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Archive for the ‘03. A la petite semaine’ Category

Petite pièce de théâtre en un acte et une scène.
Les personnages : un ouvrier, Jean-Luc Mélenchon, Cédric Villani.

Acte 1, scène I. (L’ouvrier est devant la scène et s’adresse au public en montrant du pouce, vers l’arrière, à la façon d’un autostoppeur, Jean-Luc Mélenchon qui se tient dans le fond à gauche, dans un halo de lumière, une forêt de micros devant la bouche. Dans le fond à droite on aperçoit Cédric Villani, de dos, qui s’en va.)

L’ouvrier. –  « J’ai vu le politicard, là, le Chavez de la Canebière. Je vais lui expliquer ce que c’est que la précarité, que d’être chômeur, de vivre avec le smic, de faire grève, de mettre un bleu de travail. Il en parle, mais il ne sait pas ce que c’est. »

FIN

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Maintenant que le dauphin est installé sur le trône de France, les échanges discourtois, l’invective, où la volonté de blesser, d’humilier et de salir a nettement dominé celle de convaincre, vont peut-être pouvoir cesser, encore qu’une campagne législative s’annonce, guère de nature à calmer les esprits. Il nous faudra donc patienter encore un peu avant d’être libérés du discours électoral et de ses savants stratèges.
Il y a évidemment bien des gens dont la vie, le parcours, les engagements, témoignent de leur combat permanent et de leur attachement à voir naître une société libre, égalitaire et fraternelle, et qui, lors de cette élection présidentielle, se sont abstenus ou ont voté blanc. Leur seul « tort » est précisément de ne pas étaler leur vie sur les réseaux sociaux. Cela leur aurait peut-être épargné quelques injures et calomnies, mais rien n’est moins sûr. Car rien n’y fait en ces périodes où toute raison, où tout sens de la nuance, aussi tout attachement à une décence commune disparaissent bel et bien. Le temps d’une campagne électorale, tout s’efface, et il leur aura fallu malgré cela supporter ces assimilations stupides, et parfois même franchement dégueulasses, les ramenant au rang de complices du fascisme, quand bien même cette vie, ce parcours, ces engagements bien réels n’ont rien à voir avec ces postures ridicules que prennent le plus souvent nombre d’antifascistes de tapis de souris, de résistants d’isoloir d’un jour.
Leurs accusateurs ont voté Macron et l’ont proclamé haut et fort, ce qui est hautement héroïque, j’en conviens. Cependant, même si je peux bien sûr me tromper,  je ne pense pas que les réseaux sociaux puissent être comparés au maquis du Vercors en 1943, ni le fait de se rendre au bureau de vote assimilable au Débarquement de Normandie. Un poil d’humilité serait donc bienvenu de la part de ceux-là qui pensent avoir reconstitué « l’armée des ombres ». Dans le rôle, Lino Ventura, Paul Meurisse, Simone Signoret et quelques autres avaient davantage de talent, et sans doute même de modestie.

