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Archive for the ‘02. Derniers articles parus’ Category

Au-delà de l’écume et des vagues artificiellement gonflées qui illustrent la pitoyable chronique du PAF, il est temps de proclamer que Monsieur Cyrille Hanouna est un grand professionnel. Et il n’est pas seul.
Il est très exactement the right man at the right place : qui il faut, où il faut, quand il faut. Monsieur Cyrille Hanouna fait bien, fait très bien, fait excellemment ce pourquoi il est où il est.
Monsieur Cyrille Hanouna a été embauché par Monsieur Vincent Bolloré pour viser bas, viser très bas, viser au plus bas, afin d’élever haut, d’élever très haut, d’élever au plus haut et l’audience et le rendement des investissements de Monsieur Vincent Bolloré.
Monsieur Cyrille Hanouna et Monsieur Vincent Bolloré sont deux très grands professionnels qui ont bien mérité du PAF.

Jean Verlinde

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Maintenant que le dauphin est installé sur le trône de France, les échanges discourtois, l’invective, où la volonté de blesser, d’humilier et de salir a nettement dominé celle de convaincre, vont peut-être pouvoir cesser, encore qu’une campagne législative s’annonce, guère de nature à calmer les esprits. Il nous faudra donc patienter encore un peu avant d’être libérés du discours électoral et de ses savants stratèges.
Il y a évidemment bien des gens dont la vie, le parcours, les engagements, témoignent de leur combat permanent et de leur attachement à voir naître une société libre, égalitaire et fraternelle, et qui, lors de cette élection présidentielle, se sont abstenus ou ont voté blanc. Leur seul « tort » est précisément de ne pas étaler leur vie sur les réseaux sociaux. Cela leur aurait peut-être épargné quelques injures et calomnies, mais rien n’est moins sûr. Car rien n’y fait en ces périodes où toute raison, où tout sens de la nuance, aussi tout attachement à une décence commune disparaissent bel et bien. Le temps d’une campagne électorale, tout s’efface, et il leur aura fallu malgré cela supporter ces assimilations stupides, et parfois même franchement dégueulasses, les ramenant au rang de complices du fascisme, quand bien même cette vie, ce parcours, ces engagements bien réels n’ont rien à voir avec ces postures ridicules que prennent le plus souvent nombre d’antifascistes de tapis de souris, de résistants d’isoloir d’un jour.
Leurs accusateurs ont voté Macron et l’ont proclamé haut et fort, ce qui est hautement héroïque, j’en conviens. Cependant, même si je peux bien sûr me tromper,  je ne pense pas que les réseaux sociaux puissent être comparés au maquis du Vercors en 1943, ni le fait de se rendre au bureau de vote assimilable au Débarquement de Normandie. Un poil d’humilité serait donc bienvenu de la part de ceux-là qui pensent avoir reconstitué « l’armée des ombres ». Dans le rôle, Lino Ventura, Paul Meurisse, Simone Signoret et quelques autres avaient davantage de talent, et sans doute même de modestie.

