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Archive for the ‘03. A la petite semaine’ Category

« A la cour, tout est courtisan :
le prince du sang, le chapelain de semaine,
le chirurgien de quartier, l’apothicaire » (Chamfort).

 

A la une des journaux, ce dimanche 20 novembre.

A la une des journaux, ce dimanche 20 novembre.

Parmi chômage croissant, boulots qui ne permettent pas même d’avoir un toit ni de vivre décemment, pauvreté extrême ou « ordinaire » qui s’étend, racisme « décomplexé », poussée de l’extrême droite et autres calamités, quel peut bien être le sujet susceptible d’amener des dizaines de personnalités à se regrouper pour exprimer leur colère dans un texte commun au bas duquel s’affichent leurs noms prestigieux ?
Eh bien, rien de tout cela ! Non, ce qui les scandalise aujourd’hui, c’est le fait de dénigrer le président de la République, de critiquer sans cesse le bilan de cet « ennemi de la finance » qui aura permis à celle-ci de croître et multiplier ses bénéfices, bilan que ces gavés de la culture et autres chouchous du Médiatisme n’estiment pas si catastrophique que cela. Comme ce ne sont pas des gens comme nous, ils emploient, pour dénoncer cette « injustice » suprême, le langage des cuistres, pour qui le dénigrement, un terme que tout le monde comprend, devient le « bashing ».
Voilà ce qu’est présentement, dans le monde d’aujourd’hui, le principal sujet de mécontentement de cette coterie de privilégiés : qu’on ne sache pas, comme le dit l’omniprésent et pontifiant Denis Podalydès, reconnaître en François Hollande un homme d’Etat, lui qui aura permis, au nom de prétendues valeurs humanistes de gauche, que de plus en plus de citoyens se retrouvent dans un triste état.

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14184471_1063309017085649_8820915940794632232_nL’auteur de Société, tu m’auras pas ! devrait se méfier. S’il persiste dans cette voie, la société va finir par l’avoir.
Le chanteur au pois chiche dans le crâne et anarchiste d’opérette, faux loubard mais vrai comique involontaire, qui jouait naguère les fiers-à-bras en toisant la société du haut de la scène pour dénoncer « l’absurdité de sa morale et de ses lois », continue, cure de dégrisement oblige, de mettre beaucoup d’eau dans son pastis.
Certes, on savait depuis belle lurette que la radicalité de ses chansons relevait davantage d’une posture de révolutionnaire pour comédie musicale que d’une solide conscience politique et de convictions durables. Avoir successivement fait connaître publiquement, tout en célébrant la beauté du drapeau noir, son désir de voter pour l’extrême gauche, puis le Parti communiste, puis les Verts, puis le PS, montrait à l’évidence une disposition à jouer les girouettes communément répandue dans le monde politique et parmi le corps électoral.
Après nous avoir amusés durant des années avec son idolâtrie cucul pour son « Tonton » Mitterrand, avoir confié ses photos de mariage au journal révolutionnaire Paris Match, vendu aux radios-télés son alcoolisme et sa vie privée, puis sa cure de désintox et son flirt poussé avec les gentils snipers et autres grands sensibles de l’« ordre public », voilà que le chanteur Renaud vient de renouveler publiquement toute sa sympathie pour l’ancien premier ministre larbin d’un notoire charlatan.
Cela m’a donné l’idée d’écrire une nouvelle version de Laisse béton, devenue pour l’occasion J’vote Fillon !

 

J’vote Fillon !
(sur l’air de « Laisse béton »)

J’étais coco, j’étais anar
Et accro au Ricard
Le type est entré dans le bar
Il a commandé un p’tit noir
Et y s’est approché de moi
Et y m’a regardé comme ça
– Toi ton vote, mon pote, il me botte
Je suis certain que tu hésites
Que tu sais plus où tu habites
J’vais te donner la solution
Pour les prochaines élections
Le meilleur, sûr, c’est Mélenchon
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Y m’a dit tu rigoles, c’est pas vrai, c’est une blague
Y’en a qui pour moins qu’ça ont fini au goulag !

