Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘04. Autres écrits’ Category

Certains d’entre vous connaissaient peut-être Jimmy Gladiator. Marqué par le surréalisme, il fut chroniqueur pour le journal Mordicus et auteur de plusieurs ouvrages. Il est mort récemment. Je l’ai appris personnellement par un article publié sur le blog de Claude Guillon « Lignes de force », le seul à ma connaissance à avoir évoqué cette disparition sans rien omettre.
Il est étonnant qu’un papy de l’insurrection permanente comme Serge Quadruppani, que la mort de libertaires étrangers à sa barricade n’a jamais empêché de ricaner, n’ait rien eu à dire sur l’enterrement de son ami anarchiste, enterrement pourtant quelque peu… surréaliste. Comme s’il en avait honte.
Jimmy Gladiator, en effet, repose aujourd’hui, comme on dit, dans le carré musulman d’un cimetière de banlieue, après y avoir été enterré selon le rite islamique. Ça aussi je l’ai appris par Claude Guillon.
Dans le petit texte poussif qu’il lui consacre, Serge Quadruppani rappelle que Jimmy Gladiator fut l’auteur de ce « bon mot » à la mort de Maurice Joyeux : « Maurice Atchoum, Maurice Dormeur, Maurice Grincheux et tous les autres sont bien tristes. »
Au nom de la fraternité nécrologique facétieuse, je me suis permis de laisser un commentaire au bas de son article : « Allah le Grand et Miséricordieux et Serge Quadruppani sont bien tristes. » Il n’est toujours pas publié.

Suite…
Finalement, Quadruppani a publié mon court commentaire, agrémenté de cette réponse : « Cracher sur une tombe, geste anarchiste par excellence. Et puis voilà ce qui s’appelle une revanche pour l’injure au Grand Mort Joyeux. Bien joué, Floréal. »
Ce à quoi j’ai répondu à mon tour : « Ta vue baisse. Je ne crache sur aucune tombe. En revanche, ironiser sur les amis du défunt, souvent « plus anar que moi tu meurs » et qui n’ont rien à dire des promesses du paradis où Gladiator s’est envolé, me paraît de mise. Tu t’en remettras. Tu t’es remis de choses bien plus graves. »

Publicités

Read Full Post »

J’avais partagé ici, en octobre 2017, deux textes de lui concernant la Catalogne et son nationalisme, qu’il combattait. Nilda Fernández vient de mourir.
Il chante ici un poème de Jorge Luis Borges dont les premiers vers disent ceci : « Manuel Flores va mourir/La mort est monnaie courante/Mourir est une coutume/Que les gens savent maintenir. »
Cela rend cette chanson encore plus émouvante aujourd’hui.

Read Full Post »

« La morsure des punaises n’a rien de très agréable, mais quand elles vous sucent le sang, au moins elles y vont carrément, sans dire un mot, ce qui est malgré tout une façon franche et directe de faire les choses. Quant aux moustiques, c’est une autre paire de manches : bien sûr, eux aussi vous percent la peau sans pitié, seulement, avant de mordre, ils insistent toujours pour prononcer d’abord un long discours, ce qui est fort énervant. Et s’il devait s’avérer que, par-dessus le marché, ce discours était un exposé de toutes les bonnes raisons pour lesquelles ils se sentent obligés de se repaître de votre sang, ce serait encore plus exaspérant. Je suis bien content de ne pas comprendre leur langage. »

Lu Xun (1881-1936)

Read Full Post »