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A la présidentielle de 2007, le candidat du FN a obtenu 3.834.530 voix. Sarkozy fut élu. Pour l’élection suivante, la candidate FN recueillait 6.421.426 voix. Hollande fut élu. Récemment, la candidate FN a obtenu 7.678.491 voix.
On constate donc une incessante progression du FN, et on a le droit de penser – c’est mon cas – que les politiques menées de 2007 à 2017 y sont en grande partie pour quelque chose. Il convient de rappeler également l’immense responsabilité de Mitterrand dans l’essor du FN, favorisé à outrance par le Machiavel de Château-Chinon dans le seul but d’emmerder la droite classique. C’était politiquement très dangereux (la preuve !) et moralement dégueulasse, mais c’était Mitterrand, le grand héros du peuple de gauche. A ce titre, il faut croire qu’il mérite moins de violence et d’insultes que ce cher abstentionniste, même s’il joua avec le feu au point que nous soyons tous aujourd’hui menacés par l’incendie.
Moi, à la place des électeurs de Mitterrand, de Sarkozy et de Hollande, je me sentirais quand même un peu responsable des politiques qui ont favorisé cette constante progression du FN puisque ayant, par un vote en leur faveur, permis à ces hommes de mener ces politiques. En m’adressant à l’abstentionniste, pour tenter de le convaincre d’éviter la victoire de la candidate du FN le 7 mai prochain, je crois que je ferais donc preuve d’un peu d’humilité et que je m’interrogerais, d’une part, sur cette sale manie qui consiste à s’auto-amnistier de toute responsabilité dans le désastre en condamnant toujours les autres, et, d’autre part, à désigner stupidement et à l’avance l’indispensable, unique et invariable bouc émissaire des trouilles et des désillusions au travers de cet abstentionniste.
Au lieu de ça, eh bien non, c’est toujours les termes désagréables, blessants et injurieux qui dominent, assénés avec une suffisance sidérante. Au mieux, le citoyen tenté par l’abstention est un sophiste, au pire un agent du fascisme. Entre les deux, à en croire les innombrables commentaires ou dessins publiés, il est tour à tour responsable des noyades de migrants en Méditerranée, complice de Bachar al-Assad, de Poutine et autres crapules du même genre, et aussi, évidemment, déjà coupable de toutes les saloperies à venir. Et eux, ces accusateurs, qui ont placé au pouvoir ceux-là mêmes qui n’ont cessé d’offrir des tremplins au FN, que sont-ils ? D’ardents républicains, bien sûr, de grands démocrates conscients des dangers, des remparts contre la barbarie, que dis-je ?, des Jean Moulin !
Y en a un peu marre, les amis, de ce concert de casseroles, de calomnies et de bêtise ! Moi, si j’étais abstentionniste ( 🙂 ) mais toutefois prêt à me laisser tenter pour un coup de pouce électoral aux vaillants résistants antifascistes de la Toile, j’exigerais pour le moins de ces permanents responsables de rien qu’ils me le demandent gentiment, poliment. Et même à genoux !

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Aujourd’hui 16 avril, jour anniversaire d’une grande boucherie patriotique.

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Cette chronique aurait pu prendre les allures d’un jeu et s’intituler « Un guignol s’est glissé parmi les personnages marquants de l’anarchisme international : sauras-tu le reconnaître ? ».
Sur l’indication d’un ami, je me suis penché de plus près sur le tout début du documentaire « Ni Dieu ni maître – Une histoire de l’anarchisme », de Tancrède Ramonet. Il s’ouvre, à la vingtième seconde, sur une mosaïque composée de centaines de petites photos des personnalités marquantes de l’anarchisme. Puis la caméra zoome sur cette mosaïque et aussitôt, l’image se faisant de plus en plus nette, l’on commence à en reconnaître quelques-unes : Malatesta, Louise Michel, Federica Montseny, Erich Mühsam, Bakounine, Salvador Puig Antich, Maurice Joyeux, Marius Jacob, Jules Bonnot, Louis Lecoin, Léo Ferré, etc. On y distingue aussi les visages de quelques personnalités qui, sans s’être déclarées pleinement anarchistes, en furent parfois très proches, comme George Orwell et Bertrand Russell, qui trouvent ici fort logiquement leur place. Puis le zoom poursuit son approche, et d’autres personnages nous apparaissent clairement : Durruti, Ascaso, Elisée Reclus, Rudolf Rocker…
L’image se met alors à défiler de droite à gauche et, à la trente-cinquième seconde, en haut à droite de l’écran, apparaît alors le visage de celui qu’on n’attendait pas ici, mêlé à tous ces hommes et ces femmes éminemment respectables pour leur engagement, leurs combats et leurs écrits, apparition qui ne peut que déclencher alors un vaste éclat de rire ou une indignation justifiée : le faux loubard fils à papa, l’anarchiste d’opérette, le révolutionnaire pour comédie musicale, l’embrasseur de flic, l’admirateur de Mitterrand, le copain des snipers, celui qui voyait en Fillon « un honnête homme », le résistant intrépide devenu pro-Macron pour nous sauver du fascisme et qui prend soin de le faire savoir. Bref, la folle girouette, le chanteur Renaud !
Renaud anarchiste ? Et pourquoi pas Florent Pagny pendant qu’on y est ?!…

