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Archive for the ‘03. A la petite semaine’ Category

« L’argent, messieurs, c’est le crottin du Diable ! »
(François d’Assise)

De prime abord, évidemment, on peut estimer préférable que des centaines de millions d’euros soient consacrés à la réparation d’une architecture admirable comme celle de Notre-Dame, plutôt qu’à l’achat de yachts toujours plus grands et luxueux, ou de propriétés cossues sur des îles paradisiaques. La question centrale me paraît davantage devoir se poser sur le fait que dans une République à la devise admirable mais éminemment mensongère deux personnes peuvent à elles seules balancer 300 ou 400 millions d’euros sur la table, et se permettre même de ne pas exiger, comme elles en ont le droit, la défiscalisation de leur don (en les y poussant un peu, quand même).
Il faudrait commencer par rappeler à ceux qui saluent ce geste « admirable » qu’il n’empêchera en rien les richissimes entrepreneurs en question de continuer à faire fructifier leur petit capital, que la vente de yachts et de belles propriétés ne devrait pas en souffrir, et que les sommes qu’ils abandonnent à l’admiration des gogos correspondent à peu près à cet euro qu’il nous arrive de glisser dans la main des mauvais musiciens du métro venus écorcher nos oreilles entre Nation et Belleville.
Je lis, consterné par des propos d’une telle naïveté, et parfois d’une telle bêtise, sous la plume de certains qui ne manquent jamais de rappeler leur attachement à une gauche humaniste, que cet argent ne sortirait pas de nos poches et que ce don n’appauvrira donc pas davantage les pauvres et les modestes. Mais cet argent, d’où sort-il ? Est-il tombé du ciel ? Serait-ce un don de Dieu, ou plutôt du Diable, si l’on en croit saint François ?
J’invite aimablement tous ceux que l’indécence abjecte de certaines grandes fortunes ne trouble guère à réviser la définition de certains termes : capitalisme, exploitation du travail, profit, plus-value, classes sociales, etc. Autrefois, tout cela relevait du b.a.ba pour des gens de gauche, même les plus modérés. Les temps ont changé. Leur acceptation de ce qui est et leur satisfaction béate devant tant de « bonté » sont devenues presque aussi écœurantes que cette « générosité » avec tambour et trompette d’une poignée de multimilliardaires dont les fortunes, oui, ont été volées au plus grand nombre et ne peuvent exister que s’il y a, d’un autre côté, difficultés et pauvreté permanentes. Amen.

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Pari gagné ! Et j’espère que vous saurez reconnaître et louanger mes talents de pronostiqueur !
En l’absence de tout sondage d’opinion, ne me fondant que sur mes capacités d’analyse, j’avais pronostiqué une victoire du OUI à la nouvelle Constitution cubaine dès le 15 février (voir CUBA On parie ?). Certes, j’ai été un peu aidé par le fait que toute campagne en faveur de l’une des deux propositions, en l’occurrence le NON, était strictement interdite sur place et  a valu à tous ceux qui sont passés outre un petit séjour à l’ombre, ce qui faisait dire à certains « contre-révolutionnaires-faisant-le-jeu-de-l’impérialisme » qu’il s’agissait davantage d’une farce que d’une véritable consultation électorale. Aidé également par le fait que toute transparence dans le dépouillement du scrutin demeure inexistante à Cuba, car sans aucun doute susceptible de faire le jeu des Yankees.
Quoi qu’il en soit, réjouissons-nous pour nos grenouilles du bénitier communiste, qui n’ont plus guère ici de possibilités de s’ébattre avec entrain, et entonnons avec elles ce cri émancipateur : Vive la propriété privée castriste !

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La directrice de la chaîne de télévision Le Média a bien écouté la vidéo qui montre et fait entendre l’agression verbale dont a été victime Alain Finkielkraut dans une rue de Paris où manifestaient des Gilets jaunes. N’entendant pas le cri « Sale juif ! », elle en conclut que l’accusation d’antisémitisme visant les hurleurs relève des « fake news » émanant du gouvernement pour faire oublier l’essentiel, la souffrance de ceux que la France insoumise aimerait transformer en clientèle électorale. Dans cette même vidéo, on entend très distinctement, à moins d’être sourd ou de s’appeler Aude Lancelin, le cri « Sale race ! ». Selon elle, qui peut donc bien être visé par ce terme de « race » ? Les membres de l’Académie française ? Les porteurs de lunettes ? Les habitants du quartier Montparnasse ?
Dans le cimetière juif de Quatzenheim, on n’a pas non plus relevé d’inscriptions « Sale juif ! » ou « Mort aux juifs ! » au côté des croix gammées peintes sur quatre-vingts tombes. Je suppose que cela suffit à Mme du Média pour douter du caractère antisémite de l’événement. Après tout, c’est peut-être de l’art contemporain, un happening…

