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Archive for the ‘05. Mon ami Jean’ Category

A table !

Ainsi, le « Gault et Millau » et le « Guide Michelin » de la finance ont enlevé une étoile à l’Auberge de France.
Bien sûr, le taulier gueule « De quoi ils se mêlent », repris par le chœur des fidèles et des éventuels repreneurs : « Quelle est leur légitimité ? »
Moi, personnellement, qui prend ma semoule, mes pois chiches et mes olives chez Leader, ça me laisse presque indifférent. Presque ?
C’est encore le petit personnel qui va trinquer. Et qui va compter sur la Marine pour le maintenir à flot.
Comme si son brouet à base de recettes traditionnelles et de bouc émissaire à toutes les sauces pouvait être ragoûtant.
– T’as bonne mine, l’anar ! Mais qu’est-ce que tu proposes ?
Rien ! C’est-à-dire tout.
Qu’on fasse chacun la tambouille qui nous plaît, comme on l’entend, avec qui la goûte et l’entend de même. Ça durera pas ? Quelle chance ! On recommencera d’autres recettes avec d’autres amateurs.
– Ce sera un beau bordel dans la cambuse !
C’est vrai. Mais ce sera fun, et franchement la spécialité du chef pour tous, je l’sens pas.
Allez, bonap !
Jean-Victor Verlinde

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Faire président, et taper dans la caisse pour assurer des rentes aux copains et aux obligés ?
Révolutionnaire professionnel et lutter contre l’impérialisme, au prix de cadavres d’innocents badauds* semés sur la voie triomphale de la libération des opprimés ?
Deux ans et demi avec sursis pour l’un, perpète pour l’autre.
C’est moche. Quel idéal pour la jeunesse ?
Jean-Victor Verlinde
* Notons au passage que les cadavres d’innocents badauds, plutôt que ceux des forces de l’impérialisme, sont une condition sine qua non si l’on veut être révolutionnaire professionnel à vie, et longtemps.

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D’après Science (prononcer : ça-hyène-sss), des chercheurs coréens ont établi que la symbiose, phénomène des plus courants dans la nature, produit des comportements impliquant l’équilibre énergétique et l’homéostasie métabolique des hôtes.
Ainsi, la bactérie Acetobacter pomorum régit le bon développement de la mouche en modulant, par une enzyme PQQ-ADH, une voie peptidique qui régule le développement de la taille, le métabolisme et l’activité des cellules souches de la mouche.
Une mouche et une bactérie. Combien de neurones ? Zéro (chez la mouche, c’est une chaine ganglionnaire). Et ils arrivent à cohabiter, et même à s’unir très intimement – Acetobacter pomorum vivant dans l’intestin de la mouche – avec avantages réciproques, la mouche étant parfaitement développée – et rappelons que chez l’insecte c’est très compliqué, avec plusieurs stades complètement distincts – et la bactérie trouvant de quoi vivre et se reproduire.
Alors, en Palestine, au Darfour, au si mal nommé Libéria, au Tibet, au Sri-Lanka, dans la banlieue de Bruxelles et tant d’autres, c’est trop compliqué ?
Il est vrai que depuis la drosophile on a évolué : on a inventé le monothéisme, la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, le suffrage universel, les hymnes nationaux…
Jean-Victor Verlinde

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Je sais pas trop quoi en faire, mais je veux pas que ça se perde, alors je vous le donne.
C’est une interview de Pavel Lounguine, le réalisateur russe, à propos de son premier film, Taxi blues, dont il est également scénariste. Il parle de la difficulté de passer de personnages, de situations, de lieux de papier à des choses, des gens, des sentiments réels…
Il dit, comparant deux de ses personnages, que ceux qu’on appelle les gens simples c’est aussi compliqué que les artistes, les vedettes, les gens célèbres, mais le problème c’est que leur complexité ne se voit pas, n’est jamais reconnue. Alors ils sont frustrés, sombrent dans le ressentiment, la jalousie, la colère, la haine. Et Lounguine – qui vit maintenant en France – ajoute : « C’est pour ça qu’ils vont au FN. »
J’ai trouvé ça pertinent. La question c’est : que faire de ça ?
Les aimer ou les haïr ? Les écouter ou les ignorer ? Les respecter ou les mépriser ? Les inviter à nos trucs ou les virer? Est-ce que ça les fera changer ou pas?
J’ai pas trouvé la réponse, alors je vous le donne comme ça. Tout ce que je sais, c’est que j’ai envie de continuer à vivre avec cette remarque de Pavel Lounguine.

