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Archive for the ‘03. A la petite semaine’ Category

Finalement, il n’y a pas que les cons qui osent tout et qu’on reconnaît précisément à ça, comme le laissait entendre Michel Audiard dans une célèbre réplique des non moins célèbres Tontons flingueurs. Les salauds momentanément triomphants ne sont pas mal dans le genre, eux aussi.
Ainsi donc, le fameux dialoguiste fort discret sur le temps de sa jeunesse, et qui s’était décrit comme un « gosse affamé » durant la période de l’Occupation, fut en réalité ce jeune homme adhérant en 1942 au groupe Collaboration (à son insu, dira-t-il cinq ans plus tard) et qui en 1943, à 23 ans, un âge quelque peu avancé pour un « gosse », écrivait pour les journaux de la collaboration, L’Appel et L’Union française notamment.
Dans le vocabulaire de l’époque où il convenait de rivaliser dans l’abjection avec des confrères tout aussi « affamés », Michel Audiard va donc se montrer follement original en trouvant aux Juifs une « étrangeté désagréable », une « veulerie suante » et une « odeur de chacal ». Il saura lui aussi dénoncer « la conjuration des synagogues » et désigner les responsables du mal français, les « petits youpins » partout présents. Le monde artistique en particulier lui permettra de se faire le pourfendeur du « ramassis de faisans, juifs (pardonnez le pléonasme), métèques, margoulins petits et grands, salopards réussis ». Devenu critique cinématographique, une exception toutefois lui permettra de constater que tout n’est pas juif ou métèque dans ce monde de l’art puisqu’il saluera les grandes qualités d’« un authentique chef-d’œuvre », Les Dieux du stade de Leni Riefenstahl.
On comprend mieux aujourd’hui l’admiration sans réserve aucune que Michel Audiard vouait à son écrivain préféré, Louis-Ferdinand Céline, maître incontesté du vomi antijuif en littérature, à qui il rendra hommage à travers le décor de l’un de ses films* en donnant son nom à une rue. Voici d’ailleurs comment l’élève tentait de justifier l’abjection de son maître** : « Je ne conteste pas que Céline ait été antisémite, mais Céline était tellement antitout, et, pour commencer, tellement anti-Céline qu’il ne pouvait pas ne pas être antisémite. C’était un anarchiste à l’état pur. »
Commencer par ne pas contester l’antisémitisme de Céline n’a rien de particulièrement remarquable. On voit très mal, en effet, comment il serait possible de nous faire avaler le contraire. Quant à expliquer cette haine tenace et criminelle envers les Juifs par une position « antitout », c’est franchement se foutre du monde. D’abord parce qu’on voit mal ce qu’est ce tout, et que dans ce tout Céline n’a choisi que les seuls Juifs comme cible quasi unique, les « métèques » et autres francs-maçons venant quelquefois prendre le relais. Céline « l’antitout » ne fut pas anti-allemand entre 1939 et 1945, c’est le moins qu’on puisse dire, antinazi encore moins. Et pour ce qui est d’être anti-lui-même, quelle sinistre plaisanterie ! L’auteur du Voyage n’a jamais été le dernier à célébrer son propre génie et ne brille guère par une modestie bienvenue. Après-guerre, sans la moindre dignité, il ne cessera jamais de pleurnicher, de gémir et de s’apitoyer sur son sort, sans jamais, à aucun moment, avoir un mot pour les victimes des salopards qu’il côtoya avec plaisir durant toute l’Occupation.
Quant à faire un « anarchiste » d’un individu qui n’aime rien ni personne, qui plus est « un pur » (sic), c’est une façon assez minable de prolonger l’imposture en voulant faire passer celui qu’on défend comme celui qui parle pour ce qu’ils ne sont pas, et mieux cacher ainsi ce qu’ils furent vraiment. Jamais Céline ni Audiard ne furent anarchistes, purs ou non. Mais les salauds, ça ose tout…

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* Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause !, 1970.
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Michel Audiard, de Philippe Durant, Le Cherche-Midi, 2005.

 

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En même temps que la bataille qu’il a entamée pour le retrait du drapeau européen de l’Assemblée nationale, drapeau où figure selon lui un symbole religieux chrétien, Mélenchon aurait entrepris, paraît-il, une démarche pour changer de prénom. Il souhaiterait opter, dit-on, pour Germinal.
Saint Jean-Luc : on souhaite leur fête aux Jean-Luc le 27 décembre. On honore à cette occasion saint Luc qui était un des proches de l’apôtre saint Paul. On peut aussi souhaiter une bonne fête aux Jean-Luc le 24 juin, en l’honneur de saint Jean. Ce dernier était un des apôtres du Christ et le saint patron des théologiens.