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Il y a longtemps que nous ne sommes pas allés faire un tour à Cuba, que les grenouilles du bénitier communiste continuent de présenter ici comme le paradis terrestre.
Le 24 février aura lieu là-bas un référendum destiné à approuver la nouvelle Constitution. La prédominance du Parti communiste, seul parti autorisé depuis soixante ans, y est réaffirmée. Toujours pas de droit d’association, d’expression, de réunion, de publication, de syndicalisation, etc. Tout cela est d’un bourgeois !
En revanche, dans la grande marche en avant vers l’instauration d’une société socialiste véritable, horizon indépassable, l’économie de marché, la propriété privée et les investissements étrangers des vilains pays capitalistes, qui existent déjà, y sont officialisés. Parallèlement, dans le domaine culturel, un sérieux tour de vis supplémentaire est donné, toute activité artistique hors tutelle de l’Etat se voyant interdite*.
Les Cubains auront donc le « choix », le 24 février, entre le OUI et le NON à la nouvelle Constitution. Mais toute campagne en faveur du NON est strictement interdite. Ceux qui ont osé braver l’interdiction en brandissant un panneau de fortune avec la mention « Je vote NON » ou « Je ne vote pas » ont été illico embastillés. Partout la campagne étatique pour le OUI, seule possible, bat son plein. Les médias, télé, radio, presse écrite, tous dépendants du Parti, ne laissent aucune place aux partisans du NON ou du boycott de cette farce électorale. D’autant qu’il est également impossible de veiller à la régularité du scrutin, ce que la communauté internationale appelle pudiquement « l’absence de transparence du processus électoral ».
Seul l’accès très réduit à internet permet aux plus courageux des opposants cubains, heureusement de plus en plus nombreux, de mener une campagne, évidemment très limitée, en faveur du vote NON ou de l’abstention.
Aucun sondage officiel ne nous annonce le résultat probable du référendum. Mais j’ai mes sources ! Le OUI va l’emporter très nettement. On parie ?

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* Le décret n°349 et la politique culturelle de l’Etat cubain.

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Je viens d’ajouter deux verrous à ma porte. Je ne sors plus de chez moi. J’ai transmis aux amis qui souhaitent me rendre visite un mot de passe, indispensable à qui veut franchir le seuil de ma tanière. Je leur ai d’ailleurs fortement déconseillé de m’approcher s’ils ne veulent pas être inquiétés. J’ai peur pour eux. J’ai peur pour moi.
Fidèle à une certaine tradition pamphlétaire, qui fait de l’ironie une arme nécessaire face à l’excès de bêtise épaisse et aux dérives militantes fanatiques, je me suis laissé aller sans réfléchir, sur les réseaux sociaux, à prendre parfois des distances avec le mouvement des Gilets jaunes et certains de ses aspects nauséabonds : la beauferie homophobe et sexiste, l’antisémitisme et la xénophobie, son penchant pour le tricolore national et la gueularde Marseillaise, entre autres. Bref, malgré les propos et écrits débordant d’espoir révolutionnaire de certains camarades, convoquant illico 1789 et Barcelone 36, il m’a semblé possible, et même souhaitable, d’affirmer que ce mouvement n’était pas « complètement à mon goût ».
Dans la chaleur de mon confort nécessairement petit-bourgeois, j’avais oublié que ce type d’événement charrie invariablement son lot de Fouquier-Tinville et de commissaires politiques en devenir.
Le site « Paris-luttes.info » est venu fort heureusement m’avertir à temps du sort qui m’est promis en publiant un texte intitulé « Quand le vent tournera », repris d’une page Facebook pro-Gilets jaunes du nom fort opportunément bien choisi de « Cerveaux non disponibles ». Dans cet écrit, un message est tout spécialement destiné aux non-Gilets jaunes 100%. Je vous laisse le lire, le temps de boucler mes valises :
« Mais le vent tournera. Et quand les cendres de la lutte s’envoleront pour laisser entrevoir le soleil, nous ne resterons pas bouche bée et bras croisés à se satisfaire de ce nouvel horizon. Non, nous seront (sic) assez lucides pour regarder derrière et ne pas oublier les corps meurtris qui joncherons (re-sic) le chemin emprunté. Et nous demanderons des comptes. Nous demanderons justice. Les coupables seront jugés.
Mais nous nous souviendrons aussi des complices de ce drame, ceux qui, par leur position sociale, par leur statut public ou par leur influence politique, auraient pu et auraient dû s’indigner et s’insurger contre la politique anti sociale et anti démocratique mise en place par le pouvoir actuel. Ne pas prendre position est désormais un soutien aux dérives autoritaires du pouvoir. Que les associations, syndicats, ONG, collectifs, artistes, journalistes, philosophes, professeurs, avocats et autres citoyens prennent leur responsabilité. Que vous n’ayez pas compris l’essence du mouvement, ou que vous n’en validiez pas la légitimité idéologique ne vous exonère pas de voir la vérité de la dérive autoritaire et anti démocratique du pouvoir. La nier ou la cacher sous prétexte que le mouvement n’est pas totalement à votre goût vous rendra définitivement complice, et ce, jusqu’à la victoire du mouvement. Et même après. »