Jean-Victor Verlinde

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65 ans !

La retraite !… Je veux dire l’âge de la retraite. Jusqu’ici j’en ai pas foutu lourd, mais alors vraiment léger léger. Mi-beatnik, mi-routard, mi-ermite. (Je sais, mais c’est comme dans Pagnol : mon volume permet de contenir trois moitiés.)
Donc, ma retraite, pour bien la sentir, faut que je fasse plus rien du tout. Pouvoir enfin me livrer à la seule, à l’unique activité pertinente (non, non, pas la sieste, là je suis à jour) : être, par-delà le tumulte, auditeur attentif du silence du monde.
Car le monde est silencieux. Muet ; rien à dire. Ni sur lui-même, ni sur ce (ceux) qui l’habite. Rien sur la raison d’être là, comme ci plutôt que comme ça… Pourquoi ? Pour qui ?… Quel sens il a ; dans quel sens il va… Il devrait aller… Il faudrait qu’il aille.
C’est ce sidéral mutisme, cet abîme de silence, cette abyssale absence de sens qui est cause du tumulte. Etre là pour rien ! Vivre et souffrir sans cause ! Sans nécessité ! Sans conséquence ! C’est, pour une espèce – une seule sur les millions qui y grouillent ! – absolument insupportable… Tout, n’importe quoi plutôt que cette gratuité, que ce perpétuel rappel du néant dont tout est sorti et vers lequel tout va. Cet acharnement à vouloir à tout prix, à n’importer quel prix « … revêtir de signification la nudité de la vie » (Margareth Mead, anthropologue, 1901-1978), voila de quoi faire un beau tumulte. Et de quoi bien se foutre sur la gueule entre partisans de sens différents.
Ça, c’est le régal, d’autant que ça donne l’idée d’un sens, d’une cause, de ne pas « rester sans rien faire »… La baston, les croisades, les gibets, les bûchers, les autodafés, les pogroms, les échafauds, les pelotons… Et après, avant, pendant, les Te Deum, les hymnes, les antiennes, les slogans, les psaumes… D’abord subrepticement écrits, murmurés, fredonnés ; ensuite hurlés tandis que s’abattent torches et couperets…
La retraite ! A donf ! Rire et danser au bord du volcan, les yeux grand ouverts en brandissant le marteau de la raison. Pas même pour briser les idoles ; juste pour en faire sonner le creux.
On me dira (on m’a dit, on me dit) : « Mais tu es donc insensible à la misère ? A l’injustice ? A l’exploitation ? » Deux hypothèses :
1. Je reste au pieu, bouquins et musique, jusqu’à ce que, lassé d’immobilité, je me fasse un café.
2. J’adhère à une asso, un groupe, un parti. Deux fois l’an j’arpente le pavé entre Bastille et Nation en compagnie de quelques centaines (milliers ?) d’autres personnes concernées par la misère, l’injustice et l’exploitation. Les plus jeunes jouent du djembé, les plus costauds portent une énorme banderole proclamant « NON A LA MISERE, A L’INJUSTICE, A L’EXPLOITATION ». Derrière, je discute avec les copains que je n’ai pas vus depuis la précédente manif. « T’as des nouvelles de Machin ? Tu sais que Machin n’est plus avec Machine ? Machin est mort. Mais quel âge ça lui faisait ? Etc. »
Entre-temps, audacieux et super-motivé, je colle des stickers dans les couloirs du métro.
Question : Quand suis-je le plus impuissant ?
Du temps que j’en foutais pas lourd, il m’en restait, justement, du temps. Que j’ai, au gré des rencontres, des affinités, des désirs, partagé à faire, avec qui le voulait bien et qui je voulais bien, ce qu’il voulait, comme nous le voulions. Activités diverses, nombreuses, alternatives ou pas, durant lesquelles nous partagions le désir et le plaisir de faire, de vivre, de permettre à certains de faire et vivre selon leurs plaisirs et leurs désirs. Avec pour seuls critères : tant que nous en avions envie et que ça ne nuise à personne.

