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Archive for the ‘02. Derniers articles parus’ Category

Puisque certains commentateurs aiment les citations, en voici une : « J’ai horreur des gens dont les professions de foi libertaires naissent non point d’une analyse sociologique, mais de failles psychologiques secrètes. Si les jeunes reprochent, à juste titre, à certains disciples de Freud de chercher à les “ajuster” à une société malade, l’opération contraire par laquelle on veut ajuster la société à son psychisme malade ne me paraît pas une solution non plus. » (Romain Gary, Chien blanc, 1970.)

Le texte sur le rififi à Radio-Libertaire* m’a valu de subir une petite offensive de la part d’ardents insurgés de Poitou-Charentes à qui cette citation de Romain Gary est dédiée. Dans leurs commentaires quasi identiques s’étale une logorrhée indigeste et parfois involontairement comique où se côtoient les barricades de mai 1937 à Barcelone, le CRIF, les soldats allemands désarmés flingués en 1945, les ministres de la CNT durant la guerre d’Espagne, la LICRA, Berneri et Staline, l’antifascisme comme arme du Capital, etc. Il ne manque quasiment que le fameux raton-laveur de Prévert dans cet inventaire. Mais le rapport au poète s’arrête là, hélas, car la prose de ces futurs héros de la guerre de classes relève plutôt de ce charabia gauchiste insupportable que ni vous ni moi n’employons jamais, même quand il nous arrive de perdre les pédales.
Mais, comme le dit un bon ami, espérons toutefois qu’en ces temps de protection des espèces menacées ces militants soient protégés d’une extinction dans le paysage militant. Ils nous manqueraient.

Une autre réaction, bien plus inquiétante à mon sens, révélatrice encore une fois de la confusion malsaine qui règne au sein de la grande fraternité « antisioniste », est venue d’un lecteur apparaissant sous le nom de « Ni-dieu-ni-maître » et qui, pour éviter de parler du sujet, s’est lancé avec une certaine suffisance dans un petit cours d’histoire quelque peu révisée sur la question israélo-palestinienne. Jouant les forts en thème, cet historien approximatif a cru bon de joindre à sa démonstration un certain nombre de liens internet censés appuyer son propos. Or, parmi ces liens, « Ni-dieu-ni-maître » n’a vu aucun inconvénient à glisser celui de « francephi », derrière lequel on trouve un certain Philippe Randa. Je vous laisse aller sur n’importe quel moteur de recherche pour vous faire une idée du personnage et de ce que propose son site… Autre lien proposé : celui de l’UPR, l’Union populaire républicaine du souverainiste François Asselineau, personnage légèrement sensible aux thèses conspirationnistes et que son « antisionisme » rend apparemment fréquentable aux yeux de ces « libertaires » qui ricanent à propos de qui voit de l’antisémitisme partout, quand eux n’en voient jamais nulle part. Pas gêné pour un sou d’étayer son raisonnement avec de telles références, ce guignol se permet en outre d’ironiser sur le niveau intellectuel supposé de ses contradicteurs, assimilés à des fans de TF1.
Mais ce n’est pas tout. En cliquant sur le nom de ce « Ni-dieu-ni-maître », on accède à son propre site internet, « Arbre à palabres ». Et là, on trouve quantité de liens vers l’émission « Ni dieu ni maître » de RL, ou des vidéos. Parmi ces liens, certains renvoient vers des conférences données à Paris par l’historien suisse Daniele Ganser. Des notes de bas de page permettent elles aussi d’aller vers d’autres liens, comme celui des éditions Demi-Lune. Je vous laisse à nouveau le soin de vous renseigner plus avant sur ce personnage et ces éditions, si vous n’avez pas trop peur de plonger dans le cloaque des souteneurs de thèses complotistes.
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* Voir « Du rififi à Radio-Libertaire (où l’on reparle d’antisémitisme) ».
PS : merci aux anciens ou actuels animateurs de RL qui ont commenté mon article.

Précision : J’ai enlevé la conclusion initiale de cet article. Le blog du commentateur appelé « Ni dieu ni maître » ne relayant exclusivement que l’émission du même nom de Radio-Libertaire, j’ai donc pensé, par erreur, que ce commentateur et l’animateur de cette émission de RL était une seule et même personne. Je m’en excuse auprès dudit animateur.