J’étais anar, j’étais coco
Et accro au Pernod
Le type est entré dans le bar
Et a commandé du Ruinart
M’a chanté du Carla Bruni
Et m’a dit j’m’appelle Balkany
– Toi t’es un sage, je compte sur ton suffrage
Et bien sûr tu vas nous l’donner
On saura te récompenser
Toute cette batt’rie de casseroles
L’empêch’ra pas d’jouer l’premier rôle
Sarkozy c’est le vrai patron !
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Y m’a filé un gnon, j’y ai filé un marron
Y m’a dit « t’es bidon » et puis « casse-toi pauv’ con ! »

J’étais coco, j’étais anar
Et accro au pinard
Le type est entré dans le bar
Avec au bec un gros cigare
Puis y m’a tapé sur l’épaule
Et m’a regardé d’un air drôle
– Ton opinion, mecton, c’est pas bidon
J’parierais bien que tu balances
Que tu sais plus où va la France
J’vais te montrer la direction
Pour les prochaines élections
Le bon, c’est Emmanuel Macron
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Y m’a dit comm’ ministre je gagnais pas bézef
Alors je retourn’ voir mes amis du Medef

J’étais anar, j’étais coco
Et accro au bordeaux
Le type est entré dans le bar
Et a commandé du caviar
S’est arrêté à ma hauteur
Et puis m’a dit mon cher auteur
– Vos quatrains, vos refrains, c’est divin !
Au fond vous êtes un vrai centriste
Arrêtez d’jouer les anarchistes
Pour la prochaine présidentielle
C’est lui l’homme providentiel
Juppé va doper la nation
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Y m’a filé un chèque, j’y ai filé un bourre-pif
Y m’a filé sa carte et un emploi fictif

J’étais anar, j’étais coco
Accroc à l’apéro
La fille est entrée dans l’bistrot
En chantonnant « Heili, heilo »
Puis m’a entraîné Chez Gégène
C’était la Maréchal-Le Pen
– Ô mon chanteur, mon p’tit cœur, mon führer
Maint’nant que tu embrass’ des flics
Tu m’es devenu sympathique
Ton engouement pour la police
Plaît beaucoup à notre milice
Marine compte sur toi, fiston
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Elle m’a dit si c’est ça j’tenvoie Gilbert Collard
Y va t’casser les noix, c’est un sacré connard !

J’étais anar, j’étais coco
Je buvais mon Cointreau
La fille est entrée dans le rade
A commandé une orangeade
Et m’a dit je suis écolo
Une fan de Nicolas Hulot
– L’écologie, mon chéri, c’est le parti des amis
Mais là l’important c’est qu’il faut
Faire barrage à Cécile Duflot
Faut des Verts dans les ministères
Mais ça ne pourra pas se faire
En s’réfugiant dans l’abstention
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Elle a dit non de non, a tourné les talons,
Déposé une motion, d’mandé mon exclusion

J’étais coco, j’étais anar
Affalé au comptoir
Le gars est entré dans le bar
A commandé un communard
Sapin m’a dit alors ça roule ?
Et ça m’a bien foutu les boules
– Mon gars, le père François, il compte sur toi
Le bilan du gouvernement
Tu l’as r’marqué est excellent
Malgré ce que prétend la presse
On a tenu toutes nos promesses
Et on va poursuivre notre action
Moi j’y ai dit : j’vote Fillon !
Pass’que j’crois dur comme fer que ça pourra se faire
Qu’un enn’mi d’la finance gouvern’ un jour la France

Quand tu fais des déclarations
A la gloire des flics et d’Fillon
C’est qu’t’as plus d’imagination
Et que t’es dev’nu un peu con

 

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stade-charletyL’accord intervenu entre le gouvernement et les organisations syndicales pour la manif de ce jour, à Paris, ouvre des perspectives intéressantes. Pourquoi ne pas créer un « anneau des manifestations » où se dérouleraient désormais toutes les protestations de masse ? Le stade Charléty, déjà chargé d’Histoire, ferait parfaitement l’affaire. Un filtrage sévère aux entrées, comme sur les boulevards menant à la place de la Bastille en ce jeudi, faciliterait le travail d’une police harassée. Les portiques à l’entrée permettraient de compter les manifestants, mettant ainsi fin aux estimations fantaisistes livrées tout à la fois par la Préfecture de police et les organisateurs. La détermination des participants serait estimée au nombre de tours de terrain effectué. Les simples sympathisants trouveraient place dans les gradins. Les caméras utilisées pour les retransmissions sportives pourraient servir, afin de fournir des images aux journaux télévisés. Ainsi, plus de casse, plus d’embouteillages. Que du bonheur !