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A la présidentielle de 2007, le candidat du FN a obtenu 3.834.530 voix. Sarkozy fut élu. Pour l’élection suivante, la candidate FN recueillait 6.421.426 voix. Hollande fut élu. Récemment, la candidate FN a obtenu 7.678.491 voix.
On constate donc une incessante progression du FN, et on a le droit de penser – c’est mon cas – que les politiques menées de 2007 à 2017 y sont en grande partie pour quelque chose. Il convient de rappeler également l’immense responsabilité de Mitterrand dans l’essor du FN, favorisé à outrance par le Machiavel de Château-Chinon dans le seul but d’emmerder la droite classique. C’était politiquement très dangereux (la preuve !) et moralement dégueulasse, mais c’était Mitterrand, le grand héros du peuple de gauche. A ce titre, il faut croire qu’il mérite moins de violence et d’insultes que ce cher abstentionniste, même s’il joua avec le feu au point que nous soyons tous aujourd’hui menacés par l’incendie.
Moi, à la place des électeurs de Mitterrand, de Sarkozy et de Hollande, je me sentirais quand même un peu responsable des politiques qui ont favorisé cette constante progression du FN puisque ayant, par un vote en leur faveur, permis à ces hommes de mener ces politiques. En m’adressant à l’abstentionniste, pour tenter de le convaincre d’éviter la victoire de la candidate du FN le 7 mai prochain, je crois que je ferais donc preuve d’un peu d’humilité et que je m’interrogerais, d’une part, sur cette sale manie qui consiste à s’auto-amnistier de toute responsabilité dans le désastre en condamnant toujours les autres, et, d’autre part, à désigner stupidement et à l’avance l’indispensable, unique et invariable bouc émissaire des trouilles et des désillusions au travers de cet abstentionniste.
Au lieu de ça, eh bien non, c’est toujours les termes désagréables, blessants et injurieux qui dominent, assénés avec une suffisance sidérante. Au mieux, le citoyen tenté par l’abstention est un sophiste, au pire un agent du fascisme. Entre les deux, à en croire les innombrables commentaires ou dessins publiés, il est tour à tour responsable des noyades de migrants en Méditerranée, complice de Bachar al-Assad, de Poutine et autres crapules du même genre, et aussi, évidemment, déjà coupable de toutes les saloperies à venir. Et eux, ces accusateurs, qui ont placé au pouvoir ceux-là mêmes qui n’ont cessé d’offrir des tremplins au FN, que sont-ils ? D’ardents républicains, bien sûr, de grands démocrates conscients des dangers, des remparts contre la barbarie, que dis-je ?, des Jean Moulin !
Y en a un peu marre, les amis, de ce concert de casseroles, de calomnies et de bêtise ! Moi, si j’étais abstentionniste ( 🙂 ) mais toutefois prêt à me laisser tenter pour un coup de pouce électoral aux vaillants résistants antifascistes de la Toile, j’exigerais pour le moins de ces permanents responsables de rien qu’ils me le demandent gentiment, poliment. Et même à genoux !

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« A la cour, tout est courtisan :
le prince du sang, le chapelain de semaine,
le chirurgien de quartier, l’apothicaire » (Chamfort).

 

A la une des journaux, ce dimanche 20 novembre.

A la une des journaux, ce dimanche 20 novembre.

Parmi chômage croissant, boulots qui ne permettent pas même d’avoir un toit ni de vivre décemment, pauvreté extrême ou « ordinaire » qui s’étend, racisme « décomplexé », poussée de l’extrême droite et autres calamités, quel peut bien être le sujet susceptible d’amener des dizaines de personnalités à se regrouper pour exprimer leur colère dans un texte commun au bas duquel s’affichent leurs noms prestigieux ?
Eh bien, rien de tout cela ! Non, ce qui les scandalise aujourd’hui, c’est le fait de dénigrer le président de la République, de critiquer sans cesse le bilan de cet « ennemi de la finance » qui aura permis à celle-ci de croître et multiplier ses bénéfices, bilan que ces gavés de la culture et autres chouchous du Médiatisme n’estiment pas si catastrophique que cela. Comme ce ne sont pas des gens comme nous, ils emploient, pour dénoncer cette « injustice » suprême, le langage des cuistres, pour qui le dénigrement, un terme que tout le monde comprend, devient le « bashing ».
Voilà ce qu’est présentement, dans le monde d’aujourd’hui, le principal sujet de mécontentement de cette coterie de privilégiés : qu’on ne sache pas, comme le dit l’omniprésent et pontifiant Denis Podalydès, reconnaître en François Hollande un homme d’Etat, lui qui aura permis, au nom de prétendues valeurs humanistes de gauche, que de plus en plus de citoyens se retrouvent dans un triste état.