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Deux émissions de Radio-Libertaire (RL), « Artracaille » et « Intifada », viennent récemment d’être supprimées de la grille de programmation de cette station, sur décision du « bureau » de RL, entraînant par solidarité le départ de quelques autres animateurs. Mise au point.

Deux émissions ont donc été supprimées très récemment de la programmation de RL. Dans un communiqué bourré de fautes d’orthographe, le « bureau » de RL – nouvelle appellation du secrétariat radio, semble-t-il – qualifie sa décision de « politique » et fournit comme motif la diffusion d’images « à caractère antisémite » à laquelle se seraient livrés les deux animateurs de ces émissions sur « leurs espaces numériques », à savoir leur blogue. Samedi 13 octobre, une animatrice de l’émission « Chroniques syndicales », Marie-Christine Peyrondet, manifestement très remontée, reçoit l’une des deux personnes exclues de RL, envers qui elle se montre totalement solidaire. Elle déclarera d’ailleurs cesser toute collaboration à RL, pour ainsi manifester son soutien aux exclus. Dans le propos de Marie-Christine, très violent envers les responsables de RL, comme dans celui de l’animatrice visée, les accusations d’antisémitisme sont niées avec vigueur, et la publication des illustrations incriminées motivée par ce qu’ils appellent leur antisionisme. Dans sa diatribe anti-« bureau », Marie-Christine rappelle qu’un certain nombre d’animateurs, par le passé, furent exclus de RL. Et parmi les noms qu’elle cite figure le mien. J’ai pu également constater que depuis samedi dernier, précisément, mon texte de mai 2011 intitulé « Silence radio ! », lui aussi évoqué et consacré à la suppression de deux émissions de RL de l’époque, faisait l’objet de nombreuses visites sur ce blogue. Voilà les raisons pour lesquelles, moi qui ne suis plus adhérent de la Fédération anarchiste ni animateur RL, j’écris aujourd’hui ce texte.
Sans doute le fait de me citer partait-il d’une bonne intention de la part de Marie-Christine, avec qui j’ai toujours eu de bonnes relations, mais, d’une part, il n’est pas exact de dire que j’ai été exclu de RL, même si les responsables d’alors furent sans doute très satisfaits de me voir partir*, et d’autre part parce que je ne voudrais absolument pas que l’émission que j’animais ni ma personne soient mises sur le même plan que le blogue de l’émission « Intifada » et ses animateurs.
Car, en effet, à l’appui de son propos, le « bureau » reproduit dans son communiqué la photo et le dessin incriminés. Et là, j’ai le regret de dire très nettement aux deux animateurs des émissions supprimées et à tous ceux qui les soutiennent que oui, mille fois oui, ces illustrations lamentables et ce qu’elles véhiculent sont, en l’état et faute de plus amples informations, très sérieusement de nature à entraîner la décision prise par les responsables de RL.
Le dessin, une création de l’animateur des émissions « Artracaille » et « Intifada », représente une petite embarcation pacifique censée apporter sa solidarité aux Palestiniens, face à un énorme bateau sur le point de la « croquer » et sur lequel trône trois personnages affublés des célèbres mèche et petite moustache hitlériennes et arborant une étoile jaune sur ce qui s’apparente à des chapeaux. Qu’il faille expliquer aujourd’hui encore à des militants ou sympathisants libertaires ce qu’a d’affligeant ce parallèle imbécile Juifs = nazis, et de monstrueusement conne et révoltante cette utilisation de l’étoile jaune pour mieux renforcer ce parallèle, est vraiment désolant.
La photo, elle, est un montage concernant le CRIF et des hommes politiques supposés être à sa botte, glanée sur le site du Parti antisioniste, notoirement antisémite, photo qui circule abondamment sur de nombreux sites fascistes et catholiques intégristes. Comme me l’a soufflé un camarade, dire que c’est problématique est un euphémisme. Comment des militants ou sympathisants libertaires peuvent-ils justifier la publication sur leur blogue d’une telle saloperie, sachant de plus d’où elle provient ?
Je ne connais pas personnellement les deux animateurs aujourd’hui virés de RL. A entendre l’animatrice exclue sur l’enregistrement de l’émission « pirate » du samedi 13 octobre, ils semblent sincèrement touchés par ce qui leur arrive. S’ils sont de bonne foi, ce que je veux bien croire, cela montre quand même, pour le moins, l’extrême confusion dans laquelle pataugent aujourd’hui un certain nombre de militants libertaires, ces deux animateurs en particulier. Et si des militants préoccupés de façon obsessionnelle par la question israélo-palestinienne ne comprennent pas – ce qui semble être le cas – que la meilleure façon de montrer qu’on n’est pas antisémite consiste à ne pas diffuser les clichés éculés circulant sur les Juifs dans les milieux les plus nauséabonds, alors c’est à désespérer de leur intelligence. Sur certains sujets, la bêtise ne peut être une circonstance atténuante.