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Après le sérieux avertissement lancé par une organisation de consommateurs quant à l’emploi risqué de nombre de produits cosmétiques contenant des allergènes et autres perturbateurs endocriniens, après la découverte de morceaux de plastique dans des barres chocolatées, qui a obligé une célèbre marque à les retirer de la vente, voici aujourd’hui que des protège-slips font l’objet d’un rapatriement urgent sur leur lieu de fabrication après la découverte d’un herbicide, le glyphosate, dans leur composition.
Ces malfaçons répétées touchant des produits de consommation courante ne doivent pas nous faire oublier que ça n’est pas là le seul domaine où les empoisonneurs opèrent et où la publicité sur les bienfaits de ce qui est proposé se révèle outrancièrement mensongère.
Ainsi, des amis qui s’intéressent de près à la politique ont analysé le socialisme de gouvernement tel qu’il est aujourd’hui proposé à l’électeur moyen, et ont trouvé dans cette mixture, déjà très insipide à l’origine, de fortes doses de macron et de valls, deux substances préoccupantes qui le rendent extrêmement dangereux, sans pour autant que son retrait soit envisagé avant 2017.
Cette dangerosité avait d’ailleurs, avant analyse, déjà rebuté beaucoup de consommateurs de ce produit avarié, les poussant à se tourner sans réfléchir vers certains ersatz : le tobira, par exemple, produit à base de couleuvres qui connut récemment un petit succès avant qu’on s’aperçoive que seul le distinguait, en vérité, un emballage tape-à-l’œil ; le lepène, un puissant laxatif régulièrement proposé à chaque consultation et qu’on paiera très cher ; le mellanchon, ensuite, âcre et fort en bouche au point d’avoir un effet émétique, et qui rebute grandement par le fait que nombre de ses composants portent la mention « made in China » ; le jupet, enfin, produit de luxe qui bénéficie manifestement d’un… abus de confiance.
L’organisme mis en place par ces amis évoqués plus haut, l’ANAR (l’Attention Nécessaire contre l’Arnaque Républicaine), vous conseille donc fortement de vous détourner de tous ces produits frelatés. Au plus vite !

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Au journal de France 2 (service public), ce 18 février, au sujet du projet de loi concernant le Code du travail, un jeune journaliste apprivoisé, évoquant les 35 heures auxquelles s’attaque violemment le gouvernement, parle de « totem ». C’est ainsi, désormais, avec parfois le terme « tabou », que la profession journalistique désigne, en adoptant ce parler libéral aux accents freudiens, la durée hebdomadaire du travail. Il s’agit par là même de montrer que des forces rétrogrades, passéistes, restent attachées à des « acquis » ringards présentés comme autant d’obstacles aux nécessités économiques du moment, seules à même d’assurer notre prospérité future.
Pendant des décennies, nous avons eu droit, souvenez-vous, aux fameux « avantages acquis », de plus en plus dénoncés, au fil du temps, comme autant de scandaleux privilèges auxquels restaient attachés des salariés égoïstes indifférents à une marche du monde nécessitant toujours davantage de sacrifices de la part des éternels sacrifiés.
Il est pour le moins cocasse de voir appliquées ces expressions flatteuses à tout ce qui a pu alléger, momentanément, la pénibilité du travail salarié, mais jamais à tout ce qui touche la fortune des décideurs patronaux et gouvernementaux. Car si vous venez vous promener avec moi avenue Foch ou avenue Mozart, à Paris, ou dans les quartiers cossus que sont les VIIe, VIIIe et XVIe arrondissements de Paris, par exemple, eh bien je suis à même de vous montrer ce que sont réellement des « avantages acquis », et non seulement acquis mais durables et toujours plus prospères, et jamais considérés comme un frein à la nécessité de s’adapter à un monde qui change.
Quand triomphe le credo patronal, triomphe aussi son langage.