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Même Arte s’y met : « Le comité de candidature de Paris a su vendre du rêve au Comité international olympique. » C’est ainsi qu’est commentée la décision d’attribuer l’organisation des J.O. à la capitale en 2024. Ah ! ces grands rêveurs qui peuplent les hautes instances du sport dans ce monde sans pitié, ça a quelque chose de touchant. Notons quand même que le rêve demeure pour ce beau monde dans le domaine marchand puisqu’on parvient à le « vendre », lui aussi.
Et d’ailleurs, en fait de rêve, très vite il n’est bien sûr question que de fric et de milliards dans le débat qui s’ensuit. Ainsi que des retombées formidables, à en croire les agents de la Propagande, en matière de transport, de logement, d’écologie, d’équipements divers et variés. Au point qu’on se demande ce qu’attendent les quartiers Nord de Marseille pour se porter candidats.
Cette débauche de fric et de sourires crétins à l’énoncé des sommes évoquées a quelque chose de surréaliste quand on sait que, cinq minutes auparavant, nous étaient proposées les images terribles d’une île dévastée où les besoins de reconstruction urgente paraissent si évidents.
Parmi ceux que la nouvelle n’a pas particulièrement fait sauter de joie, il est des Parisiens, présentés invariablement comme ringards et poussiéreux, qui entre autres griefs prétendent que leurs quartiers non touristiques deviennent de plus en plus immondes et qu’il y a fort à parier qu’ils ne gagneront rien à l’organisation de la foire aux biceps de 2024.
Peu sensibles au chant martial des « winners », ces râleurs ne se rendent pas compte que ces fréquents slaloms géants sur les trottoirs de la capitale, dont les merdes de chiens sont les balises, c’est un peu les Jeux olympiques du pauvre. Et c’est tous les jours !

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Petite pièce de théâtre en un acte et une scène.
Les personnages : un ouvrier, Jean-Luc Mélenchon, Cédric Villani.

Acte 1, scène I. (L’ouvrier est devant la scène et s’adresse au public en montrant du pouce, vers l’arrière, à la façon d’un autostoppeur, Jean-Luc Mélenchon qui se tient dans le fond à gauche, dans un halo de lumière, une forêt de micros devant la bouche. Dans le fond à droite on aperçoit Cédric Villani, de dos, qui s’en va.)

L’ouvrier. –  « J’ai vu le politicard, là, le Chavez de la Canebière. Je vais lui expliquer ce que c’est que la précarité, que d’être chômeur, de vivre avec le smic, de faire grève, de mettre un bleu de travail. Il en parle, mais il ne sait pas ce que c’est. »

FIN

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Maintenant que le dauphin est installé sur le trône de France, les échanges discourtois, l’invective, où la volonté de blesser, d’humilier et de salir a nettement dominé celle de convaincre, vont peut-être pouvoir cesser, encore qu’une campagne législative s’annonce, guère de nature à calmer les esprits. Il nous faudra donc patienter encore un peu avant d’être libérés du discours électoral et de ses savants stratèges.
Il y a évidemment bien des gens dont la vie, le parcours, les engagements, témoignent de leur combat permanent et de leur attachement à voir naître une société libre, égalitaire et fraternelle, et qui, lors de cette élection présidentielle, se sont abstenus ou ont voté blanc. Leur seul « tort » est précisément de ne pas étaler leur vie sur les réseaux sociaux. Cela leur aurait peut-être épargné quelques injures et calomnies, mais rien n’est moins sûr. Car rien n’y fait en ces périodes où toute raison, où tout sens de la nuance, aussi tout attachement à une décence commune disparaissent bel et bien. Le temps d’une campagne électorale, tout s’efface, et il leur aura fallu malgré cela supporter ces assimilations stupides, et parfois même franchement dégueulasses, les ramenant au rang de complices du fascisme, quand bien même cette vie, ce parcours, ces engagements bien réels n’ont rien à voir avec ces postures ridicules que prennent le plus souvent nombre d’antifascistes de tapis de souris, de résistants d’isoloir d’un jour.
Leurs accusateurs ont voté Macron et l’ont proclamé haut et fort, ce qui est hautement héroïque, j’en conviens. Cependant, même si je peux bien sûr me tromper,  je ne pense pas que les réseaux sociaux puissent être comparés au maquis du Vercors en 1943, ni le fait de se rendre au bureau de vote assimilable au Débarquement de Normandie. Un poil d’humilité serait donc bienvenu de la part de ceux-là qui pensent avoir reconstitué « l’armée des ombres ». Dans le rôle, Lino Ventura, Paul Meurisse, Simone Signoret et quelques autres avaient davantage de talent, et sans doute même de modestie.