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* Je raconterai en temps voulu comment prit fin ma collaboration à Radio-Libertaire.

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Fin septembre, le nouveau chef du gouvernement cubain, Miguel Díaz-Canel, la marionnette du retraité Raúl Castro, s’est rendu à New York. Entre autres activités, il y a été reçu par un aréopage de personnalités du monde du spectacle et des arts, qui de tout temps a fourni le gros des troupes de ceux que Lénine appelait les « idiots utiles », agrémentant par leur présence la camelote faisandée proposée par la propagande communiste. Cette mise en valeur du représentant de la dictature des Caraïbes est d’autant plus lamentable et indécente en un moment où, à Cuba, nombre d’artistes indépendants se battent contre la mise en œuvre prochaine du décret 349 qui bâillonnent encore davantage les activités artistiques sur l’île, entièrement soumises au bon vouloir de l’Etat (voir « Le décret n°349 et la politique culturelle de l’Etat cubain »).
Je vous propose de lire ci-dessous ce que cette misérable mascarade new-yorkaise a inspiré à un ami cubain vivant à La Havane.

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« Fuck you, Robert De Niro ! »

Durant sa visite à New York, M. Díaz-Canel, considéré par beaucoup comme le fantoche de Raúl Castro, a été accueilli chaleureusement lors d’une rencontre avec des personnalités du monde culturel états-unien, dans le tristement célèbre Dakota Building.
Parmi les figures qui ont rendu un hommage enthousiaste à M. Díaz-Canel se distinguaient des personnalités hollywoodiennes comme Bennet Miller, Katy Holmes, Dakota Johnson, des célébrités comme Chris Martin, du groupe Coldplay, Patty Smith, les rappeurs Nas, Q-Tip et Jon Batiste.
Comme tout est possible dans le monde « progressiste », le très communiste Díaz-Canel a côtoyé allégrement des bourgeois milliardaires comme l’amusant fondateur de Studio 54, Ian Schrager, ainsi que Juliana Hatkoff, Charles Neidich, et bien sûr Carole et Alex Rosenberg, les collectionneurs d’art et fondateurs du Havana Film Festival, une rencontre connue pour censurer les films gênants pour le gouvernement cubain.
Mais parmi tant de célébrité, d’argent et de talent, se détachait, à la tête de ce groupe enthousiaste, cet autre grandissime acteur qu’est Robert De Niro.
L’opinion d’un grand acteur n’est certes pas plus ou moins respectable que celle d’un horticulteur, mais le fait d’être une immense personnalité publique transforme cette démonstration d’affection envers ce dirigeant cubain en consécration de ce qu’il représente.
Cette étrange situation, dans laquelle une personne à la réputation libérale (au sens états-unien) et d’activiste social montre publiquement un soutien à un personnage terne qui représente la plus ancienne dictature de l’Occident, mérite quelques réflexions.
– Robert De Niro est milliardaire. Ne voit-il pas de contradiction dans le fait de recevoir le représentant d’un gouvernement qui ne reconnaît pas la liberté d’entreprise ?
– Robert De Niro exprime publiquement ses opinions politiques. Ne voit-il pas de contradiction dans le fait de recevoir le représentant d’un gouvernement qui bâillonne la liberté d’expression ?
– Robert De Niro peut voyager quand il le souhaite. Ne voit-il pas de contradiction dans le fait de recevoir le représentant d’un gouvernement qui limite la libre circulation de ses citoyens, sur le plan national comme international ?
– Robert De Niro agit comme il l’entend dans des films comme Des hommes d’influence. Ne voit-il pas de contradiction dans le fait de recevoir le représentant d’un gouvernement qui censure l’art ?
Robert De Niro peut se réunir avec qui il veut. Ne voit-il pas de contradiction dans le fait de recevoir le représentant d’un gouvernement qui limite étroitement la liberté d’association ?
Est-ce là le gouvernement sous lequel aimeraient vivre Robert De Niro et ses amis milliardaires ? Est-ce là le gouvernement qu’il souhaite pour les Etats-Unis ? Si c’est le cas, ils pourraient emménager à Cuba, mais sinon pourquoi, bordel, reçoivent-ils avec tous les honneurs le représentant de ce gouvernement et par là même le légitiment-ils publiquement ?
Robert De Niro et ses amis savent-ils ce qui arriverait à un Cubain, célèbre ou pas, qui déciderait de recevoir le président des Etats-Unis ou qui parlerait mal, publiquement, du gouvernement cubain ? Ils doivent le savoir ! Ils s’en moquent ? Comment le justifient-ils ?
Je comprends et je partage la haine, oui, la haine que Robert De Niro éprouve envers Trump, mais, s’il vous plaît, comprenez-le, ce personnage qui fait honte au monde entier a été élu par ses concitoyens et il disparaîtra assez vite de l’histoire. Robert De Niro et ses amis savent-ils qui a élu Díaz-Canel et que le peuple cubain n’a absolument rien à dire sur le temps que durera sa permanence à son poste ? Ils s’en moquent ?
Je fais miennes les paroles que Robert De Niro a adressées à Trump durant la cérémonie des Tony Awards, et maintenant je les lui adresse à lui, De Niro : « Fuck you ! »