Jean-Victor Verlinde

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Il y a quelque temps, sortant du métro, je croise un commando de contrôleurs avec vigiles. Arrivé à la sortie, voyant un jeune gars se préparer à sauter le tourniquet, je le préviens et, chevaleresque, il me lance un audacieux et élégant « J’suis pas un pédé, j’les encule les contrôleurs. » Là, je me suis dit qu’on assistait à une mutation qui méritait quelque attention. Je n’ai pas été déçu, surtout ces derniers temps.
Floréal, juste à côté d’ici, pointe avec à propos « l’humour corrézien », abscons pour qui n’est pas du cru, et abstrus pour qui n’est pas…, mais bon, ça reste léger.
On a eu la très belle « délation philosophique » qui, si j’ai bien compris, consiste à dire : « suivez mon regard » en fermant opportunément les yeux. Egalement pointé par Floréal, le « Protéger les faibles contre les forts, c’est l’essence même du libéralisme », de Mme Lagarde, propos d’autant plus émouvant que sa carrière est un vibrant exemple d’humanisme.
Bien sûr, la « séduction appuyée » attribuée par ses amis à M. Strauss-Khan est d’autant plus admirable qu’elle s’accompagne d’une éjaculation sur le chemisier de l’heureuse élue ainsi comblée (1).
Mais j’apprécie tout particulièrement qu’en Libye ont lieu des bombardements pour préserver les civils. Il est vrai qu’en Irak il y eut des « frappes chirurgicales » et des « bombes propres » (qui, sans doute, sonnaient avant d’entrer et mettaient les patins pour aller péter dans les toilettes.) Cette fois, il y a un petit plus, à la fois humaniste et de cette légèreté qu’on ne trouve qu’à Fort Boyard : la reconduite à la frontière pour ceux qui auraient échappé aux bombes puis à la noyade.
Il y a quelques années, quand j’ai vu blanchir mon crin et se raidir mes articulations, j’ai ressenti le délicieux soulagement de qui s’approche enfin de la sortie ; aujourd’hui je crains plutôt de rater quelques savoureux épisodes.

Jean-Victor Verlinde

(1) A la place de Strauss-Khan, je changerais de défense, car une femme consentante avant et qui porte plainte après, ça va gâter sa réputation de séducteur.

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Il y a quelque temps, lors d’une conversation que j’avais avec mon libraire (enfin, EX-libraire ; j’y vais plus !), je cite une (forcément déplorable) interview de BHL que je venais d’entendre.
Très remonté, il m’arrête : « De toute façon, je ne vendrai jamais un livre de ce type ! »
Quoique apparemment sympathique, le propos me semblait quand même plutôt excessif et, pour en savoir plus, je lance : « Qu’est-ce qu’il vous a fait ? »
Lui, franchement en colère : « Qu’est-ce qu’il a fait ? Qu’est-ce qu’il a fait ? Prenez n’importe quel journal et vous verrez ce qu’ils font à Gaza ! »
Que peut-il bien y avoir entre BHL, par ailleurs signataire de JCall, et « ils » qui font à Gaza ?
Et je suis sûr que ce type jure qu’il est antisioniste, pas antisémite.