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A la présidentielle de 2007, le candidat du FN a obtenu 3.834.530 voix. Sarkozy fut élu. Pour l’élection suivante, la candidate FN recueillait 6.421.426 voix. Hollande fut élu. Récemment, la candidate FN a obtenu 7.678.491 voix.
On constate donc une incessante progression du FN, et on a le droit de penser – c’est mon cas – que les politiques menées de 2007 à 2017 y sont en grande partie pour quelque chose. Il convient de rappeler également l’immense responsabilité de Mitterrand dans l’essor du FN, favorisé à outrance par le Machiavel de Château-Chinon dans le seul but d’emmerder la droite classique. C’était politiquement très dangereux (la preuve !) et moralement dégueulasse, mais c’était Mitterrand, le grand héros du peuple de gauche. A ce titre, il faut croire qu’il mérite moins de violence et d’insultes que ce cher abstentionniste, même s’il joua avec le feu au point que nous soyons tous aujourd’hui menacés par l’incendie.
Moi, à la place des électeurs de Mitterrand, de Sarkozy et de Hollande, je me sentirais quand même un peu responsable des politiques qui ont favorisé cette constante progression du FN puisque ayant, par un vote en leur faveur, permis à ces hommes de mener ces politiques. En m’adressant à l’abstentionniste, pour tenter de le convaincre d’éviter la victoire de la candidate du FN le 7 mai prochain, je crois que je ferais donc preuve d’un peu d’humilité et que je m’interrogerais, d’une part, sur cette sale manie qui consiste à s’auto-amnistier de toute responsabilité dans le désastre en condamnant toujours les autres, et, d’autre part, à désigner stupidement et à l’avance l’indispensable, unique et invariable bouc émissaire des trouilles et des désillusions au travers de cet abstentionniste.
Au lieu de ça, eh bien non, c’est toujours les termes désagréables, blessants et injurieux qui dominent, assénés avec une suffisance sidérante. Au mieux, le citoyen tenté par l’abstention est un sophiste, au pire un agent du fascisme. Entre les deux, à en croire les innombrables commentaires ou dessins publiés, il est tour à tour responsable des noyades de migrants en Méditerranée, complice de Bachar al-Assad, de Poutine et autres crapules du même genre, et aussi, évidemment, déjà coupable de toutes les saloperies à venir. Et eux, ces accusateurs, qui ont placé au pouvoir ceux-là mêmes qui n’ont cessé d’offrir des tremplins au FN, que sont-ils ? D’ardents républicains, bien sûr, de grands démocrates conscients des dangers, des remparts contre la barbarie, que dis-je ?, des Jean Moulin !
Y en a un peu marre, les amis, de ce concert de casseroles, de calomnies et de bêtise ! Moi, si j’étais abstentionniste ( 🙂 ) mais toutefois prêt à me laisser tenter pour un coup de pouce électoral aux vaillants résistants antifascistes de la Toile, j’exigerais pour le moins de ces permanents responsables de rien qu’ils me le demandent gentiment, poliment. Et même à genoux !

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« A la cour, tout est courtisan :
le prince du sang, le chapelain de semaine,
le chirurgien de quartier, l’apothicaire » (Chamfort).

 

A la une des journaux, ce dimanche 20 novembre.

A la une des journaux, ce dimanche 20 novembre.

Parmi chômage croissant, boulots qui ne permettent pas même d’avoir un toit ni de vivre décemment, pauvreté extrême ou « ordinaire » qui s’étend, racisme « décomplexé », poussée de l’extrême droite et autres calamités, quel peut bien être le sujet susceptible d’amener des dizaines de personnalités à se regrouper pour exprimer leur colère dans un texte commun au bas duquel s’affichent leurs noms prestigieux ?
Eh bien, rien de tout cela ! Non, ce qui les scandalise aujourd’hui, c’est le fait de dénigrer le président de la République, de critiquer sans cesse le bilan de cet « ennemi de la finance » qui aura permis à celle-ci de croître et multiplier ses bénéfices, bilan que ces gavés de la culture et autres chouchous du Médiatisme n’estiment pas si catastrophique que cela. Comme ce ne sont pas des gens comme nous, ils emploient, pour dénoncer cette « injustice » suprême, le langage des cuistres, pour qui le dénigrement, un terme que tout le monde comprend, devient le « bashing ».
Voilà ce qu’est présentement, dans le monde d’aujourd’hui, le principal sujet de mécontentement de cette coterie de privilégiés : qu’on ne sache pas, comme le dit l’omniprésent et pontifiant Denis Podalydès, reconnaître en François Hollande un homme d’Etat, lui qui aura permis, au nom de prétendues valeurs humanistes de gauche, que de plus en plus de citoyens se retrouvent dans un triste état.

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