Repatriado
(traduction Floréal Melgar)

Source : « Havana Times »

 

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Les scènes d’une violence devenue insupportable – lynchage, torture, viol, etc. – dans les films, téléfilms, séries, sont à présent légion. Dès lors qu’un critique s’aventure à dénoncer cette violence outrancière, il n’est pas rare que le réalisateur lui-même ou ceux qui l’encensent tentent de nous convaincre qu’en réalité, derrière ces images atroces poussées à l’extrême, se cache en vérité une dénonciation, évidemment mal comprise, de la violence. L’intention est presque toujours noble, à les en croire.
En quête de gloire, même passagère, un rappeur, un de plus, petit malin conscient que la meilleure façon de faire aujourd’hui parler de soi est de verser dans l’abjection, appelle donc à un massacre de bébés blancs, tandis que leurs parents seraient pendus ou écartelés pour leur éviter, sans doute, un chagrin prolongé. C’est ce que dit sa « chanson », sur fond de pendaison et d’exécution de deux hommes blancs. Comme prévu, aussitôt, les réactions indignées affluent. C’était le but.
C’est alors que commence la seconde phase de l’opération, désormais inévitable, celle des nobles motivations. Et comme le gars capable de glisser dans son film quatre scènes sanglantes d’arrachage des ongles et trois autres, bien glauques, de viol en réunion vous somme de croire que son seul souci était par là même de vous convertir à son pacifisme intégral, voilà le rappeur-lyncheur qui se mue en douce colombe au pied des potences qu’il a lui-même dressées « artistiquement ».
« Le choc était voulu », affirme le sombre crétin, mais si l’on y regarde bien, « en profondeur » (sic), « c’est un message d’amour ».
Le temps viendra bientôt, pas très lointain au train où vont les « buzz », où il nous sera scandé, sur fond d’images réalistes, qu’il est nécessaire de violer des petites filles. Puis on nous dira avec aplomb et la main sur le
cœur, devant nos airs effarés, que nous n’avons encore rien compris et que c’est là l’expression d’un féminisme humaniste.
Sale temps ! Sale époque !

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Camillo Berneri

Dans un sursaut moral dont nous n’avons jusque-là jamais fait preuve, et dans la foulée de la reconnaissance, par Emmanuel Macron, de la responsabilité de l’Etat français dans l’assassinat du militant communiste Maurice Audin durant la guerre d’Algérie, nous, Parti communiste espagnol, reconnaissons notre responsabilité dans la disparition, la torture et l’assassinat, sur ordre du camarade Staline, de nombreux militants libertaires de la CNT et de « trotskistes » du POUM, notamment Camillo Berneri et Andrés Nin, durant la guerre civile d’Espagne.