Alors que de sordides statistiques indiquent que les agressions visant les homosexuels connaissent ici une forte augmentation, il est des pays où la violence qui s’exerce contre eux émane de l’Etat lui-même.
Cette année, la marche pour la fierté homosexuelle, prévue le samedi 11 mai, a été interdite à Cuba. Quelques centaines de personnes ont tout de même bravé cette interdiction en manifestant à La Havane. Mais cette manifestation s’est terminée par une répression violente, les flics du régime tabassant à tour de bras et se livrant à de nombreuses arrestations musclées. Des arrestations préventives ont également été opérées. C’est ainsi que deux amis militants libertaires, Isbel Diaz Torres et Jimmy Roque Martinez, ont été interceptés par la police dans le quartier havanais de Lawton, très éloigné du lieu de rendez-vous de la manifestation, sept heures auparavant. Il est permis de supposer qu’ils ne furent pas les seuls.
Les blogs cubains d’opposition ont publié quelques photos et vidéos de ces arrestations, ainsi que le résultat de certains « interrogatoires », comme on peut le constater ci-dessous, avec les photos montrant César Domínguez, un jeune comédien cubain, au cours de la manifestation et après sa sortie des locaux de la police « révolutionnaire ».

Read Full Post »

Il eût été incongru de reprendre en chœur le célèbre refrain « Ils sont venus, ils sont tous là », appliqué aux médias, lors de la conférence de presse à laquelle la Fédération anarchiste les avait conviés jeudi 9 mai à la librairie Publico, siège de cette organisation. Seule l’envoyée du journal 20 Minutes était présente, en effet, malgré une centaine d’invitations envoyées à la presse. Cette absence était d’autant plus surprenante que depuis quelques mois, vous l’aurez remarqué, lesdits médias se sont montrés hypersensibles à la question de la violence. Or, ils avaient là de quoi trouver matière à se mettre sous la plume, puisque cette réunion était consacrée à l’agression au couteau ayant eu lieu le 2 mai dans cette même librairie. Il faut croire que la tentative d’assassinat d’un militant anarchiste pèse de peu de poids, journalistiquement parlant, au regard d’une prétendue « intrusion violente » de barbares prêts à achever jusque dans leur lit d’hôpital des malades en salle de réanimation.
C’est donc principalement devant des militants et des sympathisants libertaires que s’est tenue cette conférence de presse, où la librairie Quilombo, la Libre-Pensée et Alternative libertaire étaient également représentées. L’ami Ramon a rappelé le plus exactement possible les faits survenus, de l’agression elle-même jusqu’au départ des équipes de la police scientifique. Hugues a pour sa part souligné le désintérêt manifeste des médias envers cette affaire, rappelant que toute la presse avait par exemple évoqué la récente opération commando de militants véganes contre une boucherie parisienne, dont la seule victime fut l’étal de viandes diverses proposées à la clientèle, alors que pas une ligne n’avait été écrite jusque-là sur ce qu’il faut bien appeler une tentative de meurtre. Hugues prit soin de rappeler également que s’il est arrivé parfois à des agités d’extrême droite d’entrouvrir la porte de la librairie et de lancer un slogan stupide avant de partir en courant, jamais une agression d’une telle gravité n’avait eu lieu depuis l’attentat à la bombe, revendiqué par l’OAS, qui, le 3 mars 1962, détruisit la librairie, alors située rue Ternaux, dans le XIe arrondissement de Paris. Hélène a quant à elle rappelé que Publico n’était bien sûr pas qu’une simple librairie comme il y en a des dizaines dans la capitale, mais aussi le siège de la Fédération anarchiste, de Radio-Libertaire et du journal Le Monde libertaire, un lieu organisateur d’activités militantes et culturelles diverses, point de rendez-vous des libertaires de France et de l’étranger de passage à Paris.
Les personnes présentes ont débattu, avec les animateurs de la conférence « de presse », de la personnalité de l’agresseur et de ses motivations. Acte politique ou de déséquilibré ? On sait que l’individu en question n’a proféré aucune parole avant, pendant ou juste après l’agression et sa fuite. On sait également qu’une demi-heure après être passé à l’acte, son auteur – du moins suppose-t-on qu’il s’agit de la même personne – a téléphoné à la librairie et s’est exprimé en ces termes : « Enculés d’anarchistes, vous avez appelé la police. » Il est donc permis de supposer que cette personne ne fait guère preuve d’un amour débordant pour les anarchistes, d’une part, et qu’il était resté dans les environs, d’autre part, après avoir commis cet exploit magnifique qui consiste à poignarder un homme dans le dos.
Les animateurs de la conférence ont signalé par ailleurs qu’ils n’avaient pour le moment aucun renseignement quant à l’enquête en cours, et que la Fédération anarchiste avait reçu quantité de messages de sympathie et de soutien émanant de personnes isolées comme d’organisations politiques, syndicales ou culturelles. En attendant le retour des deux camarades présents lors de l’agression – l’agressé lui-même, Christophe, ainsi que Laurent, le permanent de la boutique –, tous deux toujours très choqués, la librairie Publico reste ouverte, où se succéderont des bénévoles pour les remplacer temporairement, et les diverses activités qui y étaient prévues sont maintenues.
Je souhaite pour ma part, avant tout, un rétablissement le plus rapide possible aux deux copains Christophe et Laurent, et m’associe bien sûr à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont condamné cet acte particulièrement dégueulasse et manifesté leur soutien à ce lieu indispensable qu’est la librairie anarchiste Publico.