Bon, maintenant, une histoire gentille.
Je me promenais dans une rue parisienne quand 11 heures grognèrent à mon estomac. J’entrai dans la première superette venue pour m’acquérir d’un en-cas. Il m’apparut que cette boutique était cachère, ce qui laissa indifférent l’athée que je suis, d’autant que je n’aime ni le jambon ni les crevettes. Sortant avec salade, houmous, tapenade et boisson, il me fallait une baguette. La boulangerie la plus proche se révéla de la même observance, et me laissa donc dans la même indifférence.
Avisant un banc libre sur une placette, je m’assis et entrepris de confectionner mon casse-dalle.
Deux personnes s’assirent de l’autre côté du banc. Deux femmes dont l’accent sonnait méditerranéen, avec cependant une différence que mon ouïe flamande ne put identifier. Elles parlèrent de leurs enfants, de l’école, de l’insécurité, de leur inquiétude pour l’avenir (« surtout le garçon », « ah ça, ne m’en parlez pas ») etc. D’accord sur tout ; surtout d’accord avec le  JT et le JDD.
Repus, je me levai et les laissai à leurs clichés de ménagères de moins de 50 ans et, contournant le banc, je les vis. Une Juive et une Arabe.
Pt’être qu’elles connaissent pas Liberman, ou Ahmadinejad, ou Meshaal, ou mon libraire (EX-libraire ; j’y vais plus !)

Jean-Victor Verlinde

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La république s’inaugura dans le bain de sang de la Terreur pour finir dans les bras d’un général qui se fera nommer empereur. C’était la première du nom.
La deuxième, commencée dans le bain de sang de la répression anti-quarante-huitarde, finira dans les bras d’un prince, neveu du général précédent, qui se fera lui aussi nommer empereur.
La troisième débuta dans le bain de sang anti-communards, et se jeta dans les bras d’un maréchal. Ajoutons que celle-ci ne doit son caractère de République qu’au subreptice amendement du député Henri Wallon (30 janvier 1875), rien ne la différenciant d’une monarchie constitutionnelle. C’est elle qui écrivit par ailleurs la très immonde geste coloniale.
La quatrième, si elle démarra dans un bien plus modeste bain de sang, compensera cette modestie par les saloperies qui accompagnèrent l’épuration. Elle n’en finira pas moins dans les bras d’un général.
La cinquième fut fondée par ce général, qui profita opportunément de la crainte d’un hypothétique bain de sang lié au putsch d’un « quarteron de généraux » pour « faire don de sa personne à la France ».
Il n’aura fallu que ces cent soixante-deux années – dont cinq de Collaboration – pour revenir à l’intemporelle essence du pouvoir, avec ses connivences, ses clientèles, ses obligés, ses complicités, ses plumes stipendiées, sa cour est ses courtisans – et ceux qui sont prêts à tout pour en être.
Revenu le temps du château, des palais, des fêtes, des carrosses (V8, 400 chevaux), des rues barrées et des quartiers paralysés pour une réception, une inauguration, une visite « protocolaire » ; des petits marquis et grands barons, des maîtresses et des soubrettes. Et des compromissions, des règlements de comptes, des secrets de table, d’alcôve, d’arrière-cour…
Châteaux de Gilles de Rais plutôt que celui de la Belle au Bois dormant. Nous n’avons rien à voir avec ce monde, que le passage des agents du Trésor et des archers.
Fable démocratique oblige, il faut désormais à ces petits messieurs nous prendre à témoins et dans le sens du poil. Ce à quoi servent maintenant les bouffons, passés de Jimini Cricket du monarque à Ronald McDonald l’empoisonneur. Ils ne sont plus au pied du trône pour admonester le Prince. Ils y mangent, s’en vantent, puis travaillent à calmer nos doutes et enthousiasmer nos espoirs. Par le rire, l’indignation, le ressentiment ; jamais la raison.