Parti communiste espagnol
(p.c.c. Floréal)

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Depuis le 20 avril dernier, des artistes cubains non serviles luttent pour que ne soit pas pas appliqué le décret n°349 concocté par le gouvernement de Miguel Díaz-Canel, successeur de Raúl Castro à la tête de la dictature cubaine. Ce décret relatif à la politique culturelle devrait entrer en vigueur en décembre prochain et, s’il est maintenu, signer l’arrêt de mort de toute activité artistique indépendante sur l’île. Ceux qui pensaient honnêtement mais naïvement qu’après la mort de Fidel Castro puis le prétendu effacement de son frère à la tête de l’Etat allait s’instaurer une petite ouverture et naître à Cuba certaines libertés fondamentales, comme celle de s’exprimer librement, pourront une fois de plus verser de chaudes larmes sur leurs illusions perdues.
Vous trouverez ci-dessous un résumé en sept points du projet de décret, ainsi que des extraits dudit décret dont la traduction est due à l’organisation Amnesty International.

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Les artistes cubains, qu’ils soient diplômés de l’enseignement artistique, de l’enseignement général ou amateurs, doivent être reconnus et enregistrés par l’Etat pour exercer professionnellement.
Seuls les artistes qualifiés et inscrits au Registre des créateurs des arts plastiques et arts appliqués sont autorisés à faire des présentations ou des prestations publiques, ou tenir des espaces de commercialisation dans le domaine des arts plastiques.
Les artistes seront tenus d’être en lien avec une institution de l’Etat pour obtenir une rémunération pour leur travail. Ceux qui ne respectent pas les normes de la politique culturelle pourront faire l’objet de mesures disciplinaires de la part de cette institution, y compris sur le plan économique.
Seules les institutions autorisées par le ministère de la Culture ou l’Institut cubain de radio-télévision peuvent établir des relations de travail avec les artistes, les représenter pour commercialiser leur production et œuvres artistiques auprès du public.
Les artistes ne pourront profiter de leurs productions et spectacles artistiques ou développer ou exposer en public leur art et leur talent sans autorisation de l’Etat. Ils ne sont pas autorisés non plus à s’exprimer en utilisant des symboles nationaux. Les personnes qui ne sont pas enregistrées comme artistes sont exclues de l’accès aux pratiques artistiques.
Les fonctionnaires de l’Etat décident par exemple, sans qu’aucun obstacle ne puisse leur être opposé, si un livre respecte ou non les valeurs éthiques et culturelles ; il leur appartient d’estimer si les productions audiovisuelles, la musique ou les représentations artistiques promeuvent la discrimination, la violence, ou emploient un langage sexiste, vulgaire et obscène.
Des superviseurs et inspecteurs de l’Etat décideront s’il est nécessaire de dresser des amendes allant de 1000 à 4000 pesos, ou d’opérer la saisie des biens culturels. Ces deux formes de sanction pourront être appliquées simultanément, dans tout lieu public dépendant de l’Etat ou pas, à une personne, un groupe, un organisme qui ne respecte pas la politique établie par le ministère de la Culture. Superviseurs et inspecteurs pourront également suspendre de manière immédiate tout spectacle ou projection, ou demander l’annulation de leur autorisation.

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Extraits du décret n°349

Dans la mesure où il est nécessaire d’actualiser le décret n° 226 (…) INFRACTIONS À LA RÉGLEMENTATION EN MATIÈRE DE POLITIQUE CULTURELLE ET SUR LA PRESTATION DE SERVICES ARTISTIQUES

Constituent des infractions à ce décret, les comportements qui enfreignent les normes et dispositions en vigueur en matière de politique culturelle et de prestation de services artistiques établies par le ministère de la Culture, dans toute manifestation artistique perpétrée par des personnes physiques ou morales, en des lieux ou installations publics, appartenant à l’État ou non.

DES INFRACTIONS
Dans la prestation de services artistiques, les comportements suivants constituent une infraction (…)
e) Celui qui effectue une prestation de services artistiques sans être autorisé à exercer un travail ou une activité artistique.
On considère qu’il y a infraction lorsqu’une personne physique ou morale utilisant des médias audiovisuels y montre des contenus comprenant : a) utilisation des symboles nationaux contrevenant à la législation b) pornographie c) violence d) langage sexiste, vulgaire ou obscène (…).
Il y a également infraction lorsqu’une personne physique ou morale s’engage dans l’un des comportements suivants : (…).
b) crée des espaces de commercialisation des arts plastiques sans posséder d’autorisation ni être inscrit au Registre du créateur des arts plastiques (…)
f) commercialise des livres dont le contenu est préjudiciable aux valeurs éthiques et culturelles (…)