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Proudhon peint par Courbet

Le documentaire « Ni Dieu ni maître – Une histoire de l’anarchisme », réalisé par Tancrède Ramonet, était diffusé sur la chaîne Arte, mardi 11 avril. Commençons donc par saluer cette chaîne pour avoir osé aborder un sujet habituellement réservé, quand il est traité, aux bouche-trous de l’été, à des horaires ne pouvant satisfaire que les insomniaques. Signalons également combien l’histoire de femmes et d’hommes dépourvus d’ambitions personnelles, luttant pour une égalité, une liberté et une fraternité véritables, est venue apporter une bouffée d’air frais et agréablement respirable au cœur d’une période marquée par la politicaillerie la plus vulgaire, campagne électorale oblige.
Dans l’ensemble, ce documentaire, qui présente un premier intérêt en abordant l’histoire mondiale de l’anarchisme, et non plus seulement celle des principaux pays européens où ce courant de pensée joua un rôle important, se révèle très honnête et de nature à fournir une première approche intéressante à qui ne connaît rien ou pas grand-chose en la matière. Il pourra même, espérons-le, amener les non-initiés à approfondir le sujet, une littérature abondante étant désormais disponible. Les connaisseurs, eux, trouveront bien sûr à redire sur certains points de détail, ce qui est inévitable pour ce type de travail, l’abondance des informations fournies se devant d’être condensée.
Pour ma part, il m’a semblé fort discutable, par exemple, d’enrôler aussi aisément Marinus van der Lubbe, l’incendiaire du Reichstag en février 1933, dans les rangs anarchistes. Une grande confusion suit également l’information sur la tenue d’une « Conférence internationale pour la défense sociale contre les anarchistes », tenue à Rome en 1898, où se retrouvèrent les représentants d’un nombre important de gouvernements du monde entier. Pour souligner l’inefficacité de cette rencontre, le commentateur dresse une liste de têtes couronnées et de chefs d’Etat « tombés sous les coups des anarchistes » au cours des années suivantes. Or il est évident que certains des meurtriers de ces personnages importants n’ont rien à voir, ni de près ni de loin, avec l’anarchisme. C’est le cas, par exemple, de Gavrilo Princip, l’assassin de l’archiduc François-Ferdinand, en juin 1914, qui était un nationaliste yougoslave totalement étranger à l’anarchisme et pourtant curieusement inclus dans la liste qu’égrène la voix off.
Au début du second volet, sur fond de carte du monde indiquant les pays où le mouvement anarchiste fut solidement implanté, le même commentateur se laisse quelque peu emporter par son sujet en affirmant sans rire qu’il fut une époque « où l’anarchisme domina le monde ». Tout doux, l’ami, n’exagérons rien…
Dans l’ensemble, les interventions des historiens et personnalités invitées à s’exprimer apportent un éclairage bienvenu sur chacun des épisodes évoqués dans cette longue histoire, à l’exception sans doute de Frank Mintz évoquant la plateforme d’Archinov et qui, une fois de plus, apparaît davantage ici sous un jour militant plutôt que sous celui d’un historien rigoureux, même occasionnel. Rappelons, car cela n’a pas été précisé, que cette fameuse plateforme fut très largement rejetée par les diverses organisations et principaux penseurs de l’anarchisme, tels Malatesta, Voline et d’autres, et y compris d’ailleurs par le mouvement libertaire espagnol, le plus organisé et le plus constructeur.
Mais, répétons-le, ce documentaire, qui embrasse la période s’étendant de 1840 jusqu’au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et qui présente le mérite supplémentaire de ne rien omettre des erreurs, des égarements et des épisodes très controversés comme celui de la « propagande par le fait », demeure une excellente introduction à une histoire de l’anarchisme trop largement méconnue.

