Le 8 septembre 2019, des activistes cubains avaient appelé à une manifestation à La Havane, qu’ils avaient nommée « marche des tournesols », pour la défense des droits humains et la libération de tous les prisonniers politiques. Cette marche avait été sévèrement réprimée par le régime et une centaine de ces activistes avaient été arrêtés.
Ces mêmes activistes, rejoints depuis par d’autres, ont alors décidé de faire désormais de cette date du 8 septembre le jour de la « révolution des tournesols », invitant les Cubains à se montrer dans les parcs publics avec cette fleur à la main, ou à l’afficher sur les pages des réseaux sociaux et partout où cela est possible. Il était également demandé de faire des graffittis sur les murs des bâtiments appartenant à l’Etat, de mettre des autocollants sur les véhicules du régime totalitaire et de distribuer des tracts dans les lieux publics, dans les nombreuses et énormes files d’attente devant les magasins d’alimentation, etc.
Cette année encore, le régime dictatorial castro-communiste s’est évidemment activé pour empêcher toute visibilité de cette contestation de sa politique répressive. Dès le samedi 5 septembre, Yordanis Labrada, Ángel Suárez, Rolando Mora, Erik Guzmán Rodríguez, Omar Salas, Lariuska Molina, Yeroslandy Calderin, Mercedes Moya, José Daniel Ferrer García, José Daniel Ferrer Cantillo et Nelva Ortega, promoteurs de l’opération « révolution des tournesols », étaient arrêtés par la police politique. Dans les trois jours qui ont suivi, les détentions se sont multipliées, touchant les régions de Boyeros, Santiago de Cuba, La Havane, Guantánamo, Holguín, Ciego de Avila et Las Tunas.
Parmi les personnes arrêtées se trouvent Justino Bell, Anibal Ribiaux, Roilan Álvarez, Moraima Díaz, Isael Aliaga, Manuel Pérez, Yunier Matamoros, Berta Soler (mouvement des Dames en blanc), Ana Iris Miranda (Commando Olegario-Charlot), Ada Iris Miranda (Commando Olegario-Charlot), Fidel Batista Leyva (Commando Olegario-Charlot), Ober Ribero, Roberto Quiñones (journaliste indépendant), Luis Manuel Otero (artiste), Yosvany García, Dolores Almenares, Daineris Moya, Equizader Benítez, Geovany Benítez, Ángel Moya, Yasmani Cardenas, Rolando Meza Benitez, Ruhama Santiago, Onel Nápoles, Eulises Reyes, Otoniel Cruz, Vladimir Martín Castellano, Fernando Peña, Leonardo Riveri, Ernesto Riveri, Yumila Miranda, Angel Hinojosa, Miraida Martin, Marina Paz Labaceño, Liusban John Utra, Henry Couto, Jose Antonio Bell, Yunior Matamoros, Arianna López, Yenifer Castañeda, Henry Couto Guzmán, Pedro Martinez Cardoso, Jesús Sanchez Romero, Manuel Mustelier, Manuel Santana, Ana Iris Miranda, Edgar Pérez, Pedro Wenseslao, Oriz Ramírez, Adrian Ochoa, Ebert Hidalgo, Evert Hidalgo, Diosbel Véliz, Yasmani Cardenas, Jacqueline Heredia, Carlos Álvarez, Cándido Chacón, Eduardo Sánchez, Roberto Pérez, Aneski Jimenez, Alberto Váldes, Hector Álvarez, Daniel Alfaro, Rolando Rodriguez et Damir Rodriguez.
Ces arrestations ont bien sûr pour but d’empêcher la protestation pacifique des citoyens cubains à l’intérieur de l’île, convoquée pour exiger :
– l’accès à l’aide humanitaire envoyée par les réfugiés cubains aux Etats-Unis et qui est retenue arbitrairement depuis plusieurs semaines dans le port de Mariel ;
– le refus de la tyrannie castro-communiste et de sa politique générant une profonde misère, l’injustice et l’oppression ;
– que la dictature se soumette à la volonté citoyenne et abandonne le pouvoir, permettant un changement politique dans l’île, unique solution à la crise que traverse la nation ;
– la libération de tous les prisonniers politiques et des quelque 70 manifestants pacifiques arrêtés par le régime depuis le 5 septembre.
Malgré la répression, le tournesol cubain a pu être mis en évidence par des Cubains de plus en plus nombreux à se manifester contre la dictature qui les étouffe depuis trop longtemps. Espérons qu’elle crève au plus vite !
Cuba : 8 septembre, « révolution des tournesols » et répression
10 septembre 2020 par Floréal
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