DES MESURES
Contre les violations mentionnées dans le présent décret peuvent s’appliquer indistinctement une ou plusieurs des mesures suivantes :
a) avertissement b) amende c) confiscation des instruments, appareils, accessoires et autres biens.
2. Conjointement aux mesures qui s’imposent, l’autorité compétente peut :
a) suspendre immédiatement le spectacle ou la projection et
b) proposer l’annulation de l’autorisation à exercer une activité professionnelle en tant que travailleur indépendant (…)

AUTORITÉS COMPÉTENTES POUR APPLIQUER LES MESURES ET TRAITER LES RECOURS
Les autorités compétentes pour inspecter (…) et appliquer les mesures adéquates sont les superviseurs-inspecteurs désignés par le ministère de la Culture (…).

Fait au Palais de la Révolution, La Havane, le 20 avril 2018.

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En Espagne, le gouvernement a décidé de lancer le processus d’exhumation des restes du dictateur Franco du Valle de los Caídos (la « vallée de ceux qui sont tombés ») où sont enterrés nombre de fascistes ainsi que des combattants du camp dit « républicain ». La famille de Franco s’oppose à ce projet.
Voici, sur le sujet, le communiqué de nos amis de l’organisation anarcho-syndicaliste CNT d’Espagne.

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La CNT salue l’initiative qui devrait amener à l’exhumation des restes du dictateur Francisco Franco du Valle de los Caídos, même si l’on peut être surpris par la « rapidité » des politiciens de gauche de ce pays, qui ont attendu seulement un peu plus de quarante années pour prendre une décision qui, par ailleurs, s’en tient au minimum. Mais puisque cela devrait être mené à bien, nous leur adressons une première demande : que cela soit fait un 18 juillet, pour que le monstre sorte enfin des vies de tant de victimes qui l’entourent un même jour où il est entré dans les leurs pour les dévaster.
Et dans le même ordre de choses, si la famille ne veut pas prendre en charge les restes du dictateur, en mettant en branle une armée d’avocats pour éviter son exhumation, ce qui aura pour conséquence que le geste du gouvernement coûte encore davantage d’argent public, nous proposons des solutions similaires à celles qui furent trouvées pour Hess ou Goering, incinérés et dont les cendres furent jetées à l’eau – ce qui évitera le vandalisme que semble craindre la famille affligée –, mais dans une version plus adaptée au personnage : un fossé pour lui seul dans quelque coin perdu. Le plus difficile sera de trouver l’endroit adéquat, car lui-même s’est amplement chargé de ne laisser que peu de surface disponible sans que, sous terre, les restes de ses victimes attendent.
Nous suggérons également que ce projet soit complété, et cela un peu mieux que lors de la fameuse « transition* » : supprimer toutes les subventions de l’Etat à la communauté des moines ; leur ôter le contrôle d’un lieu qui, curieusement, est considéré comme patrimoine national, mais qui est contrôlé par l’Eglise ; suggérer à cette communauté de moines qu’elle se trouve un autre lieu de résidence après un audit sur son – notre – financement et l’utilisation de l’argent.
Ensuite, supprimer le statut de patrimoine national à un lieu de sang, de terreur, de misère et de souvenir d’une dictature féroce et assassine. Nous préférerions que les patrimoines nationaux soient consacrés à l’art et à l’architecture, qu’ils puissent nous enrichir culturellement. Et, enfin, faire sauter les éléments les plus visibles de l’ensemble. Qu’il ne reste plus debout une seule pierre de ce symbole fasciste bâti avec le sang et la sueur des vaincus, lieu de démagogie sans-gêne alors qu’ils ont osé parler de lieu de réconciliation. Et, parmi les ruines laissées en l’état, créer un lieu contre l’oubli de la barbarie franquiste.
Ne croyez pas que nous ayons oublié ceux qui sont enterrés. Nous prenons pour acquis que, si les politiques ont un peu de dignité et de mémoire, ils mèneront à terme l’indispensable processus d’exhumation des restes de ceux qui, même après leur mort, furent traités comme des vaincus et obligés de reposer au côté de leur bourreau.
Nous leur souhaitons bonne chance et réussite.

(Traduction : Floréal Melgar)

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Note du traducteur : la « transition » désigne la période qui a suivi la mort de Franco, au cours de laquelle partis de gauche et franquistes notoires « relookés » se sont entendus pour établir une « démocratie » à leur goût, quelque peu amnésique, entre autres.

Source : site CNT d’Espagne.

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