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Est-ce l’effet Ruquier-Hanouna, ces têtes pensantes du petit écran et du « buzz » réunis, toujours promptes à déchaîner les passions serviles ? Est-ce l’obligation à laquelle sont tenus les valets de cour de faire régulièrement allégeance aux puissants qui les nourrissent et au Médiatisme qui les dorlote ? Sans doute un peu les deux.
Le premier à défourailler façon Rambo de bar-tabac fut Luc Ferry, l’assisté mondain de l’Education nationale : « C’est insupportable ! Les forces de l’ordre devraient se servir de leurs armes une bonne fois. Ça suffit ! On a la quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies. »
Il n’était évidemment pas imaginable, après cette sortie digne d’un poivrot de Café des Sports et par là même promise à un beau succès médiatique, que les collègues en philo de comptoir de l’ex-ministre ne tentent pas de se distinguer à leur tour. Pour ce type de m’as-tu-vu, toute publicité réservée à la déclaration d’un confrère est souvent vécue par eux comme un insupportable effacement dans la sphère médiatique, auquel seule une énorme ânerie « buzzante » saura mettre fin. C’est donc sans surprise que Raphaël Enthoven, celui-là même qui toute honte bue ose parfois se réclamer d’Albert Camus et de son sens de la mesure, frappait tout aussitôt : « Il y a les dictatures où le pouvoir enferme, torture et tue les journalistes. Et il y a les démocraties comme la France, où c’est le “peuple” autoproclamé qui s’en charge » (tweet du 12 janvier).
Et comme deux énormités crasses valent mieux qu’une et sont aujourd’hui plus que nécessaires au paraître, le Lucky Luke du tweet fou récidivait ainsi : « Quelle différence entre ceux qui, en cas de violences contre la presse, disent « les journalistes, avec leurs éditos, sont responsables des coups qu’ils reçoivent » et ceux qui, en cas d’agression sexuelle, disent “la salope, avec sa minijupe, elle ne l’a pas volé” ? » (tweet du 13 janvier).
Pas en reste, enfin, Alain Finkielkraut, au cours de l’émission qu’il anime chaque samedi matin sur France Culture, tient à exprimer son horreur de la violence. Il faut croire, cependant, après écoute, qu’il y a la bonne et la mauvaise. La bonne, celle des « forces de l’ordre », que montrent des dizaines de vidéos circulant sur ces réseaux sociaux qu’il vomit, et dont lui et ses invités, deux autres abonnés permanents du discours médiatique, ne diront un seul mot. Et la mauvaise, la seule condamnable, « terrible », répétera-t-il à plusieurs reprises. Et pour mieux faire comprendre l’horreur de ladite violence – celle des manifestants, vous l’aurez compris –, quoi de plus frappant qu’une bonne vieille comparaison toute de finesse : « C’était un spectacle terrible […] et ça relève non pas du duel mais du lynchage, voire du pogrom » (émission « Répliques », samedi 12 janvier).
Allez les gars, assez picolé, on ferme !

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Les scènes d’une violence devenue insupportable – lynchage, torture, viol, etc. – dans les films, téléfilms, séries, sont à présent légion. Dès lors qu’un critique s’aventure à dénoncer cette violence outrancière, il n’est pas rare que le réalisateur lui-même ou ceux qui l’encensent tentent de nous convaincre qu’en réalité, derrière ces images atroces poussées à l’extrême, se cache en vérité une dénonciation, évidemment mal comprise, de la violence. L’intention est presque toujours noble, à les en croire.
En quête de gloire, même passagère, un rappeur, un de plus, petit malin conscient que la meilleure façon de faire aujourd’hui parler de soi est de verser dans l’abjection, appelle donc à un massacre de bébés blancs, tandis que leurs parents seraient pendus ou écartelés pour leur éviter, sans doute, un chagrin prolongé. C’est ce que dit sa « chanson », sur fond de pendaison et d’exécution de deux hommes blancs. Comme prévu, aussitôt, les réactions indignées affluent. C’était le but.
C’est alors que commence la seconde phase de l’opération, désormais inévitable, celle des nobles motivations. Et comme le gars capable de glisser dans son film quatre scènes sanglantes d’arrachage des ongles et trois autres, bien glauques, de viol en réunion vous somme de croire que son seul souci était par là même de vous convertir à son pacifisme intégral, voilà le rappeur-lyncheur qui se mue en douce colombe au pied des potences qu’il a lui-même dressées « artistiquement ».
« Le choc était voulu », affirme le sombre crétin, mais si l’on y regarde bien, « en profondeur » (sic), « c’est un message d’amour ».
Le temps viendra bientôt, pas très lointain au train où vont les « buzz », où il nous sera scandé, sur fond d’images réalistes, qu’il est nécessaire de violer des petites filles. Puis on nous dira avec aplomb et la main sur le
cœur, devant nos airs effarés, que nous n’avons encore rien compris et que c’est là l’expression d’un féminisme humaniste.
Sale temps ! Sale époque !

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