Read Full Post »

Une attaque au couteau a eu lieu hier à la librairie Publico, siège de la Fédération anarchiste (FA). Christophe, un militant présent, rencontré à plusieurs reprises avec les amis de l’émission « Ras-les-murs », dont il fait partie, a en effet été agressé par un individu arrivé peu de temps après l’ouverture de la boutique. Ce camarade a été atteint à la tête. Il devrait subir prochainement une opération, selon des informations que m’ont transmises des amis de la FA.
Toute ma sympathie est acquise à Christophe, cela va de soi, ainsi qu’à l’ami Laurent, permanent de longue date de la librairie, présent sur les lieux au moment de cette agression et qui en a bien sûr été lui aussi très choqué.

Read Full Post »

Triste ironie du sort, l’école où un sinistre parent d’élève (pauvre gosse !) s’est offusqué des paroles d’une chanson d’Aldebert mettant en scène un enfant prêt à faire pipi sur un policier pour ne pas aller en classe, porte le nom de Jacques Prévert.
Dédions à cet imbécile de parent ce texte de l’auteur du « Cancre » et d’« En sortant de l’école », où il est question d’un livre mais ce pourrait tout aussi bien être une chanson.

____________

Un livre pour enfant

Les grandes personnes que les enfants appellent leurs parents jetteront peut-être sur ce livre un coup d’œil distrait, amusé, mais ne le verront ni ne l’entendront ni du même œil ni de la même oreille que les enfants. Les grandes personnes, les adultes, gens raisonnables, ont l’esprit critique. Les enfants aussi mais ce n’est pas esprit pareil, ils n’ont pas le même radar.
Alors, il se peut qu’en caressant affectueusement à rebrousse-poil les cheveux de leur enfant, le père ou la mère lui disent en souriant : « Une bête merveilleuse avec des bottines rouges et qui se pend au lustre et renverse l’armoire. Voyons, grosse bête, ça n’arrive jamais ces choses-là ! »
Les gens raisonnables ont l’habitude de chercher « la petite bête », c’est si facile à trouver.
Les enfants sont plus difficiles, plus exigeants et, entre ce qui arrive ou ne peut arriver, ils ne trouvent pas que c’est tellement simple de choisir.
Un livre arrive à la maison avec une histoire, des images et une bête dedans, l’enfant entre dans l’histoire et comme la bête est merveilleuse, s’entend tout de suite avec elle et même, si elle fout tout en l’air, ils font bon ménage ensemble.
Si invraisemblable qu’elle paraisse, il la compare et la préfère à un tas de véritables gens, et réussit à croire que c’est arrivé, que c’est vrai comme un rêve vrai.
Et l’enfant peut habiter une vraie et confortable maison ou un deux trois pièces dans une HLM avec vue sur la mer, une mer de béton armé, il garde en poche la clef que la merveilleuse bête lui a donnée, la clef du grenier des rêves éveillés.
Les parents ne devraient jamais confisquer cette clef.

(Jacques Prévert, « Soleil de nuit ».)

Read Full Post »

Older Posts »