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14184471_1063309017085649_8820915940794632232_nL’auteur de Société, tu m’auras pas ! devrait se méfier. S’il persiste dans cette voie, la société va finir par l’avoir.
Le chanteur au pois chiche dans le crâne et anarchiste d’opérette, faux loubard mais vrai comique involontaire, qui jouait naguère les fiers-à-bras en toisant la société du haut de la scène pour dénoncer « l’absurdité de sa morale et de ses lois », continue, cure de dégrisement oblige, de mettre beaucoup d’eau dans son pastis.
Certes, on savait depuis belle lurette que la radicalité de ses chansons relevait davantage d’une posture de révolutionnaire pour comédie musicale que d’une solide conscience politique et de convictions durables. Avoir successivement fait connaître publiquement, tout en célébrant la beauté du drapeau noir, son désir de voter pour l’extrême gauche, puis le Parti communiste, puis les Verts, puis le PS, montrait à l’évidence une disposition à jouer les girouettes communément répandue dans le monde politique et parmi le corps électoral.
Après nous avoir amusés durant des années avec son idolâtrie cucul pour son « Tonton » Mitterrand, avoir confié ses photos de mariage au journal révolutionnaire Paris Match, vendu aux radios-télés son alcoolisme et sa vie privée, puis sa cure de désintox et son flirt poussé avec les gentils snipers et autres grands sensibles de l’« ordre public », voilà que le chanteur Renaud vient de renouveler publiquement toute sa sympathie pour l’ancien premier ministre larbin d’un notoire charlatan.
Cela m’a donné l’idée d’écrire une nouvelle version de Laisse béton, devenue pour l’occasion J’vote Fillon !

 

J’vote Fillon !
(sur l’air de « Laisse béton »)

J’étais coco, j’étais anar
Et accro au Ricard
Le type est entré dans le bar
Il a commandé un p’tit noir
Et y s’est approché de moi
Et y m’a regardé comme ça
– Toi ton vote, mon pote, il me botte
Je suis certain que tu hésites
Que tu sais plus où tu habites
J’vais te donner la solution
Pour les prochaines élections
Le meilleur, sûr, c’est Mélenchon
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Y m’a dit tu rigoles, c’est pas vrai, c’est une blague
Y’en a qui pour moins qu’ça ont fini au goulag !

J’étais anar, j’étais coco
Et accro au Pernod
Le type est entré dans le bar
Et a commandé du Ruinart
M’a chanté du Carla Bruni
Et m’a dit j’m’appelle Balkany
– Toi t’es un sage, je compte sur ton suffrage
Et bien sûr tu vas nous l’donner
On saura te récompenser
Toute cette batt’rie de casseroles
L’empêch’ra pas d’jouer l’premier rôle
Sarkozy c’est le vrai patron !
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Y m’a filé un gnon, j’y ai filé un marron
Y m’a dit « t’es bidon » et puis « casse-toi pauv’ con ! »

J’étais coco, j’étais anar
Et accro au pinard
Le type est entré dans le bar
Avec au bec un gros cigare
Puis y m’a tapé sur l’épaule
Et m’a regardé d’un air drôle
– Ton opinion, mecton, c’est pas bidon
J’parierais bien que tu balances
Que tu sais plus où va la France
J’vais te montrer la direction
Pour les prochaines élections
Le bon, c’est Emmanuel Macron
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Y m’a dit comm’ ministre je gagnais pas bézef
Alors je retourn’ voir mes amis du Medef

J’étais anar, j’étais coco
Et accro au bordeaux
Le type est entré dans le bar
Et a commandé du caviar
S’est arrêté à ma hauteur
Et puis m’a dit mon cher auteur
– Vos quatrains, vos refrains, c’est divin !
Au fond vous êtes un vrai centriste
Arrêtez d’jouer les anarchistes
Pour la prochaine présidentielle
C’est lui l’homme providentiel
Juppé va doper la nation
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Y m’a filé un chèque, j’y ai filé un bourre-pif
Y m’a filé sa carte et un emploi fictif

J’étais anar, j’étais coco
Accroc à l’apéro
La fille est entrée dans l’bistrot
En chantonnant « Heili, heilo »
Puis m’a entraîné Chez Gégène
C’était la Maréchal-Le Pen
– Ô mon chanteur, mon p’tit cœur, mon führer
Maint’nant que tu embrass’ des flics
Tu m’es devenu sympathique
Ton engouement pour la police
Plaît beaucoup à notre milice
Marine compte sur toi, fiston
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Elle m’a dit si c’est ça j’tenvoie Gilbert Collard
Y va t’casser les noix, c’est un sacré connard !

