La Havane, Matanzas, Camagüey, Santiago de Cuba et Guantánamo. ont vu leur liaison internet coupée et leurs domiciles placés sous surveillance policière, de manière à les empêcher d’en sortir tout au long de la journée.

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Dans la vidéo ci-dessous, une jeune femme de La Havane, Juliana Rabelo, égrène les noms des prisonniers politiques à Cuba. Les activistes de l’île et utilisateurs des réseaux sociaux sont invités là-bas à faire la même chose, pour montrer leur solidarité avec tous ces opposants emprisonnés.

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Aujourd’hui : José Díaz Silva, Johni Guevara Fernández et Manuel Velázquez Licea.
Trois membres du Mouvement des opposants pour une nouvelle république (MONR) ont été arrêtés vendredi 7 août au matin. José Díaz Silva et Johni Guevara Fernández sortaient ensemble du domicile du premier nommé lorsqu’ils ont été interceptés par des agents de la Police nationale révolutionnaire et de la Sécurité d’Etat.

José Díaz Silva.

Selon les déclarations de Lourdes Esquivel Vieyto, épouse de José Díaz Silva, les deux hommes ont été menottés et frappés au moment de leur arrestation, puis conduits dans une unité de police de Santiago de las Vegas où José Díaz Silva a été interrogé et menacé de prison pour non-paiement d’amendes.
Un peu plus tard, c’était au tour de Manuel Velázquez Licea d’être arrêté et conduit dans un poste de police de
Batabanó, pour les mêmes raisons, le non-paiement d’amendes. Infliger des amendes à tour de bras aux opposants au régime est l’un des moyens dont use et abuse la police politique depuis plusieurs mois, sachant très bien qu’il est impossible à ces activistes de payer lesdites amendes, chacune d’elles correspondant à trois ou quatre mois d’un salaire moyen. Ce qui permet également à la police de considérer les contrevenants comme des « droits communs », les prisonniers politiques n’existant pas officiellement à Cuba.

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Aujourd’hui : Jesús Sánchez Romero.
Jesús Sánchez Romero, membre de l’Union patriotique de Cuba (Unpacu), a été arrêté le jeudi 5 août à Jiguaní, dans la province de Granma, et conduit dans une unité de police. Il a aussitôt entrepris une grève de la faim.

Jesús Sánchez Romero.

Son épouse a été avertie qu’elle ne pourrait le voir et qu’il serait transféré dans une prison. Selon José Daniel Ferrer, membre de l’Unpacu, Jesús Sánchez Romero a été sévèrement tabassé lors de son arrestation. Au cours du mois de mai, Sánchez Romero avait déjà été arrêté à deux reprises et s’était vu confisquer les produits achetés par l’organisation dont il est membre, des masques et du détergent principalement, destinés à être distribués à la population de la province de Santiago de Cuba. Cela a permis à la Sécurité d’Etat de l’inculper du délit d’« accaparement ».
Jesús Sánchez Romero, qui est âgé de 42 ans, est l’un des activistes les plus connus à Santiago de Cuba pour son travail dans des projets sociaux, grâce auxquels il aide des centaines de personnes ayant besoin de nourriture, de médicaments et d’autres produits de première nécessité.

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Aujourd’hui : Yosvany Arostegui Armenteros.
L’opposant politique
, membre du groupe Unité camaguayenne pour les droits humains, est mort dans une prison de Camagüey, vendredi 7 août, après avoir mené une grève de la faim de 40 jours.

Yosvany Arostegui Armenteros.

La mort de cet opposant a eu lieu dans le plus total isolement, Yosvany Arostegui Armenteros faisant partie de ces prisonniers à qui toute visite est interdite et qui n’ont pas davantage le droit de téléphoner à leurs proches.
L’administration de la prison s’est attachée à ce que les circonstances sordides qui ont présidé à la mort de cet activiste cubain perdurent encore un peu puisqu’elle a aussitôt fait incinérer le corps sans qu’il soit possible aux membres de sa famille et à ses amis de lui rendre un dernier hommage ou d’être présents lors de la crémation, des membres de la Sécurité d’Etat, la police politique, empêchant quiconque d’accéder au lieu.
Nombre d’opposants au régime ont fait part de leur indignation sur les sites internet et les réseaux sociaux. Si le silence total des médias officiels cubains, tous médias d’Etat, se comprend aisément, celui qu’observent les médias occidentaux à l’égard des saloperies commises par la dictature castro-communiste demeure scandaleux. Car, en effet, qui a entendu ou entendra parler de Yosvany Arostegui Armenteros ?

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