Jean-Victor Verlinde

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Etincelles

Elle s’appelait Rosa Parks. Elle était femme de ménage (déjà !). C’est sa fatigue, son indignation et sa volonté qui la firent, dans un bus de l’Amérique ségrégationniste, refuser de céder son siège à un Blanc. Il s’ensuivit un procès, des manifestations, un boycott, et le mouvement pour l’égalité des droits s’étendit, comme le feu dans une plaine surchauffée. La ségrégation vivait les premières de ses dernières heures…
Elle s’appelle Thelma Mothershed. On l’a tous vue, dans des articles de presse, des livres d’histoire, l’Encyclopedia Universalis, photographiée en robe et socquettes blanches, avec son cartable tout neuf, entourée de soldats de la 101e division aéroportée, baïonnette au canon, première écolière noire à faire sa rentrée dans une école devenue, bien à contrecœur, mixte.
On l’appelle Ophélia. Elle a dû surmonter sa détresse et sa peur pour dénoncer son violeur (selon elle, m’exige d’ajouter la présomption d’innocence), tout Grand’cemonde qu’il fut, car même si elle ignorait qui il était, elle savait très bien qu’un occupant de la suite de luxe n’était non seulement pas de son monde, mais était précisément du monde qui l’a fait émigrer et accepter ce genre de job.
C’est grâce à cette étincelle, disent-elles, que les deux employées de la mairie de Draveil dénoncent les agissements de leur patronTron.
La dénonciation en chaîne du paluchage, des propositions (même plus) équivoques, du harcèlement, des viols ou tentatives, tous autant négation de la dignité de l’autre que manifestation de la domination, pourrait – je l’espère avec une ardente solidarité – embraser une plaine abondamment surchauffée.
Nous aurions, femmes et hommes, tout à y gagner en liberté, en égalité, en fraternité.
Y gagneraient aussi la camaraderie, la compréhension de l’autre, le respect, l’enrichissement mutuel par nos différences, et aussi la séduction, le désir…
Salut et fraternité à ces Etincelles, toutes ces Etincelles…

Jean-Victor Verlinde

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Quand elle fut exécutée, son auteur, un peintre jouissant déjà d’une petite réputation, la céda à un bistrot où son ardoise s’allongeait en proportion inverse de la patience de ce commerçant. Elle trôna, autant admirée que moquée, dans une salle enfumée de tabac et des effluves de médiocres pitances, par-dessus une foule essentiellement masculine, avinée et bruyante.
Douteusement accompagné, un bourgeois en goguette, plus vaniteux qu’esthète, l’acquit au plus grand avantage du bistrot. Si les convives étaient moins bruyants et l’air plus respirable, les conversations gagnaient peu en qualité, à l’exception de rares invités de marque dont son propriétaire était un obligé. L’un d’eux l’acheta, cette fois par amour, ce dont témoigne le substantiel bénéfice que fit le bourgeois.
Proportionnellement à sa valeur et à sa gloire grandissantes, le silence qui l’entoura, la discrétion – à quelques troussages de domestiques près – et l’intimité des réunions grandirent aussi.
Mais il en est des amours comme de toutes choses – à moins qu’il en soit de toutes choses comme de l’amour. Toujours est-il qu’après qu’une quantité spectaculaire d’argent changeât de main, elle se retrouva dans le bureau silencieux d’un… Elle ne sut jamais. Les rares échanges verbaux étaient tenus avec des mots tellement sibyllins qu’ils devaient être aussi vilains.
La vente suivante affola la presse, tant par son montant que par l’incognito du nouvel acquéreur. On murmure qu’il s’agit d’une sorte de fondé de pouvoir d’un groupe financier international. On cita, à défaut de nom, des sigles, des organisations, des puissances occultes, l’économie grise, noire, rose… Plus personne ne la vit, ne la critiqua, ne l’admira. Elle croupissait dans l’obscurité d’un coffre.
La dernière chose que l’on sut la concernant est que le dernier vendeur en avait hérité et que la somme colossale de la transaction lui servit à rémunérer une armée d’avocats et de détectives privés qui s’employèrent à salir la réputation de la victime d’un proche, afin éviter à celui-ci l’horreur du cachot.

Jean-Victor Verlinde

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