J’étais anar, j’étais coco
Je buvais mon Cointreau
La fille est entrée dans le rade
A commandé une orangeade
Et m’a dit je suis écolo
Une fan de Nicolas Hulot
– L’écologie, mon chéri, c’est le parti des amis
Mais là l’important c’est qu’il faut
Faire barrage à Cécile Duflot
Faut des Verts dans les ministères
Mais ça ne pourra pas se faire
En s’réfugiant dans l’abstention
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Elle a dit non de non, a tourné les talons,
Déposé une motion, d’mandé mon exclusion

J’étais coco, j’étais anar
Affalé au comptoir
Le gars est entré dans le bar
A commandé un communard
Sapin m’a dit alors ça roule ?
Et ça m’a bien foutu les boules
– Mon gars, le père François, il compte sur toi
Le bilan du gouvernement
Tu l’as r’marqué est excellent
Malgré ce que prétend la presse
On a tenu toutes nos promesses
Et on va poursuivre notre action
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Pass’que j’crois dur comme fer que ça pourra se faire
Qu’un enn’mi d’la finance gouvern’ un jour la France

Quand tu fais des déclarations
A la gloire des flics et d’Fillon
C’est qu’t’as plus d’imagination
Et que t’es dev’nu un peu con

 

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stade-charletyL’accord intervenu entre le gouvernement et les organisations syndicales pour la manif de ce jour, à Paris, ouvre des perspectives intéressantes. Pourquoi ne pas créer un « anneau des manifestations » où se dérouleraient désormais toutes les protestations de masse ? Le stade Charléty, déjà chargé d’Histoire, ferait parfaitement l’affaire. Un filtrage sévère aux entrées, comme sur les boulevards menant à la place de la Bastille en ce jeudi, faciliterait le travail d’une police harassée. Les portiques à l’entrée permettraient de compter les manifestants, mettant ainsi fin aux estimations fantaisistes livrées tout à la fois par la Préfecture de police et les organisateurs. La détermination des participants serait estimée au nombre de tours de terrain effectué. Les simples sympathisants trouveraient place dans les gradins. Les caméras utilisées pour les retransmissions sportives pourraient servir, afin de fournir des images aux journaux télévisés. Ainsi, plus de casse, plus d’embouteillages. Que du bonheur !

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Après le sérieux avertissement lancé par une organisation de consommateurs quant à l’emploi risqué de nombre de produits cosmétiques contenant des allergènes et autres perturbateurs endocriniens, après la découverte de morceaux de plastique dans des barres chocolatées, qui a obligé une célèbre marque à les retirer de la vente, voici aujourd’hui que des protège-slips font l’objet d’un rapatriement urgent sur leur lieu de fabrication après la découverte d’un herbicide, le glyphosate, dans leur composition.
Ces malfaçons répétées touchant des produits de consommation courante ne doivent pas nous faire oublier que ça n’est pas là le seul domaine où les empoisonneurs opèrent et où la publicité sur les bienfaits de ce qui est proposé se révèle outrancièrement mensongère.
Ainsi, des amis qui s’intéressent de près à la politique ont analysé le socialisme de gouvernement tel qu’il est aujourd’hui proposé à l’électeur moyen, et ont trouvé dans cette mixture, déjà très insipide à l’origine, de fortes doses de macron et de valls, deux substances préoccupantes qui le rendent extrêmement dangereux, sans pour autant que son retrait soit envisagé avant 2017.
Cette dangerosité avait d’ailleurs, avant analyse, déjà rebuté beaucoup de consommateurs de ce produit avarié, les poussant à se tourner sans réfléchir vers certains ersatz : le tobira, par exemple, produit à base de couleuvres qui connut récemment un petit succès avant qu’on s’aperçoive que seul le distinguait, en vérité, un emballage tape-à-l’œil ; le lepène, un puissant laxatif régulièrement proposé à chaque consultation et qu’on paiera très cher ; le mellanchon, ensuite, âcre et fort en bouche au point d’avoir un effet émétique, et qui rebute grandement par le fait que nombre de ses composants portent la mention « made in China » ; le jupet, enfin, produit de luxe qui bénéficie manifestement d’un… abus de confiance.
L’organisme mis en place par ces amis évoqués plus haut, l’ANAR (l’Attention Nécessaire contre l’Arnaque Républicaine), vous conseille donc fortement de vous détourner de tous ces produits frelatés. Au plus vite !

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