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10212093-couper-un-gant-de-toilette-pour-en-faire-une-trousse-a-savonC’est l’histoire d’un jeune gars, un ouvrier, qui adhère au Parti communiste. Dans la cellule où il milite, des camarades aguerris, voyant qu’il n’est pas très au fait de la théorie, lui indiquent qu’au sein du Parti il y a une école de formation. Le gars est un peu réticent, c’est un manuel, il n’a pas fait beaucoup d’études, il a peur de ne pas être à la hauteur. Ses camarades insistent, lui disent qu’il n’a rien à craindre, qu’ils vont l’adresser à un vieux communiste pas du tout hermétique, que ça ne sera pas un cours magistral, que tout se passera bien.
Le gars finit par accepter et on lui présente son « professeur ». Malgré tout il tient à répéter qu’il n’a pas beaucoup de bagage, qu’il n’est pas un intellectuel. Le militant formateur le rassure : « Ne t’inquiète pas, ici tu n’es pas à l’Université, je ne suis pas le professeur à la science infuse, tu vas voir, ça va bien se passer. Aujourd’hui, pour ton premier cours, je vais t’enseigner ce qu’est la dialectique, qui est une notion très importante dans la théorie marxiste. »
« Dialectique ». Rien que le mot, ça effraie déjà le jeune gars. Le formateur s’en aperçoit et le rassure à nouveau : « T’inquiète pas, je te dis ! Je ne vais pas te prendre la tête avec des mots savants. Je vais te faire comprendre ce qu’est la dialectique à l’aide d’une devinette. C’est tout simple. Alors voilà : deux types marchent le long d’une route, l’un est sale, l’autre est propre. Sur leur chemin, ils tombent sur un seau d’eau, un gant de toilette et un savon. Qui va se laver  ? Réfléchis, prends ton temps avant de me répondre. » Le jeune gars est surpris, il sourit, et répond illico : « Celui qui est sale ! »
Je t’ai dit de prendre ton temps avant de me répondre, rétorque le vieux militant. Réfléchis ! Celui qui est propre, s’il est propre c’est parce qu’il a pris l’habitude de se laver. Celui qui est sale, s’il est sale c’est parce qu’il ne se lave pas. C’est donc celui qui est propre qui va se laver ! »
Le jeune gars est un peu surpris. « Ah bon ! » fait-il. Le militant formateur lui dit alors qu’il ne doit pas s’inquiéter, que ça n’est pas grave. « On va recommencer, tu vas voir, tu vas comprendre. Alors voilà, deux types marchent le long d’une route, l’un est sale, l’autre est propre. Sur leur chemin, ils tombent sur un seau d’eau, un gant de toilette et un savon. Qui va se laver ? » Le jeune gars hésite trois secondes et répond : « Ben, celui qui est propre. »
sof-310103Bon sang, mais prends ton temps avant de répondre, combien de fois je dois te le dire ?! Réfléchis ! Celui qui est propre, s’il est propre il n’a aucun besoin de se laver, tandis que celui qui est sale, s’il est sale il a de bonnes raisons de se laver. C’est donc celui qui est sale qui va se laver ! »
– Mais, tu disais…
– Tss tss tss ! T’occupe pas ! C’est pas dramatique. Tu vas finir par comprendre. On recommence, mais surtout, je le répète, réfléchis bien avant de répondre. Deux types marchent le long d’une route, l’un est sale, l’autre est propre. Sur leur chemin, ils tombent sur un seau d’eau, un gant de toilette et un savon. Qui va se laver ? »
Là, le jeune gars hésite un bon moment et finit par lâcher : « Celui qui est… sale… »
Ah ! c’est pas possible, mais tu le fais exprès ! Je t’ai dit de réfléchir, bon sang ! Celui qui est propre s’il est propre c’est qu’il est l’habitude de se laver, qu’il en ressent la nécessité ; celui qui est sale s’il est sale il a forcément besoin de se laver. Ils vont donc se laver tous les deux ! »
– Ah ! là là ! je comprends rien ! J’en ai marre, dit le jeune gars.
Calme-toi ! C’est pas grave. Je suis certain que tu vas comprendre. Allez, une dernière fois : deux types marchent le long d’une route, l’un est sale, l’autre est propre. Sur leur chemin, ils tombent sur un seau d’eau, un gant de toilette et un savon. Qui va se laver ? »
Le jeune gars pousse un grand soupir et, un peu las, décide de répondre : « Ben, les deux. »
Mais non, voyons ! Celui qui est propre, s’il est propre il n’a pas besoin de se laver ; celui qui est sale s’il est sale c’est qu’il n’a pas l’habitude de se laver. Aucun des deux ne va donc se laver !
– Ah ! merde ! j’en ai ras-le-bol, dit le jeune gars. C’est toujours le même problème, la même question qui est posée, et tu ne réponds jamais deux fois la même chose !
– Ah ! enfin ! Ça y est, t’as compris ce que c’est que la dialectique ! »

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