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Chers électeurs de gauche, faut-il que vous soyez dans un profond désarroi pour vous trouver une Louise Michel au petit pied en la personne de Mme Taubira. Une sorte de nouvelle idolâtrie se développe depuis ce jour, qui ne va bien sûr pas sans le ridicule qui, par définition, l’accompagne (« Je me sens aujourd’hui comme orpheline », écrit sans rire une commentatrice quelque part sur un réseau social). A vos yeux, il suffirait donc aujourd’hui d’être à peu près fidèle à ses convictions pour devenir une héroïne ? Je dis « à peu près », car Mme Taubira restera quand même comme ayant fait partie d’un gouvernement qui aura bradé nombre d’acquis sociaux, trahi presque toutes les promesses de celui qu’il sert, sans que cela entraîne de sa part un « désaccord politique majeur », comme elle vient de le préciser à propos d’une déchéance de nationalité qui ne servira à rien. Le torpillage des 35 heures, la condamnation de syndicalistes à la prison ferme, le chômage croissant, la misère galopante partout présente, l’attitude scandaleuse vis-à-vis des réfugiés, l’arrogance de la finance, et j’en passe, tout cela ne relève pourtant pas du symbole et avait de quoi troubler la « caution de gauche » du gouvernement. Il y eut certes quelques coups de gueule devant les caméras, parmi les dorures et sur la moquette haute laine de l’Assemblée nationale, mais, harangue pour harangue, on me permettra de préférer les propos de Louise Michel devant ses juges des tribunaux versaillais. Le risque était alors tout autre que celui d’entraîner les huées d’un Ciotti ou d’un Collard et de quitter (momentanément) la scène avec une retraite enviable de ministre et les récompenses de la bourgeoisie. Cela avait quand même une autre gueule que ce spectacle médiocre et inutile entre personnes de bonne compagnie et parfaitement interchangeables. Alors, bien sûr, nombreux sont ceux qui mettent en avant le « mariage pour tous ». Faut-il rappeler que c’était une promesse du candidat Hollande à la présidentielle ? Tenir une promesse (sur combien ?) relèverait-il donc désormais de l’exploit et suffirait-il à vos yeux pour passer à la postérité ? Vraiment, vous en êtes là ?

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C’est officiel ! On peut désormais être un élu de la République et tenir, à voix basse, des propos xénophobes. Le 21 juillet 2013, le député-maire de Cholet (Maine-et-Loire), en conflit avec des gens du voyage, prononçait ces paroles qu’il est permis de qualifier, si l’envie vous en prend, de dégueulasses : « Hitler n’en a peut-être pas tué assez. »
Condamné pour cela le 12 août 2014 à une simple amende de 3000 euros, ce triste personnage osait pourtant affirmer que cette peine salissait cette pensée nauséabonde qu’il a dans le crâne et qu’il appelle sans rire son « honneur ».
Saisie d’un pourvoi en cassation, la chambre criminelle d’Angers, qui semble laver plus blanc que blanc les honneurs salis des notables, vient d’annuler cette condamnation, reprenant à son compte l’hallucinante défense du député-maire de Cholet : « Mon propos était marmonné, il n’était que pour moi. Et la preuve en est, c’est que personne ne l’a entendu à part un journaliste qui m’a enregistré à mon insu. » C’est ainsi : pour qu’il y ait apologie de crime contre l’humanité, il est nécessaire que le propos soit « proféré », c’est-à-dire tenu à haute voix, et non murmuré, même s’il parvient aux oreilles d’un journaliste et qu’il est ensuite rendu public.
A aucun moment, dans ce jugement dont la clémence s’inscrit sans doute dans une volonté appuyée de ne pas engorger davantage des prisons surchargées, il n’est tenu compte de la fonction particulière de la personne mise en cause, qui est un élu de la République, avec écharpe tricolore, l’amour de la liberté, de l’égalité et de la fraternité au fond des yeux, et tout et tout. D’autant qu’il ne nie absolument pas avoir tenu ce propos ignoble, mais s’appuie simplement, pour préserver la pureté de son « honneur », sur son volume sonore. L’abjection mezzo voce d’un représentant de la République ne vaut pas châtiment. Ce doit être ça, la douceur angevine.

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